mardi 28 février 2017

La vie d'une sorcière au Moyen-âge -3/4-

Niveau II de sorcellerie ( celui condamné par les inquisiteurs...)

Notre sorcière, peut faire un pas supplémentaire … pour '' d'autres '' pouvoirs... Pouvoirs qu’elles obtiennent d'un pacte, explicite ou tacite, qu'elles passent avec le Diable.

Quand le Malin choisit une sorcière, il lui apparaît généralement, pour ne point l'effrayer, sous la forme d'un beau jeune homme au doux nom: Joli, Joli Cœur, Verdelet etc. Mais il arrive parfois que certaines sorcières se proposent elles-mêmes au Malin. Pour cela, l'aspirante se doit de soumettre une requête au démon, qui l'examine soigneusement afin de s'assurer qu'elle est bien pourvue de toutes les capacités nécessaires à faire le mal. Lorsque la sorcière craint de rencontrer Satan en personne, elle peut demander à rejoindre la confrérie par l'intermédiaire d'une autre sorcière, elle-même vicaire du démon.
La sorcière abjure alors son baptême et sa foi chrétienne et se retire de l’obéissance de Dieu, répudie le patronage de la bien heureuse Vierge Marie, laquelle, par dérision impie, est appelée la rousse. Elle promet ensuite de renier la Croix ainsi que les images de la bien heureuse Vierge Marie et d’autres saints dès qu'elle en trouverait l'occasion. Elle s'oblige, par serment solennel, à être perpétuellement fidèle et soumise, obéissantes à toutes les demandes du diable.
Puis, touchant les Écritures, à savoir un grand livre ayant des pages noires et obscures, elle prête serment de vasselage éternel, jurant qu’elle ne retournera jamais en la foi du Christ ni et ne suivra plus jamais les divins commandements, mais se montrera obéissante à ceux qu’il plairait au Prince de décréter. Elle affirme que toujours et sans retard elle viendra aux jeux des assemblées nocturnes quand elle sera requise, et qu'elle agira comme les autres sorcières, assistant à leurs sacrifices et communiant à leurs prières et adorations; qu’elle observera ses vœux du mieux qu’elle le pourra et s’efforcera d’amener autrui en la même croyance. En échange le Prince des Démons promet à la sorcière novice une perpétuelle félicité et des joies immenses, toutes les voluptés qu'elle désirera en ce monde et en l’autre des jouissances plus grandes qu’il se pouvait imaginer.
Satan oblige ensuite la sorcière à se rebaptiser au nom du Diable. Elle doit prendre un autre nom et renoncer au premier et il confirme ce nouveau nom en lui gravant le front de ses ongles en un signe baptismal. La novice doit ensuite renoncer à ses parrains et marraines du baptême et de la confirmation et de nouveaux lui sont assignés.

La sorcière prête serment au démon en un cercle gravé en terre. Elle demande à être rayée du livre de vie et Satan l'inscrit dans le livre de mort....

La sorcière doit ensuite promettre des sacrifices, jurant d’occire magiquement chaque mois, voire chaque quinzaine, un petit enfant en lui suçant le sang. Elle reconnaît également devoir payer quelque impôt une fois l'an, et son tribut se devait d'être de couleur noire.
Satan lui appose alors sa marque à l'aide de l'ongle de son petit doigt ou de ses cornes. Les hommes sont poinçonnés entre les lèvres, sur la paupière, sur l'épaule droite, sur les lèvres ou dans le fondement, et les femmes sont signées sur la cuisse, sur les seins, à l'aisselle, à l’œil gauche ou sur les parties secrètes. La marque a souvent l'apparence d'un lièvre, d'une patte de crapaud ou d'un chat noir. Quelques fois, elle ressemble à un petit chien noir. Cependant, pour des raisons inconnues, toutes les sorcières ne sont pas marquées. On appelait cette marque la Marque du Diable.

Enfin, pour clore cette cérémonie, la nouvelle recrue jure ensuite de ne jamais adorer l'Eucharistie, d'injurier la Vierge et les Saints, de briser et conspuer les saintes reliques tant qu'elle le pourra, de ne jamais se servir d'eau bénite, ni de cierges consacrés, de ne jamais faire de confession entière de tous ses péchés et, surtout, de garder silence sempiternel sur son commerce avec le Diable.
En guise de soumission, les sorcières se trouvent dans l'obligation d'avoir des relations charnelles avec le démon. C'est une étape obligatoire, quelle que soit la catégorie sociale à laquelle elles appartiennent; Il est commun à toutes de se livrer à des turpitudes charnelles avec le démon ;. Quant à la jouissance éventuelle que procure cette copulation, elle ne semble pas être très prisée des sorcières: de leur point de vue c'est une formalité nécessaire, mais plutôt désagréable.

Selon le '' Malleus Maleficarum ''; les sorcières sont sexuellement dans une servitude repoussante et misérable. Si elles se donnent au démon, c'est plus pour assouvir leur haine, leur vanité et leur soif de puissance que pour obtenir un plaisir des sens.. Pour le plaisir, elles préfèrent les hommes, qu'elles séduisent et tiennent à leur merci ...

Lors de leurs relations avec le diable, les sorcières peuvent concevoir des enfants plus puissants que les autres hommes car les démons savent quelles caractéristiques adapter à leurs œuvres. Ces conceptions ne sont cependant pas le fruit de la semence diabolique: le Diable n'a pas reçu de Dieu le pouvoir d'engendrer mais il emprunte la forme d'un démon succube qui prend la semence d'un homme scélérat, et la transmet à un autre qui se fait l'incube de la sorcière. C'était ainsi qu'elles assuraient leur multiplication.


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