mercredi 6 juillet 2016

Qu'est ce 'qui' en moi, ne craint pas la mort ? -3/3-

De toutes les possibilités décrites, plus avant :


Pour R. Pouivet, l’ontologie qui à la fois permet de comprendre la possibilité de la résurrection et sa nécessité pour la survie d’une personne humaine est l’hylémorphisme...


R. Pouivet se pose cette cette question : « En quoi devrait consister mon identité si je dois ressusciter ? »

Si on parle de résurrection de la chair, la particularité de mon corps doit être retenue …
Et je deviens moi-même, un '' objets intermittents '', partagé entre deux vies, séparées par la mort...

L’hylémorphisme (de hulè : matière et morphè : forme) est une philosophie développée par Aristote qui considère que tout être (objet ou individu) est composé de manière indissociable d'une matière et d'une forme.

Un corps ( humain) ne suffit pas pour être une personne. On pourrait dire que le corps dépend ( ontologiquement) d'une âme pour être un corps humain...

Comment l’âme rend-elle possible la résurrection du corps ?

La doctrine de l’hylémorphisme consiste dans l’ensemble des thèses suivantes :
1. La distinction ontologique fondamentale passe entre les substances et les propriétés. Les substances possèdent des propriétés ou sont en relation avec d’autres substances ; elles ne sont dès lors pas des propriétés ou des relations.
2. Les substances matérielles sont des composés de forme et de matière.
3. Une forme est substantielle (et non accidentelle) si elle donne à une substance sa nature (ce qu’elle est) et son identité (ce qui fait qu’elle persiste à travers le temps en restant ce qu’elle est).

4. Une personne humaine est une substance composée d’une forme substantielle – on parlera de son âme – et de matière.
5. La forme substantielle d’une personne humaine est sa nature rationnelle.
6. L’exercice de la rationalité est essentiellement une opération immatérielle.
7. La nature humaine est essentiellement immatérielle ; pour exister, elle ne dépend pas de la matière.
8. Une personne humaine peut exister indépendamment de l’existence de son corps.
9. L’identité générique et l’identité numérique d’une personne humaine requièrent qu’elle soit unie à son corps.

Sources : (*) Roger Pouivet est Professeur de philosophie à l’Université Nancy 2 et Directeur du Laboratoire d’Histoire des Sciences et de Philosophie-Archives Poincaré (CNRS, UMR 7117). ''Métaphysique de la résurrection des corps.''






Jean-Pierre Ceytaire  Tendres instants avant la Pomme


Jean-Pierre Ceytaire  - Résurrection


Le symbole de Nicée comprend la formule : "J'attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir". Le symbole des Apôtres parle de "la résurrection de la chair".
Pour retrouver tout cela, c'est ICI :
Après avoir exposé les principales anthropologies rencontrées au sein du christianisme (matérialiste, dualiste, constitutionnaliste, fonctionnaliste, hylémorphisme, animaliste, quadridimensionaliste, irréaliste psychique et nihiliste) et leur rapport à la doctrine de la résurrection, Roger Pouivet tâche d’expliquer, dans le cadre des approches hylémorphiste (St Thomas d'Aquin) et animaliste, comment une personne, en tant que réalité singulière, peut ressusciter.
Métaphysique de la résurrection des corps. Avec Roger Pouivet à l'ENS Paris

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