vendredi 17 mai 2013

« La Parole », face au dogmatisme... -1-


La plupart d'entre nous, sommes sortis d'un espace de compréhension, ou de connaissance ; dans lequel exerçait le « langage symbolique ». Cette translation s'est opérée au profit d'un langage aux concepts théologiques abstraits. Sans "transiger" sur le dogme, nous avons préféré le savoir du professeur à la connaissance du « maître »... Nous avons joué les funambules... Nous avons craint ( à juste titre … ) l'endoctrinement … 


En matière de « savoir », l'historique, le scientifique prime sur la poésie... Mais l'Evangile n'est-ce pas plutôt de l'Esprit, du « souffle », du vent … ! 
«Démythologiser» les Écritures, n'est-ce pas contradictoire avec le statut même de ce type d'écrits … ?

Avant le Concile, il était spirituellement dangereux de faire une lecture critique de la Bible. Lire la Bible, consistait à tenir à l'écart l'expérience intime de chacun ( = subjectivisme protestant …), pour n'y lire que des « vérités » à croire, et une moralité à appliquer.

Traditionnellement, on voit dans la Bible, une révélation d'en haut, Parole de Dieu venant progressivement et surnaturellement dévoiler des vérités divines éternelles... N'est-elle pas plutôt : l'expression symbolique du sens religieux que les hommes animés par l'Esprit donnent à leur histoire... ?

- Le risque de La Parole ( la Bible )
Dans le premier cas, on peut faire un catalogue de cette révélation ( il n'est même pas nécessaire de se situer dans l'histoire …) L'Eglise, hors histoire, présente un enseignement comme un dépôt figé, un dogme intangible ( que l'on modifie dans ses détails …), la Foi est un contenu... Dans l'autre cas, la Foi est un déchiffrement du sens de l'expérience ( par échange d'expériences de vie anciennes et nouvelles …), elle autorise (en confiance) l'homme à prendre part au déchiffrement du sens.
«  Raconte-moi ton histoire, et je te raconterai une histoire dans laquelle tu reconnaîtras ta biographie mystique »

- Comment la révélation chrétienne, la Parole de Dieu, peut-elle éclairer notre histoire ? 
Cette question ne se traite pas par un savoir, serait-il historico-critique, ou théologique …
Jésus est un « maître », un pédagogue...
Quels sont les langages qui répondent à nos questions existentielles, jusqu'à nos angoisses... ? Celui des mythes ; et aujourd'hui nous dirions aussi celui de la psychologie des profondeurs ( Jung), celui de la métaphysique parfois.( Kierkegaard)...

Si la religion, le plus souvent – sur un propos de libération – prêche la culpabilité ; Jésus prêche la confiance en soi-même et en Dieu... Dans le catéchisme de 1992, l'Eglise enseigne encore l'acte de désobéissance d'Adam et Eve...
La maladie, la mort ne seraient que l'effet du « péché originel »..etc. Comment peut-il être pensable de faire porter la responsabilité de l'acte d'un individu par toute sa descendance ?
Devant cette « histoire », la question devient : «  ma vie se définira t-elle par l'angoisse ou par une attitude de confiance approfondie ? ». Ce que nous décrit la rencontre avec le serpent ( le néant) ce n'est pas un acte de désobéissance, ou d’orgueil : il nous signale la déformation d'une existence marquée de part et d'autre par l'angoisse... Et c'est pour cela, qu'il est impossible de répondre à la question du « sens » par de simples commandements ou exhortations... Cette question appelle à une « rencontre », rencontre de quelqu'un en qui on peut avoir totalement confiance. Face à «  l'Amour », je comprends le vide et l'inutilité de mon sentiment de peur et de culpabilité profonde...
L'homme n'est pas « accusé », il est « aliéné » ...
Les illustrations sont des reproductions des oeuvres de Anne Bachelier:  une peintre et illustratrice Française, née en 1949... Ses fantaisies métaphysiques et oniriques évoquent simultanément des sentiments de force, de paix et de protection. Ce monde unique, hors du temps et de l'espace, place le spectateur dans la danse éternelle de la transformation et de la régénération.

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