Affichage des articles dont le libellé est foi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est foi. Afficher tous les articles

mardi 20 juin 2017

Roger de Laron : sa Foi en cette fin du XIIIe s.

Roger de Laron, le sait...Et, nous l'avons déjà évoqué... : (Roger de Laron : les Templiers et le Saint-Suaire.)
- Les Templiers ont possédé, et possèdent encore le linge qui a enveloppé le cadavre de Jésus ; cette relique est protégée parmi le Trésor disséminé après l'arrestation des chevaliers. ( Cf, le prochain article)
Ceux qui l'ont vu, en particulier les grands Maîtres de l'ordre, évoquent ce linge en décrivant un visage qu'il garderait inscrit dans le tissage, avec les marques du supplice... Certains chevaliers adorent la relique, et d'autres les accusent d'adorer une idole...

Roger de Laron, reste prudent sur ces accusations... Lui même, quand il fut interrogé par l’évêque, a récusé toutes les abominations prêtées au chevaliers pauvres du Christ... Ce dont il peut témoigner, c'est un rituel d'obéissance établi par les Templiers qui met à l'épreuve les recrues, et qui reprend des gestes de leurs ennemis pour les édifier, et peut-être les préparer... En effet, les sarrasins obligent les prisonniers chrétiens, sous peine de mort, à renier Jésus-Christ et à cracher sur la croix...

Bien sûr, Roger de Laron croit en un seul Dieu, qui se manifeste en une Trinité. Il croit au Père, créateur de toutes choses.
La création est parfaite, à l'image du créateur... Au travers de ses voyages et de ses rencontres, le seigneur de Laron a très vite été intrigué par les questions sur l'origine des dieux, du ciel et de la terre que les différents peuples se posent délicatement exprimés dans des contes, des histoires ( des mythes)... Ainsi, a t-il entendu parler au sein du Chaos, des noces entre la terre et le ciel. C'est Chronos, qui sépare l'étreinte en coupant le sexe de son père... Certains évoquent un œuf, concentration de vie... La grande question débattue parmi les sages, est de savoir si le monde est fini ou infini... ?

La conviction de beaucoup de lettrés est que Dieu étant infini, il ne peut avoir créé un monde fini : ce serait chose indigne de sa puissance créatrice... Pourtant, Roger sait qu'il ne faut pas trop le dire... Les clercs proches des puissants de l’Église abhorrent l'idée d'un univers infini : l'ordre et l'harmonie du monde ne peuvent exister dans un espace infini.
Si la Terre est au centre du monde... Manifestement, pour les hommes du XIIIe siècle, le monde est un lieu différencié, hiérarchisé, organisé et cohérent ; il est le fruit de la réflexion de la plus haute intelligence... Ce sont les séparations qui ont permis aux jours, nuits, mers, terres, sexes de se créer... L'homme lui-même est séparé de Dieu ...

Ce qui édifie Roger de Laron, également, c'est la religion des sarrasins. L'islam, avec la croyance en un Dieu unique, transcendant, source unique de la doctrine, professe l'unité des êtres humains entre eux et avec le cosmos.
La nature vivante, n'est pas une matière inerte, elle est habitée par le souffle de Dieu, sa destinée est interdépendante de la notre.
Le chevalier templier garde, tel un trésor, la traduction d'un texte arabe d'Huseyn Mansûr Hallâj ( mort en 922 à Bagdad)
Ce texte est éminemment alchimique, il décrit les différentes opérations de transformation de soi, par l'anéantissement de l'égo et par l'advenue de Dieu en soi...

« C'est le recueillement, puis le silence ;
puis l'aphasie et la connaissance ;
puis le découverte ; puis la mise à nu.

Et c'est l'argile puis le feu ; puis la clarté et le froid ;
puis l'ombre ; puis le soleil. (…)

Et c'est l'ivresse puis le dégrisement ;
puis le désir, et l'approche ;
puis la jonction ; puis la joie.

Et c'est l'étreinte puis la détente ;
puis la disparition et la séparation ;
puis l'union ; puis la calcination. »

C'est à Chypre, que Roger de Laron a entendu parler de la première fois de la science du ''Grand Oeuvre'' ; un savant sarrasin enseignait que l'or représentait l'équilibre parfait entre les deux principes opposés et complémentaires le Soufre et le Mercure... Raymond Lulle (1235-1315) que Roger a compris la description opérative du monde dans lequel il vivait..
Ces quelques mots étaient le départ semblait-il d'une théorie qui englobait le visible et l'invisible … C'était assez tentant … Mais c'est avec
Pour résumer : le monde visible est décrit selon une structure ternaire ; et qui prend son origine dans la matière primordiale ( crée par Dieu) : elle est représentée par le ''Vif Argent'' ou Mercure. De cette matière initiale se sont extraits les corps angéliques, les corps célestes ( les astres ..) et les corps terrestres. Des corps terrestres nous connaissons ( Aristote) - les Quatre éléments : l'eau, la Terre, l'Air et le Feu.
Les alchimistes ont découvert, également : la Quinte essence... Raymond Lulle la décrit comme un esprit subtil répandu dans l'ensemble de la nature et qui vient s'ajouter aux quatre éléments.
Cette essence s'appelle un alcool...

A son retour en Aquitaine, Roger de Laron, s'est vite aperçu, qu'en ce XIIIe siècle, les moines pratiquaient dans leurs monastères cette alchimie ; sous les deux formes, matérielle et spirituelle.

Parmi eux, Roger Bacon (1214-1294), franciscain après avoir été marié, a atteint une certaine notoriété...

Roger Bacon - Alchimiste - Conte.

vendredi 20 janvier 2017

Dieu et la souffrance

Encore une fois, et c'est que la question est Essentielle, je confronte Dieu au Mal, à la souffrance...
Je remarque que l'une, parmi les raisons qui nous font poser cette question, c'est '' l'injustice ''… ! Qu'il est ''injuste'' de voir un enfant souffrir...
C'est l'injustice ( face à l'innocence de l'enfant) qui provoque la question de la responsabilité divine... !
Alors... réponds le philosophe et théologien orthodoxe Bertrand Vergely, c'est que la question est mal posée :
« Il faut arrêter de penser que l’enfant qui souffre subit une injustice. La justice n’a jamais été de faire souffrir quelqu’un qui est coupable pour lui faire payer sa faute. »
« L’enfant ne souffre pas pour payer quelque chose, il porte l’humanité au même titre que toute personne. Devant la souffrance, la vie, la mort, la beauté, il n’y a pas d’âge. Le tragique, c’est que cette souffrance terrible qui existe dans l’humanité s’abat sur tous, y compris des enfants. »


Je suis confronté à un gouffre qui s’empare de moi, lorsque je cherche à trouver les causes ( la responsabilité …) de ma souffrance, de ma maladie, ou de la mort possible de mon enfant, ou de moi-même....

Alors, j'approche l'Enfer... Et d'autant plus si mon rapport à Dieu est un ''rapport contractuel'' : « Je Te loue, je Te sers, je Te prie, en échange tu es 'juste' avec moi…. »
J'approche l'Enfer, d'autant plus si mon rapport à Dieu, repose sur cette notion de rétribution : « je souffre parce que je suis responsable d'un mal…. ; je souffre pour que Tu comptabilises cette souffrance pour mon salut, ou celui du monde … »
Dieu n'est ni ''justicier'' : « si le mal me tombe dessus, c’est que je l’ai mérité », ni ''pervers'': « tu m'envoies la souffrance pour me sauver, moi ou d'autres… »
…
Dieu traverse la souffrance, et la vainc. '' Il est Vivant ''. Seul, ce message permet d'affronter la souffrance... Je ne suis pas seul, son Esprit m'accompagne : et c'est le seul objet de ma prière... !

Pour en revenir aux enfants, je note les propos de Anne-Dauphine Julliand, 'Le bonheur malgré tout', (mère d'enfants malades, dont l'une est morte, et qui vient de faire un documentaire...)
« L’enfant, lui, a des convictions fortes. Il croit à son bonheur. »
« Les enfants ne s’apitoient pas sur leur sort. Quand ils ont mal ou qu’ils en ont marre, ils pleurent. Et puis, l’instant d’après, ils peuvent se remettre à jouer et à rire. »

Et voilà ce que dit, Bertrand Vergely :
« Et j’invite celui qui est bouleversé par cette souffrance à se demander en quoi il lui arrive, lui aussi, de faire souffrir des enfants. Le Christ, quand il critique les pharisiens, leur dit “regardez-vous !”, “redevenez comme des enfants, retrouvez votre émerveillement. Si vous faites cela, vous allez guérir le monde”. »

lundi 27 juin 2016

Une lecture Zen des Evangiles.-9/.- La Foi -2

Le contraire de la Foi, n'est pas l'athéisme ou l’agnosticisme, c'est l’idolâtrie. ( Le second des 10 commandements …- Ex 20, 4-5). En langage zen, l’idolâtrie c'est ''prendre le doigt qui montre la lune pour la lune elle-même ''.


Jésus dit à la samaritaine : « Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent, c'est en esprit et vérité qu'ils doivent l'adorer » ( Jn 4, 24)


La foi n'est pas à la recherche de la sécurité ; c'est accepter l'insécurité... La crucifixion, c'est l'image d'un dieu que l'on renonce à posséder...


Si « l'espérance ne déçoit point » ( St-Paul : Rm 5,5), c'est que l'espérance ne se rapporte pas à un futur éventuel, mais à la réalité du ''présent''... 

Cette espérance, procure une ''joie'' qui est sereine, indépendante de tous les aléas, et accidents de la vie … Cette espérance se réfère à une réalité qui existe, mais qui reste à découvrir...

Tout ceci paraît simple... mais, que cela est difficile à mettre en pratique ! ( Je parle pour moi...).
C'est l'espérance, dans l'absence d'espoir … Espérer en Dieu, oui. C'est à dire ne pas espérer quelque chose demain …












Maxime de l'écrivain anglais Chesterton:  "Un homme qui ne croit pas en Dieu est prêt à croire n'importe quoi."


Sources : Kenneth S. Leong, ''Une lecture Zen des Evangiles '' 

vendredi 24 juin 2016

Une lecture Zen des Evangiles.-9/.- La Foi -1

La religion ne s'utilise pas, à l'image de ''l'opium du peuple'' par exemple. Ce n'est pas une assurance. On ne ''croit'' pas pour répondre à un vague sentiment de bénédiction ou de protection... En Mat 10, 34, Jésus prévient ; il n'est pas venu nous apporter la paix …

Chercher la vérité, n'est pas un chemin suave ; il faut affronter la réalité telle qu'elle est... De plus, il est souvent nécessaire d'enlever le vieux pour bâtir du neuf ( cf : Mt 9, 16).
Il faut se débarrasser de la religion de la peur et de l'espoir.
« La religion, prise pour source de consolation est un obstacle à la vraie foi : en ce sens l'athéisme est une purification. Je dois être athée avec la partie de moi-même qui n’est pas faite pour Dieu. Parmi les hommes chez qui la partie surnaturelle d’eux-mêmes n’est pas éveillée, les athées ont raison et les croyants ont tort. » Simone Weil



La Foi n'a rien à voir avec les croyances, les dogmes, les 'credo' ou la théologie.
La foi est existentielle, et non intellectuelle... La foi, c'est une volonté, un ''courage d'être'' ( selon Tillich).

Le ''Notre Père'' est une belle présentation de la foi... «  Que ta volonté soit faite... » : lâcher prise de son ego, et accepter ''ce qui est ''.

La foi n'est pas de l'ordre de l'obéissance... Plutôt de l'amour érotique : se laisser faire … !
Il n'y a pas de conflit d'intérêt entre moi et Dieu : '' servir Dieu'' c'est me rendre heureux … Donner-Recevoir.
Pour exprimer ce ''lâcher-prise'', Jésus dit « Moi et le Père sommes un »




Avoir la ''Foi'', c'est l'équivalent d'avoir un esprit non encombré, un 'cœur pur' : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » ( Mt5, 8).
La foi n'est pas une armure, c'est le contraire ! Elle ne réclame pas de prosélytisme, elle n'endoctrine pas...


Aucun d'entre nous ne possède la Vérité... Il y a des vérités relatives, liées au savoir...

Pour ce qui est de la Vérité ( absolue)... Retrouvons l'esprit d'enfance : nous ne savons pas..!
Bien entendu ! Sinon, cette Vérité ne serait qu'un savoir...

Sources : Kenneth S. Leong, ''Une lecture Zen des Evangiles '' 
Images de Sarolta Ban

vendredi 12 février 2016

Peut-on être sauvé tout seul ? -1/.-

Ou, le salut: 'Sauver' la création, et 'se sauver'

Je suis arrivé ( ou retourné) à la question du 'Salut' , par l'Ecologie … En effet :

- Notre tradition spirituelle, nous indique clairement que l'humain est l'intendant de la création. Les signes de temps agitent le chiffon rouge : l'humain est accusé d'avoir gaspillé les biens confiés ( nature et animaux ..). Nous les avons même détournés du patrimoine collectif, pour en faire un bien privé … Ne serait-il pas temps, pour notre survie, d'être assez avisés et de se rendre compte qu'on ne pourra pas – en matière écologique – se sauver seul … ? ( texte de l'évangile en référence : Luc 16, 1-13)

« Car les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière. »
Si un chrétien n'est pas sensible à la sauvegarde de la ''Maison Commune'', comment pourrait-il être crédible sur un discours concernant le ''salut'' de l'homme ? Ne serait-il pas alors qu'un discours égoïste, digne d'un intendant mal avisé … ?
Bien sûr cette parabole ( Lc 16, 1) n' a pas été construite pour nous donner une leçon d'intendance matérielle... Mais le pape François insiste bien sur le fait que « tout est lié ... » Notre environnement, notre développement, et le sens de notre vie ...
« Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ?
Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? »
Mon salut 'spirituel', c'est le pardon, la remise de mes dettes... Des « richesses injustes », car je ne le mérite pas... Je serais bien avisé, de me rendre compte que je ne peux pas me sauver tout seul …


La globalisation, et notre responsabilité collective envers la Création, va - peut-être - nous permettre d'entamer le chemin inverse à celui qui nous a conduit à un individualisme, même spirituel – qui consiste à penser pouvoir ''sauver son âme'' pour soi … !
Puis-je être ''sauvé '' tout seul … ? Bien sûr que non ! Il y a tout ce qui a fait que je suis moi, et non un autre, qui me ''sauve'' … Si je n'avais pas eu ces parents, cette éducation … Si je n'avais pas rencontré un(e) tel(le)... ? Si je n'avais pas eu ce confort... Et si j'étais – enfant - mort de faim, au Nigéria... ? Je suis ''sauvé'' avec tous ceux qui font ce que 'je suis' …
Et ce que je dis des hommes et femmes, dont je suis issu ; je peux le dire de mon environnement, de ma Terre... ( ça pourrait être long …)

Pour rire un peu … Je pourrais dire – c'est une caricature - ... A quoi cela me sert -il d’être sauvé, si ma femme ne l'est pas avec moi... Et, elle pourrait ne pas l'être, avec tous les défauts qu'elle a … !:-)))...


Pour aller encore plus loin dans le paradoxe : Je pourrai dire :
Si je suis un avec le Christ, comment pourrais-je accepter d'être ''sauvé'' si mon prochain ne l'est pas … ? !

Si je suis un avec le Christ, comment pourrais-je accepter d'être ''sauvé'' si le monde, si le vivant... si L'univers ne l'est pas … ? !

mardi 2 février 2016

Foi et morale, ça se discute !

Tentons quelques mots, quelques propositions, que je voudrais ''rationnelles''..! ?

C'est difficile de parler de ''morale'' surtout dans le contexte catholique... Disons plutôt qu'il est difficile de se faire entendre …
Foi, Morale et Liberté : est-ce conciliable … ? 

- Dire que le préservatif ou la contraception sont interdits est inaudible, et sans intérêt... !

Les Lumières...





- Parler de l'union conjugale – sans parler d'interdits – mais, dans un contexte chrétien est déjà plus intéressant … Se demander ensuite si de cette réflexion en découle une exigence morale... Pourquoi pas ?
Au fond , n'est-il pas naturel qu'une réflexion spirituelle débouche sur une question morale ? Ou du moins éthique... ? Je mets sur le mot ''morale'' un ensemble de normes ; et sur le mot ''éthique'', un ensemble de ''bonnes questions'' sur la bonne attitude …

Ma religion catholique est une tradition, elle a construit bien avant ma naissance une réflexion sur la foi, une théologie, des rites, une morale ...etc. Avant de tout détruire, tout refaire... peut-être est-il intelligent de connaître la tradition que mes ancêtres m'ont léguée, et peut-être même transmise …
Une image qui se réfère à une '' Tradition '' ...

Pour en revenir à cette norme ( morale), l'Eglise me dit qu'elle se réfère à une ''loi naturelle''... Cette ''loi naturelle'' serait plus qu'une construction métaphysique : « C’est l’exigence que l’intelligence aperçoit dans la nature des choses. ». P. J. (*) La loi naturelle, ce serait : Ce que chacun d'entre nous peut faire ''naturellement'' pour le bien de son prochain … Je dirais, que j'y suis porté par ma nature raisonnable : « notre nature, c’est d’être raisonnable ! » P J.

Supposons donc, que dans des conditions ''normales'' de vie, l'humain est amené à se demander ''naturellement'' : « Qu'est-il bon de faire ? »
Cette disposition à faire le bien et à éviter le mal, est appelée une ''vertu''. Dans la tradition chrétienne, les vertus morales ont pour objet les actes humains conformes à la droite raison. Elles ont en commun le ''juste milieu'' (in medio stat virtus) entre les excès opposés. En effet, il existe quatre vertus morales principales: la prudence, la justice, la force et la tempérance. Ce serait trop long d'entrer là ...
Donc, nous parlons de ''loi naturelle '', appuyée sur des vertus, qui comme les vertus théologales (Foi, Espérance et Charité) sont ''données'' par Dieu, du moins attachées à notre humanité ...
Je reviens à ma question 'morale' : « Qu'est-il bon de faire ? »
D'abord les faits... : Pour que mon jugement moral soit objectif, il doit être tiré du réel devant moi... Mais … Ce ''réel '' , n'est-il pas précisément une interprétation de mon regard... N'est-ce pas moi, sans influence, qui donne sens à ce que je vois, et qui donne sens à mon action... ? Dans ce contexte, le ''Magistère'' n'est qu'un élément de ma recherche de sens ….
A moi, de juger, de ressentir, de discerner si mon action est bonne... Par exemple, face à l'interdit du meurtre, je peux en appeler à ma ''légitime défense'' …
La loi n'a qu'une fonction indicatrice... Face au réel, ma conscience est une intelligence qui cherche à juger du ''bien''.

Réflexion causée par un article autour de : Pascal Jacob '' La morale chrétienne, carcan ou libération ?''
Ilya Repin - Liberté

mardi 8 décembre 2015

L'échelle de Jacob -2/2-

Gerbrandt Eeckhout 1621 1674.  -   Le songe de Jacob, 1672
Si, en règle générale l'échelle de Jacob, illustre un développement et une montée par degrés... Ce jour là, cette lecture, et cette relecture m'ont conduit, à une autre interprétation :

Les anges de cette échelle, représentait tous les ''messagers''du divin, qui se sont succédés dans ma vie : personnes, livres, événements … Dieu était présent, même quand je n'y pensais pas, même quand je me fourvoyais …

*« Vraiment, c'est le Seigneur qui est ici et je ne le savais pas.. » Gen 28, 16
Je préfère dire que ''Dieu était là'', plutôt que ''Dieu était intervenu''... En effet, j'aime penser que la personne, par exemple, qui était porteuse de la réalité divine dans ma vie, a agi librement, de son plein gré, et non 'télécommandée' par Dieu …
Cette présence de Dieu se manifeste au plus intime de moi-même. Elle n'était pas moins présente quand j'ai rencontré le bouddhisme, quand j'ai pratiqué la Méditation transcendantale, puis quand j'ai frappé à la porte d'un temple maçonnique; expériences qui m'enrichissent encore comme chrétien …

* « Jacob prit la pierre dont il avait fait son chevet, l'érigea en stèle et versa de l'huile au sommet » Gen 28, 18
Cependant, je qualifierai assez rapidement un événement familial comme événement fondateur dans ma vie. Je l'imagerai bien par cette stèle qu'érige Jacob avec la pierre sur laquelle il a fait ce songe … Cette pierre représenterait mon retour par l'intermédiaire de ''mon Eglise'' au Christ comme pierre d'angle... Et, parmi les barreaux de l'échelle, se trouvent le SIF ( Service Incroyance Foi), des retraites ignatiennes et CVX ( Communauté Vie Chrétienne).


Enfin, aujourd'hui j'affine chaque jour l'image de mon Dieu. « Le Seigneur deviendra mon Dieu » Gen 28, 21 . Si la pensée que j'ai de Dieu, ne sera sans doute jamais définitive ; j'ai trouvé dans la Parole des Evangiles, une source d'eau vive incomparable …
Cette peinture de Pietro Rizieri Calcinardi (1834), est dans l’église paroissiale de Decenzano, qui avait été celle d’Angèle Merici dans sa jeunesse

jeudi 26 novembre 2015

Les attentats, Dieu, la foi et l'Islam...

Ces événements tragiques, sont pour moi l'occasion d'entendre des responsables religieux, ou des hommes de foi, s'exprimer hors leurs posture ordinaire...
Daniel Péron - Les cavaliers de l'Apocalypse
Je salue, la sincérité de l’archevêque de Canterbury, chef spirituel des Anglicans, Justin Welby qui était l’invité d’une émission de la BBC, où on lui a demandé si les attentats de Paris lui avaient fait douter de la présence de Dieu… : Extrait.  « Oh oui alors. Le samedi matin, j’ai marché, prié et demandé à Dieu, pourquoi - pourquoi est-ce arrivé ? Où étais-tu dans tout cela ? Oui je doute. »
Ce témoignage est pour moi le cœur de la foi d'un homme de Foi. Que d'images de Dieu, avons nous à détruire ou du moins à interroger, en nous … !

Et puis, il y a les paroles de cet homme qui n'arrêtent pas de m'interroger. Il s'agit du musulman Ghaleb Bencheikh...
 Quelle chance avons-nous d'avoir cet homme qui nous interroge ainsi … !
Il excelle à démonter les discours des « imams autoproclamés », des « prédicateurs de pacotille ». Il n’y a, pour lui, « d’engagement dans une foi » que « tamisé par le filtre de la raison ».

D'abord sa réaction à chaud sur les attentats : Extraits :
« Ces attaques vont à l'encontre de toute éthique universelle et heurtent la conscience humaine. ( …) Ce qui anime ces terroristes :, c'est une idéologie mortifère ayant avili la religion islamique et perverti la révélation coranique. ( …) La responsabilité des hiérarques religieux musulmans qui, par pusillanimité ou par lâcheté, ont laissé depuis des années, les sermonnaires doctrinaires tenir leur discours fielleux et manipulateurs est plus qu'engagée. Ces derniers sont comptables et coupables des crimes perpétrés au nom de Dieu. ( …) A titre personnel, je me suis égosillé à le faire savoir depuis longtemps.  Alors, maintenant plus que jamais, une refondation de la pensée théologique combinée à une saine éducation fondée sur l'amour et la bonté, s'impose... »

Mais aussi, pour aller plus loin …
Extraits :
«  Il nous faut inventer une audace et une hardiesse intellectuelle, ne pas baisser les bras. Nous n’avons plus de réels débats d’idées, ici ou ailleurs.
G B. regrette que :Pour certains 'philosophes', le fait que les pays arabes et musulmans n’aient pas connu la période allant de Descartes au Siècle des Lumières, les réduit à une pensée sans importance. 
Daniel Peron - Musulmane
Sur la Laïcité : Les religions qui ont un clergé n’échappent pas aux tentations du pouvoir.... Le laïc ( le « laos ») est séparé du « clerc » qui exerce le pouvoir religieux.... La laïcité est un faux problème puisque le musulman ne se soumet à aucune église. La question de la séparation ne s’introduit que là où il y a des structures hiérarchiques verticales. » (…) «  s’il devait y avoir une tradition religieuse qui s’adapterait le mieux à un espace laïc, ou à un idéal laïc, ce serait bien l’islam. »
«  la laïcité pourrait se résumer à : c’est la loi qui garantit le libre exercice de la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi. En définitive, la laïcité, c’est le parapluie sous lequel nous nous abritons tous. Elle permet de réguler le croire ou le non-croire. C’est un principe, et non une philosophie de l’État comme certains veulent bien la présenter. »

Bien sûr, pour Ghaleb Bencheikh, il faut déconnecter la religion de la politique. (..) « quand il y a manipulation, domestication, idéologisation, instrumentalisation de la religion pour d'autres fins que spirituelles il y a danger de dérives despotiques et obscurantistes. Tout revient à la séparation des deux ordres. Il faut déconnecter la religion de la politique. »

« Je distingue trois moments dans la religion, mot lui aussi trop vide de sens à force d’être sans cesse utilisé.
Le premier je l’appelle « Religion force ». Chaque religion a des mythes. Ceux-ci interrogent le sens de la vie, du monde …
Il y a ensuite la « religion –forme », elle-même partagée en trois moments :
le moment « refuge », un lieu d'expression des détresses, un refuge pour les opprimés ..
le moment « repaire », où on retrouve tous les fanatiques,
le moment « tremplin » où la religion est un outil au service de la carrière personnelle.
Le dernier moment, le « moment-cadre » est le moment proprement lié à l’expérience du sacré ( cadre de l'expérience humaine du divin et du sacré )
( …)
Daniel PERON - Imminence 2
En matière de sens, la religion demeure une référence. Elle répond aux sempiternelles questions qui taraudent l'homme : la question des origines de la vie et des fins dernières. Quand la religion s'institutionnalise, elle devient un refuge, un repaire et un tremplin. Elle est un refuge pour les opprimés sur la terre, elle est un repaire pour fanatiques extrémistes et elle est un tremplin pour les carriéristes, ceux qui n'ont pas su faire autre chose qu'exploiter la religion pour leurs ambitions personnelles. »
[Verset 19] Peut-on comparer à un aveugle celui qui est convaincu que ce que ton Seigneur t’a révélé représente bien la vérité? Mais seuls en saisissent le sens ceux qui sont doués d’intelligence » Sourate du Tonnerre. 
Pourquoi dire cela ? Peut-être parce que la réflexion est une affaire intime et nullement incompatible avec la foi. J’appelle à un sursaut des consciences et ceci signifie d’abord une honnêteté vis-à-vis de soi-même. Il faut réveiller nos automatismes paresseux. Il faut sans cesse remettre nos certitudes en doute. Subvertir sa propre pensée c’est commencer en philosophie.
« 
Que sont donc encore ces églises si ce ne sont pas les caveaux et les tombeaux de Dieu ? » écrivait Nietzsche.

Daniel Peron
Sur le voile : « Le véritable voile de nos soeurs et de nos filles musulmanes consiste en leur instruction et leur acquisition du savoir. Je suis atterré de la régression tragique à laquelle nous assistons suite à ce « revoilement » de certaines femmes musulmanes. Rappelons nous que le scoutisme islamique dont le guide spirituel était Abdelhamid Ben Badis était composé de garçons en bermudas et des filles en jupe. »

Et enfin : très important, pour répondre aux incongruités du Front National du genre de cette parole de Marion Maréchal-Le Pen, qui estime dans un entretien au quotidien de l'extrême droite catholique Présent, paru ce samedi 21 novembre, que les musulmans "ne peuvent avoir exactement le même rang que la religion catholique" en France.

« Tant que l'on traitera l'élément islamique en termes d'extériorité et d'étrangeté nous nous vautrerons toujours dans les basses eaux du débat. L'Islam n'est ni allogène, ni incongru ni intrus au contexte européen. Nous appartenons à une aire euro-méditerrannéenne sur une longue ère civilisationnelle ensemencée sur le plan spirituel par le monothéisme abrahamique judéo-islamo-chrétien d'expression gréco-arabe. »


Ghaleb Bencheikh, né en 1960 à Djeddah en Arabie saoudite, est un docteur en sciences et physicien franco-algérien. Il est soufi. Il est également de formation philosophique et théologique et anime l'émission Islam dans le cadre des émissions religieuses diffusées sur France 2 le dimanche matin. Il préside la Conférence mondiale des religions pour la paix...

mardi 27 octobre 2015

Jésus et Nicodème -7/7-

Bref... ! Nicodème a donc une idée de ce que l'on peut entendre par ''nouvelle naissance'' ; et on voit bien à présent, j'espère, où peuvent se situer les difficultés de Nicodème ...
«  Comment l'homme peut-il … ? » s'interroge Nicodème .. Et Jésus répond '' Il n'y a que ce qui est né de l'Esprit qui soit spirituel... '' Que l'Esprit souffle , et l'homme spirituel est là !

Jésus : « Ne t’étonne pas de ce que je t'ai dit... » L'étonnement de Nicodème au lieu de diminuer va croissant... Il n'a pas donné place dans sa conception des choses divines à l'action de l'Esprit Saint...

Nicodème : « Comment ces choses peuvent-elles se faire ? »
Nicodème se reconnaît étranger à toute expérience de l'action de l'Esprit.

Jésus : « Tu es le docteur d'Israël et tu ne sais pas ces choses ! »

Silence de Nicodème : « Je suis trop petit ; que dois-je répondre ? J'ai parlé une fois ; mais je mets ma main sur ma bouche. » (Job devant Jéhova)

N'oublions pas – et c'est le souci d'actualité - que Nicodème vient pour interroger Jésus sur sa mission messianique et sur le mode de l'établissement du règne divin depuis si longtemps attendu... Et, cette question générale, se retourne en une question personnelle, intime et spirituelle … Et, Nicodème ne craint pas d’apparaître … si démuni... !


Résumons : Nicodème demande '' que se passera t-il ? '' : Jésus réponds '' Rien, dans le sens où tu l'entends ! ». Ensuite : pourtant il se passe quelque chose...
Les faits divins se déroulent devant les yeux de Nicodème... ! Jésus lui annonce l'avènement d'un enseignement qui reposera sur la connaissance immédiate de la vérité ( v 11). Pour que Nicodème puisse profiter de cet enseignement supérieur, Jésus l'invite à la foi (v 12). Enfin il lui dévoile en sa personne le parfait révélateur ( v 13)

Jésus oppose un témoignage ( le sien et celui de ses disciples ) avec l'enseignement rabbinique classique, auquel il s'oppose... En la personne de Jésus puis dans ses actes et ses paroles, le ciel est constamment ouverts sous leurs yeux ( 1. 52) ; déjà ils « voient » et « savent » véritablement ; leur regard plonge dans l'essence des choses : « Celui qui m'a vu, a vu le Père »
Tandis que les rabbins tels Nicodème et ses collègues attendent l'heure solennelle de l'avènement du royaume, ce royaume est déjà là à leur insu...

Jésus s'en tenait jusqu'à présent à parler des « choses terrestres »... Et avec Nicodème, et ses questions, il est amené à parler des « choses célestes » ( v 12). Ce sont bien ces dernières qui préoccupaient Nicodème et sur lesquelles il était (en fait …) venu l'interroger... Et pour la première fois Jésus s'entretient – en dehors du cercle intime – sur la nature du royaume messianique et sur le mode du salut...
Alors que nous, nous sommes habitués à entendre ce contenu... Nous voudrions que Nicodème – Docteur de la loi écrite ( Torah) et orale ( le futur Talmud) se ''christianise ' instantanément … ! ?
  • Sources : Commentaire sur l'Evangile de Jean ( Vol.1) de Frédéric Godet chez Théotex
  • Né et mort dans le canton de Neuchâtel, Frédéric Godet (1812-1900) est une haute figure du protestantisme suisse ; ses commentaires bibliques, traduits dans les principales langues, sont universellement signalés pour leur profondeur, leur originalité et leur rigueur ... La Bible Annotée reste une œuvre inégalée.


A l'époque de Nicodème, l'existence juive se réfère aux instants privilégiés du passé ( la sortie d’Égypte ...... Pour celui qui suis Jésus, il possède dans son présent même ce point d’attache privilégié. Dieu lui est frère, puisqu'il lui est contemporain... « L’œuvre du salut est entièrement intérieure, ne s’accomplit pas avec l’entrée même dans l’être, avec la naissance : elle est dans le pouvoir d’une nouvelle naissance à chaque instant promise, dans la conversion, dans le contact de la grâce. » ( Levinas : ''être juif'')

samedi 24 octobre 2015

Jésus et Nicodème -6/7-

« Jésus répondit et lui dit : En vérité, en vérité, je te dis que, si quelqu'un ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » Jean 3, 3
L'expression 'naître de dieu'' est déjà en Jean 1, 13... Mais ici, en un premier temps, Jésus parle de « naître de nouveau » , et non pas «  naître de Dieu ».. C'est important ; le sens est : '' poser dans le cours de la vie terrestre un commencement aussi nouveau que la naissance elle-même.'' Le terme voir est en rapport avec celui de naître : une nouvelle vue suppose une nouvelle vie...

A Nicodème, qui vient voir Jésus, et débattre sur son enseignement, Jésus répond :
''Ce n'est pas d'un nouvel enseignement dont tu as besoin, mais d'une nouvelle naissance ''
Le Royaume de Dieu ne se réalise pas de manière politique ou religieuse, mais d'abord dans l'intériorité de la personne
Cf Luc 17, 20-21 : Quand vient le Royaume de Dieu ? « ...Il est au dedans de vous...

« Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Il ne peut pourtant pas rentrer dans le sein de sa mère et naître une seconde fois ? » Jean 3,4
ou «  il est impossible, à mon âge, de recommencer une nouvelle vie... », ou « Ce que tu me demandes est aussi impossible que de ce qu'un homme rentre ... »
Le pharisien Nicodème essaie d'engager une discussion rabbinique ( controverse...) pour montrer à Jésus l'exagération de ses exigences... Nicodème ne répond pas en homme qui manque d’intelligence ; mais il est froissé de voir Jésus lui poser une question semblable ; il se refuse à entrer dans sa pensée et, s'en tenant au sens littéral ; il se borne à en faire ressortir l'absurdité... Demander cela , c'est aussi absurde que de rentrer dans le ventre de sa mère …

La réponse de Nicodème n'est pas exempte d'ironie... Le Royaume de Dieu lui apparaît comme pour la plupart la forme la plus glorieuse de l’existence terrestre elle-même... A quoi bon, une nouvelle naissance ? N'est-il pas préférable de s'accepter tel que l'on est, et s'améliorer … ? Certainement, nous avons besoin d'un secours divin pour sanctifier l'humain, mais pourquoi parler de naissance nouvelle ? Nicodème, est sincère, il prend le conseil de Jésus, pour lui ; il réponds d'ailleurs « quand il est vieux », s'appliquant sa réserve à lui-même …

« Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te dis que si quelqu'un ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » Jean 3,5
L'explication que donne Jésus, ne se situe pas sur l'impossibilité de naître une deuxième fois du ventre de sa mère... Elle porte sur ce qu'il entend lui, par « naître de nouveau »... Il ne s'agit pas seulement d'un changement moral, même d'une conversion …
Il s'agit de « naître de l'Esprit » ; ce n'est que maintenant que Jésus aborde ce point … Jésus substitue '' d'eau et d'Esprit'' à '' de nouveau''... Pour une '' naissance nouvelle '', le terme ''d'eau'' aurait pu suffire ; mais Jésus ajoute ''d'Esprit''... N'oublions pas que le ''baptême'' de Jean, était connu ici de tous ; il faisait même sensation... Le baptême de Jean figure aussi une nouvelle naissance ; et Nicodème ne peut l'ignorer …


De plus, Jésus est catégorique « si quelqu'un ne naît pas ... » Ce baptême précisément, que les pharisiens n'acceptaient pas... ( Luc 7, 30), à ce moment l'élément qui ressort du baptême est la repentance … Voir les textes Psaume 51. 4,9 ; Ez 36. 25 ; Zacharie13. 1

mercredi 23 septembre 2015

Questions sur la Foi, avec E Carrère -1/2-

Je reviens sur le livre '' Le Royaume'' d'Emmanuel Carrère... Témoignage qui me frappe par sa lucidité et sa sincérité ; et qui questionne - non pas seulement - ma foi, mais mon rapport avec ''la foi''...

E. Carrère : agnostique a été de ces ''croyants'' dont la foi pourrait être décrite ( selon ses mots) « très raide, très crispée et très égocentrée. »

La foi, est en lien direct avec La ''Parole''... ( Aujourd'hui un livre : les Evangiles d'abord, le second Testament ensuite, '' l'Ancien Testament'' enfin …)  Et ,ce qui fait le lien de tout cela, et de tout cela avec moi : l’Église ; enfin la Tradition, ce qu'elle m'a transmise...
Il est donc utile de s'interroger sur la légitimité des Textes, et de l'institution...

On pourrait se demander s'il est 'utile' de questionner continuellement cette légitimité. N'est-il pas souhaitable de faire confiance ?

Peut-être est-ce là un point de la question spirituelle d'aujourd'hui : nous n'avons plus confiance...

Je considère en effet, que nous avons été trompé – au cours de l'histoire; non pas de façon machiavélique, mais par le biais de toutes les ''tares'' qui frappent toutes les religions, un moment ou un autre: intolérance, fanatisme, zèle, misogyne, pouvoir, manipulation... Il faut être vigilant ; mais cela ne remet pas en cause – pour ma part – la très haute valeur des religions. Je garde même pour ma religion catholique un grand attachement, pour le bienfait de sa transmission – même si je me permets – à raison – de la critiquer...
Intéressant donc, d'étudier l'histoire de l’Église naissante, et de comprendre comment se sont fixés les premiers écrits.

Ainsi, pour être plus précis : notre époque offre à notre raison des méthodes pour étudier des textes ; et celle dite ''historico-critique'', elle analyse les textes et leurs auteurs sans plus aucun présupposé de foi ou d'origine divine, et avec les outils des sciences humaines. Ce qui 'relativisant' le texte, conduit le chercheur ( ouvert à d'autres textes …) à ne plus parler de vérité absolue.. Et aucune croyance ne devrait entrer en conflit avec la science...
N’empêche, il convient encore de s'interroger sur plusieurs points des textes bibliques qui entrent en conflit avec un présupposé rationnel : les prophéties, les miracles, l'âme, le ciel, l'enfer, ou même la Résurrection... Peut-être convient-il de donner à ces événements un caractère mythique, symbolique... - sans connotation péjorative, au contraire ...


jeudi 3 septembre 2015

La Foi, obscurité et lumière, avec Louis Evely


"La foi est un mélange de lumière et d'obscurité : assez de lumière pour admettre, assez d'obscurité pour refuser, assez de raisons pour porter ses objections, assez d'espérance pour endurer son désespoir, assez d'amour pour porter sa solitude et ses frustrations. Seule la foi nous fait avancer. Nous préférons souvent être en pleine lumière ou en pleine obscurité. Mais la condition humaine est de cheminer sans renier dans les ténèbres ce qu'on a vu et ce qu'on reverra dans la lumière."

Louis Evely      Je vous conseille le site: http://www.paraboles.net/site/sommaire_new.php



Emmaüs - Rembrandt Harmensz._van_Rijn

Rembrandt: Emmaüs, 1629 (Musée Jacquemart-André)
On dirait que le Christ est pris d'un spasme au moment de se révéler. L'un des disciples a basculé sa chaise et s'est précipité aux pieds de Jésus. Il n'est plus qu'un tas de noir confondu à la base de Jésus, bloc de ténèbre dont le torse émerge en silhouette devant la lumière d'une bougie cachée. L'autre disciple, que nous voyons de face, ébahi, sa vieille face ridée, taillée à la hache, ne peut exprimer de sentiments ordinaires. Il bascule de côté, une main sur la nappe. Dans le noir épais qui envahit la moitié gauche du tableau, misérable effort de lumière humaine, une femme à genoux, minuscule, anime des braises dans l'âtre …
*****
 Louis Evely est né à Bruxelles le 5 novembre 1910. Il est ordonné prêtre en 1938. Tout en restant professeur au collège, il rejoint la Résistance…

Ecoutez louis evely

 "Actuellement, je me sens partagé entre deux mondes : celui des incroyants, qui me passionne et pour lequel je suis trop chrétien, et le monde des croyants ; mais…

mardi 25 août 2015

Honneur à l'incroyance : A. Comte (1798-1857) et Emil Cioran (1911-1995) – 6

Tomasz Alen Kopera

Le positiviste Comte (1798-1857) ne se dit ni théiste, ni athée, mais ignorant. La raison humaine est incapable de prouver l'existence ou la non-existence de Dieu …
A son époque, la science bouscule la religion, et le savant écarte le prêtre... Après l'état théologique, puis philosophique, l'humanité atteint l'état scientifique … L'athéisme est pour lui contre-productif, puisqu'il ne fait qu'entretenir l'idée de dieu … Le positivisme substitue à la question du ''pourquoi'', celle du ''comment''...
Comte, admet que les hommes ont besoin d'un objet de vénération qui les dépasse. Puisqu'il leur faut une religion, ce sera celle de l'Humanité : «  le seul véritable grand Être, dont nous sommes les membres nécessaires. »

Après cet élan positiviste, et cette croyance en la Science toute puissante... Cioran (1911-1995), représente bien la défaite des 'idéaux', en cette fin de cette première moitié du XXe siècle.
Tomasz Alen Kopera
On se dit que Cioran a montré par son témoignage de vie, qu'il n'est pas ''indifférent'' et qu'il est sincère. Il est aux antipodes de la vanité médiatique des intellectuels. Il refuse les honneurs et vit pauvrement. Sa vison de la vie est lucide et désespérée...

Cioran ne peut admettre l'existence d'un dieu, surtout d'un Dieu bon. Son athéisme découle d'un sentiment du malheur du monde... Il aurait presque plus de facilité à ''croire'' en un mauvais démiurge... Cioran ne comprend pas que le christianisme ai ''fait'' de Dieu une ''personne'', avec qui on peut bavarder ( et polémiquer …). A la contemplation on substitue la tension, créant ainsi avec la divinité des rapports passionnels.
Cioran qualifie le monothéisme d' oppressant, opprimant, obligatoire, unidirectionnel, créateur de névroses, intolérant et tyrannique … Le monothéisme exige la Foi. Bien sûr, l'histoire peut illustrer tous ces forfaits par maints exemples ...
Cioran prédit actuellement la disparition du christianisme puisqu'il abandonne l'intolérance. « L'intolérance était sa raison d'être. Pour son malheur il a cessé d'être monstrueux... »

Tomasz Alen Kopera
Les critiques de Comte, aujourd'hui, après la tyrannie des ''utopies'' et idéologies du XXe s, avec les limites reconnues de la Technique et de la Science ; me semblent aussi ''datées'' que les critiques du modernisme de l'Eglise d'alors …
Cioran, sans doute, s'approche plus des critiques qui nous interrogent actuellement. Cioran parle d'une divinité construite par le raisonnement humain, et dotée d'une certaine efficacité ( de cour terme), pour qu'elle fonctionne.
Personnellement, ce que je découvre c'est une idée de Dieu qui s'est construite, et qui s'appuie sur des moments-clés, que j'appellerai ''Révélation''... La plus importante étant celle qui est consignée dans les Evangiles. Révélation parce qu'il s'agit véritablement d'un ''don'' ( d'une grâce ) ; et semble t-il, l'humain n'en a pas encore fait le tour... Ce Dieu là, ce n'est pas l'homme qui l'a inventé ; et ce Dieu là, nous ne le connaissons qu'imparfaitement, voire si peu …
Je pense que le ''Dieu-Personne'' est une géniale découverte... C'est l’expérience même que vit Jésus ...

Contre l'avis de Cioran, je pense que ce ''Dieu'' gagne du terrain. Le Christianisme n'en est qu'à ses balbutiements, et après bien des errements ...
Tomasz Alen Kopera

dimanche 9 août 2015

Croyance – J. Cl Carrière – 3- la Foi, objet de débat ?


Jean Claude carrière, ajoute :
« Il est en effet essentiel, pour un croyant, de se montrer totalement fermé à tout argument qu'on lui oppose. La foi ne veut rien entendre, et c'est à cela qu'on la reconnaît. Elle n'est pas un objet de débat. »
« Toute discussion, toute mise en doute, si raisonnable et si pondérée qu'elle soit, ne sert ni à apaiser ni à expliquer - et encore moins à persuader. »
« Inutile de préparer des arguments pour répondre aux questions qui pourraient se poser, et cela pour une bonne raison : il n'y a pas, ou plutôt il n'y a plus de question. »
« Le croyant contemporain est l'auteur et le propriétaire de la croyance qui le possède, et à laquelle il s'identifie pleinement, ce qui explique la brutalité avec laquelle il traite, souvent, celui qui est le plus proche de lui. "Se odian como hermanos", dit-on en espagnol, "ils se haïssent comme des frères." »
Ces propos sont intéressants, et doivent interroger les ''croyants''. Personnellement, je pense que nous devons travailler à dire le contraire...
Un peu comme ceci :

« Il est en effet essentiel, pour un croyant, de se montrer ouvert à tout argument qu'on lui oppose. La foi peut tout et doit tout entendre, et c'est à cela qu'on la reconnaît. Elle n'est pas un objet de débat, dans la mesure ou on ne recherche pas de consensus, ou on ne travaille pas pour se mettre en accord autour d'une formulation acceptée de tous... Elle est objet de débat, parce que la Foi s'enrichit du dialogue.»
« Toute discussion, toute mise en doute, aussi peu raisonnable qu'elle soit, ne sert ni à apaiser ni à expliquer - et encore moins à persuader... Elle sert à enrichir, douter, et avancer...»
«Il est passionnant de préparer des arguments pour répondre aux questions qui pourraient se poser, et cela pour une bonne raison : il y a fondamentalement au cœur de la Foi, une question non résolue, un doute ... »
« Le croyant contemporain est l'auteur de la Foi qui l'habite, et à laquelle il peut s'identifier, ''tout' donner''.. Cet 'abandon', ce renoncement à autre chose le rapproche de la fragilité de chacun. Dans l'idéal, le croyant n'ayant plus rien à perdre, pourrait s'imaginer comme l'exemple même de l'amour total ...»

A propos de - Croyance, éditions Odile Jacob - Jean-Claude Carrière