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mardi 28 février 2017

La vie d'une sorcière au Moyen-âge -3/4-

Niveau II de sorcellerie ( celui condamné par les inquisiteurs...)

Notre sorcière, peut faire un pas supplémentaire … pour '' d'autres '' pouvoirs... Pouvoirs qu’elles obtiennent d'un pacte, explicite ou tacite, qu'elles passent avec le Diable.

Quand le Malin choisit une sorcière, il lui apparaît généralement, pour ne point l'effrayer, sous la forme d'un beau jeune homme au doux nom: Joli, Joli Cœur, Verdelet etc. Mais il arrive parfois que certaines sorcières se proposent elles-mêmes au Malin. Pour cela, l'aspirante se doit de soumettre une requête au démon, qui l'examine soigneusement afin de s'assurer qu'elle est bien pourvue de toutes les capacités nécessaires à faire le mal. Lorsque la sorcière craint de rencontrer Satan en personne, elle peut demander à rejoindre la confrérie par l'intermédiaire d'une autre sorcière, elle-même vicaire du démon.
La sorcière abjure alors son baptême et sa foi chrétienne et se retire de l’obéissance de Dieu, répudie le patronage de la bien heureuse Vierge Marie, laquelle, par dérision impie, est appelée la rousse. Elle promet ensuite de renier la Croix ainsi que les images de la bien heureuse Vierge Marie et d’autres saints dès qu'elle en trouverait l'occasion. Elle s'oblige, par serment solennel, à être perpétuellement fidèle et soumise, obéissantes à toutes les demandes du diable.
Puis, touchant les Écritures, à savoir un grand livre ayant des pages noires et obscures, elle prête serment de vasselage éternel, jurant qu’elle ne retournera jamais en la foi du Christ ni et ne suivra plus jamais les divins commandements, mais se montrera obéissante à ceux qu’il plairait au Prince de décréter. Elle affirme que toujours et sans retard elle viendra aux jeux des assemblées nocturnes quand elle sera requise, et qu'elle agira comme les autres sorcières, assistant à leurs sacrifices et communiant à leurs prières et adorations; qu’elle observera ses vœux du mieux qu’elle le pourra et s’efforcera d’amener autrui en la même croyance. En échange le Prince des Démons promet à la sorcière novice une perpétuelle félicité et des joies immenses, toutes les voluptés qu'elle désirera en ce monde et en l’autre des jouissances plus grandes qu’il se pouvait imaginer.
Satan oblige ensuite la sorcière à se rebaptiser au nom du Diable. Elle doit prendre un autre nom et renoncer au premier et il confirme ce nouveau nom en lui gravant le front de ses ongles en un signe baptismal. La novice doit ensuite renoncer à ses parrains et marraines du baptême et de la confirmation et de nouveaux lui sont assignés.

La sorcière prête serment au démon en un cercle gravé en terre. Elle demande à être rayée du livre de vie et Satan l'inscrit dans le livre de mort....

La sorcière doit ensuite promettre des sacrifices, jurant d’occire magiquement chaque mois, voire chaque quinzaine, un petit enfant en lui suçant le sang. Elle reconnaît également devoir payer quelque impôt une fois l'an, et son tribut se devait d'être de couleur noire.
Satan lui appose alors sa marque à l'aide de l'ongle de son petit doigt ou de ses cornes. Les hommes sont poinçonnés entre les lèvres, sur la paupière, sur l'épaule droite, sur les lèvres ou dans le fondement, et les femmes sont signées sur la cuisse, sur les seins, à l'aisselle, à l’œil gauche ou sur les parties secrètes. La marque a souvent l'apparence d'un lièvre, d'une patte de crapaud ou d'un chat noir. Quelques fois, elle ressemble à un petit chien noir. Cependant, pour des raisons inconnues, toutes les sorcières ne sont pas marquées. On appelait cette marque la Marque du Diable.

Enfin, pour clore cette cérémonie, la nouvelle recrue jure ensuite de ne jamais adorer l'Eucharistie, d'injurier la Vierge et les Saints, de briser et conspuer les saintes reliques tant qu'elle le pourra, de ne jamais se servir d'eau bénite, ni de cierges consacrés, de ne jamais faire de confession entière de tous ses péchés et, surtout, de garder silence sempiternel sur son commerce avec le Diable.
En guise de soumission, les sorcières se trouvent dans l'obligation d'avoir des relations charnelles avec le démon. C'est une étape obligatoire, quelle que soit la catégorie sociale à laquelle elles appartiennent; Il est commun à toutes de se livrer à des turpitudes charnelles avec le démon ;. Quant à la jouissance éventuelle que procure cette copulation, elle ne semble pas être très prisée des sorcières: de leur point de vue c'est une formalité nécessaire, mais plutôt désagréable.

Selon le '' Malleus Maleficarum ''; les sorcières sont sexuellement dans une servitude repoussante et misérable. Si elles se donnent au démon, c'est plus pour assouvir leur haine, leur vanité et leur soif de puissance que pour obtenir un plaisir des sens.. Pour le plaisir, elles préfèrent les hommes, qu'elles séduisent et tiennent à leur merci ...

Lors de leurs relations avec le diable, les sorcières peuvent concevoir des enfants plus puissants que les autres hommes car les démons savent quelles caractéristiques adapter à leurs œuvres. Ces conceptions ne sont cependant pas le fruit de la semence diabolique: le Diable n'a pas reçu de Dieu le pouvoir d'engendrer mais il emprunte la forme d'un démon succube qui prend la semence d'un homme scélérat, et la transmet à un autre qui se fait l'incube de la sorcière. C'était ainsi qu'elles assuraient leur multiplication.


mercredi 6 juillet 2016

Qu'est ce 'qui' en moi, ne craint pas la mort ? -3/3-

De toutes les possibilités décrites, plus avant :


Pour R. Pouivet, l’ontologie qui à la fois permet de comprendre la possibilité de la résurrection et sa nécessité pour la survie d’une personne humaine est l’hylémorphisme...


R. Pouivet se pose cette cette question : « En quoi devrait consister mon identité si je dois ressusciter ? »

Si on parle de résurrection de la chair, la particularité de mon corps doit être retenue …
Et je deviens moi-même, un '' objets intermittents '', partagé entre deux vies, séparées par la mort...

L’hylémorphisme (de hulè : matière et morphè : forme) est une philosophie développée par Aristote qui considère que tout être (objet ou individu) est composé de manière indissociable d'une matière et d'une forme.

Un corps ( humain) ne suffit pas pour être une personne. On pourrait dire que le corps dépend ( ontologiquement) d'une âme pour être un corps humain...

Comment l’âme rend-elle possible la résurrection du corps ?

La doctrine de l’hylémorphisme consiste dans l’ensemble des thèses suivantes :
1. La distinction ontologique fondamentale passe entre les substances et les propriétés. Les substances possèdent des propriétés ou sont en relation avec d’autres substances ; elles ne sont dès lors pas des propriétés ou des relations.
2. Les substances matérielles sont des composés de forme et de matière.
3. Une forme est substantielle (et non accidentelle) si elle donne à une substance sa nature (ce qu’elle est) et son identité (ce qui fait qu’elle persiste à travers le temps en restant ce qu’elle est).

4. Une personne humaine est une substance composée d’une forme substantielle – on parlera de son âme – et de matière.
5. La forme substantielle d’une personne humaine est sa nature rationnelle.
6. L’exercice de la rationalité est essentiellement une opération immatérielle.
7. La nature humaine est essentiellement immatérielle ; pour exister, elle ne dépend pas de la matière.
8. Une personne humaine peut exister indépendamment de l’existence de son corps.
9. L’identité générique et l’identité numérique d’une personne humaine requièrent qu’elle soit unie à son corps.

Sources : (*) Roger Pouivet est Professeur de philosophie à l’Université Nancy 2 et Directeur du Laboratoire d’Histoire des Sciences et de Philosophie-Archives Poincaré (CNRS, UMR 7117). ''Métaphysique de la résurrection des corps.''






Jean-Pierre Ceytaire  Tendres instants avant la Pomme


Jean-Pierre Ceytaire  - Résurrection


Le symbole de Nicée comprend la formule : "J'attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir". Le symbole des Apôtres parle de "la résurrection de la chair".
Pour retrouver tout cela, c'est ICI :
Après avoir exposé les principales anthropologies rencontrées au sein du christianisme (matérialiste, dualiste, constitutionnaliste, fonctionnaliste, hylémorphisme, animaliste, quadridimensionaliste, irréaliste psychique et nihiliste) et leur rapport à la doctrine de la résurrection, Roger Pouivet tâche d’expliquer, dans le cadre des approches hylémorphiste (St Thomas d'Aquin) et animaliste, comment une personne, en tant que réalité singulière, peut ressusciter.
Métaphysique de la résurrection des corps. Avec Roger Pouivet à l'ENS Paris

mercredi 27 avril 2016

Personne et Société - Jean-Paul II - Ichtus

- Je suis allé écouté hier soir une ''conférence'' ( il s'agissait bien de cela, puisque l'intervenant n'a fait que parler...) sur le thème de '' Personne et Société à l’école de saint Jean Paul II : Comment vivre en société sans être instrumentalisé ? '' par Bruno de Saint Chamas de l’association ICHTUS.
Ce qui m’intéressait dans le titre, c'était ''la société'', ce que je craignais avec Ichtus, c'était le marquage ''traditionaliste'' relevé sur différents documents trouvés sur le web …

-- Dès le début de son intervention, Bruno de Saint Chamas, oppose l'anthropologie chrétienne ( représentée ici par Jean-Paul II) à notre culture ''ambiante'' marquée par Sartre ( et Simone de Beauvoir qui le fournissait en jeunes filles, qu'elles faisaient passer de ses bras aux siens .etc ( je passe sur les horreurs ...)... 

De Sartre à Taubira, en passant par A. Breton, et Gide ( l'acte gratuit..) ; notre monde – pour Bruno de Saint Chamas – est binaire : le catholicisme et le monde actuel voué à la recherche du plaisir et de l'utilitarisme …
Je trouve dommage, que l’intervenant se soit à ce point fixé sur Sartre ( maintes fois cité...!)... Pourquoi ne pas reconnaître que le monde est plus complexe... Pour chercher des contre-points, pourquoi ne pas argumenter contre Nietzsche ou contre les idées philosophiques qui excluent l'existence d'une Vérité ...… Cela aurait été plus subtil... !
Manifestement, donc, ce que je craignais est venu entacher, l'exposé intéressant sur l'anthropologie chrétienne avec Jean-Paul II...


* Cependant, plusieurs points suscitent mon intérêt :
  • L’affirmation d'une ''nature humaine '', qui induit la nécessité du ''créateur'', qui a fait l'homme à son image …
  • La parole de Jean-Paul II : « Nous avons le désir du Bonheur »
  • Gaudium et Spes N°24 : « Tous, en effet, ont été créés à l’image de Dieu, « qui a fait habiter sur toute la face de la terre tout le genre humain issu d’un principe unique » (Ac 17,26), et tous sont appelés à une seule et même fin, qui est Dieu Lui-même. » (…)  Cette ressemblance montre bien que l’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même »
  • Pas de Liberté sans Vérité... La vérité était la condition d'une authentique liberté des hommes, c'est l'Évangile lui-même qui nous l'enseigne : « Si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples, vous connaîtrez alors la vérité et la vérité vous rendra libres » (In 8, 31).
  • Le Bien, le mal ( cf Rousseau dans l'Emile : le bien est ce que je décide être le bien, idem le mal …)... La conscience serait-elle la vraie et unique autorité ?
«  La conscience dépasse la subjectivité pure et simple en mettant en contact l’intériorité de l’homme et la vérité provenant de Dieu. » Joseph Ratzinger

** Bref, la Question de '' La Vérité '' reste posée … : ( à travailler donc....) 







'Pilate se lavant les mains' 
de Mattia Preti (1663)

Pilate nous prend à témoin ...

*** Après ces questions sur la conscience, la Vérité... Bruno de Saint Chamas, Développe les relations humaines, en - ''relation de plaisir'' ( c'est mon bien que je cherche ), - ''relation utile'' ; et en
- relation ''juste'', qui concerne le bien commun, « je veux le bien de l'autre ... »
- A l'histoire humaine comme histoire de la lutte des classes pour K Marx, J.P. II affirme l'histoire du besoin d'aimer, et d'être aimé ...

**** Ensuite, l'intervenant reprend son idée dont il s'est faite le chantre : celle de la force vertueuse de la gratuité et du don...
« Pour sortir de l’utilitarisme, pour ne pas « se faire avoir », l’amour appelle la réciprocité et la recherche du bien commun demandant le don de soi. »
« Le mariage ( chrétien) , donne à la famille d'être l'école de la gratitude, du don et du pardon au bénéfice de l’homme et de toute la société. »


Pour élargir à la société : « La vision utilitariste de l’économie instrumentalise les relations entre les personnes. Elle est une impasse pour conduire au bonheur de l’homme. »

Le don et la gratuité, comme expression de la fraternité, c’est-à-dire de l’amour fraternel, sont la cause incontournable capable d’orienter une politique économique vers le bien commun...

- - - Finalement, j'aurais apprécié travailler sur ce sujet, et éventuellement sur les moyens politiques pour rejoindre cet idéal … Mais Bruno de Saint Chamas, préfère endosser le rôle du ''camelot '' qui veut vendre un front anti-Taubira, et qui fustige tout ce qui n'est pas doctrinal, en préférant caricaturer, parce que plus facile à abattre... La figure de Sartre, me semble en effet assez pitoyable …

lundi 18 janvier 2016

La diversité des religions : une volonté divine.-2/2-

« C'est à l'entour des années conciliaires que la question fut posée de valeurs positives contenues dans les traditions elles-mêmes. Les théologiens répondaient d'ailleurs à cette question de façon diverses. Ils étaient en effet divisés sur la nature de pareilles valeurs positives : s'agissait-il de ''pierres d'attentes'', présentes dans l'homme religieux par nature ; ou bien, de façon plus affirmative, d'« d’éléments de vérité et de grâce », témoignant d'une initiative de Dieu vis à vis des hommes ? Le concile, en fonction,de son attitude ouverte mais discrète à la fois, n'a pas voulu trancher ce débat. » Jacques Dupuis (*) ( Conférence Louvain 1998)


Le contexte interreligieux soulève aujourd'hui, de façon nouvelle, - pour un catholique - trois questions sur:
  • L’ampleur du plan divin pour l'humanité, dans son unité et sa diversité ?
  • Le sens et la place dans ce plan divin global pour l'humanité de l’événement ' Jésus-Christ '( particulier dans l'histoire, et pourtant de portée universelle ) ?
  • Le sens et la valeurs salvifique, dans le même plan de Dieu pour l'humanité entière, d'autres ''voies'' de Salut se réclamant elles aussi de ''figures salvatrices''.. ?
Abraham

Le Pluralisme religieux dans lequel nous vivons aujourd'hui, peut être considéré comme un pluralisme de droit, auquel on peut reconnaître un sens positif dans le plan divin pour l'humanité. Le mystère de Dieu reste nécessairement au-delà de toute connaissance humaine et les religions représentent autant d'approches tâtonnantes des hommes face à ce mystère. Le mystère intime de Dieu consiste – pour le Chrétien – en une communion et une communication plénière entre personnes, Père, Fils, et Esprit.
La trinité immanente, ne suffit pas, comme telle, à établir le fondement du pluralisme religieux. C'est la à la ''trinité économique'' qui en est l'épanchement dans l'histoire des hommes, qu'il faut avoir recours. 
Les diverses traditions religieuses représentent en effet les diverses façons dont «  à bien des reprises et de bien des manières » ( He 1,1) Dieu a parlé et s'est prodigué aux hommes à travers l'histoire. Elles ne figurent pas seulement, ni d'abord, les efforts inlassables des hommes à la recherche de Dieu, mais bien plutôt les avances continues et multiples de Dieu à leur égard. Si elles constituent pour leurs membres des ''voies'' de salut, c'est que Dieu lui-même a d'abord tracé ces voies en se mettant à la recherche des hommes.
Stelle au dieu inconnu
Cela ne contredit aucunement l'unicité de Jésus-Christ que l'on a appelée «constitutive»; mais cette unicité doit aussi être entendue comme « relationnelle ». 
Cela veut dire que l'événement historique du Verbe fait chair, tandis qu'il marque l'engagement le plus profond et décisif de Dieu à l'égard du genre humain, s'insère nécessairement dans l'ensemble du plan organique de Dieu pour l'humanité. Les diverses composantes de ce plan unique et organique sont interdépendantes et relationnelles. L'événement Jésus-Christ, constitutif du salut pour tous, n'exclut ni n'inclut, en les absorbant, aucune autre figure ou tradition salvatrice. Il y a plus de vérité et de grâce divine à l'œuvre dans l'histoire des interventions de Dieu en faveur du genre humain qu'il ne s'en trouve dans la seule tradition chrétienne. Les autres traditions représentent par rapport à elle des dons divins supplémentaires et autonomes. Si l'événement Jésus-Christ mène l'histoire du salut à son apogée, ce n'est pas par substitution ou par remplacement, mais par confirmation et accomplissement.

On pourra alors parler de complémentarité et de convergence mutuelle entre le mystère de Jésus-Christ et les autres traditions religieuses. Non d'une complémentarité à sens unique, comme si les autres traditions ne contenaient que des «pierres d'attente» destinées à trouver leur «accomplissement» dans le mystère chrétien, mais bien d'une complémentarité réciproque susceptible d'ouvrir la voie à un enrichissement mutuel à travers un dialogue authentique. Une convergence aussi, historique et eschatologique à la fois. Historique, de par l'enrichissement mutuel qui est le fruit du dialogue; eschatologique, en ce que la plénitude eschatologique du Règne de Dieu est l'aboutissement final commun du christianisme et des autres religions.
Des jésuites reçus
par l'empereur moghol Akbar


(*) Note : Jacques Dupuis ( 1923-2005), est un prêtre jésuite belge et théoricien du dialogue interreligieux. Son expérience décisive a été un long séjour en Inde, de 1948 à 1984. A partir de 1984, il est professeur à la faculté de théologie de l'Université grégorienne de Rome. Il est consulteur au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, de 1985 à 1995, et directeur de la revue Gregorianum.
En 1997, il publie un livre intitulé Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, qui déclenche une tempête au sein de l'institution ecclésiale. L'auteur y développe l'idée selon laquelle le salut apporté par Jésus-Christ dépasse les frontières du christianisme et se manifeste également à travers d'autres religions. Une position qu'il résume par cette phrase : « Pour moi, Jésus-Christ est le sauveur universel, mais en même temps je crois que, dans le plan divin, les autres traditions religieuses du monde apportent une contribution positive à l'humanité. »


La Congrégation pour la doctrine de la foi (ex-Saint-Office) suspecte dans cette analyse un risque de "relativisme". En 1998, elle fait suspendre les cours du théologien à l'Université grégorienne. En septembre 2000, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation, publie un document intitulé Dominus Iesus, où il insiste sur le fait que la "fonction salvifique" du Christ est "exclusive, universelle et absolue".

samedi 9 janvier 2016

La miséricorde, est-ce important ?


Je connais l'amour, le pardon... J'aime bien la compassion... Et, j'ai l'impression que ''la Miséricorde'' répand une odeur de sacristie... !
Pourtant cette notion est remise en avant par le pape François, jusqu'à en faire le thème d'une année ( l'année jubilaire de la miséricorde du 8 des 2015, au 20 nov 2016)...

Dans la Bible, la miséricorde est d'abord un attribut de Dieu. Un Dieu qui ne peut se résoudre à abandonner même si l'humain le déçoit ou le blesse, un dieu fidèle à son alliance …
« Le latin misericordia (« misère » « cœur ») reflète cette tension entre le cœur, les entrailles de Dieu, et la misère, celle de l'homme souffrant. »

Ce '''nom de dieu '' - le Misericordieux – a été employé différemment selon les époques. Parfois plus axé sur le pardon, sur la justice... Au XVIIe, c'est la dévotion au Sacré-Coeur, enfin la redécouverte de cet attribut divin par Sainte-Thérèse... Avant de devenir ''inaudible'' trop ' affectif ' …

Jean-Paul II, est sensible jeune au message reçu par sa contemporaine et compatriote Faustine Kowalska... « Pour lui, la miséricorde était tout sauf de l'eau tiède. Il y a vu la seule manière de résister aux « idéologies » du mal qu'étaient en son temps le communisme et le nazisme et de répondre au « drame de l'humanisme athée ». « Dans un contexte où la notion même de vérité (...) est relativisée, l'homme contemporain a besoin, pour être délivré de la tyrannie de sa subjectivité, de faire l'expérience personnelle du salut, éclaire Martin Pradère. Face aux dérives du rationalisme, à celles des Lumières et aujourd'hui à celles de la postmodernité, il s'agit ainsi de guérir la tête de l'homme contemporain par la guérison de son cœur. » » ( Sources 'La Vie')
Slevogt, Max 1898 -  Le fils pardonné


« Je suis pécheur, priez pour moi » , cette phrase, le pape François la répète sans cesse depuis le jour de son élection. «  Le temps est venu pour l'Église de retrouver la joyeuse annonce du pardon. Il est temps de revenir à l'essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l'avenir avec espérance. »

Enfin : Dans la cathédrale de Bangui, là où il y a dix-huit mois, le 28 mai 2014, à la suite des grands affrontements entre chrétiens et musulmans qui s’échelonnèrent de 2013 à 2014, des musulmans avaient tiré à l’arme lourde, faisant quinze morts et de nombreux blessés, le pape, citant le Sermon sur la montagne et l’appel à la perfection (Mt 5,46-48) rappelait : « L’une des exigences fondamentales de cette vocation à la perfection, c’est l’amour des ennemis, qui prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la spirale des représailles sans fin. Jésus a tenu à insister sur cet aspect particulier du témoignage chrétien. Les agents d’évangélisation doivent donc être d’abord et avant tout des artisans du pardon, des spécialistes de la réconciliation, des experts de la miséricorde. »



Peinture murale commandée par l'archevêque de San Juan, pour la voûte au-dessus de la porte principale de la Cathédrale de San Juan Bautista à San Juan, Puerto Rico - pour commémorer l'Année jubilaire de la Miséricorde 2015-2016 déclarée par François.

samedi 5 décembre 2015

Prier pour le succès de la COP21 ?

Vincent_van_Gogh
L'urgence écologique, et pas seulement climatique, mérite que les Etats réunis de notre planète réfléchissent de concert pou organiser le monde futur.... 
Comme militant écologiste, je salue l'organisation d'un telle entreprise. Comme chrétien, et frêle humain sur cette planète ; je remets mes espoirs dans nos gouvernants, et je prie...
Pourquoi prier ?
- S’agirait-il d'une prière païenne et superstitieuse pour demander la pluie... ?
- La terre serait-elle une divinité ?
- Face à une crise mondiale, ma prière unie à toutes les autres religions, serait-elle un culte d'une nouvelle religion mondiale ?


Je prie en particulier pour que l'humanité agisse. ''D.ieu'' est reconnu dans son action créatrice. Il est à l''origine de la vie et de la création. Je Le reconnais dans cette Vie même. En protégeant la Vie, j'honore ''D.ieu''... Ce qui signifie … ? : - que seul je ne peux rien, c'est empli par l'Esprit divin, que je peux agir. C'est empli par l'Esprit divin, que nous pouvons – en priant ( comme si ''D.ieu'' était seul tout puissant...) et en agissant ( comme si ''D.ieu'' était impuissant, sans nous …).

Cette prière n'est pas de l'ordre de la superstition... Je ne prie pas pour la pluie, avec succès à la clef ! Je conseille de garder son assurance civile, et je compte sur la science ( et pas seulement ..elle) pour relever les défis écologiques...

Un chrétien écologiste ne se détourne pas de ''D.ieu'', pour adorer la déesse Terre et Mère. Sainte Hildegarde de Bingen, pensait la vitalité et la fécondité de la nature comme une force globale issue de la création divine. Saint François d’Assise, louait son Seigneur par et pour toutes ses créatures.
Saint Bonaventure, ce disciple du « poverello », et compilateur de la théologie franciscaine, voyait la création comme le projet divin ultime, l’écrin où Dieu, débordant d’amour, avait voulu aller à la rencontre d’autrui, l’homme... Un chrétien ne peut que reconnaître l’immensité et la beauté du don que ''D. ieu'' nous a fait lors de la création du monde et d'entendre son appel à en prendre soin.

Ne serait-il pas dans le '' Projet de D.ieu'', que loin de renier nos 'images' respectives, loin, pour les chrétiens, de renier le Christ, les militants climatiques réunis ensemble (en interreligieux) puissent joindre leurs traditions spirituelles et religieuses pour rappeler et se rappeler que leur foi, leurs sources et traditions les poussent à prendre soin de l’environnement... ?

Comme chrétien, je ne désire pas renoncer à l'essence de ma tradition religieuse, et je ne souhaite pas que les autres abandonnent la leur.


Hoitsu.Cat_.16a-Maples-and-Cherry-Trees 
J'ai écrit ''D.ieu'', avec la précaution du judaisme, et de celui qui ne sait pas bien ce que chacun peut comprendre sous ce nom... Evitons d'y mettre sa propre image... La seule, qui me convienne est celle de Jésus-Christ... Pour ma part ...

vendredi 20 novembre 2015

Etre chrétien aujourd'hui -3/..-

Une discussion autour du Bouddhisme, renvoie fréquemment à la notion de ''sagesse'' ..
Nous reconnaissons la 'sagesse' du bouddhisme ; et nous nous empressons d'ajouter que le christianisme est ''bien plus que cela'' : c'est une rencontre avec une Personne, le Christ...

D'ailleurs, le Bouddhisme ne serait-il pas plutôt une ''sagesse'', qu'une religion … ?


Je ne partage pas 'cela' … Et, 'cela' me questionne.



Je voudrai reconnaître dans le Chemin, que je tente d'emprunter, autant une sagesse qu'une religion.
La sagesse est un idéal. Le ''sage'' lui, un être de chair et de sang ( finitude, contingence, petitesse...); la sagesse cesse au contact de l'humain, d'être un absolu. La sagesse n'opprime pas...
De plus, nous n'avons pas tous la même faculté d'admiration... Je n'ai pas cette simplicité de voir des ''sages'' , des ''saints'' ; des 'saintetés'.. des ' monseigneurs' ..etc . «  C'est peut-être que les humains me touchent par leurs blessures, par leurs failles, par leur fragilité avouée, plus que par leur force ou plénitude supposées. » A Comte-Sponville

Etre chrétien, ce n'est pas ''être parfait''... Et si la ''sagesse'' devait s'exprimer par une compétition, aujourd'hui les ''religieux'' ne me semblent pas plus ou moins l'incarner... Et, je ne leur demande pas cela.
Etre chrétien ( comme sans doute être musulman, juif ou être bouddhiste …) c'est une chance, c'est un cadeau. Cela ne me rend pas meilleur, mais ça m'aide à l'être un peu … Du moins, je crains de l'être pire sans cela …
Il me semble en lisant les Evangiles, comprendre qu'on est d'autant plus chrétien, qu'on sait ne pas l'être...


Une religion est une sagesse, en ce qu'elle pointe un idéal à atteindre. Une religion est plus qu'une sagesse, parce qu'elle s'incarne. Les fruits de cette incarnation, sont la communauté, l’enseignement, et ce que matérialise le rituel : la Présence …

Illustrations de Jon Krause

samedi 14 novembre 2015

Etre chrétien aujourd'hui -2/..-



Etre chrétien aujourd'hui, c'est – fort du socle de sa propre tradition – s'ouvrir aux autres expressions religieuses. Je reconnais un socle commun à toutes les religions. En plus de notre nature humaine, nous partageons les mêmes aspirations.

Chaque religion possède des particularités propres à enrichir notre vision... Par exemple, « le bouddhisme oriente ses croyances et sa pratique sur la manière de cultiver l'esprit avec harmonie et équilibre. C'est une des grandes contribution et c'est toute sa beauté. » Khandro Rimpoché
Khandro Rimpoché, est un maître féminin du bouddhisme tibétain. Elle-même reconnaît que le bouddhisme doit s'inspirer d'autres traditions :

«  Je suis très impressionnée de voir comment d'autres religions peuvent interagir avec la société, ce qui n'est pas toujours notre cas... La sagesse bouddhiste est très belle, mais très intellectuelle, et elle ne donne pas toujours les bons outils pour évoluer dans le monde d’aujourd’hui...( …) Atteindre l'Eveil est une chose, mais nous devons auparavant expérimenter notre vie en tant qu'être humain en faisant face , au quotidien, aux différents enjeux de notre monde d'aujourd'hui, qu'ils soient écologiques, économiques ou sociétaux. » K. R.

Illustrations:  Odilon Redon (1840 – 1916) 

dimanche 8 novembre 2015

Etre chrétien aujourd'hui -1/..-

J-Kirk Richards   Zachée
Etre chrétien aujourd'hui, ne se justifie pas de la même façon aujourd'hui, qu'il y a quelques dizaines d'années … Déjà, beaucoup d'entre nous employons plutôt le terme de ''chrétien'', que de ''catholique'' … Chrétien se rattache à la personne du Christ, et ''catholique'' à l'expression '' romaine '' d'une religion.... Et, nous préférons insister sur notre attachement au Christ, plutôt qu'au magistère...

Notre époque n'est pas si matérialiste que nous le disons... A chacun, sa manière de réenchanter un monde si friand de consommation …
- Parmi nos valeurs phares actuelles, se situe ' la liberté individuelle '. Traduction chrétienne : la Foi personnelle prend le pas sur l'autorité du magistère. Nous affirmons ainsi une confiance en l'humanité : nous 'croyons ' en l'Humain.
- Deuxième idée actuelle : je peux être plus libre, plus épanoui et finalement plus heureux en travaillant sur moi. Aujourd'hui, nous prenons le temps de faire du sport, de se cultiver … Si nous le faisons, c'est bien parce que l'humain du XXIe s. a la foi.
- Troisième idée : Avoir la Foi, ''Croire '' c'est – aujourd'hui – produire ce que l'on croit. Avoir la foi, commence par un travail sur 'soi' : c'est lâcher-prise, s'abandonner et se faire confiance pour libérer sa créativité...

Il pourrait sembler que tout ceci est ''trop'' dans l'air du temps : un attachement à une mode , un papillonnage... C'est peut-être aussi, un manque de confiance et une impossibilité à comprendre les aspirations contemporaines … !?

Illustrations: Jon  Krause

lundi 14 septembre 2015

Marre, des 'homélies' sur les Evangiles... !

Il me semble avoir entendu, des années durant, un même ronronnement de commentaires sur les Evangiles ; et avoir eu la paresse de ne pas réfléchir plus avant... Mais le pire, de ce genre de comportement, c'est d'entendre, même de comprendre, sans autre implication … Sans passion. Et le pire, encore ; c'est qu'en fait.... je comprends, je semble acquiescer... mais je n'en suis pas convaincu... Ça ne prend pas... Je ne crois pas vraiment, à ce qu'on me dit... Pourquoi ? ... Quelques exemples:
James Tissot -  Jésus déroule le livre dans la synagogue, (1886-1894)

- Depuis combien d'années, j'entends que les pharisiens sont les ''méchants'', bêtes, bornés.. ? Une catégorie de gens ( du genre 'prélat' ) qui s'affichent, font la leçon, et agissent à l'envers de ce qu'ils préconisent... En fait ; c'est trop caricatural... J'y crois qu'à moitié... D'ailleurs, ils vivent comment ces gens ? De qui, de quoi tiennent-ils leur légitimité... ? Et, quelle est donc vraiment leur religion … ? C'est fou... ! Je ne le sais même pas ! Sauf, bien sûr, le discours classique des différences entre sadducéens et pharisiens...
- Et, à propos : Nicodème, ce gentil pharisien... ? Lui, il serait gentil, mais si bête... ! Il n'a même pas compris que la ''renaissance '' dont Jésus parlait, n'était pas une deuxième « naissance » du ventre de sa mère... ! Mais... En fait j'y ai jamais cru ! Je n'ai jamais cru à la bêtise de Nicodème... J'entends l'homélie : je trouve que tout ceci est bien fade, sans trop d'intérêt : ''il faut se convertir'' : ok !
James Jacques Joseph Tissot
The Repentant Magdalene
- Et les femmes. Bon, Marie est au-dessus de tout, touts les qualités physiques ( 'vierge' est donc une qualité …) et morales … Bon... Je ne suis pas convaincu...Mais bon passons... Les autres femmes, dans les Evangiles, elles sont plutôt 'pécheresses' : Marie-Madeleine, qui se confond avec plusieurs 'Marie' ; et puis, il y a Marie, la sœur de Marthe – celle qui s'agite -, Marie qui a la meilleure part, la même qui est qualifiée de pécheresse parce qu'elle couvre les pieds de Jésus de parfum... Bref ces femmes – pécheresses... : j'y crois pas … !
- La ''samaritaine'', encore une pécheresse … ! Elle a cinq maris... ! Là je ne sais pas qui, qui joue à faire son ''naïf'' comme Nicodème... Mais La Samaritaine 'pécheresse' : j'y crois pas … ! Cinq maris : les spécialistes de la Palestine antique disent que cela ne se peut pas ; ensuite cette femme n'est pas du tout rejetée par le reste de la population de son village : au contraire, il croit sa parole et la suive jusqu'à Jésus qui attend près du puits … Bref ! Que d'homélies qui ne m'ont jamais convaincu... !

Alors .. ? Aujourd'hui, j'ai un peu de temps ; et j'ai énormément soif de savoir ce que me dit ''Vraiment'' ces textes extraordinaires que sont les Évangiles ..

- Avec un peu de temps, je peux tout simplement lire ce que disent les spécialistes juifs de l'époque romaine sur les pharisiens, sur des ''docteurs de la loi'', pharisiens, comme Hillel, et ceux qui ont suivi son enseignement – au temps de Jésus – et qui devaient ressembler à Nicodème … Je peux m'informer sur le Talmud, et chercher à comprendre le judaïsme de l'époque …

- Aujourd'hui, je peux lire ce que de nombreux exégètes disent des Évangiles selon St-Jean, comprendre la richesse des images et symboles employés propre à ''l'école johannique''. 
Jacques-Joseph Tissot, La promesse de Dieu à Abram
Exemple: Venir à ''Midi au puits de Jacob'' pour la Samaritaine, ce n'est pas forcément signifier qu'elle craint de rencontrer quelqu'un ; c'est surtout signifier que Midi ( comme pour Abraham, devant les chênes de Mamré...) c'est l'heure de la Rencontre avec l’Éternel... Etc … Les cinq maris, font peut-être aussi référence aux cinq dieux, et au syncrétisme, dont on accuse les samaritains dans le premier Testament … etc … ( je fais court) ... A suivre.

mardi 31 mars 2015

Catholique: de 'droite' ou de 'gauche' ...?

Un sondage Ifop pour Pèlerin magazine, analyse le regard des Français sur les catholiques en fonction de leurs préférences politiques...
Puisque je suis moi-même ''encarté'' ( EELV), je vais confronter les questions et les réponses à mon avis …


* "Pour vous, être catholique, c'est d'abord..." : Les réponses proposées sont les suivantes : Et je place en premier mon avis :
- Croire en la résurrection du Christ
- Être baptisé
- Prier régulièrement
- Faire baptiser ses enfants
- Se marier à l'Église
- Suivre la messe régulièrement
- Être enterré religieusement
  • Il semble que quel que soit le parti, être catholique c'est avant tout ''être baptisé'' sauf pour... les sympathisants écologistes, qui accordent beaucoup d'importance à la prière personnelle.
Derrière, il y a toute l'importance donnée aux rites... qui passerait avant la foi .. ?! Et si pour 71 % des catholiques pratiquants, être catholique : c'est croire en la résurrection ; c'est qu'eux au moins connaissent-ils ( presque tous) leur religion …..
La question est qu'est-ce qui caractérise un catholique : ce qu'il croit, ou ce qu'il ritualise … ? A cette question, peut-être suis-je plutôt ''protestant'' …

* La 'visibilité' des catholiques semble réclamée par les personnes de 'droite'.. : 66 % des sympathisants de gauche et 46% des sympathisants de droite considèrent que les catholiques sont suffisamment visibles. A noter : en 2010, 29 % de la population demandait que les catholiques soient plus visibles. Ils sont 35 % aujourd'hui.
 Je ne suis pas de 'droite', et je souhaiterais que les religions soient plus 'visibles', et je m'entend sur le terme de 'visible', car il doit s'accorder stricto-sensu avec la règle de la Laïcité, bien entendu... !

* Plus on est de droite, plus on considère que les valeurs chrétiennes ont un rôle positif à jouer dans les domaines de la famille et de l'éducation. Effectivement : de 'gauche', je ne considère pas que le thème de ''la famille'' soit un thème qui doit permettre aux valeurs religieuses de faire pression sur les lois de la République... ( je ne suis pas anti mariage-pour-tous) ; je préférerai privilégier : la solidarité, la doctrine sociale, l'écologie...etc

* Plus on est de droite, plus on a le sentiment qu'il est difficile de vivre sa foi. Seuls 18 % des catholiques de gauche trouvent qu'il difficile de vivre sa foi, contre 32 % des catholiques de droite. Je pense que notre société ( française en particulier, sans doute) craint le discours religieux, se méfie des références spirituelles, et préfère éviter la controverse interreligieuse...
Soit, la débat religieux est tabou, soit il semble 'irrationnel' , et vain …. C'est dommage... !

mercredi 19 novembre 2014

La Foi doit-elle est crédible ? ( Livre J Moingt) -1/3-

L'annonce du livre " Croire au Dieu qui vient. De la croyance à la foi critique " de Joseph Moingt, dans l’hebdomadaire « La Vie », suscite de nombreux commentaires... Ces échanges me permettent de préciser mes convictions :

- S'agirait-il aujourd'hui d'enlever au christianisme tous ses mythes ?
Ce serait sans doute catastrophique... Ce serait jeter le bébé avec l'eau du bain...
Le mythe, et la preuve ( de la résurrection, par exemple...) n’appartiennent pas au même domaine de réflexion.
A mon avis, l'erreur de l'Eglise ne pourrait pas être - de s'attacher « hors toute raison » à des mythes, mais plutôt - de ne pas s'expliquer sur la vérité des mythes …
Bien sûr, « on ne peut raisonnablement espérer attirer des personnes qui ont reçu un minimum d'instruction avec un tissu de fables plus fantaisistes les unes que les autres. »... Bien sûr, les deux récits de la création selon Genèse, ne sont pas des récits scientifiques … !

- Pour parler de la résurrection, les disciples témoignent dans les Evangiles, de leur foi, en ce que Jésus est toujours vivant et présent... « dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement ».(1 Jn 3,2)
La dimension "merveilleuse" du miracle est à prendre en compte dans la foi ; même si l’événement en question n'est pas « historique » ( avec le sens que nous avons aujourd'hui de l'histoire...).

Ce qui me gène, souvent dans « le miracle » c'est sa présentation matérialiste... Il devient une « preuve » et transforme l'expérience spirituelle en « matérialisme spirituel », avec à l'appui toutes les argumentations qu'un bon historien actuel se doit d'étudier, récuser ou approuver scientifiquement …

Pour moi, effectivement « la résurrection nous dit essentiellement que la vie ne s'arrête pas avec la mort. ».. Je pense que « l'absence » du corps du Christ, ne signifie pas seulement, que nous ne sommes pas capable aujourd'hui, par la science, d'expliquer le phénomène … Cela signifie pour moi, que cette « absence » témoigne d'une 'Présence' qui échappe par nature à la science …

Pour ce que les Évangiles appellent des « apparitions », je préfère adopter ce langage et comprendre ce que cela signifie ; plutôt que d'affirmer qu'elles sont matériellement réelles, ou qu'elles ne sont qu'illusions …

dimanche 16 novembre 2014

La fonction cultuelle, selon M Légaut

Dans un livre qui reprend les échanges entre Marcel Légaut et François Varillon – rencontre organisée à Lyon en septembre 1977- Marcel Légaut explique sa vision du rôle du prêtre, dans un avenir proche …
Il préconise de séparer le sacerdoce selon ses deux fonctions : celle d'officiant et celle de missionnaire. Il s'agit de distinguer la fonction cultuelle de la mission apostolique – celle-ci étant plus exigeante et nécessitant un approfondissement spirituel...

Cette distinction est importante, pour la suite de sa proposition :
Légaut constate ceci : Aujourd'hui, dans la cité, les catholiques sont minoritaires et dispersés. Ils ont la possibilité néanmoins de se réunir en petits groupes...
L'Eglise se doit de leur donner la possibilité de célébrer la Cène, comme il semble que Jésus l'a recommandé à ses disciples.
La Cène - cette action communautaire chrétienne par excellence – permet, avec le secours de la Parole et de l'exemple, chacun à se rendre Jésus présent...
Julius Garibaldi Melchers (1860 – 1932)
 Communion

« La fonction cultuelle, si elle demande de la foi et de la piété, n'exige pas la formation , la culture, la vie spirituelle, ni surtout le charisme relativement rare qui permettent la mission d'apôtre. Aussi les « pouvoirs » qu'elle requiert pourraient, même dès maintenant, être confiés à nombre de croyants qui, jugés aptes et dignes, auraient été au préalable amenés à regarder cette fonction comme faisant partie de leur rôle personnel dans l’Église. Sans qu'ils aient à quitter leur métier, ils seraient ainsi, en union avec l’Église et plus précisément avec l'évêque qui la représente dans leur milieu, en mesure de renouveler la Cène dans leur communauté, fût celle-ci des plus minimes. » M Légaut

Je trouve que cette proposition est réellement dans l'Esprit qui animait les premiers chrétiens.


« Pour moi l'essentiel de la raison d'être de l'Église, c'est la mission et non pas la conservation d'un exercice du sacerdoce qui ne date même pas des origines… » M Légaut.