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vendredi 20 janvier 2017

Dieu et la souffrance

Encore une fois, et c'est que la question est Essentielle, je confronte Dieu au Mal, à la souffrance...
Je remarque que l'une, parmi les raisons qui nous font poser cette question, c'est '' l'injustice ''… ! Qu'il est ''injuste'' de voir un enfant souffrir...
C'est l'injustice ( face à l'innocence de l'enfant) qui provoque la question de la responsabilité divine... !
Alors... réponds le philosophe et théologien orthodoxe Bertrand Vergely, c'est que la question est mal posée :
« Il faut arrêter de penser que l’enfant qui souffre subit une injustice. La justice n’a jamais été de faire souffrir quelqu’un qui est coupable pour lui faire payer sa faute. »
« L’enfant ne souffre pas pour payer quelque chose, il porte l’humanité au même titre que toute personne. Devant la souffrance, la vie, la mort, la beauté, il n’y a pas d’âge. Le tragique, c’est que cette souffrance terrible qui existe dans l’humanité s’abat sur tous, y compris des enfants. »


Je suis confronté à un gouffre qui s’empare de moi, lorsque je cherche à trouver les causes ( la responsabilité …) de ma souffrance, de ma maladie, ou de la mort possible de mon enfant, ou de moi-même....

Alors, j'approche l'Enfer... Et d'autant plus si mon rapport à Dieu est un ''rapport contractuel'' : « Je Te loue, je Te sers, je Te prie, en échange tu es 'juste' avec moi…. »
J'approche l'Enfer, d'autant plus si mon rapport à Dieu, repose sur cette notion de rétribution : « je souffre parce que je suis responsable d'un mal…. ; je souffre pour que Tu comptabilises cette souffrance pour mon salut, ou celui du monde … »
Dieu n'est ni ''justicier'' : « si le mal me tombe dessus, c’est que je l’ai mérité », ni ''pervers'': « tu m'envoies la souffrance pour me sauver, moi ou d'autres… »
…
Dieu traverse la souffrance, et la vainc. '' Il est Vivant ''. Seul, ce message permet d'affronter la souffrance... Je ne suis pas seul, son Esprit m'accompagne : et c'est le seul objet de ma prière... !

Pour en revenir aux enfants, je note les propos de Anne-Dauphine Julliand, 'Le bonheur malgré tout', (mère d'enfants malades, dont l'une est morte, et qui vient de faire un documentaire...)
« L’enfant, lui, a des convictions fortes. Il croit à son bonheur. »
« Les enfants ne s’apitoient pas sur leur sort. Quand ils ont mal ou qu’ils en ont marre, ils pleurent. Et puis, l’instant d’après, ils peuvent se remettre à jouer et à rire. »

Et voilà ce que dit, Bertrand Vergely :
« Et j’invite celui qui est bouleversé par cette souffrance à se demander en quoi il lui arrive, lui aussi, de faire souffrir des enfants. Le Christ, quand il critique les pharisiens, leur dit “regardez-vous !”, “redevenez comme des enfants, retrouvez votre émerveillement. Si vous faites cela, vous allez guérir le monde”. »

lundi 6 juin 2016

Une lecture Zen des Evangiles.-8/.-

L'Enfer de Dante...
Parler de la mort ; ce serait – parait-il – pour un croyant évoquer le Paradis et l'Enfer...
L'Enfer pourrait bien avoir la côte, aujourd'hui... Comme si le Paradis, semblait lui, si ''ennuyeux''...
Mais, l'Enfer n'est-il pas déjà ici... ? Une sorte de versus du Royaume... L'Enfer serait, ce que ne serait pas '' Le Royaume'' ...

L'Enfer n'est pas un lieu de ' châtiment '... Il est un lieu que l'on a choisi, où l'on choisit de rester... Jésus parle de vie éternelle, jamais de mort éternelle... Cet enfer là provient d'une mentalité avide de vengeance...

L'Enfer est le résultat de notre pensée, de notre mental... Il a à voir avec la peur, et se fixe sur le futur... «  un feu qui ne s'éteint pas ... » car il brûle de l'intérieur... Un ''feu'' qui est une création de notre esprit.

William Blake -Les dix vierges imprudentes
L'Enfer est une conséquence de l'ignorance... A lire la parabole de l'homme qui n'a pas la tenue appropriée ( Mt 22, 1-24)... De même la parabole des dix vierges ( Mt 25, 1-13)...
Nous ne sommes pas en ''éveil'', trop occupés à l’orientation à donner à notre vie à venir... Trop 'soi-disant' sérieux … !

L'Enfer est 'ordinaire', et n'est pas réservé aux criminels... Il est le résultat du ''tragique'' de la vie humaine.

L'Enfer n'est pas une punition. Relisons la parole du fils dit 'prodigue' ( Lc 15, 11-24). La ''contrée lointaine'' est similaire aux ''ténèbres extérieures''... Il y va de lui-même, et revient de lui-même. Pour cela il « rentra en lui-même »... Et son Père n'a aucune hésitation à l’accueillir, de suite.

L'Enfer est une conséquence de notre manque de foi... C'est la relation souvent évoquée entre ''Foi'' et ''Salut''
  • - Foi en quoi ? Pour un chrétien, cette foi s'exprime par un ''symbole'' fort, un ''koan'' puissant et paradoxal: Jésus est pleinement divin, et pleinement humain... Symbolique, parce que cela signifie aussi qu'il faut envisager la perfection dans l'imperfection ; c'est croire en notre divinité intérieure... Cela pourrait se rapprocher de la ''nature de Bouddha'' ; mais je ne suis pas de culture bouddhiste pour le dire ...



Utiliser les images de l'Enfer et du Royaume, ne signifie pas qu'ils sont nettement distincts... On peut passer de l'un à l'autre ...

Sources : Kenneth S. Leong, ''Une lecture Zen des Evangiles ''


mardi 12 janvier 2016

Lecture de Monsieur Ouine de Bernanos -5/5-

Qui est vraiment ce Monsieur Ouine ?

Il « est venu d'on ne sait où, un soir. »... Monsieur Ouine a toutes les apparences du bon vieux monsieur, érudit, sympathique, maladif, de commerce agréable et parfaitement inoffensif. Sa place dans le récit s'annonce modeste ...
Le bruit court qu'il «  est un causeur exquis »
La tragédie qui compose M. Ouine est une fable... Une parabole... Fenouille n'est pas seulement un village d'Artos, c'est le monde ; ses habitants sont l'humanité ; nous sommes l'un d'eux … Le seul en qui nous ne pouvons pas nous reconnaître est Ouine... Nous ne nous reconnaissons pas en Satan … !
Ce vieux professeur retiré du monde, exerce une fascination sur ses élèves... Il n'est pas indifférent aux vies qui l'entourent …
Le jeune garçon que lui « apporte » Jambe de Laine excite sa curiosité, le trouble : « Je viens de me revoir moi-même, dit-il, comme un mort regarde dans le passé… Le petit garçon que j’étais, je l’ai vu, j’aurais pu le toucher, l’entendre… »
Mais, l'instant émotif passé, le nouveau venu est déjà une proie... Il ne brusque pas Steeny. C'est avec précaution qu'il assure son emprise, conduit son dessein, l'entreprise de destruction des âmes. . M. Ouine souille tout ce qu’il approche. Qu'il parle de l'enfance avec attendrissement, qu'il s'applique à défendre l'innocence, qu'il conseille ''amicalement'' un prêtre désemparé, ce n'est que procédé et calcul d'une démarche sciemment conduite pour jeter un trouble dans les esprits... Il dévore les âmes … « Je les ai convoitées » dit-il...
Dante - l'Enfer
Ouine n'est pas brutal. Accueillant, soucieux de tout arranger, disponible – le jeune curé voit arriver au presbytère un Ouine très amical, conciliant, coopératif – il est effacé, ne répond pas aux calomnies. Même, il veille à la santé morale des innocents et n'oublie pas de féliciter l'instituteur quand celui-ci veut épargner à ses élèves le spectacle scandaleux de l'enterrement. Peut-on concevoir plus exact portrait de l'ange déchu ?
Ouine ne fait pas peur. Pas plus que Satan n'est le cornu à fourche, il n'est pas un être répugnant. Il sait se faire oublier, être présent sans être là, habiter les esprits sans qu'ils aient l'impression de n'être pas libres... Et, il sait des choses que le village ignore...
Le personnage de M. Ouine est une synthèse de tous les héros bernanosiens en qui se manifeste le Mal : maquignon, mendiant, Fiodor, Saint-Marin ….
Devant la mort : aucun remord :
« L’idée qu’il dût regretter en mourant quoi que ce fût, renier une seule de ces heures dont chacune avait marqué un progrès vers la délivrance, la liberté totale, ne lui était pas encore venue. Et il était de moins en moins supposable qu’elle vînt jamais »
«  Au point où je me trouve, il ne me faudrait pas moins que toute une vie pour réussir à former un remords. Le mot lui-même a perdu son sens, »

Knud Andreassen Baade -Landscape in moonshine Evening, 1897, oil on canvas by Jakub Schikaneder


Ce roman empli du désespoir existentiel, est porté par plusieurs énigmes romanesques. On pourrait penser que ces intrigues obscurcissent le propos, conduisant le lecteur à des impasses

Peut-être Bernanos pense t-il qu'il n'est pas nécessaire de poursuivre des personnages au-delà de ce qu'il nous en dit … N'oublions pas que tout ce ceci n'est qu'une parabole... !

Vincent Van Gogh
Vincent Van Gogh

- Qui a tué le petit valet ?
Le hasard de l'accident ? Un maraudeur ? Il s'agirait vraiment d'un crime, et il y a des suspects... Monsieur Ouine, ce que témoigneraient les propos de Jambe de Laine, mais elle-même n'est pas très 'claire' .. ! Il y a aussi Eugène qui fait le coupable idéal...
Ce crime est une des grandes images de ce roman que le curé définit à la fin de son sermon : « Il a été l’instrument innocent de votre perte et c’est votre péché à tous... »

- Philippe ( le père de Steeny) est-il mort ?
Le père de Steeny est vivant... Anthelme et Miss l'affirment. Pourtant, il y a un doute. Ou, il ne serait qu'un ''drôle'', un ''toqué'' …

- Ouine est-il le père de Steeny ?
Le père de Steeny n'est pas pour Anthème un inconnu, même un ''vrai copain ''… La ressemblance entre Ouine jeune et Steeny …
William Blake Lucifer and the Pope in Hell
(The King of Babylon) about 1805

- Arsène s'est-il suicidé ?
« Sur les épais panneaux marron, recouverts d’une couche épaisse de poussière, la main du maire de Fenouille avait écrit en lettres capitales, mais d’un dessin puéril : ADIEU. » Sinon ; Arsène, le maire, est-il nécessairement devenu fou ? Est-il vraiment l’auteur des lettres anonymes ? Bernanos ne répond pas ...

- Jambe-de-Laine est-elle la maîtresse de M. Ouine ?
L'opinion de Mme Marchal ne fait aucun doute :  « il ne sortait plus d’ici, c’est qu’il y trouvait son plaisir. (…) – Ben ! Jambe-de-Laine, parbleu ! »
Jambe de Laine, semble la face femelle du Mal incarné par M. Ouine …

- Que devient Steeny ?
Ces quelques semaines racontées ici, sont pour Steeny un passage. Le drame de cet adolescent est sa solitude... Mais on ne saura rien de la suite, Bernanos nous abandonne devant la sensation du néant... ! Le but romanesque de Bernanos n’est pas le lecteur, mais la vie surnaturelle laissée au démon...
Odilon Redon 

Pour Bernanos, le désespoir ( peut-être même le nihilisme) n’est pas seulement une maladie, c’est un mal irrémédiable qui parachève la victoire du malin sur terre. Ce qui était victoire dans Sous le soleil de Satan devient triomphe dans Monsieur Ouine.
Le curé de Fenouille est impuissant, mais le médecin positiviste aussi.

« L’enfer, c’est le froid. (…)  Le diable, voyez-vous, c’est l’ami qui ne reste jamais jusqu’au bout… »nous dit le curé de Fenouille
La présence de Dieu ne se manifeste plus ici par la fulgurante irruption de la grâce dans la citadelle de l'âme... Mais, peut-être, sur la route, peut-on sentir le souffle divin ( d'un Dieu faible...) et comprendre le sens salvateur de cette aventure.. La voie est mystique, apophatique, paradoxale... Au delà du bien et du mal ...

dimanche 3 janvier 2016

Lecture de Monsieur Ouine de Bernanos -4/ -

Le cadavre du petit valet de Malicorne est découvert nu par un ivrogne ...
Alors que le Maire se rend à la Mairie ; le portrait tracé par Bernanos du village vaut le coup d'oeil :
«  Déjà tinte l’enclume du maréchal au fond de la rue muette, l’immense rue muette, lavée de frais, surprise telle quelle par l’aube, pleine encore des formes et des rumeurs de la veille. Un moment elle apparaît plus claire, plus blonde et comme limpide, si fraîche qu’un moribond y poserait la joue, si proche qu’elle semble au niveau des grandes baies vides, jette au plafond son reflet… Mais déjà l’ombre l’a prise en écharpe, puis galope d’un bout à l’autre, jusqu’à la dernière crête visible, la montée de Trablois dont le mince copeau d’or saute à son tour. Le ciel gris s’élance de toutes parts en rugissant, puis s’apaise aussi vite : une pluie fine commence à tomber, l’angélus sonne. »

Ensuite, Bernanos nous fait le portrait du nez de Monsieur le maire : « Son nez verni par l’herpès avec son réseau de veinules bleues, sa rondeur élastique, son excessive mobilité, terrorise sa femme. À vrai dire au milieu de cette face usée, il éclate d’une vie effrayante, goguenarde. « C’est mon gris-gris », disait-il jadis aux demoiselles. Et plus d’une a voulu tenir dans sa paume ce nez monstrueux car l’ancien brasseur ne cache pas son goût pour les fillettes. « Oui, ma petite, figure-toi, j’ai senti battre son cœur tout au bout, c’est comme si tu tenais une vraie bête. » » Et ça continue... Bref... ! Je ne vais pas recopier tout le livre … !
Et, à partir de maintenant, vous ne devriez plus relâcher votre attention, et ce livre.... Tout devient grandiloquent, rendu par les dialogues entre le médecin, le maire et Jambe-de-laine, qui vient apporter une pièce à conviction pour dénoncer celui qu'elle ne cesse d'accuser de tous les maux : M. Ouine...

Ce roman ' Monsieur Ouine' est à la fois un récit policier et une galerie de portraits où l’on retrouve les personnages bernanosiens déjà rencontrés dans les précédents romans. Il est considéré par beaucoup comme le sommet de l’art de Georges Bernanos.
Cet étrange ancien professeur Monsieur Ouine dont le corps est mou, l’esprit perdu et la souffrance terrible, donne son nom au roman ; même si son rôle ne m’apparaît pas central ( à moins que ce soit une ruse du Diable .. ? )…
Le lecteur lui-même s'embourbe...

Très vite, après avoir franchi le cap des premières pages, et compris la cohérence des personnages et la chronologie des faits ; ce roman m’apparaît fascinant, et assez désespéré. La figure du Mal sous-jacente semble ici victorieuse... Dieu a été chassé du monde des hommes et Satan s’y est installé...

Chaque personnage transpire de son mystère ; Monsieur Ouine, vieux professeur obsédé par la mort, est travaillé par de mystérieuses inclinations. Le jeune Philippe dit Steeny - enfant rebelle, sans père, élevé par sa mère - rêve d'un héroïsme négatif loin de la maison maternelle. La solitaire Madame de Néréis, sensuelle, violente, attire Steeny dans sa toile ou se trouve déjà Monsieur Ouine. La population de Fenouille, haineuse, se livre au lynchage de Madame de Néréis au sortir de la messe.



Bernanos nous offre tout de même et bien sûr un jeune prêtre, le curé de Fenouille, le procureur malheureux de ses ouailles pécheresses, qui désespère de la mort de sa paroisse. Il y a aussi le médecin du village, le pendant athée du curé, pas moins désespéré que lui. Il y a encore l’extraordinaire maire du village que la débauche a rendu fou.
Illustrations de Fritz Eichenberg  

lundi 14 décembre 2015

Lecture de Monsieur Ouine de Bernanos -1/ -

J'aime lire les romans de Bernanos; depuis tout jeune. ''Le Journal d'un curé de campagne'' a fait partie des premiers 'Poche' que j'ai lus, avec ''Les Pensées de Pascal''; j'ajoute ce détail, pour reconnaître qu'aujourd'hui il ne doit pas être évident de trouver un jeune lecteur de ces titres… !
Les sentiments des personnages, les situations, et même les lieux et les circonstances des récits de Bernanos me touchent ; au-delà de tout snobisme intellectuel ou littéraire, je vous prie de me l'accorder.
- Mais, je n'avais pas encore lu ''Monsieur Ouine'' ; je me gardais cette possibilité un peu avec gourmandise.
Ausii, un peu agacé contre moi de passer autant de temps devant mon écran ; j'ai pris la décision de réagir, avec brio : il est temps de lire '' Monsieur Ouine'' !

Jean-Dominique Vancaulert
1947
Je découvre un enfant gâté, Steeny; le comportement étrange d'une gouvernante ( Miss)  et la nonchalante mère de l'enfant... Mère qui me raccroche - un peu - à l'univers clérical de Bernanos avec ce prêtre à qui elle dit « la douceur a raison de tout », et qui lui répond que ce sont là les mots d'une sainte …. Sauf que tout semble déjà faux ! ( je ne parle que des sentiments exprimés par la mère de Steeny).
Il y a ce lien non avoué entre Miss ( la gouvernante) et Michelle ( la mère) :
- « Miss est rose de surprise, d’émotion, d’une sorte de saisissement délicieux. Elle enveloppe sa maîtresse d’un regard doré. »
Jean Dupas né à Bordeaux le 21 février 1882 
et mort à Paris le 6 septembre 1964, 
est un peintre, affichiste 
et décorateur français, 
représentatif de l'Art déco
Ce jeu entre la mère de Steeny et Miss envers le jeune garçon sur sa virilité ( non souhaitée) : Elle le serre contre elle : «  Il connaît depuis longtemps cette violence calculée, sournoise, ces caresses féroces qui le bouleversent de curiosité, de terreur, d’une sorte d’écœurement inexprimable. Non, non, que ce secret-là reste entre eux ! ». Michelle sourit, prie Miss de laisser Steeny et, « elles lui tournent le dos ensemble, s’éloignent, serrées l’une contre l’autre... »

Ensuite, nous reculons jusque dans la jeunesse de la mère, avec ses propres parents...
Et, au fil des lignes, je ne comprends plus de quel père on parle, du grand-père ? Du père de Steemy … ? D'ailleurs « Steeny n'est qu'un faux nom, un sobriquet emprunté par Michelle à son roman anglais favori. Steemy se nomme Philippe, comme son père – le disparu, l'englouti. ».
Très vite, la narration emprunte celle d'un rêve... La recherche du mort. Celle d'un tyran … ?

Ensor - L'intrigue

Pis, c'est l'entrée en scène de la châtelaine de Wambescourt, Mme de Néréis : un masque sur une marionnette... ! « Je trouve que vous ressemblez à un personnage de roman. » dit Steeny.
James Ensor (1860-1949)
Une histoire de cheval emballé, et c'est Steemy qui est 'enlevé' ( kidnappé). Je lis : Ginette, la vieille marquise Destrées, Mme Dorsel ? Je m'y perd !
C'est l'histoire d'une Ginette de Passamont, avec le bonhomme Anthelmes « « Anthelmes me dégoûte » fut le cri de toutes les femmes », avant d'arriver enfin à ce M. Ouine, dévoré de tuberculose « qui correspond avec le ministre de l'Instruction Publique... »
Pas de lien entre les personnages, les situations ... Je m'y perd... Je recommence tout !

Ces tableaux rapidement brossés, inachevés – Tout cela est-il finalement réel ?- Ils me font penser à des toiles d'Ensor..  

Vous n'avez rien compris ...? Moi, pas trop non plus ... Bon, la prochaine fois; je reprends tout ...!

samedi 6 décembre 2014

Le Mal-un

Il n'y a pas d'homme condamné.

Si quelqu'un se trouve alors sans Dieu,
sans pensée, sans images, sans mots,
reste du moins pour lui ce lieu de vérité:
AIMER SON FRERE QU'IL VOIT.


S'il ne parvient pas à aimer
parce qu'il est noué dans sa détresse,
seul, amer, affolé,
reste du moins ceci:
DE DESIRER L'AMOUR.

Et si ce même désir lui est inaccessible,
à cause de la tristesse et de la cruauté
où il est comme englouti,
reste encore 
qu'il peut désirer de désirer l'amour.

Et il se peut que ce désir humilié,
justement parce qu'il a perdu toute prétention,
touche le coeur de la divine tendresse.

Maurice BELLET.


Le Mal est simplement l'absence de Dieu.
Il est comme l'obscurité et le froid, des mots que l'homme a créé pour décrire l'absence ....
    En effet, seule la lumière existe, l'obscurité n'est que l'absence de lumière ...
                   seule la chaleur existe, le froid n'est que l'absence de chaleur ....

Dieu n'a pas créé le mal.
Le Mal n'est que l'absence de foi, ou d'amour ...

Ce serait Albert Einstein, qui aurait expliqué cela à son professeur qui voulat le convaincre que Dieu n'existait pas ... ?

mercredi 3 décembre 2014

Le Mal dénie Dieu

Les combattants djihadistes et tout autre qui imposent la terreur, posent au « croyant », la question du mal...
de Guy Swyngedau
Ce Mal qui dénie le Divin... ( Si Dieu est bon, comment permet-il cela ?)

- « Le mal est un scandale, nous sommes dans l’impasse tant que nous cherchons à le justifier » Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à la faculté protestante de Montpellier.
- Le Christ, mais déjà avant lui les Rabbis juifs, dénoncent les tendances archaïques :
  • De chercher une relation pénale au mal : il n'est pas une punition !
  • De trouver l'origine du mal, dans un « dieu » du mal ...
Job
« Dieu n’est pas responsable du mal, nous dit saint Augustin (IVe siècle), qui désigne le mal comme un non-être, la privation du bien qui devrait être et qui manque », explique le P. Jean-Michel Maldamé, théologien dominicain.
Saint Augustin récuse ainsi la fatalité du mal issue du manichéisme, qui accepte l’idée d’un dieu du mal en lutte avec un dieu du bien. « Dieu n’intervient pas contre le mal parce qu’il a réellement confié aux hommes le respect de la vie... »
La Vierge de Niccolo-dell-Arca 



L'homme se doit – lui-même - de trouver la véritable source du mal; en particulier celui qui prend en lui sa source …



L’acte de foi est toujours posé « en dépit du mal », écrit le philosophe Paul Ricœur. « Celui qui peut dire qu’il croit - malgré l’objection du mal - trouve en Dieu la source de son indignation, sans chercher en lui l’apaisement de son besoin d’expliquer. »




Le Mal absolu, n'a qu'un désir : tuer le Divin.

samedi 18 octobre 2014

Le Christ est-il mort pour nos péchés...?

Cette question,  posée par cette formule: « Christ est mort pour nous, pour nos péchés... » ( quand ce n'est pas "à cause" de nos péchés … ! ), est fondamentale … 
Pourtant, aujourd'hui, cette proposition a peu de sens … 
Déjà... Pour 'quoi' aujourd'hui serions-nous prêt à mourir ? ( Entre nous … « Pour mes enfants ... » ne me paraît pas la plus grande preuve de notre « humanité »... c'est la réponse la plus instinctive, animale …)

- Pour quoi mourir.. ? L'enjeu aujourd'hui est plus attaché à « la vie, ici et maintenant », qu'au salut « après la mort »
Le Bouddha, par exemple, montre une voie de libération de la souffrance, ici et maintenant... Le Bouddha se montre le précurseur d'un chemin de vie ….

"Où est le Bon Dieu, où est-il ? demande quelqu’un derrière moi. Sur un signe du chef de camp, les trois chaises basculèrent. [...] Les deux adultes ne vivaient plus. Leur langue pendait, grossie, bleutée. Mais la troisième corde n’était pas immobile : si léger, l’enfant vivait encore. [...]Derrière moi, j’entendis le même homme demander :Où donc est Dieu ?Et je sentais en moi une voix qui lui répondait :Où il est ? Le voici – il est pendu ici, à cette potence ..." Elie Wiesel sur les camps de la mort
- Effectivement, il me paraît évident – pour un chrétien - que le scandale de la mort d'un enfant... aujourd'hui est compris comme « Dieu avec ... », plutôt que «  Dieu a voulu ... » ( L'Eglise ne peut se dédouaner -là- d'avoir propagé 'autrefois' une fausse information …!).

- La lecture personnelle que je fais de la mort du « Christ », n'est pas « Dieu a voulu ... » - Comment puis-je laisser quelqu'un ( à part Jésus …) - par cette formule - se mettre ainsi à la place de « Dieu ».. !
Il ne me semble pas que Jésus, ait « voulu » mourir, souffrir … Jésus a traversé le tragique de la vie de quelqu'un qui dit ce qu'il fait, qui fait ce qu'il dit, qui a La Foi, qui va au bout sans concession : guérir pendant le sabbat, remettre les péchés, etc … Et même si cela doit le conduire vers la mort … Ainsi, Jésus montre une voie ; celle, que l'on peut traverser la souffrance, le désespoir, et même la mort et affirmer par la résurrection que la mort n'est qu'un passage …

Pour en revenir à « nos péchés... »... La question de savoir si Jésus et mort pour , ou à cause , de nos péchés … paraît vraiment éloignée des préoccupations existentielles de l'homme et de la femme d'aujourd'hui ! 
Certes, l'humain adhère au mal ( il n'est donc pas « naturellement » mauvais …)... A mon avis, le bouddhisme me semble offrir un vocabulaire plus compréhensible ( plus « moderne » .. !): l'ignorance, l'illusion, l'attachement, l'ego … etc. sont des mots beaucoup plus signifiants que « péché » ...

Aujourd'hui, nous cherchons « du sens », et la « joie » ( dans le sens de Bernanos) … Ce n'est pas « la croix » qui révèle le divin, mais la Résurrection, le Royaume ...

mardi 18 février 2014

La Toute puissance de Dieu

Nicolas Roerich bridge-of-glory-1923
Croire en Dieu, ce serait admettre l'existence d'un « Etre supérieur Tout-puissant » qui a tout pouvoir et toute autorité sur cette machine qu'est l'Univers et sur toute sa création. Il peut Tout. Et « prier », consisterait à le supplier d'arranger quelques dysfonctionnements, que nous portons à sa connaissance... Le comble, serait de penser qu'Il nous entendrait, si nous le méritions … !
Ce genre d'élucubrations, provient – encore – d'un malentendu sur ce qui signifie «  existence » de ce dieu, et ce que Jésus entend par « tout-puissant » …
 le Christ représenté par Grünewald en 1516 sur le retable d'Issenheim ( détail )
Car enfin, me dirait M. l'Athée : « En quoi ce dieu, est-il à la fois « tout-puissant » et plein d'Amour, s'il ne met pas un terme à toutes les tragédies, au cynisme généralisé, aux meurtres, aux cruautés... et, même aux catastrophes naturelles, sur la surface de la planète ??? Ou, il n'est pas Tout puissant, ou il n'est pas plein d'Amour... ! »

Bien sûr, personnellement, je ne crois pas en ce dieu. Je suis athée de ce dieu : c'est une idole … ! Il ne m'intéresse pas !
Rubens David et Goliath

  • Partons de l'humain, et de notre condition « naturelle » : ( souffrance, mort …)
Comment - nous - pourrions nous être « tout-puissant » ? Je parle bien sûr dans le cadre de ma spiritualité chrétienne ( pour être cohérent )... Je ne dirai pas : «  Tout-puissant c'est être le plus fort, régner en maître ...etc »
Donc, je pense que je pourrais l'être si aucune circonstance n'avait prise sur moi : ne me blesserait pas, n'enlèverait pas l'espérance, la foi, la paix, la joie … Ainsi, les événements agresseraient mon âme, meurtrirait mon corps ; cependant aucune situation n'aurait de pouvoir sur mon « esprit »... Je serai invulnérable ! Et, (parce que je ne suis pas un caillou), si je pouvais atteindre un amour inconditionnel ; même pour ceux qui ne m'aiment pas, me persécutent ...etc
Ainsi, si je me tourne vers les hommes et femmes que j'admire : c'est cette confiance en la vie, cette absence de peur, cette sérénité dans les pires vicissitudes, cet joie, cet amour … qui me dit quelque chose de leur « Puissance ».
Caspar David Friedrich - Femme devant le soleil levant

  • Revenons-en, au Dieu de Jésus-Christ ( je n'en connais pas d'autre …)... Pour moi : la lecture du Nouveau Testament illustre cette puissance spirituelle ; je la reconnais dans le témoignage porté sur Jésus, le Christ.
Les Evangiles me parlent de ce Dieu là... Rien à voir avec le « Deus ex machina »
Cela n'est pas sans conséquences... ainsi, ma prière , doit-elle être orientée vers cet idéal... et non pas vers ma volonté de vouloir changer les événements.
«  Non pas ma volonté ( = lâcher-prise ), mais la volonté de Dieu ». La volonté de Dieu, n'est pas dans la cause de ces événements tragiques ( Dieu n'est pas coupable!), mais dans l'abandon de «  l'égo ».
Plutôt que «  faire la volonté de Dieu », c'est « vivre dans la volonté de Dieu », d'abord... puis agir en conséquence. Etre libre !
Nicolas Roerich
Cette attitude m’apparaît impossible à vivre … Aussi, ai-je besoin de prier ( en adéquation justement et heureusement avec le don divin : son Esprit...) : je prie pour ne pas perdre confiance, je prie pour voir plus loin que cette souffrance présente, je prie pour trouver la force... et traverser comme 'Jésus le Christ' traverse la mort... « Comme » qui signifie, qu'il l'a fait avant moi... Ce n'est pas de l'ordre du conseil, mais du don …

Ramana Maharshi, compare la ' liberté intérieure' à celle de l'acteur en scène, qui bien que lié au personnage du rôle, au texte ; éprouve dans sa réalité profonde un sentiment de liberté parce qu'il n'est pas 'identifié' aux péripéties de la pièce.

Photo d' Arseniy Semyonov, photographe russe
Pour moi, ce que l'on nomme « le Mal » ( guerres, cruautés, catastrophes …) n'entame en rien, l'argumentaire attaché à la Foi. Cette guerre entre le Mal et le Bien, est une problématique purement humaine ; elle est l'image d'un combat terrestre qui courre le risque de s'enfermer dans une dualité , peut-être religieuse, mais éloignée du salut spirituel …

Voir aussi ….

c'est un Dieu qui souffre, mais vainc la mort... Il ne s'agit que d'une « toute puissance d'amour » … Cette présentation de la prière, me semble dangereuse et propice à beaucoup de frustrations … Pour moi, elle côtoie ...
Dieu n'est en rien responsable du Mal, et ( en ce domaine ) sa "puissance" ne tient qu'à la mienne...! Quand je souffre, Dieu souffre... Jésus, lui-même, a vécu jusqu'à la mort cet "abandon" ... En effet, nous dirons " abandon" ...
Et, loin de la toute-puissance hypothétique de Dieu: « Une chose cependant m'apparaît de plus en plus claire, ce n'est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t'aider – et ce faisant nous nous aidons nous-mêmes.
Le miracle est un « viol » des lois de la nature... Aujourd'hui, - dans mon identité d'homme du XXIème siècle - je préférerais rencontrer la puissance de Dieu, dans la beauté d'un acte naturel … Le miracle – même s'il voulait …

Comment imaginer l'expression d'une telle puissance : celle de triompher de la mort à laquelle les mortels, tous sans exception sont soumis... ? Là où les puissants, généralement, mettent à mort... Le Christ témoigne d'une ...

lundi 10 juin 2013

L'histoire de Tobit -2- L'origine et le sens du Mal


Le photographe  Philip Lorca diCorcia est né en 1951, Il est à la frontière entre réalité et fiction. Peut-être, comme beaucoup de monde, voit-on désormais du Edward Hopper partout, mais les photos de Philip Lorca diCorcia offrent ce même tournis de sembler montrer du fantastique dans une scène on-ne-peut-plus banale.
Comme le peintre, le photographe américain aime basculer d’une lumière vive, centrée, ciblée pour créer une mise en scène, à une lumière diffuse et évanescente pour nous plonger dans un onirisme pudique.
Et pour le photographe, comme pour le peintre, le spectateur reste sur ce questionnement : le merveilleux est-il dans le réel ou dans les yeux de l’artiste ?


Etre humain, ne consiste pas seulement à se prémunir du mal, à soulager les souffrances. Connaître le mal, ce n'est pas simplement chercher à l'éviter en le condamnant ou en le cachant. C'est accepter l'affrontement : ce qui revient – malgré le scandale que cela est – à comprendre que le mal a – aussi - le sens d'une épreuve... Comprendre sa propre détresse nous oblige à fréquenter l'inquiétant, et énigmatique mal.


« Qui veut seulement espérer est un lâche » écrivit Kierkegaard.




Sara au moment de se pendre, renonce et préfère vivre son malheur, victime du démon Asmodée... Victime incomprise puisqu'elle est aussi est coupable aux yeux de ses amies …

Tobit est assis au mauvais endroit, au mauvais moment … La fiente d'hirondelles le rend aveugle.
«  Dieu permit que cette épreuve lui arrivât.. » ( Tb 2,12).
Dieu n'intervient pas. Cela n'est-il pas la situation d'un monde « responsable », détaché des dieux païens …?
« il ne s'attrista pas contre Dieu de ce qu'Il l'avait affligé par cette cécité » ( Tb 2,13) Tobit a cette grandeur d'âme, cette intuition de ne pas rendre responsable ce dieu, qu'il ne comprend pas bien, mais à qui il n'enlève pas sa confiance… « nous attendons cette vie que Dieu doit donner à ceux qui ne changent jamais leur foi envers lui. » ( Tb 2,18)





Mais …. sa femme Anne, obligée de travailler pour la famille, revient un jour avec un chevreau …
Homme juste et intègre, accomplissant la loi et vrai militant au service de ses frères en exil, il finit par faire passer le devoir avant les simples joies familiales, s’enferme dans une cécité intérieure et devient réellement aveugle. Ce qui fait dire à sa femme « Où sont-elles maintenant tes bonnes œuvres ? Tout ce qui t’arrive est bien clair ! »


Marcos Carrasquer est tantôt peintre, tantôt dessinateur. Parfois à l’huile, parfois à l’encre. Il ne faut pas se fier au support pour comprendre le Parisien. C’est l’énergie qui définit le mieux son travail.
Chaque œuvre est plus qu’une histoire, c’est toute une vie. Amas de personnages, de machineries, de lieux et de temps. Le travail de Marcos Carrasquer rend la vérité de l’existence, son incohérence. La logique d’une vie est une illusion qu’on ne peut créer qu’à posteriori, c’est le rôle de la mémoire. Marcos Carrasquer crée comme un amnésique, jetant pèle-mêle des bribes mémorielles qui se livrent un combat pour le premier rôle, sous nos yeux.
Une œuvre tellement atemporelle que l’on pourrait y suivre toute l’histoire de la peinture.


A certains moments critiques de notre vie, c'est parfois le temps de faire une « relecture » de notre vie … 


Dans une Russie qui impose le fameux réalisme socialiste soviétique, l’art devient politique.
George Grie a 27 ans quand tombe le mur de Berlin, mais il ne perdra jamais son goût du non-conventionnel.
L’art de Grie est polymorphe, difficile à saisir. Normal, l’artiste y a mis tout ce qui pouvait aller contre l’ordre établi. Dali, Magritte, Beksinski, Uelsmann, Siudmak.
L’influence du peintre espagnol est particulièrement visible. Mais George Grie le mêle à du geek gothique, le tout saupoudré de kitsch.
Pour être franc, le bon goût n’est pas exactement un invariable de son travail, mais quand l’artiste trouve un juste équilibre entre ses influences, son goût pour une provocation désuète et son envie d’expérimenter les technologies, alors l’art est au rendez-vous.


« sans l'espérance 
tu ne rencontreras jamais l'inespéré, 
qui est lointain et inaccessible », Héraclite

samedi 8 juin 2013

L'histoire de Tobit -1-

Dans la liturgie catholique, les textes de ces jours nous propose le livre de Tobie.

Le livre de Tobie, n'a été conservé qu'en grec. Il figure au canon de la Bible grecque ( la Septante ), mais pas dans celui de la Bible hébraïque.( Il est donc considéré comme apocryphe par les protestants).
Tout indique que le livre a été rédigé pendant la période hellénistique, probablement vers 200 avant notre ère. Cet ouvrage est peut-être l’œuvre d’un Juif de la diaspora, qui essaye de réfléchir à la manière de vivre sa foi en milieu païen.


Le livre de Tobie raconte l’histoire de deux infortunes qui vont trouver leur solution. Tobit, est un Juif pieux qui fait partie de la déportation à Ninive. Victime d’une maladie des yeux, il devient aveugle et réduit à la misère.
Le fils de Tobit, appelé Tobie, part pour un long voyage pour recouvrer une créance. Il y rencontrera Sarra, sa future épouse, victime d’un démon qui fait périr ses fiancés au fur et à mesure qu’ils se déclarent. Tobit sera guéri de sa cécité et Sarra délivrée de son démon grâce à l’intervention de l’ange Raphaël qui l’accompagnera tout au long de son voyage.


Tobie : fils de Tobit, le nom du fils est en grec Tôbias, ce qui donne en français Tobie. Sous la conduite de l’ange Raphaël, il va à Ecbatane pour récupérer là-bas une créance. Tombant amoureux de Sarra, il l’épouse.

Tobit : fils de Tobiel, le nom du père est en grec Tôbit, ce qui se transcrit en français Tobit. Le vieux Tobit, déporté de la tribu de Nephtali, habite à Ninive. Pieux et charitable, il est devenu aveugle. Grâce à un ingrédient tiré d’un gros poisson, Tobit sera guéri. Sarra : parente de Tobie, elle a vu mourir ses sept fiancés. Mais elle pourra épouser Tobie.


Nous pensons savoir ce qu'est « le Mal »... Job et Tobit croyaient le savoir... Ils faisaient même tout ce qu'il fallait – selon les idées de l'époque – pour éviter le mal : observation rigoureuse de la Loi. 
Aussi, quand Tobit est frappé de cécité : on ne comprend pas … ! Il devient la risée de ses proches « Où est votre espérance ? » demandent les rieurs...
Comment la Bible, peut-elle ainsi nous présenter la situation inassumable de justes souffrants... ? Leur malheur est semblable à celui des coupables !
D'ailleurs les amis consolateurs ne tiennent pas longtemps leur rôle compatissant. Pour tant souffrir, l'autre doit être coupable.
A suivre ....