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mercredi 21 octobre 2015

Laïcité : Cité de Dieu , cité terrestre.


Un livre de Pierre Manent ( Situation de la France) sert de point d'appui à un débat dans le journal ''la Croix''. Il attire l'attention sur notre actualité qui aurait tendance à présenter l'intérêt qu’aurait notre société à effacer la présence publique du religieux … Il rappelle que si la Laïcité promeut un état neutre, la société elle, ne l'est pas, et qu'il n'est pas ''juste'' de s’obstiner à refouler le religieux dans la sphère privée …
Je serais assez d'accord avec cette opinion... Et le débat ouvert entre Pierre Manent et Emilie Tardivel me permet de réfléchir sur les point suivants :

- Il est intéressant d'observer que le slogan qui nous a permis de répondre à l'attaque criminelle contre Charlie Hebdo, est « Je suis Charlie »... Nous n'avons pu dire « nous ... » ; nous avons répondu « je.. »... L'urgence et la spontanéité du mouvement ne nous permettait pas de dire ''nous'' ; et si nous avions voulu qu'il en soit ainsi.. ; nous en serions encore à discuter qui peut bien faire partie du ''nous …'' Donc, ne soyons pas déçus, si ce mouvement – qui a eu le grand mérite d'exister – n'a pu aller plus loin...

- La loi de 1905 ( qui n'emploie pas le mot de laïcité) n'avait pas pour objectif de neutraliser religieusement la société, mais de diminuer la puissance sociale de l’Église, de la « dés-intégrer » politiquement. Cette problématique passée, ne concerne pas l'Islam, qui lui – à l'inverse - est en demande d'intégration...

- L'Histoire nous montre une chrétienté qui reconnaissait la distinction des ''royaumes'' ( ciel et terre ). Le monde occidental n’a cessé sous des formes très différentes, jusqu’à la république laïque, de conjuguer les deux cités. L'humain, lui est de nature hybride : il marche sur la terre, mais il a la tête dans le ciel …
L'institution Eglise, a grand intérêt à garder son indépendance spirituelle … Malgré les pressions des gouvernants passés, l’Église catholique a su résister et n’a pas été disséminée en autant d’Églises nationales...



- Le communautarisme vient de la revendication de droits qui viennent rompre l’unité de la communauté politique... Là est son danger ; et non pas de la constitution spirituelle d’une communauté.. Le communautarisme, c'est refuser de s'atteler à une œuvre commune, sauf pour y défendre sa part..


« Il n’y a pas de problème de double appartenance. Il n’y a pas d’un côté une citoyenneté céleste, et de l’autre une citoyenneté terrestre. La citoyenneté céleste est une autre manière de vivre la citoyenneté terrestre, de la vivre en perfection, c’est-à dire en vue du bien commun. » Emilie Tardivel
« Après les attentats, j’ai entendu beaucoup de musulmans et musulmanes dire : « Je suis français avant d’être musulman » . Mais il faudrait sortir de cette idée qu’il faut choisir : vous êtes citoyens français parce que vous êtes musulmans… Je veux dire par là qu’il faut aller puiser dans son appartenance religieuse, la plus intime, des motifs pour participer activement à la vie politique. Chaque religion doit faire son apologie, chaque religion doit rendre raison de sa contribution positive à la communauté politique. » E T

Illustrations: œuvres de Blake Flynn

mercredi 22 avril 2015

La primauté de la loi sur la religion, en question...

Un article de ''La Croix'' (18/04)  pose la question de la primauté de la loi sur la religion. 
Une vraie question, parce que la réponse ne m'est pas si évidente. De prime abord, j'ai tendance à dire que la loi prime sur la religion... Point ! Laïcité oblige …

A l'occasion de l'actualité proche, une nouvelle « proclamation humaniste » publiée par un collectif réunissant des historiens et des juristes appelle les responsables religieux à signer un texte « énonçant clairement des valeurs humanistes et républicaines » .  Ils leur demandent de reconnaître la « primauté de la loi civile démocratique ».

Même dans un contexte démocratique, la loi est-elle nécessairement ''bonne''.. ? Une discussion sur ce sujet amènera à nous situer sur le plan des ''valeurs''... Des ''valeurs'' peuvent-elles nous conduire - légitimement - à être 'hors la loi'... ?
La religion n'est-elle pas un ''contre-pouvoir'' ; et en tant que tel n'abolit-elle pas son influence en reconnaissant la primauté de la loi... ? L'histoire nous montre que la loi civile peut déraper ...



La loi peut-elle être un référentiel ultime ; au point de condamner toute objection de conscience … ? La loi est-elle incontestable ?
« En cas de dérive du système, par exemple lors de l’arrivée au pouvoir d’un parti extrémiste, et de promulgation d’un certain nombre de lois heurtant les valeurs républicaines, par exemple sur la bioéthique ou l’accueil des migrants, les religions ne pourraient donc plus jouer le rôle de garde-fou…
Avec ce type de raisonnement, la République se priverait donc d’alliés en cas de dérive du pouvoir. » Sébastien Fath

Ceux qui gèrent la cité ne peuvent tout régenter... « L’objet de la religion est différent de l’objet du politique. La politique n’est pas tout, et à ce titre, elle n’a pas à englober tout le reste. » S F.

Le vrai débat ( et le travail à faire ) reste celui des ''valeurs''... D'autant que ce terme semble inconsistant pour beaucoup... ! 
Le niveau des 'valeurs' est celui de l'Universel...

Ensuite, il peut être dangereux d'enfermer le bon sens dans un formalisme qui voudrait voir disparaître toute tentative d'interpellation, ou de subversion...

lundi 3 novembre 2014

Laïcité et Religion en complémentarité

Il est intéressant et salutaire de se rapporter à l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) :
« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seul ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. ».

Il ne s'agit pas seulement d'affirmer, que: « toute personne a droit à la liberté de religion »...
En effet, cette protection s’applique à une multitude de convictions. Il ne s'agit pas de se limiter à la religion, mais à toute « pensée », à la « conscience » et même à la « conviction » …
Ce qui caractérise une « religion », c'est qu'il ne s'agit pas seulement de conviction, mais de « pratique »... Et il ne s'agit pas seulement de pratiquer librement en privé!
Donc, la pratique étant collective : la liberté de religion se rapproche de cet autre droit civique fondamental qu’est la liberté d’association.

En second lieu : la liberté de religion implique le droit d’exprimer ses convictions en public.
Cependant, comme toute liberté : celle-ci n'est pas illimitée... Des restrictions peuvent être imposées par la loi, dans un objectif précis et légitime.
- Il s'agit de sauvegarder la protection de la sécurité, de l’ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui.
- Les restrictions ne doivent pas être discriminatoires : elles ne sauraient cibler, directement ou indirectement, une religion particulière.
Exemple : L’interdiction des minarets en Suisse (en 2009) apparaît comme un cas flagrant de discrimination, la loi ciblant une seule religion, ne s’appliquant pas, par exemple, aux clochers des églises.


* La laïcité, c’est aussi une protection contre les religions lorsqu’elles veulent imposer par la contrainte leur normativité à leurs membres ou à toute la société.

* Les religions doivent s’engager sur le terrain de la diversité culturelle et religieuse, et elles doivent chercher à faire de la religion un atout plus qu’un obstacle à l’intégration.
Sur tous les sujets de société, elles sont invitées à faire entendre leur voix et oser la controverse.
Paul Ricœur appelait « Laïcité » : une attitude positive de confrontations qui puisse rendre justice à la diversité de la société civile.
Et, puisque qu'aujourd'hui : la religion reconnaît les valeurs de la Laïcité, la religion n'impose plus ses convictions à la société civile... Et, ainsi ...c'est parce que la société est plus radicalement sécularisée que les religions sont amenées à s’affirmer plus dans leur spécificité.

Pour les personnes attachées à une tradition religieuse, celle-ci ne constitue pas une dimension partielle de leur existence, mais un cadre enveloppant tous les aspects de leur vie (familiale, professionnelle, associative…).

dimanche 15 septembre 2013

Vincent Peillon: dangereux laïcard ?

Une vidéo Youtube, circule en ce moment dans certains milieux catho. Elle répond (sans doute?) à la Charte de la laïcité... avec une forme contestable, qui ne respecte pas la personne et ses idées... Pourquoi annoncer avant même de dire que Vincent Peillon déclare la guerre à la religion catholique qu'il est juif alsacien et franc-maçon... ? Horrible... ! Je ne peux m'inscrire dans ce genre de suspicion … !


Dessin montrant la France catholique “conduite” par les Juifs et les francs-maçons (Achille Lemot pour l'hebdomadaire catholique Le Pèlerin, n° du 31 août 1902). La politique des «laïcards» y est assimilée à une manœuvre politique judéo-maçonnique visant les catholiques.
Vincent Peillon parle beaucoup du XIXème siècle, et c'est dans ce contexte historique qu'il parle de religion laïque, et de la Franc-Maçonnerie... Manifestement, dans ces extraits Peillon s'inscrit dans ce courant très laïcard et anticlérical du XIXème... Il faut dire qu'à cette époque, l'Eglise durcit elle-même ses positions contre ce qu'elle nomme : le « modernisme ». Nous sommes dans l'opposition de deux excès, qui va produire cette fameuse « laïcité à la française »... L'Eglise y a sa part de responsabilité ( 1) !

La laïcité n'est pas anti-religieuse (il le répète ), mais reste sans-doute avec Peillon anti-cléricale … Aussi, c'est dommage que l'on n'entende pas la réponse de Peillon sur la critique de ce courant « laïcard », que le journaliste lui fait, justement en ce XXIème siècle … Dommage ! Mais la portée de ce genre de clip, est de ne reproduire que des extraits choisis ( les sources …?)

Je n'ai donc pas appris grand chose de cette vidéo. Ce courant très laïcard existe et il est respectable. Je m'attriste de la vision très négative que certains peuvent avoir de la religion catholique, et le XIXème siècle ( en particulier..!) a beaucoup à nous apprendre, pour ne pas refaire le même genre d'erreurs. C'est aux catholiques, aujourd'hui, à montrer et donc à vivre un message évangélique qui - manifestement - ne peut plus prêter le flanc à ces critiques usagées ( et qu'il nous faut assumer..)...


 « Erreurs et doctrines perverses » 
– Le Syllabus de Pie IX – 1864
(1)
« L'Eglise est passée à côté du monde moderne. D'une manière générale, elle est contre toute amélioration commune des sociétés par elle-même : l'Eglise s'opposa à l'éducation des filles sous la Restauration de Charles X, au suffrage universel sous Louis-Philippe, au droit de grève sous Napoléon III, ou encore à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, pendant la IIIème république, et ainsi de suite jusqu'au Pacs et aujourd'hui au mariage pour tous... La seule faille de cette implacable mécanique est la question du droit de vote des femmes. L'Eglise soutenait cette réforme tout simplement parce que les femmes étaient plus conservatrices et votaient plus à droite que leur mari... Hormis cette exception, toutes les lois qui sont à la base des progrès sociaux n'ont jamais été soutenues par l'Eglise... Au sein de cette dernière la petite flamme de Las Casas ne s'est néanmoins jamais éteinte ». Jean-Claude Carrière : le Monde des Religions N°59
En 1550, à la controverse de Valladolid, Gines de Sepulveda, homme d’Église qui venait de publier à Rome un ouvrage qui justifiait la propagation des guerres contre les Indiens, et le dominicain Bartolomé de Las Casas, engagé auprès des indiens. Pour Sepulveda, Dieu n'a pas voulu des indiens dans son royaume, car ils ont une âme inférieure. Le vrai sujet du débat porte sur le droit des espagnols à convertir les indiens par la force. L'esclavage n'était pas condamné par l'Eglise, et le Vatican – à l'époque de la controverse – possédait des esclaves noirs.

vendredi 13 septembre 2013

Qu'en est-il de cet éventuel « ordre naturel » ? -3-

L'ordre naturel serait ce que la Nature a mis en place à un instant donné. L'Homme, est – de plus - lui-même capable d'être la main artificielle de l'évolution de la nature (dont il fait partie). Ce qui est « contre-nature » n'est alors qu'un jugement humain ...
Exemple : aujourd'hui, nous avons fait le choix de distinguer l'acte sexuel de la reproduction. Ainsi, notre approche de la sexualité est bien plus complexe, qu'elle ne l'était autrefois. Et cela enrichit notre humanité.
La religion a eu cette géniale intuition de distinguer explicitement l'Homme de l'animal. Nos choix de société, également, font évoluer des institutions qui sont « hors nature » : comme le mariage, la famille, la parentalité. La majorité d'entre nous semble discerner - par exemple -, que cette nouvelle forme de parentalité - le couple homosexuel - ( très minoritaire ) ne va pas à l'encontre de « la Nature ».

Relisons l'histoire : Régulièrement une certaine opposition ouvertement catholique entre dans le débat politique : ainsi l'opposition catholique au Cartel (1922-1924). Parfois, ces catholiques s'opposent à ce que certaines questions – qui relèveraient d'un ordre naturel – puissent être traitées démocratiquement... Ainsi la loi de 1905, allait contre la conception du pouvoir, où Dieu est la source de toute légitimité. « Dans l'entre-deux-guerres, le projet d'une école républicaine unique avancée par le gouvernement Herriot était dénoncée car elle allait aussi contre un droit naturel : celui des familles à éduquer leurs enfants selon les conceptions propres qui leur appartiennent. À la même époque, des catholiques pouvaient militer pour le suffrage familial (par chef de famille — père — pondéré par le nombre d'enfants) contre le suffrage des femmes au nom d'une répartition naturelle des rôles et l'exclusivité « naturelle » des femmes sur les soins à apporter aux enfants et des hommes à faire de la politique. »   Anthony Favier est agrégé d'histoire religieuse et milite pour l'association d'homosexuels chrétiens David et Jonathan.

dimanche 28 juillet 2013

L'autorité du Magistère Croire et Savoir... -2-

Devant l'absurdité de certains raisonnements :
- Il faut prier pour demander la protection du dieu.
- le dieu peut tout, dieu sait tout …
- le dieu est en colère... il nous punit... et, son clergé est son porte-parole...


Devant de telles superstitions : les « esprits » s'émancipent... « Les Lumières » émergent lentement au XVIIème siècle, s’affirment au XVIIIème et deviennent la pensée dominante et même hégémonique au XIXème. L’idée est belle : il s’agit de lutter contre l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et la superstition des siècles passés par la diffusion des savoirs.
Jean Huber, Un dîner de philosophes, 1772 ou 1773

L'Encyclopédie, dirigée par Diderot et d'Alembert, est le meilleur symbole de cette volonté : rassembler toutes les connaissances disponibles et les répandre.
 « Les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre... » Emmanuel Kant.

Et, qu'en pense « le Magistère » (catholique) ? Va t-il -enfin- rejoindre l'Esprit des Evangiles ...?

Le 5 mars 1759, le pape Clément XII met l’Encyclopédie et De l’esprit des lois à l’index. Le 3 septembre il surenchérit en menaçant d’excommunication tous les catholiques qui en posséderaient des exemplaires et en leur ordonnant de les faire brûler par un prêtre.
Effectivement, c'est déjà le 24 mars 1564, suite au Concile de Trente, qu'est publié "l’index librorum prohibiturum" soit le " Catalogue des livres interdits " dont la possession ou la seule lecture entraînait l’excommunication. A titre d’information ont fait partie de cette liste : Bacon, Montaigne, Descartes, Hume, Heine, Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot, Zola, Flaubert, Anatole France, Sartre, Gide, Alexandre Dumas et Victor Hugo pour ses oeuvres, Notre dame de Paris et les Misérables. Le dernier index officiel à été publié en 1948.



Anonyme, Bulles du XVIIIe siècle, 1790


A suivre ...: Mais... alors?   Ce " Magistère." ?

vendredi 26 juillet 2013

L'autorité du Magistère: Croire et Savoir... -1-

Le Tremblement de Terre et Le tsunami de Lisbonne de 1755
Un événement allait avoir un retentissement important sur la popularité de la pensée des Lumières, et le recul de la confiance dans le Magistère, et donc ( à cette époque ) le recul de la Foi …
Le jour de la Toussaint, le 1er Novembre 1755, est un jour de prières. Un tremblement de terre, suivi d’un tsunami, détruit Lisbonne. Près de cent mille personnes périrent. Alors que les 250 000 habitants de Lisbonne sont pour la plupart en prière dans les églises !

Voltaire s'indigne :
« Mais comment concevoir un Dieu, la bonté même, Qui prodigua ses biens à ses enfants qu'il aime, Et qui versa sur eux les maux à pleines mains ? »
Pour Voltaire, ce séisme offre un démenti cinglant à tous ceux qui cherchent un sens à ces catastrophes. Ils moquent autant les religieux qui invoquent la soumission à la volonté divine, que les partisans du progrès...
Rousseau ne songe pas plus que son rival à attribuer aux catastrophes une origine divine mais y voit une occasion de condamner les excès de la civilisation.
D'autres plus pragmatiques, tentent de comprendre scientifiquement ces phénomènes naturels .

Pourtant, l'opinion majoritaire est d'explication religieuse : le châtiment !
Les Anglicans s’empressent d’assurer qu’un pays catholique avec une inquisition forte ne peut qu’indisposer Dieu. Certains catholiques affirment que c’est le châtiment que méritent les Portugais pour les souffrances infligées aux Indiens d’Amérique…
Ce sont «  Les Lumières », qui au « procès de l'histoire », vont  ' sortir gagnantes '.



A suivre ...

mercredi 24 juillet 2013

La religion est-elle néfaste ? -2-

La religion serait une « consolation », mais aussi une source d'intolérance... L’excès d'extériorisation du religieux, le repli sur sa communauté, seraient contraire au bien vivre commun. 
Aussi certains s'alarment de la banalisation d'un retour du religieux sous des formes extérieures : manger casher ou halal, cacher le corps ou les cheveux des femmes, cérémonies évangélistes, exhibitions rituelles : chemins de croix, évangélisation ...etc

« En 1905, la laïcité était simplement la séparation de l’État et des cultes. Aujourd’hui, elle est une frontière entre ce qui relève de l’intime, qui doit être protégé, et ce qui appartient à la sphère publique qui doit être préservée. »: le 5 avril 2013, François Hollande trace la « feuille de route » de l’Observatoire de la laïcité.

Peinture de Jon McNaughton, américain et conservateur de 44 ans...
Cet artiste a commis trois peintures illisibles en France:

La première peinture, The Forgotten Man (L'homme oublié) représente Barack Obama piétinant la Constitution devant la Maison Blanche:«Lincoln, Reagan, et les Pères fondateurs semblent implorer Obama d'arrêter, alors que les grands libéra

ux du gouvernement comme Franklin D. Roosevelt et Bill Clinton sont représentés en train d'applaudir.»
La seconde ( ci-dessus ), One Nation Under God (Une Nation devant Dieu) montre Jésus-Christ tenant la Constitution à Washington, entouré par de grandes figures historiques comme Benjamin Franklin et Thomas Jefferson.
La troisième est la plus controversée. One Nation Under Socialism (Une Nation sous régime socialiste) montre un Barack Obama«sinistre», en train de brûler la Constitution.


*****
Afin de sauvegarder la paix sociale, les convictions religieuses sont invitées à ne s'exprimer que dans le « privé », et même dans l’ultra-privé de « l’intime ». Si actuellement , cet espace s'exclut de l’ensemble des « espaces publics » : entreprises, associations, magasins, rues… et si les opinions ne peuvent pas s’exprimer à plusieurs et en public... Faudra-t-il en venir à fermer les salles de réunion, les lieux de culte, interdire les réunions dans les cafés, les meetings ! ? 
Laurie Lipton

Article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme: « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. »

« Permettre la liberté de conscience et d’expression seulement en privé revient à l’abolir. C’est en public qu’elle a besoin d’être protégée, car, dans « l’intimité », seul face à vous-même, qui peut vous empêcher d’exprimer vos croyances ? »

(Sources) Article la Croix : Christine Delphy est directrice de recherches en sociologie, CNRS. Raphaël Liogier est professeur à Sciences-Po Aix-en-Provence. Dernier ouvrage paru de Raphaël Liogier : Le Mythe de l’islamisation (Seuil, 2012) ; à paraître début septembre2013 : Le populisme qui vient, aux Éditions Textuel.

lundi 22 juillet 2013

La religion est-elle nocive ? -1-

Laurie Lipton
Les temps changent … La Vérité n'est plus à l'honneur ! « Qu'est-ce qui est vrai ? » n'est plus la bonne question. Celle que nos contemporains souhaitent se poser.
La bonne question serait plutôt : «  Comment bien vivre ? »

Il ne serait pas « bon », de parler de Vérité, et donc de Foi... L'idée de Vérité serait terroriste : son règne - chez nous même - a suscité fanatismes et violences. Fatalement, le christianisme - religion de la Liberté - a engendré son contraire... et l'athéisme. Il n'y pas d'athéisme en Inde, en Chine … Il y a quelques « sages », et pour le reste, 95% de la population est attachée à des formes religieuses.
Le recul du monothéisme, semble compensé par les développement des sagesses et des religions multiples …
Laurie Lipton

Nous vivons entre deux mondes... Les valeurs persistent mais n'ont plus de légitimité.
Laurie Lipton
La morale est en train de se substituer à la religion et, d'une manière générale, la sagesse à la foi comme idéal de vie. L'idée de progrès n'est plus évidente, et le temps redevient circulaire … La démocratie, pourrait d'ailleurs commencer à s'effacer devant le pouvoir de la technologie...
« Dieu est mort, Marx est mort et moi-même je ne me sens pas très bien. »

Chantal Delsol, dont le propos ont inspiré ces lignes, nous explique dans son livre, le passage de l'âge de la déconstruction ( XIXe et XXe s.) à l'âge du renoncement ( XXe s. et XXIe s.).
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Laurie Lipton est d’origine new-yorkaise,  elle est diplômée en dessin de l'Université de Carnegie-Mellon en Pennsylvanie, elle a vécu en Hollande, en France, en Belgique et en Allemagne et habite Londres depuis 1986.

Laurie Lipton est une véritable virtuose du crayon noir et du fusain, son univers surréaliste hanté de squelettes, nous invite aux confins d'un monde où horreur, humour et folie se battent en duel à coups de milliers de lignes et de hachures.

Laurie tire son inspiration des peintures religieuses de l'école flamande, ainsi que des angoisses existentielles et autres psychoses de l'espèce humaine.