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jeudi 27 octobre 2016

La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -3/4-

Merlin, serait un ''sorcier'', un mage... Ces personnages, en tant que prêtres des anciennes religions (druides, godi), ou en tant que devins ou sorciers, sont tenus pour des hérétiques, pour des êtres dangereux en raison de leurs pouvoirs diaboliques...

Hugues de Saint- Victor (mort en 1141) par exemple, indique qu'ils tuent ou nuisent, confectionnent des amulettes, utilisent l'eau baptismale, les huiles saintes et le saint-chrême, font des statuettes qu'ils baptisent, font dire une messe des morts pour un vivant, utilisent charmes et incantations. Les pénitentiels nous apprennent qu'ils font des philtres pour susciter l'amour, provoquer l'avortement ou empêcher la fécondation...
Une des principales occupations des sorciers est la confection d'amulettes : Césaire d'Arles proscrit le port de characteres, morceaux de bois, de métal, de pierre, de tissus ou de parchemin couverts de signes; le troisième concile de Tours (813) interdit le port d'os d'animaux morts et d'herbes incantées, s'attaque au port de langues de serpent...
Cernunnos dieu celtique, symbolisé par le cerf ...
Saint Edern sur son cerf volant



Et, finalement …
Une des formes que prend la lutte contre le paganisme est le développement d'un merveilleux chrétien: des déesses sont christianisées , comme sainte Brigitte en Irlande, les sources sont placées sous le patronage d'un saint thaumaturge, etc. Dès le VIe siècle l'hagiographie se développe, comme en témoignent la Vie de saint Martin, de Grégoire de Tours (538-594), puis celle de saint Cudhbert, de Bède le Vénérable (avant 705) ; des saints saurochtones apparaissent, la littérature des visions prend son essor à partir du VIIe siècle. Le commerce des reliques ou d'objets ayant appartenu à des saints vient peu à peu remplacer celui des phylacteria, ligaturœ, ligamina et charactered.
La lutte contre les devins, augures, oracles et autres esprits ne cesse pas de tout le Moyen Age mais change à partir de 771 environ.
Clovis et Clotilde
La légende du baptême de Clovis est déjà, à bien des titres, remarquable : Dieu accorde la victoire au roi qui a promis d'embrasser la vraie foi, conception bien germanique de la réciprocité!
la Saint Charlemagne en France 1892
Jusqu'à l'avènement de Charlemagne, l'Église ne tolère rien qui ne fasse partie du dogme chrétien : ne va-t-elle pas créer une légende pour discréditer le souvenir populaire qu'a laissé Théodoric, cet arien? Le poids de la censure ecclésiastique est perceptible jusqu'au moment où l'Église trouve en Charlemagne le bras séculier qui lui faisait défaut.

Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, le nouvel empereur romain a le sentiment profond que la religion requiert la sollicitude du prince et qu'elle engage sa responsabilité. Il va donc faire régner, ou du moins le tenter, la. pax christi, une des raisons pour lesquelles il sera canonisé en 1165. Il combat l'adoptianisme aux côtés du pape, assure l'existence du clergé en donnant à la dîme le caractère d'un impôt, soutient l'Église par le biais de ses lois: en 789, il s'attaque à la sorcellerie , en 775- 790 aux repas cultuels.


Sources : Paganisme, christianisme et merveilleux - Claude Lecouteux
le Roi Arthur et Charlemagne - Castello della Manta

lundi 15 février 2016

Les Tentations de l'Eglise

Jésus passe au désert, comme le peuple d'Israël, mais surtout comme chacun d'entre nous. Plus exactement, Jésus est « mis à l’épreuve » dans trois lieux différents : le désert, ''le ciel'' et dans la ville de Jérusalem.
Il lui fait affronter trois tentations : l’instrumentalisation de Dieu, le pouvoir et la toute-puissance...
De même l'Eglise -corps du Christ- que nous sommes ; nous sommes confronté à ces trois tentations, qui sont de toute religion.

- L'instrumentalisation de Dieu, consiste à échanger un culte contre le souhait de réalisation de notre volonté ; volonté toute matérielle, à l'image de notre vision... « L'homme ne vit pas seulement de pain ». Notre désir doit être au niveau de ''la volonté de Dieu'', «  Non pas ma volonté ... ».
L'exemple pourrait être le commerce des indulgences, qui caricature l'Eglise comme une institution qui agirait , « en tant que dispensatrice de la rédemption » ( droit canon) ..
Détail de Lucas Cranach Le Jeune,
La vraie et la fausse Eglise

- Le pouvoir religieux, pervertit cette notion politique qu'est le pouvoir, par l’idolâtrie qu'elle met en place, pour s'octroyer le pouvoir sur les esprits... Jésus, refuse obstinément d'utiliser cette représentation messianique et royale du 'Messie' qui prendrait le pouvoir... Dans plusieurs scènes des Évangiles, la foule enthousiaste veut le proclamer « roi » ou « Messie » : après le récit de la multiplication des pains (Jn 6), ou lors de l’échange qui oppose Pierre à Jésus, après la profession de foi de Césarée. À Pierre qui rejette la sombre perspective présentée par Jésus, ce dernier lui répond « Passe derrière moi Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais des hommes » (Mc 8).


- L'appel à la ''toute-puissance'' de Dieu, est sans cesse réclamée, par le religiosité des humains avides de signes miraculeux... L'institution religieuse peut jouer sur cette attente de « signes venant du ciel » par lesquels Jésus renouvellerait les merveilles de l’Exode (cf. Lc 11, Jn 6, Mt 16) pour « mettre (Jésus) à l’épreuve ». Face à cette requête, Jésus répond par une autre pédagogie, celle du mystère pascal contenu dans le signe de Jonas (Lc 11, 30)...

Lucas Cranach Le Jeune, La vraie et la fausse Eglise   (1546,  gravure sur bois, 0,35 x 0,58 m, Kupferstichkabinett)

vendredi 12 février 2016

Peut-on être sauvé tout seul ? -1/.-

Ou, le salut: 'Sauver' la création, et 'se sauver'

Je suis arrivé ( ou retourné) à la question du 'Salut' , par l'Ecologie … En effet :

- Notre tradition spirituelle, nous indique clairement que l'humain est l'intendant de la création. Les signes de temps agitent le chiffon rouge : l'humain est accusé d'avoir gaspillé les biens confiés ( nature et animaux ..). Nous les avons même détournés du patrimoine collectif, pour en faire un bien privé … Ne serait-il pas temps, pour notre survie, d'être assez avisés et de se rendre compte qu'on ne pourra pas – en matière écologique – se sauver seul … ? ( texte de l'évangile en référence : Luc 16, 1-13)

« Car les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière. »
Si un chrétien n'est pas sensible à la sauvegarde de la ''Maison Commune'', comment pourrait-il être crédible sur un discours concernant le ''salut'' de l'homme ? Ne serait-il pas alors qu'un discours égoïste, digne d'un intendant mal avisé … ?
Bien sûr cette parabole ( Lc 16, 1) n' a pas été construite pour nous donner une leçon d'intendance matérielle... Mais le pape François insiste bien sur le fait que « tout est lié ... » Notre environnement, notre développement, et le sens de notre vie ...
« Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ?
Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? »
Mon salut 'spirituel', c'est le pardon, la remise de mes dettes... Des « richesses injustes », car je ne le mérite pas... Je serais bien avisé, de me rendre compte que je ne peux pas me sauver tout seul …


La globalisation, et notre responsabilité collective envers la Création, va - peut-être - nous permettre d'entamer le chemin inverse à celui qui nous a conduit à un individualisme, même spirituel – qui consiste à penser pouvoir ''sauver son âme'' pour soi … !
Puis-je être ''sauvé '' tout seul … ? Bien sûr que non ! Il y a tout ce qui a fait que je suis moi, et non un autre, qui me ''sauve'' … Si je n'avais pas eu ces parents, cette éducation … Si je n'avais pas rencontré un(e) tel(le)... ? Si je n'avais pas eu ce confort... Et si j'étais – enfant - mort de faim, au Nigéria... ? Je suis ''sauvé'' avec tous ceux qui font ce que 'je suis' …
Et ce que je dis des hommes et femmes, dont je suis issu ; je peux le dire de mon environnement, de ma Terre... ( ça pourrait être long …)

Pour rire un peu … Je pourrais dire – c'est une caricature - ... A quoi cela me sert -il d’être sauvé, si ma femme ne l'est pas avec moi... Et, elle pourrait ne pas l'être, avec tous les défauts qu'elle a … !:-)))...


Pour aller encore plus loin dans le paradoxe : Je pourrai dire :
Si je suis un avec le Christ, comment pourrais-je accepter d'être ''sauvé'' si mon prochain ne l'est pas … ? !

Si je suis un avec le Christ, comment pourrais-je accepter d'être ''sauvé'' si le monde, si le vivant... si L'univers ne l'est pas … ? !

lundi 18 janvier 2016

La diversité des religions : une volonté divine.-2/2-

« C'est à l'entour des années conciliaires que la question fut posée de valeurs positives contenues dans les traditions elles-mêmes. Les théologiens répondaient d'ailleurs à cette question de façon diverses. Ils étaient en effet divisés sur la nature de pareilles valeurs positives : s'agissait-il de ''pierres d'attentes'', présentes dans l'homme religieux par nature ; ou bien, de façon plus affirmative, d'« d’éléments de vérité et de grâce », témoignant d'une initiative de Dieu vis à vis des hommes ? Le concile, en fonction,de son attitude ouverte mais discrète à la fois, n'a pas voulu trancher ce débat. » Jacques Dupuis (*) ( Conférence Louvain 1998)


Le contexte interreligieux soulève aujourd'hui, de façon nouvelle, - pour un catholique - trois questions sur:
  • L’ampleur du plan divin pour l'humanité, dans son unité et sa diversité ?
  • Le sens et la place dans ce plan divin global pour l'humanité de l’événement ' Jésus-Christ '( particulier dans l'histoire, et pourtant de portée universelle ) ?
  • Le sens et la valeurs salvifique, dans le même plan de Dieu pour l'humanité entière, d'autres ''voies'' de Salut se réclamant elles aussi de ''figures salvatrices''.. ?
Abraham

Le Pluralisme religieux dans lequel nous vivons aujourd'hui, peut être considéré comme un pluralisme de droit, auquel on peut reconnaître un sens positif dans le plan divin pour l'humanité. Le mystère de Dieu reste nécessairement au-delà de toute connaissance humaine et les religions représentent autant d'approches tâtonnantes des hommes face à ce mystère. Le mystère intime de Dieu consiste – pour le Chrétien – en une communion et une communication plénière entre personnes, Père, Fils, et Esprit.
La trinité immanente, ne suffit pas, comme telle, à établir le fondement du pluralisme religieux. C'est la à la ''trinité économique'' qui en est l'épanchement dans l'histoire des hommes, qu'il faut avoir recours. 
Les diverses traditions religieuses représentent en effet les diverses façons dont «  à bien des reprises et de bien des manières » ( He 1,1) Dieu a parlé et s'est prodigué aux hommes à travers l'histoire. Elles ne figurent pas seulement, ni d'abord, les efforts inlassables des hommes à la recherche de Dieu, mais bien plutôt les avances continues et multiples de Dieu à leur égard. Si elles constituent pour leurs membres des ''voies'' de salut, c'est que Dieu lui-même a d'abord tracé ces voies en se mettant à la recherche des hommes.
Stelle au dieu inconnu
Cela ne contredit aucunement l'unicité de Jésus-Christ que l'on a appelée «constitutive»; mais cette unicité doit aussi être entendue comme « relationnelle ». 
Cela veut dire que l'événement historique du Verbe fait chair, tandis qu'il marque l'engagement le plus profond et décisif de Dieu à l'égard du genre humain, s'insère nécessairement dans l'ensemble du plan organique de Dieu pour l'humanité. Les diverses composantes de ce plan unique et organique sont interdépendantes et relationnelles. L'événement Jésus-Christ, constitutif du salut pour tous, n'exclut ni n'inclut, en les absorbant, aucune autre figure ou tradition salvatrice. Il y a plus de vérité et de grâce divine à l'œuvre dans l'histoire des interventions de Dieu en faveur du genre humain qu'il ne s'en trouve dans la seule tradition chrétienne. Les autres traditions représentent par rapport à elle des dons divins supplémentaires et autonomes. Si l'événement Jésus-Christ mène l'histoire du salut à son apogée, ce n'est pas par substitution ou par remplacement, mais par confirmation et accomplissement.

On pourra alors parler de complémentarité et de convergence mutuelle entre le mystère de Jésus-Christ et les autres traditions religieuses. Non d'une complémentarité à sens unique, comme si les autres traditions ne contenaient que des «pierres d'attente» destinées à trouver leur «accomplissement» dans le mystère chrétien, mais bien d'une complémentarité réciproque susceptible d'ouvrir la voie à un enrichissement mutuel à travers un dialogue authentique. Une convergence aussi, historique et eschatologique à la fois. Historique, de par l'enrichissement mutuel qui est le fruit du dialogue; eschatologique, en ce que la plénitude eschatologique du Règne de Dieu est l'aboutissement final commun du christianisme et des autres religions.
Des jésuites reçus
par l'empereur moghol Akbar


(*) Note : Jacques Dupuis ( 1923-2005), est un prêtre jésuite belge et théoricien du dialogue interreligieux. Son expérience décisive a été un long séjour en Inde, de 1948 à 1984. A partir de 1984, il est professeur à la faculté de théologie de l'Université grégorienne de Rome. Il est consulteur au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, de 1985 à 1995, et directeur de la revue Gregorianum.
En 1997, il publie un livre intitulé Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, qui déclenche une tempête au sein de l'institution ecclésiale. L'auteur y développe l'idée selon laquelle le salut apporté par Jésus-Christ dépasse les frontières du christianisme et se manifeste également à travers d'autres religions. Une position qu'il résume par cette phrase : « Pour moi, Jésus-Christ est le sauveur universel, mais en même temps je crois que, dans le plan divin, les autres traditions religieuses du monde apportent une contribution positive à l'humanité. »


La Congrégation pour la doctrine de la foi (ex-Saint-Office) suspecte dans cette analyse un risque de "relativisme". En 1998, elle fait suspendre les cours du théologien à l'Université grégorienne. En septembre 2000, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation, publie un document intitulé Dominus Iesus, où il insiste sur le fait que la "fonction salvifique" du Christ est "exclusive, universelle et absolue".

samedi 9 janvier 2016

La miséricorde, est-ce important ?


Je connais l'amour, le pardon... J'aime bien la compassion... Et, j'ai l'impression que ''la Miséricorde'' répand une odeur de sacristie... !
Pourtant cette notion est remise en avant par le pape François, jusqu'à en faire le thème d'une année ( l'année jubilaire de la miséricorde du 8 des 2015, au 20 nov 2016)...

Dans la Bible, la miséricorde est d'abord un attribut de Dieu. Un Dieu qui ne peut se résoudre à abandonner même si l'humain le déçoit ou le blesse, un dieu fidèle à son alliance …
« Le latin misericordia (« misère » « cœur ») reflète cette tension entre le cœur, les entrailles de Dieu, et la misère, celle de l'homme souffrant. »

Ce '''nom de dieu '' - le Misericordieux – a été employé différemment selon les époques. Parfois plus axé sur le pardon, sur la justice... Au XVIIe, c'est la dévotion au Sacré-Coeur, enfin la redécouverte de cet attribut divin par Sainte-Thérèse... Avant de devenir ''inaudible'' trop ' affectif ' …

Jean-Paul II, est sensible jeune au message reçu par sa contemporaine et compatriote Faustine Kowalska... « Pour lui, la miséricorde était tout sauf de l'eau tiède. Il y a vu la seule manière de résister aux « idéologies » du mal qu'étaient en son temps le communisme et le nazisme et de répondre au « drame de l'humanisme athée ». « Dans un contexte où la notion même de vérité (...) est relativisée, l'homme contemporain a besoin, pour être délivré de la tyrannie de sa subjectivité, de faire l'expérience personnelle du salut, éclaire Martin Pradère. Face aux dérives du rationalisme, à celles des Lumières et aujourd'hui à celles de la postmodernité, il s'agit ainsi de guérir la tête de l'homme contemporain par la guérison de son cœur. » » ( Sources 'La Vie')
Slevogt, Max 1898 -  Le fils pardonné


« Je suis pécheur, priez pour moi » , cette phrase, le pape François la répète sans cesse depuis le jour de son élection. «  Le temps est venu pour l'Église de retrouver la joyeuse annonce du pardon. Il est temps de revenir à l'essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l'avenir avec espérance. »

Enfin : Dans la cathédrale de Bangui, là où il y a dix-huit mois, le 28 mai 2014, à la suite des grands affrontements entre chrétiens et musulmans qui s’échelonnèrent de 2013 à 2014, des musulmans avaient tiré à l’arme lourde, faisant quinze morts et de nombreux blessés, le pape, citant le Sermon sur la montagne et l’appel à la perfection (Mt 5,46-48) rappelait : « L’une des exigences fondamentales de cette vocation à la perfection, c’est l’amour des ennemis, qui prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la spirale des représailles sans fin. Jésus a tenu à insister sur cet aspect particulier du témoignage chrétien. Les agents d’évangélisation doivent donc être d’abord et avant tout des artisans du pardon, des spécialistes de la réconciliation, des experts de la miséricorde. »



Peinture murale commandée par l'archevêque de San Juan, pour la voûte au-dessus de la porte principale de la Cathédrale de San Juan Bautista à San Juan, Puerto Rico - pour commémorer l'Année jubilaire de la Miséricorde 2015-2016 déclarée par François.

mardi 8 décembre 2015

L'échelle de Jacob -2/2-

Gerbrandt Eeckhout 1621 1674.  -   Le songe de Jacob, 1672
Si, en règle générale l'échelle de Jacob, illustre un développement et une montée par degrés... Ce jour là, cette lecture, et cette relecture m'ont conduit, à une autre interprétation :

Les anges de cette échelle, représentait tous les ''messagers''du divin, qui se sont succédés dans ma vie : personnes, livres, événements … Dieu était présent, même quand je n'y pensais pas, même quand je me fourvoyais …

*« Vraiment, c'est le Seigneur qui est ici et je ne le savais pas.. » Gen 28, 16
Je préfère dire que ''Dieu était là'', plutôt que ''Dieu était intervenu''... En effet, j'aime penser que la personne, par exemple, qui était porteuse de la réalité divine dans ma vie, a agi librement, de son plein gré, et non 'télécommandée' par Dieu …
Cette présence de Dieu se manifeste au plus intime de moi-même. Elle n'était pas moins présente quand j'ai rencontré le bouddhisme, quand j'ai pratiqué la Méditation transcendantale, puis quand j'ai frappé à la porte d'un temple maçonnique; expériences qui m'enrichissent encore comme chrétien …

* « Jacob prit la pierre dont il avait fait son chevet, l'érigea en stèle et versa de l'huile au sommet » Gen 28, 18
Cependant, je qualifierai assez rapidement un événement familial comme événement fondateur dans ma vie. Je l'imagerai bien par cette stèle qu'érige Jacob avec la pierre sur laquelle il a fait ce songe … Cette pierre représenterait mon retour par l'intermédiaire de ''mon Eglise'' au Christ comme pierre d'angle... Et, parmi les barreaux de l'échelle, se trouvent le SIF ( Service Incroyance Foi), des retraites ignatiennes et CVX ( Communauté Vie Chrétienne).


Enfin, aujourd'hui j'affine chaque jour l'image de mon Dieu. « Le Seigneur deviendra mon Dieu » Gen 28, 21 . Si la pensée que j'ai de Dieu, ne sera sans doute jamais définitive ; j'ai trouvé dans la Parole des Evangiles, une source d'eau vive incomparable …
Cette peinture de Pietro Rizieri Calcinardi (1834), est dans l’église paroissiale de Decenzano, qui avait été celle d’Angèle Merici dans sa jeunesse

mardi 29 septembre 2015

Junia, femme et Apôtre

Eldon Jay Epp démontre que la critique textuelle s'acharne à nier qu'il existe bel et bien une femme apôtre dans le nouveau Testament...

Tout part de banales salutations de Paul dans la fameuse épître aux Romains, au chapitre 16, dans lequel Paul «  salue Andronicus et Junia (..) apôtres éminents ayant appartenu au Christ avant moi ». procédant à une analyse fouillée des sources, E J E professeur à la Divinity School de Harvard, prouve que le prénom ''Junia'' ne peut qu'être celui d'une femme.

Il montre que c'est d'ailleurs ainsi que l'ont compris l'ensemble des éditeurs du Nouveau Testament du premier millénaire, jusqu'à ce que , à la fin du XIXe s. et jusqu'à aujourd'hui, des savants décident qu'il était impossible qu'une femme soit considérée comme ''apôtre'' – summum du prestige chrétien – et décident de transformer le prénom en ''Junias'' patronyme masculin.

Un incroyable exemple d'imposture scientifique assénée uniquement pour des motifs idéologiques, qu' E. J. Epp détruit avec rigueur et humour en remettant au jour cette incontestable vérité : il existait bel et bien, au 1er siècle, des femmes ''apôtres'' dont l'importance devait être comparable aux fondateurs masculins des premières communautés chrétiennes.
Sources: ( Le Monde des Religions N° 70)


Dans cette réhabilitation exégétique, l’auteur présente des témoins dont l’un des plus influents reste Jean Chrysostome : « De fait, quelle ne dut pas être la sagesse de cette femme pour qu’elle soit jugée digne du titre d’apôtre. »



Donc, un couple, Andronicus et Junia, est inscrit parmi les apôtres ("apostolos, envoyé"), terme qui, à l'époque, n'est pas encore réservé aux Douze (il le deviendra dans les Évangiles) mais qui désigne soit un émissaire (sens faible), soit un envoyé de Dieu (sens fort). "Paul, esclave du Christ Jésus, apôtre par appel…", en disant cela au début de sa lettre, Paul indique qu'un apôtre ne se donne pas lui-même sa propre mission ; elle vient d'un autre, Dieu, et elle concerne les autres, les païens (cf. Ro 11,13).
Sa mission est de répandre la Parole de salut réalisée en Jésus, Parole qui l'investit lui-même. Dans la trilogie des fonctions ministérielles d'alors (cf. 1 Co 12,28), les apôtres viennent en premier. Suivent les prophètes et les docteurs, tous au service de la même Parole. Les prophètes ont une fonction d'encouragement, soulignant l'actualité de l'Évangile. Les docteurs, eux, ont un rôle didactique de réflexion sur les Écritures et les paroles du Christ. Comme apôtres, Junia et son mari sont donc au premier rang des acteurs de l'Église. Paul ne cite pas ici de prophètes mais nous savons, par les lettres aux Corinthiens, qu'il y avait des femmes  parmi les prophètes chrétiens (1 Co 12-14). Quant au rôle de docteur, n'est-ce pas ce que Prisca et Aquilas ont joué auprès d'Apollos à Éphèse (Ac 18,26) ? En Ro 16, Prisca et Aquilas sont appelés "collaborateurs dans le Seigneur", un titre donné aussi à Urbain et Timothée (Prisca est nommée avant son mari, ce qui n'est pas habituel alors). La notion de labeur commun est ici capitale et Paul signale au moins quatre femmes parmi les gens qui "se donnent de la peine" : Mariam, Tryphène, Tryphose, Persis…


Sources : SBEV

samedi 26 septembre 2015

Questions sur la Foi, avec E Carrère -2/2-

Il est allé à travers les villages sur le chemin de Jérusalem - James Tissot
Intéressant de comprendre l'importance de la figure de Paul. Paul se livre dans ses lettres, beaucoup plus que Jésus qui n'a rien laissé d'écrit... Intéressant, comme le fait E. Carrère, de tenter de comprendre l'état d'esprit de Luc : évangéliste, non-juif ( gentil) et qui fixe dans son texte des histoires qui ne sont que dans son Évangile : le bon samaritain, le fils 'prodigue', 'Emmaüs' …

Aujourd'hui E. Carrère, sans doute à l'image de beaucoup d'anciens chrétiens, ne se retrouve pas dans le ''Credo '', « Pourtant assez mystérieusement, je garde avec le christianisme une proximité qui dépasse le cadre historique, culturel, les cathédrales, Bach..etc. Il y a quelque chose qui continue à former ma pensée, mon regard, et autant que je le peux ma conduite. »

Avec E. Carrère, je suis d'accord pour dire que : « Si être chrétien, c'est simplement dire qu'il faut penser à son prochain, s'aimer les uns les autres, etc, tout le monde est plutôt convaincu. Un christianisme absolument rationnel, je n'en vois pas l'intérêt, ce ne serait à mon sens plus vraiment le christianisme... »

Election des douze Apôtres  1894 - J Tissot
Il n'y a plus de valeur uniquement morale, même disons 'civilisatrice' de la religion. Au contraire... Et c'est là tout le paradoxe actuel du christianisme... Jusqu'à parler d'une religion de ''la sortie de religion''...
« Ce qui caractérise le christianisme est une sorte de folie qu'évoque Saint-Paul, et qui est un renversement absolu du monde et des rapports humains. (…)
« Le message de Jésus est extraordinairement subversif et absolument rebelle à toute institution. Il est 'mystérieux' que sur ce message se soit construite l'une des institutions les plus puissantes et durables de l'histoire. » A l'image, en fin de compte, de la plupart des autres religions …
«  En dépit de tous les défauts de l’Église – riche, puissante, tyrannique – et de tous les méfaits historiques, elle demeure une gardienne d'un trésor qui contient en même temps sa propre destruction. » E.C. ( le MdR N°68)

Pour autant, je réfute cette position qui reviendrait à dire : « soyons chrétien, moins tous les dogmes... ». Ces dogmes font partie des 'trésors' de cette Église : ils sont des points de ''mystère'' et méritent de nous interroger, encore et encore... Et, je rajouterai, en laissant ma conscience libre de pouvoir discuter, partager, comprendre, ces formulations empreintes d'histoire...
Réconstitution_de_Jérusalem_et_du_temple_d'Hérode) - James_Tissot

mercredi 23 septembre 2015

Questions sur la Foi, avec E Carrère -1/2-

Je reviens sur le livre '' Le Royaume'' d'Emmanuel Carrère... Témoignage qui me frappe par sa lucidité et sa sincérité ; et qui questionne - non pas seulement - ma foi, mais mon rapport avec ''la foi''...

E. Carrère : agnostique a été de ces ''croyants'' dont la foi pourrait être décrite ( selon ses mots) « très raide, très crispée et très égocentrée. »

La foi, est en lien direct avec La ''Parole''... ( Aujourd'hui un livre : les Evangiles d'abord, le second Testament ensuite, '' l'Ancien Testament'' enfin …)  Et ,ce qui fait le lien de tout cela, et de tout cela avec moi : l’Église ; enfin la Tradition, ce qu'elle m'a transmise...
Il est donc utile de s'interroger sur la légitimité des Textes, et de l'institution...

On pourrait se demander s'il est 'utile' de questionner continuellement cette légitimité. N'est-il pas souhaitable de faire confiance ?

Peut-être est-ce là un point de la question spirituelle d'aujourd'hui : nous n'avons plus confiance...

Je considère en effet, que nous avons été trompé – au cours de l'histoire; non pas de façon machiavélique, mais par le biais de toutes les ''tares'' qui frappent toutes les religions, un moment ou un autre: intolérance, fanatisme, zèle, misogyne, pouvoir, manipulation... Il faut être vigilant ; mais cela ne remet pas en cause – pour ma part – la très haute valeur des religions. Je garde même pour ma religion catholique un grand attachement, pour le bienfait de sa transmission – même si je me permets – à raison – de la critiquer...
Intéressant donc, d'étudier l'histoire de l’Église naissante, et de comprendre comment se sont fixés les premiers écrits.

Ainsi, pour être plus précis : notre époque offre à notre raison des méthodes pour étudier des textes ; et celle dite ''historico-critique'', elle analyse les textes et leurs auteurs sans plus aucun présupposé de foi ou d'origine divine, et avec les outils des sciences humaines. Ce qui 'relativisant' le texte, conduit le chercheur ( ouvert à d'autres textes …) à ne plus parler de vérité absolue.. Et aucune croyance ne devrait entrer en conflit avec la science...
N’empêche, il convient encore de s'interroger sur plusieurs points des textes bibliques qui entrent en conflit avec un présupposé rationnel : les prophéties, les miracles, l'âme, le ciel, l'enfer, ou même la Résurrection... Peut-être convient-il de donner à ces événements un caractère mythique, symbolique... - sans connotation péjorative, au contraire ...


mardi 2 juin 2015

L'organisation synodale

Il y a quelques jours, je participai à une grande réunion diocésaine, qui célébrait les 30 ans du dernier synode... ! Un père dominicain, à ce propos revenait sur le mode de fonctionnement dans notre Église.

La comparaison avec un système démocratique, ce que n'est pas l'Eglise, m'amène à réfléchir plus généralement … Une assemblée politique, qui se veut démocratique, tranche par la règle de la majorité... L’Église est une organisation de type ' synodal ' : le pouvoir s'exprime lors d'un concile (la parole du Pape, n'étant que 'personnelle') avec un type d'organisation qui cherche le ''consensus''... La majorité est estimée insuffisante, et les acteurs sont invités à se remettre au travail, pour trouver un consensus... Cette organisation n'est pas ''révolutionnaire''.. ! Elle prend le temps...
Le dernier concile Vatican 2, a suivi cette discipline... Presque réussie, sauf si quelques-uns décident contre tous de se retirer, et c'est le schisme ( Mgr Lefebvre ) !
La démarche synodale, c'est prendre en compte la majorité des opinions, et tenter d'avoir raison ''avec'', et non pas ''contre'' ...




Je trouve – quand-même - cette démarche intéressante, d'autant qu'elle insiste sur un point qui me semble essentiel : l'articulation entre le ''un'', le ''tous'' et le ''quelques-uns'' ; voilà comment je l'ai compris :

Le ''un '' c'est la personne que l'on désigne pour nous représenter : le pape, l'évêque (*) , le curé... En politique ( je suis encarté ''EELV'') ce sera le candidat désigné pour des élections, un secrétaire ..etc. Le ''quelques-uns'' ce peut être ceux qui font 'équipe' avec le 'un', ceux qui l'ont soutenu, ceux qui sont 'partisans' … Le ''Tous'' , ce sont tous les autres, y compris ceux déjà désignés.

A mon avis, et en particulier en politique ; nous n'avons pas réellement réfléchi sur cette articulation ; c'est bien dommage parce qu'elle me semble nécessaire pour la réussite des objectifs de l'organisation. Chez EELV, des 'camps' ( des ''quelques-uns'' ) s'affrontent et cela crée de la violence... Nous sommes impuissants, ensuite, à la dissiper : la relation entre ''quelques-uns'' et '' Tous'' reste conflictuelle... Le ''Un'' n'est jamais réellement soutenu par le ''Tous'' …

Nb/ - Dans la Liturgie, le prêtre ne dit pas ''je '', mais ''nous'' : le nous de l'assemble chrétienne qui célèbre - en ''corps'' qu'il est -: le corps du Christ.
- (*) Intéressant la désignation des évêques ( en France depuis 1917, seulement …), différent en Allemagne ou en Suisse ...

- Dans le cercle œcuménique, il est vrai aussi que les catholiques sont plus axés sur le ''Un'', que les orthodoxes et les protestants ...

mardi 27 janvier 2015

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -9/99-

Toujours sur ' la Révélation '

1- Dieu confie sa parole à un homme pour en interpeller d'autres ...

2- «  Le progrès définitif sera que Dieu, s'identifiant à Jésus et s’appropriant sa parole, s'adresse directement aux hommes. » ( p 160)

«  la révélation brise ses liens au passé et se projette dans l'en-avant du temps..(...) elle adresse à l'univers entier le même message de salut... » ( p 171)



Je tente de regrouper en un tableau, la réflexion de J. Moingt sur la Révélation : ( p 174-175)
Des « temps anciens » au Christ, il y a continuité de la révélation du Salut.





Les temps anciens - > 1ère Alliance - > Nouvelle alliance
L'antiquité Le 1er Testament Le Nouveau Testament
La révélation : l'appel ressenti d'une Présence transcendante dont témoignent ces croyances.. + Non pas les récits, les paroles... mais la voix intérieure qui s'énonçait comme Parole de Dieu par la bouche des Prophètes et qui mettait le peuple en marche vers le destin auquel il se sentait appelé. + elle s'insère en Jésus dans un moment du temps.
La foi : l'attraction qu'elle exerce sur l'esprit des hommes pour le tourner vers elle +. Sa confiance en cette Parole, son sentiment d'être élu et conduit par Dieu + La foi en Lui est foi à ce qui advient et se passe dans le temps
Le salut : l’incessant renouvellement de la vie que cette foi fait espérer +. l 'Alliance de Dieu avec son peuple, pleine de promesses de bonheur qui soutenaient son espérance de le voir venir enfin à son secours + Le salut qui s'accomplit par lui devient le retournement du cours de l'histoire
Dieu : le terme absolu du salut, Source de plénitude de Vie, qui fait désirer et célébrer sa Présence à travers les phénomènes de l'univers. +. le guide de ce peuple, son créateur et son sauveur, qui se faisait connaître à lui comme le Seul Seigneur de tous les hommes. + Dieu se fait connaître en Jésus (son fils ) selon le lien qu'il contracte lui-même avec l'histoire des hommes


vendredi 23 janvier 2015

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -8/99-

Le Chapitre 2, s'intitule la révélation du Salut.

Des « temps anciens » au Christ, il y a continuité de la révélation du Salut.
L'annonce et la promesse du salut se fait par la loi et les prophètes. L'accomplissement se fait par Jésus et l'Eglise.
Je vais peut-être aller un peu plus vite …

«  C'est l'idée d'un Dieu unique et créateur (…) Il affiche des prétentions universalistes puisqu’il n'y a pas d'autre dieu que lui...(...) Il ne peut être connu que de sa propre initiative, en se révélant lui-même à qui il veut." (p 142)

Sur la Révélation :
1- « le mot de « révélation » évoque dans l'imaginaire du lecteur de la Bible la scène du Mont Sinaï où Moïse reçut les Tables de la Loi … (…) fracas d'ouragan ..etc... " Nous savons que cette scène n'a jamais eu lieu...(..) «  '' Dieu, nul ne l'a jamais vu'' ( J, 1, 18) Si donc le visage de Dieu n'est pas visible, sa parole n'est pas davantage audible …"
2- «  La relation à Dieu ( au divin, aux dieux) se faisait jusqu'ici exclusivement par la médiation du culte et des sacrifices, des prêtres et des rois, elle se fait maintenant directement de Dieu aux croyants, dans une simple relation de parole.. (…) c'est une grande nouveauté historique, et c'est un fait de révélation. » ( p 144 )
3- .. » révélation divine... authentifiée par Jésus, et par l'Eglise apostolique... »


«  Quelle histoire de salut se laisse lire dans les décombres de l'histoire biblique ? Note : J. Moingt cite Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman. Les nouvelles révélations de l'archéologie ; « La saga historique que nous conte la Bible ne doit rien à une quelconque révélation miraculeuse ; elle est le brillant produit de l'imagination humaine. (…) vers la fin du VIIe s avant J.C. »

Sur le débat juifs-chrétiens : J Moingt cite le philosophe juif Franz Rosenzweig :
«  Dieu a de tout temps posé une inimitié, et néanmoins il les a liés ensemble dans la réciprocité la plus étroite. (…) Aussi n'avons-nous tous deux que part à la vérité. Cependant nous savons que c'est l'essence de la vérité que d'être en partage, et qu'une vérité qui n'est en partage à personne ne serait point une vérité : même la vérité 'entière' n'est vérité que parce qu'elle est la part de Dieu »


C'est fort … ! Et c'est peut-être assez pour aujourd'hui ...

mercredi 31 décembre 2014

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -2/99-

Sur de longues pages et avec précision, J Moingt, scrute « l'acte de croire », et ses motivations qu'il regroupe sous le terme de « salut ».
L'acte de croire en ce qu'il relève de la volonté, d'un engagement existentiel et de la raison...
Le « salut », comme motivations de cet acte : ce que le croyant espère, ce que le croyant désire sauver …

« Le pluralisme religieux règne en Samarie et dans tout Israël, il ne se limite pas à l'alternative entre Yahweh et Baal, comme voudrait le faire croire l'idéologie deutéronomique des VIIè et VIè siècles, mais il y aurait toute une foule d'autres dieux et déesses, adorés sur les hauts lieux, contre lesquels se déchaînent les prophètes yahwistes de l'époque...Le culte de Yahweh s'installe en tant que culte national au cours du IXè siècle, lentement dans les deux royaumes d'Israël et de Juda » J M.
«  L'invention du monothéisme ne peut plus être attribué à Moïse, qui en aurait reçu la révélation en Égypte au XIIIè siècle... »...  Ceci « remet l'éclosion du monothéisme dans les évolutions de l'histoire et des idéologies.» J.M.
Ceci est très important... ! L'idée de Dieu est une idée qui se construit … !

Pourtant, pour J. Moingt, l'acte de croire ne relève pas de l'imaginaire ou de la sensibilité … Il ne s'agit pas non plus de l’assimiler à un « savoir » … «  mais de le comprendre comme une disposition inhérente à l'usage de la raison, un certain type d'ouverture d'esprit, d'attention portée à ce qui entre dans son champ de vision, de telle sorte que l'acte de croire ne se présenterait pas au terme de l'acte de penser, comme s'il était produit par lui, mais au principe, comme l'impulsion et l'orientation données à la pensée, le sens qui lui est imprimé... »


Mais … s'agit-il d'une recherche du « Dieu inconnu », ou le « croire » est-il un acte surnaturel ? En effet, Dieu n'est-il pas déjà là... ? «  l'homme prend conscience de soi en tant qu'être « religieux », existentiellement relié à un « partenaire invisible »... » J.M.
« le « croire » est la puissance de sympathiser avec le monde, de se sentir en lui et de le sentir en soi, et de sentir le monde traversé par de multiples forces qui le mettent à disposition des hommes à condition de reconnaître qu'il leur est toujours donné sans jamais leur appartenir. En le recevant comme un don, l'homme se trouve en face d'une altérité d'une générosité infinie, vers qui il se tourne pour vénérer sa puissance. L'acte de croire est la perception d'un monde ouvert sur le divin. » J. Moingt.


Donc, l'idée de Dieu ( chez l'humain) se construit ; mais Dieu est déjà là, et il se donne à connaître ...

dimanche 28 décembre 2014

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -1/99-

Le Père Noël m'aime bien... Il m'a gratifié d'un beau cadeau, le denier livre de Joseph Moingt : Croire au Dieu qui vient – De la croyance à la foi critique. ( 600 pages...) et Tome 1.

Un beau chemin, dont je me régale à l'avance ; et dès la lecture de l'avant-propos, je suis d'emblée conquis par la sincérité de l'auteur.
L'auteur dit « je », et s'engage sur de bonnes questions : «  Qu'est-ce qui garantit au croyant, qui admet une vérité «  foi catholique », qu'elle vient réellement de Dieu... alors qu'il introduit son propre discernement dans son adhésion à cette vérité, sous la forme de réserves importantes, quand il a de sérieux motifs de penser qu'elle n'est pas contenue telle quelle dans l’Écriture, ou que le Magistère ...etc » .

Comment, si l'on ne doute pas des Évangiles, ne peut-on pas douter du Magistère... ?
J. Moingt, lui-même, comme prêtre jésuite reconnaît : « J'avais l'intention d'expliquer dans mes livres cette foi universelle, et non ce que j'en aurais retenu ou accommoder à ma convenance... Je ne cherchais pas à dire ce que je croyais ni comment je croyais, mais ce que croit l’Église et tel qu'elle le croit. »
Bien sûr, je comprends bien que la mission du prêtre, dépasse peut-être sa propre personne … Quoique … ! Il ne s'agit pas ici d'idéologie, mais d'un message existentiel (personnel)... ? Sinon, s'insinue... le doute ...

J. Moingt continue : « je devais bien me rendre compte que je ne croyais pas absolument tout ce qu'enseigne l’Église, ni exactement comme elle l'enseigne... ». Ouf... ! Ça fait du bien de le voir écrit ( et non pas seulement de l'entendre...). C'est un peu comme un peu d'humanité, dans une « certitude » qui pourrait paraître aujourd'hui comme dangereusement autoritaire …

Aujourd'hui, j'aimerais penser qu'un « croyant », reconnaît être un chercheur de sens. Qu'il reconnaît que si sa foi, lui donne des « raisons » de vivre, c'est qu'elle donne du sens, si … je construis moi-même ce sens.
Catholique, j'ai la chance et le privilège de pouvoir compter sur l’Église. La foi est don, déjà parce qu'elle se transmet ( les Évangiles y compris …)... Mais, et c'est essentiel : «  les catholiques sont portés à s'inquiéter du statut de la vérité dans l’Église... » Au vu des conflits d'interprétation, de l'organisation des pouvoirs, des orientations de l'institution, des conflits avec les scientifiques, les historiens, les théologiens... etc


Après ce long avant-propos. Je continue, avec J Moingt, à réfléchir sur les attentes de salut qui ont accompagné la découverte des dieux, du dieu … Et finalement, passer d'un salut au jour le jour ( cultiver, manger …) au salut après la mort, puis à l'acte de croire... De la foi confiance au don... il est bon d'interroger l'histoire du « croire »... Mais, je commence à peine !