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mardi 27 décembre 2016

Erik Johansson - Distorsion de la réalité ...


Erik Johansson est un photographe suédois autodidacte basé à Berlin et né en 1985, qui dans ses meilleurs travaux combine, transforme et retouche des images avec Photoshop pour créer des illusions d’optiques où l’intérieur devient extérieur, où les perspectives se mélangent où les sens s’inversent suivant l’endroit de l’image où l’on regarde pour nous embrouiller le cerveau à la manière de M.C. Escher.

Il décrit lui-même ses oeuvres comme étant “de surréalistes photos réalistes — des idées surréalistes réalisées de manière réaliste, mais avec une touche d’humour.” Il précise: “je n’ai pas vraiment décidé à un moment précis de me diriger vers un style particulier. Mais mon travail est peu à peu devenu ce qu’il est aujourd’hui ; je souhaite juste développer les idées qui me viennent en tête.”

Ces oeuvres les plus récentes démontrent à merveille cette distorsion de la réalité en fusionnant plusieurs images en une seule...

Cette photographie représente un lac se brisant en plusieurs morceaux. Cet effet a été obtenu en photographiant la mise en scène d’un petit cannot disposé sur 17 mètres carrés de débris de miroirs et en mêlant l’image obtenue à un cliché représentant un paysage lacustre suédois.

Le travail d’Erik Johansson est à découvrir sur son site internet, et il explique ses méthodes de création dans une série de vidéos à visionner ici.


Par exemple:










mercredi 21 décembre 2016

Arthur Szyk

Arthur Szyk (1894-1951) est un artiste qui fut internationalement reconnu de son vivant pour ses très riches illustrations.


Arthur Szyk est polonais, il est né en 1894 dans une famille juive à Łódź (ville faisant alors partie de la Pologne sous administration russe).


Il est extrêmement doué et son père décide de l’envoyer en 1909 étudier à Paris à l’Académie Julian. Il y découvre les différents courants artistiques modernes mais, traditionaliste dans l’âme, son œuvre ultérieure restera profondément marquée par l’art médiéval de l’enluminure.

Szyk retourne en Pologne en 1913 où il continue ses études. Son patriotisme et son engagement contre l’antisémitisme se renforcent. En 1916, après avoir déserté de l’armée russe, Szyk se marie. Sa femme et lui s’installent à Paris en 1921 avec leur fils né en 1917. Leur fille y naîtra en 1922.
La guerre venue, il milite pour l'indépendance de la Pologne, d'abord contre les occupants allemands lors de la Grande guerre puis contre les armées soviétiques en 1920.





Caricaturiste de talent, Szyk (prononcer «chic») se passionne pour des causes politiques. Depuis son enfance dans la ville polonaise de Lodz et jusqu’à sa mort à New Canaan, dans le Connecticut, il puise son inspiration dans l’histoire du peuple juif.
Il publie en 1926 une Tentation de Saint Antoine.En 1927 Albin Michel lui confie l'illustration de 'Le Puits de Jacob', roman de Pierre Benoit, qui décrit la vie dans les premières implantations juives en Palestine. Deux humoristes du temps, Curnonsky et Bienstock, le persuadent d'écrire et illustrer les histoires drôles qu'il aime à raconter. Les deux volumes paraissent sous le titre Le Juif qui rit. Très tôt, Szyk prend conscience du danger mortel que représente Hitler.

Arthur_Szyk_(1894-1951) Le Talisman,
The Lionheart Lies in his Pavilion (1927), Paris.


Arthur_Szyk_(1894-1951).
Arabian_Nights_Entertainments,
The_Husband_and_the_Parrot_(1948)



Durant la Seconde Guerre mondiale, Szyk consacre son énergie à la lutte contre l’Allemagne nazie et ses collaborateurs, ainsi qu’à mobiliser l’attention du monde sur le meurtre de masse des Juifs d’Europe. Pendant la guerre, ses caricatures et ses dessins humoristiques incisifs couvrent les pages des journaux et magazines américains, lui valant une réputation «d’armée à lui tout seul» pour la cause des Alliés. Ses émouvants portraits de la souffrance et de l’héroïsme juifs témoignent d’un militantisme politique exigeant « l’action, non la pitié ». En 1943, Arthur Szyk est probablement devenu le principal artiste d’Amérique réclamant le sauvetage des Juifs de l’Europe nazie. Ses oeuvres sont publiés dans des magazines et journaux de premier plan comme Collier’s, Esquire, Time, Look, Liberty, le New York Post, et le Chicago Sun.













lundi 21 novembre 2016

Inspiration Ed Hopper -1/3- ''Clark et Pougnaud ''

Il existe une harmonie de sentiments qui nous habite tous, et qu' Edward Hopper, a mis en esthétique... Les tableaux de ce peintre américain de New-York, né en 1882, et mort en 1967, est un artiste naturaliste. Il peint la vie quotidienne et les paysages américains...
Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.
Un de ces tableaux le plus connu est « Nighthawks » (1942) :


Chaque tableau semble nous interroger. Chacun peut avoir son interprétation, chacun y projette son imaginaire. Dans « Nighthawks » par exemple : que font ces personnages accoudés dans ce bar la nuit ?















Les toiles d’Edward Hopper ont été une source d’inspiration pour les cinéastes ( Hitchcock, Wenders …), et ont également intéressé certains photographes, comme nous allons le voir :

Commençons par: 

Le travail photographique de Clark & Pougnaud: «Hommage à Edward Hopper»














''Clark et Pougnaud '', est le nom d'artiste d'un couple d'artistes français, respectivement photographe et peintre.  le photographe Christophe Clark est né à Paris le 29 octobre 1963, et la peintre Virginie Pougnaud, est née le 18 novembre 1962 àAngoulême.

« Nos photos évoquent la solitude qui habite toute forme humaine dès qu’elle est confrontée à la vie.
Nous donnons à voir un instant figé de l’isolement.
Nous commençons toujours par le décor ; l’humain vient ensuite se poser sur telle chaise ou derrière telle fenêtre.
L’architecture ne définit pas la personne, pas plus que l’inverse, chacun est indépendant, mais ils cohabitent.
Nous promenons des personnages dans des univers reconstitués, c’est un genre de roman photo, duquel ne serait tirée qu’une seule image.
Des comédiens jouent un morceau de vie qui n’a pas été écrit, car l’histoire qu’ils racontent est connue de tous et chacun peut y mettre la sienne. 
»







dimanche 14 août 2016

La femme au Faucon

« La chasse au vol est pratiquée de manière indistincte par les hommes et par les femmes, ce qui en fait un exercice s’intégrant parfaitement à l’univers symbolique courtois, puisque, comme l’a fait remarquer Jean Wirth, la thématique de l’échange désintéressé, au centre de ce même système courtois, implique «la similitude des comportements masculin et féminin». Les rôles ne sont plus distribués en fonction des sexes, mais de l’opposition entre être aimant et être aimé. »

« (…) nous commencerons par élucider la signification de l’oiseau de proie dans les couples courtois, afin d’en déduire la spécificité d’un tel attribut porté par une femme. »

« Le faucon chasse pour le cœur, ainsi que l’affirme le bestiaire médiéval et que le rappelle Guillaume de Machaut. Il apparaît donc comme une parfaite métaphore de l’amant. La tapisserie arrageoise du Louvre, bien connue car rare exemple conservé de tapisserie du début des années 1400, montre un homme offrant son cœur à sa dame, qui tient un faucon sur le poing. »


Notons d’ailleurs la comparaison récurrente dans la littérature des yeux de la femme avec ceux du faucon, muant la dame en une sorte d’oiseau de proie, à l’affût de coeurs à pourchasser.

Sources : La femme au faucon, article de Térence Le Deschault de Monredon ( Document Librairie Droz)







Dans la forêt, deux jeunes gens vêtus à la mode du début du XIVème siècle chevauchent au pas; le faucon et les chiens indiquent qu'ils partent pour la chasse. D'un geste audacieux, l'amant passe un bras autour du cou de sa dame, lui caressant la poitrine. Objets de luxe, caractéristiques de la production des ivoiriers parisiens du XIIIème et du XIVème siècle, les valves de miroirs sont un reflet des moeurs courtoises de la haute société du temps. Composées de deux parties enchâssant un miroir d'étain ou de corne et placées dans des trousses en cuir, elles étaient accompagnées de différents objets de toilette: peigne, gravoir pour séparer les cheveux et parfois rasoir et ciseaux. Leur décor, le plus souvent profane, s'inspire des textes courtois contemporains: roman de la Table Ronde, de la Châtelaine de Vergy, de Tristan et Iseult.  


Valve de miroir en ivoire (ca.1350-1375), de fabrication parisienne,  avec des scènes courtoises. Elle fait 11,4 x 11,3 cm. Le médaillon est bordé de quatre lions. Il contient une rosace à huit ‘pétales’ entourée de mascarons. Il est divisé en quatre parties délimitées par un arbre. Chaque sujet met en scène le couple en suivant une rhétorique iconographique courtoise avec des gestes précis comme celui de tenir le visage de sa bien-aimée avec la main, et des symboles tels : le faucon ou l’offrande du cœur (en bas à droite). Cet ivoire fait originellement partie d’un ensemble composé de deux valves s’emboîtant l’une dans l’autre et contenant un miroir qu’on atteint en les dévissant. Une ou les deux faces externes peuvent être décorées le plus souvent de scènes courtoises ou chevaleresques