lundi 10 juin 2013

L'histoire de Tobit -2- L'origine et le sens du Mal


Le photographe  Philip Lorca diCorcia est né en 1951, Il est à la frontière entre réalité et fiction. Peut-être, comme beaucoup de monde, voit-on désormais du Edward Hopper partout, mais les photos de Philip Lorca diCorcia offrent ce même tournis de sembler montrer du fantastique dans une scène on-ne-peut-plus banale.
Comme le peintre, le photographe américain aime basculer d’une lumière vive, centrée, ciblée pour créer une mise en scène, à une lumière diffuse et évanescente pour nous plonger dans un onirisme pudique.
Et pour le photographe, comme pour le peintre, le spectateur reste sur ce questionnement : le merveilleux est-il dans le réel ou dans les yeux de l’artiste ?


Etre humain, ne consiste pas seulement à se prémunir du mal, à soulager les souffrances. Connaître le mal, ce n'est pas simplement chercher à l'éviter en le condamnant ou en le cachant. C'est accepter l'affrontement : ce qui revient – malgré le scandale que cela est – à comprendre que le mal a – aussi - le sens d'une épreuve... Comprendre sa propre détresse nous oblige à fréquenter l'inquiétant, et énigmatique mal.


« Qui veut seulement espérer est un lâche » écrivit Kierkegaard.




Sara au moment de se pendre, renonce et préfère vivre son malheur, victime du démon Asmodée... Victime incomprise puisqu'elle est aussi est coupable aux yeux de ses amies …

Tobit est assis au mauvais endroit, au mauvais moment … La fiente d'hirondelles le rend aveugle.
«  Dieu permit que cette épreuve lui arrivât.. » ( Tb 2,12).
Dieu n'intervient pas. Cela n'est-il pas la situation d'un monde « responsable », détaché des dieux païens …?
« il ne s'attrista pas contre Dieu de ce qu'Il l'avait affligé par cette cécité » ( Tb 2,13) Tobit a cette grandeur d'âme, cette intuition de ne pas rendre responsable ce dieu, qu'il ne comprend pas bien, mais à qui il n'enlève pas sa confiance… « nous attendons cette vie que Dieu doit donner à ceux qui ne changent jamais leur foi envers lui. » ( Tb 2,18)





Mais …. sa femme Anne, obligée de travailler pour la famille, revient un jour avec un chevreau …
Homme juste et intègre, accomplissant la loi et vrai militant au service de ses frères en exil, il finit par faire passer le devoir avant les simples joies familiales, s’enferme dans une cécité intérieure et devient réellement aveugle. Ce qui fait dire à sa femme « Où sont-elles maintenant tes bonnes œuvres ? Tout ce qui t’arrive est bien clair ! »


Marcos Carrasquer est tantôt peintre, tantôt dessinateur. Parfois à l’huile, parfois à l’encre. Il ne faut pas se fier au support pour comprendre le Parisien. C’est l’énergie qui définit le mieux son travail.
Chaque œuvre est plus qu’une histoire, c’est toute une vie. Amas de personnages, de machineries, de lieux et de temps. Le travail de Marcos Carrasquer rend la vérité de l’existence, son incohérence. La logique d’une vie est une illusion qu’on ne peut créer qu’à posteriori, c’est le rôle de la mémoire. Marcos Carrasquer crée comme un amnésique, jetant pèle-mêle des bribes mémorielles qui se livrent un combat pour le premier rôle, sous nos yeux.
Une œuvre tellement atemporelle que l’on pourrait y suivre toute l’histoire de la peinture.


A certains moments critiques de notre vie, c'est parfois le temps de faire une « relecture » de notre vie … 


Dans une Russie qui impose le fameux réalisme socialiste soviétique, l’art devient politique.
George Grie a 27 ans quand tombe le mur de Berlin, mais il ne perdra jamais son goût du non-conventionnel.
L’art de Grie est polymorphe, difficile à saisir. Normal, l’artiste y a mis tout ce qui pouvait aller contre l’ordre établi. Dali, Magritte, Beksinski, Uelsmann, Siudmak.
L’influence du peintre espagnol est particulièrement visible. Mais George Grie le mêle à du geek gothique, le tout saupoudré de kitsch.
Pour être franc, le bon goût n’est pas exactement un invariable de son travail, mais quand l’artiste trouve un juste équilibre entre ses influences, son goût pour une provocation désuète et son envie d’expérimenter les technologies, alors l’art est au rendez-vous.


« sans l'espérance 
tu ne rencontreras jamais l'inespéré, 
qui est lointain et inaccessible », Héraclite

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