dimanche 19 mai 2013

« La Parole », face au dogmatisme... -2-


Dogmatique et symbolique.
Ce qui est nécessaire à présent c'est de valoriser fortement le langage symbolique de textes mythiques... Ces textes nous communiquent une découverte intérieure, une histoire de l'âme ( psyché) qui ne peut se dire que sous cette forme et que nous ne pouvons saisir qu'en nous mettant au diapason de ce langage.

«  Viens, et vois », dit Jean ( 1, 46)

Quelle crainte avons-nous que nos textes rejoignent les mythes universels ? Ignorer la force créatrice de ceux-ci, voire même les démoniser... scinde conscient et inconscient. Il ne s'agit pas comme les détracteurs de cette approche le dénonce : «  de voir exclusivement la révélation comme une auto-révélation des profondeurs de l'âme humaine » ( Kasper) Le point de départ de notre spiritualité est ' La Parole' du Christ, elle permet une interprétation particulière des mythes.
On peut dire également, que ce sont les images archétypiques de la psyché qui se reflètent dans un événement de l'histoire. Sans doute, pourrions-nous, ensuite, aller plus loin dans une vision pluraliste des religions, en reconnaissant dans la révélation une forme de la religiosité humaine universelle …

Dire que la Parole de Dieu s'incarne, c'est dire qu'elle se manifeste en ce qu'il y a de plus basique en nous : ( «  Est descendu aux enfers » Credo )

La véritable difficulté aujourd'hui, est de parler de Dieu, en terme de nature ( voire même de substance : l'eucharistie...). Ceci n'est qu'une manière grecque de traduire sa foi. Aujourd'hui, le symbolique nous permet plus « efficacement » d'accéder à un monde spirituel.
Les 'dogmatiques ' semblent tellement craindre de rater – par exemple - la résurrection, qu'ils préfèrent l'annoncer dogmatiquement ( il faut croire sans douter!), sans avoir à passer par l'épreuve de la Foi ( et donc du doute …).
Etre incapable de penser symboliquement, c'est chercher sans cesse la réalité du religieux là où elle ne peut pas être ( l'espace-temps ..), et non pas dans l'affectivité et l'expérience de la psyché humaine...
Qu'il est donc vain, de penser pouvoir contraindre les gens à penser que les symboles de la foi chrétienne doivent être compris comme des réalités historiques objectives … ! Cette vision ne peut qu'engendrer fondamentalisme, obscurantisme pour les uns et cynisme et moqueries chez les autres …
Par exemple, nous pouvons très bien accepter la doctrine de «  l'enfantement virginal », pour affirmer la filiation divine de Jésus, sans affirmer son interprétation physiologique … [Jésus est bien né de l'Esprit ( Nicodème …)] … Jésus fils de Dieu, renvoie à quel Dieu ?

Ecrit à la lecture d'un ouvrage de Jean-Pierre Bagot ( prêtre breton) : La quête du sens, cœur de la rencontre : pourquoi je danse avec Drewermann.

Les illustrations sont de bas en haut, des reproductions d’œuvres de Anne Bachelier , Julius Von Klever (1850-1924), Herbert Schmalz et Julius Von Klever.

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