dimanche 19 février 2017

Dame Margot – Leberou - et la forêt de Laron.

Voici un autre récit, de la mort de Marguerite de Laron : le point commun est la nature diabolique de cette femme. Nous verrons cependant, qu'il existe des histoires, ou Dame Magot partage la nature bienveillante des fées ...

On dit la châtelaine et épouse du seigneur de Laron, très belle et son époux très amoureux d'elle. Mais Dame Margot, sous ses abords avenants, est - dit-on – une créature femelle d'une essence diabolique. C'est elle qui commande au château, mène les domestiques, dirige les gens d'armes. Le seigneur de Laron, rongé sans-doute par quelque culpabilité et par les souvenirs d'un passé templier dont il vaut mieux – en ces années - ne pas se vanter ; partage avec cette femme qui le fascine, une relation tempétueuse ; et leurs disputes puis leur retrouvailles sont tonitruantes...
Roger de Laron, a remarqué, que chaque dimanche, la belle disparaît avant la messe, se rend invisible à tous, sans donner d'explication à quiconque, même à lui. Chaque fois qu'il essaie de lui demander raison de sa curieuse absence dominicale, elle se met à l'accuser de ne pas l'aimer, de se méfier d'elle …
Roger de Laron, avec les richesses qui ne lui manquent pas, fait fructifier  – pour son salut et celui de sa lignée - un prieuré avec quelques frères et un chapelain installé près de la fontaine Saint-Laurent, au bas de ce qu'on appelle aujourd'hui le Mont-Larron. Geoffroy , le jeune et saint prieur entend régulièrement, les plaintes des villageois, écoute leurs récits où il n'est question que d'exactions, de bêtes égorgées, de loups-garous et d'autres diableries.
Dame Margot, n'apprécie pas ce saint voisinage. Malgré les remontrances de son époux, elle refuse toute aide aux moines. On dit qu'elle se livre, dans la tour magne du château, à des manigances secrètes. L'on murmure bientôt que la dame de Laron y concocte philtres et sortilèges. Mais on dit tant de choses...
On a dit que les religieux perdent leur ferveur.. Peu à peu, malgré la pieuse présence du prieur... L'esprit maléfique de la forêt reprend le dessus. Étrangement... Les religieux – malgré les sévères semonces du prieur - perdent leur ferveur, délaissent leur règle très stricte et succombent aux multiples tentations que leur envoie Dame Margot. Les nuits de pleine lune, on en aurait vu forniquer avec de belles sorcières. Ils s'enivrent du vin qui coule dit-on subitement à la fontaine du monastère à la place de son eau pure. Certains moines, s'étant mêlés sans pudeur au sabbat d'enfer que de jolies succubes mènent dans les clairières les plus retirées de la forêt. Il paraît que de nouveaux démons seraient nés de ces étreintes ; ainsi, des ''manjasang'' et des esprits malfaisants se seraient multipliés et repeupleraient la forêt, alors que les moines les en avaient sanctifiée et purgée.

Pour conjurer le mauvais sort et ces pratiques sataniques, le prieur Geoffroy souhaite construire une chapelle, au cœur de la forêt de Laron... Mais les matériaux manquent. Les bois appartiennent au seigneur, mais Dame Margot s'oppose à ce que l'on donne le bois nécessaire à la construction de l'édifice …
Roger de Laron refusant donc de donner à Geoffroy le bois nécessaire à la construction de son édifice ; le moine décide de le convaincre de l'aider.
Un jour que Roger de Laron doit chasser en forêt, Geoffroy se rend sur un chantier d'abattage, où des bûcherons s'activent. Geoffroy leur demande l'hospitalité et, en échange, les prie de lui prêter une cognée afin de les seconder dans leur rude travail. La meute du seigneur surgit, poursuivant un magnifique cerf, et passe fièrement devant les bûcherons émerveillés.
Roger de Laron reconnaît parmi eux le moine. Mécontent de le trouver ici, il stoppe le cortège et vient l'accuser de dévaster ses bois et de venir troubler la chasse. Devant l'assemblée des chasseurs et des bûcherons, Geoffroy ne perd pas son calme. Il reproche au seigneur, sa dureté envers ses sujets, ses ''dérèglements'' passés, et sa passion coupable pour une ''sorcière''... !
Le saint moine ose même le menacer de la vengeance du ciel s'il ne se confesse pas de tous ses péchés. Furieux de cette diatribe, Roger de Laron fait rappeler sa meute et ses piqueurs, bien décidé à effrayer et s'amuser de ce clerc insolent...
Mais, les chiens viennent entourer et se coucher aux pieds de Robert... Puis, le cerf lui-même, surgit pour la seconde fois dans la clairière, il arrête sa course et vient également s'agenouiller aux pieds du ''saint prieur''.... Le plus profond silence s'établit...
Stupéfait par cette scène miraculeuse, Roger de Laron se prosterne à son tour devant le saint moine, et lui demande humblement comment il peut racheter ses fautes.
Geoffroy bénit le chevalier et lui dit:
- Messire! Dieu ne veut pas la mort du pécheur. Il vous prie simplement de nous aider de vos deniers à bâtir une chapelle consacrée à Marie, mère de Jésus. Et, pour votre pénitence, vous viendrez chaque année faire jeune et retraite durant trois jours en ce lieu...
Pour marquer à tout jamais ce lieu d'une protection divine, il frappa le sol et une fontaine se forma et coule toujours...
Les deux photos représentent le lieu des fermes du moyen âge, Saint Julien aux Bois ( Corrèze) 



Enragée par la construction de la chapelle qu'elle réprouvait, Dame Margot décide de faire un exemple dans la contrée.
Elle réunit ses hommes d'armes, et chevauchant à leur tête, elle exécute une opération punitive contre ses sujets. Elle saccage quelques hameaux des alentours et bat à mort ceux des manants qui tentent de résister.
Rentrée au château, ses proches terrifiés la félicitent de sa vaillance et de son courage... Pourtant, l'une de ses jeunes demoiselles de compagnie, lui reproche sa férocité.
Margot se met en colère ; outrée que ce soit sa favorite qui la morigène ainsi, elle se met fort en colère, bat sa jolie suivante et la jette dans le puits du château... ! Mais... Elle regrette aussitôt ce mouvement d'humeur. Comme elle aime beaucoup sa jeune suivante, elle veut la sauver et ordonne qu'on la tire de là. Hélas, on ne lui remonte qu'un cadavre.

Inconsolable, Dame Margot s'enferme trois jours durant dans son appartement de la tour magne, sans accepter de nourriture, ni ouvrir la porte à quiconque.
Dimanche arrive sans que la dame du seigneur de Laron ne réapparaisse ou donne signe de vie. Fort inquiet, son époux décide d'aller rejoindre sa femme par une voie détournée. Il se fait hisser jusqu'au sommet de la tour et, pénètre secrètement par les greniers, dans le refuge de son épouse.
Par une lucarne donnant sur sa chambre, Roger voit sa dame, toujours aussi belle, malgré sa douleur, se mirer dans une glace, la poitrine nue jusqu'à la taille. Mais il s'aperçoit avec horreur que son corps s’achève en forme de loup-garou...
Trahie, son terrible secret découvert, elle court se réfugier dans la forêt... Roger n'a qu'à la suivre ; Lui et la ''louve'' se dirigent vers l'endroit même où ils se sont rencontrés … A l'endroit, où se trouve à présent la chapelle de Dom Geoffroy.
Roger va traquer ''la bête'', jusqu'à sa mort...Étrangement, c'est le corps d'une femme, que l'on va retrouver entouré de la meute ; et c'est le corps de Dame Margot qui sera veillé dans cette chapelle... Nous retrouvons ainsi dans cette version de la mort de Dame Margot, les même éléments que la fin d'une histoire précédente

Bien sûr, on raconte aussi que depuis, âme damnée et inconsolable, Dame Margot erre autour de son ancien château, apparaissant parfois au voyageur attardé sous l'aspect d'une belle femme nue perchée sur les branches d'un arbre … La nuit, elle se transforme en loup-garou...

Je vous raconterai, un peu plus tard, l'histoire de Robin, bossu et musicien, qui s'était endormi en plein bois près du château de Laron.. Et, qui a eu le privilège de confondre '' Dame Margot '' dans une autre nature, plus bienveillante …

A suivre …

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