dimanche 20 décembre 2015

La vie de Jésus - Illustrée par J. Tissot -1/2-

Je voulais illustrer des ''citations'' de personnages célèbres autour de la Bible ou des Évangiles. Et, ce sont des dizaines d'aquarelles réalisées par James Tissot (1836-1902) qui ont retenu mon attention . Aussi , je commence directement par évoquer ce peintre :

Il y a dans ces dessins une volonté de témoigner de l'histoire d'une culture dans laquelle la vie de Jésus, le galiléen, s'est déroulée. L'environnement dans laquelle s'inscrit chaque scène évangélique est détaillé avec précision. A l'opposé de toutes les illustrations religieuses qui ont précédé le travail de J. Tissot, c'est une présence historique du Christ qui est ici affirmée, et elles semblent bien plus appropriée – aujourd'hui - pour notre contemplation...



Tissot apporte à son travail un éclat artistique et technique d’une richesse presque cinématographique dans les détails, (il avait un appareil de photo lors de ses voyages), un sens de la vision dramatique et psychologique et un degré d’exactitude archéologique. Ses voyages en Palestine lui font représenter les scènes évangéliques avec les décors et les costumes qu’il y a connus, avec un grand réalisme.
S'il nous semble entrer dans une vision réaliste de la vie du Christ, on ressent un sentiment d'immatérialité qui - d'ailleurs - a décontenancé beaucoup de ses contemporains de cette fin du 19e siècle... Cependant, ses éditions ont fortement influencé l’art religieux dans la première moitié du 20ème siècle.



James Tissot, après des années d’artiste mondain, se consacre à la peinture religieuse à la fin de sa carrière, suite à la mort de la femme qu'il aime, Kathleen Newron, en 1882, et à la suite d’une crise mystique. Il entreprend la réalisation d’une série d’illustrations pour la Bible après un voyage en Terre sainte entrepris en 1886 : La vie de Notre Seigneur Jésus-Christ (1886-1894, ensemble de 365 aquarelles, Brooklyn Museum) puis L’Ancien Testament (1896-1902, Jewish Museum, New York) projet resté inachevé à sa mort en 1902.

Ses voyages en Palestine lui font représenter les scènes évangéliques avec les décors et les costumes qu’il y a connus, avec un grand réalisme. Ses éditions ont fortement influencé l’art religieux dans la première moitié du 20ème siècle.

jeudi 17 décembre 2015

Lecture de Monsieur Ouine de Bernanos -2/ -

Lors de cette première tentative de lecture de M. Ouine, il m'a semblé, ne pas retrouver le climat des romans Bernanos dans lequel je pensais me replonger (nostalgie !?) ... Je ne veux pas abandonner : je vais accompagner ma lecture d'une étude sur Bernanos pour essayer de le comprendre mieux …
Et, je recommence.

Je lis dans sa correspondance, ce qu'écrivait G Bernanos, pendant l'écriture de son livre :
« … j'écris dans un noir opaque ; moins que jamais je suis capable de juger ce que je fais, avec tant de peine.' février 1931
« … quand j'ai raturé, déchiré, recopié, puis gratté chaque phrase au papier de verre, je compte que ma moyenne est d'une page et demie par jour. Je vous assure que je ne peux pas faire mieux... » mars 1933
«  j'ai grand mal à ne rien retrancher, dont ma conscience ..(..) ou je ne sais quoi qui me ronge jour et nuit – m'invite à retrancher le tiers, ou la moitié, ou le tout. » mai 1933
« Mon livre me dégoûte. » février 1934
« Mon fameux roman est un lugubre urinoir... » mars 1934
Nostalghia  - Andrei Tarkovsky 
Le manuscrit lui revient du Comité de lecture de l'éditeur, annoté, raturé … «  n'oubliez pas qu'on tue un artiste en tuant la confiance – toujours ombrageuse hélas ! - qu'il a en lui et en son oeuvre. A quoi bon ? » juillet 1934
« Je veux absolument me réserver d'achever M. Ouine, avec les modifications que je crois nécessaires pour éviter autant que possible le reproche d'obscurité, formulé par un certain nombre de pauvres types. Monsieur Ouine est ce que j'ai fait de mieux, de plus complet. Je veux bien être condamné aux travaux forcés, mais qu'on me laisse libre de rêver ce bouquin en paix. » Novembre 1934
Nostalghia -  Andrei Tarkovsky 
« Ce Monsieur Ouine que je ne me décide pas à faire paraître, tant il a aussi ce caractère de gratuité qui me vaudra toujours, avec l'amical et trop indulgent suffrage des compagnons, connus ou ignorés, de ma vie, la méfiance ou la réprobation des véritables écrivains professionnels. » Sept 1935
«  je pense qu'après l'achèvement et la publication de Monsieur Ouine... - ni fleurs, ni couronnes, - et surtout pas de discours. » Janvier 1936
' j'écris en ce moment avec mes nerfs. C'est ce qui donne à ce que je fais ( M. Ouine et Nouvelle Histoire de Mouchette ) sa violence et son accent. Juin 1936
En voie de terminer M. Ouine : 1939 … 1940
« Si vous avez jeté les yeux sur '' Monsieur Ouine'', je suis sûr que vous croyez comme moi que la publication ici n'est pas opportune du tout. » Janv 1941


Monsieur Ouine est le dernier roman de Bernanos. Il a mis neuf ans à l’écrire et le livre fut publié à deux reprises dans des versions différentes, en 46 et 55 ; la dernière, posthume, complétée par des feuillets que l’auteur avait tardivement remis à un ami.   

A suivre ... Je vous assure... J'ai repris cette lecture, et c'est ... fascinant ...!

lundi 14 décembre 2015

Lecture de Monsieur Ouine de Bernanos -1/ -

J'aime lire les romans de Bernanos; depuis tout jeune. ''Le Journal d'un curé de campagne'' a fait partie des premiers 'Poche' que j'ai lus, avec ''Les Pensées de Pascal''; j'ajoute ce détail, pour reconnaître qu'aujourd'hui il ne doit pas être évident de trouver un jeune lecteur de ces titres… !
Les sentiments des personnages, les situations, et même les lieux et les circonstances des récits de Bernanos me touchent ; au-delà de tout snobisme intellectuel ou littéraire, je vous prie de me l'accorder.
- Mais, je n'avais pas encore lu ''Monsieur Ouine'' ; je me gardais cette possibilité un peu avec gourmandise.
Ausii, un peu agacé contre moi de passer autant de temps devant mon écran ; j'ai pris la décision de réagir, avec brio : il est temps de lire '' Monsieur Ouine'' !

Jean-Dominique Vancaulert
1947
Je découvre un enfant gâté, Steeny; le comportement étrange d'une gouvernante ( Miss)  et la nonchalante mère de l'enfant... Mère qui me raccroche - un peu - à l'univers clérical de Bernanos avec ce prêtre à qui elle dit « la douceur a raison de tout », et qui lui répond que ce sont là les mots d'une sainte …. Sauf que tout semble déjà faux ! ( je ne parle que des sentiments exprimés par la mère de Steeny).
Il y a ce lien non avoué entre Miss ( la gouvernante) et Michelle ( la mère) :
- « Miss est rose de surprise, d’émotion, d’une sorte de saisissement délicieux. Elle enveloppe sa maîtresse d’un regard doré. »
Jean Dupas né à Bordeaux le 21 février 1882 
et mort à Paris le 6 septembre 1964, 
est un peintre, affichiste 
et décorateur français, 
représentatif de l'Art déco
Ce jeu entre la mère de Steeny et Miss envers le jeune garçon sur sa virilité ( non souhaitée) : Elle le serre contre elle : «  Il connaît depuis longtemps cette violence calculée, sournoise, ces caresses féroces qui le bouleversent de curiosité, de terreur, d’une sorte d’écœurement inexprimable. Non, non, que ce secret-là reste entre eux ! ». Michelle sourit, prie Miss de laisser Steeny et, « elles lui tournent le dos ensemble, s’éloignent, serrées l’une contre l’autre... »

Ensuite, nous reculons jusque dans la jeunesse de la mère, avec ses propres parents...
Et, au fil des lignes, je ne comprends plus de quel père on parle, du grand-père ? Du père de Steemy … ? D'ailleurs « Steeny n'est qu'un faux nom, un sobriquet emprunté par Michelle à son roman anglais favori. Steemy se nomme Philippe, comme son père – le disparu, l'englouti. ».
Très vite, la narration emprunte celle d'un rêve... La recherche du mort. Celle d'un tyran … ?

Ensor - L'intrigue

Pis, c'est l'entrée en scène de la châtelaine de Wambescourt, Mme de Néréis : un masque sur une marionnette... ! « Je trouve que vous ressemblez à un personnage de roman. » dit Steeny.
James Ensor (1860-1949)
Une histoire de cheval emballé, et c'est Steemy qui est 'enlevé' ( kidnappé). Je lis : Ginette, la vieille marquise Destrées, Mme Dorsel ? Je m'y perd !
C'est l'histoire d'une Ginette de Passamont, avec le bonhomme Anthelmes « « Anthelmes me dégoûte » fut le cri de toutes les femmes », avant d'arriver enfin à ce M. Ouine, dévoré de tuberculose « qui correspond avec le ministre de l'Instruction Publique... »
Pas de lien entre les personnages, les situations ... Je m'y perd... Je recommence tout !

Ces tableaux rapidement brossés, inachevés – Tout cela est-il finalement réel ?- Ils me font penser à des toiles d'Ensor..  

Vous n'avez rien compris ...? Moi, pas trop non plus ... Bon, la prochaine fois; je reprends tout ...!

vendredi 11 décembre 2015

L'extrême droite aujourd'hui, pour quel totalitarisme demain ...?

Ne serait-il pas temps de comprendre ce que veut, l'extrême droite ? Quel autoritarisme, quel totalitarisme pour notre temps … ?

« Depuis le XIXe siècle, cette famille politique répond aux bouleversements géopolitiques en proposant de retrouver une société close et organique, c’est-à-dire qui fonctionnerait de manière harmonieuse, à la manière d’un être vivant. Ce qui suppose toujours le rejet d’un autre que soi. » Nicolas Lebourg : Les Droites extrêmes en Europe
La ''crise économique'' est une fausse excuse, que les espagnols ne reprennent pas puisque l'extrême droite n'y fait pas 1%...
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Les questions aujourd'hui sont plus vastes : le nouvel ordre mondial géopolitique, le chamboulement des repères culturels, et pour chacun dans le quotidien la peur du '' ça risque d'être moins bien demain …''
Pour répondre à cela :
  • La droite et la gauche ne proposent, depuis longtemps, qu’une lecture «économiste» de la mondialisation.
  • Disons, que ''la gauche'' s'enlise dans son programme ( de droite ou de gauche... ? Bref : libéral!). La droite est renvoyée constamment à son '' style ''… Seule, l'extrême droite aurait une '' vision du monde '' … ?
La ''vision du monde '' de l'extrême droite est homogène : à chaque question concernant «  des problèmes actuels - désindustrialisation, chômage de masse, pauvreté des rapports sociaux… c'est par la présence de populations arabo-musulmanes non assimilées », que l'on y répond … (Nicolas Lebourg)

Si l'extrême droite présente une certaine ''vision du monde'', elle n'offre plus aujourd'hui – comme dans les fascismes idéologiques passés – un projet d'avènement d'un ''homme nouveau''. Aussi, le mot ''fascisme'' ne semble plus être approprié...


Aujourd'hui les extrêmes droites européennes soutiennent une politique libérale, à condition que soient menées des politiques de lutte contre l’immigration et de fierté nationale. 
Le Front National, « abhorre la postmodernité et valorise une France mythifiée des Trente Glorieuses. ». Le FN serait assez 'gaulliste'... ! 
Un état fort, mais une société (selon Jacques Attali) dans laquelle «nous serons tous intermittents du spectacle»

mardi 8 décembre 2015

L'échelle de Jacob -2/2-

Gerbrandt Eeckhout 1621 1674.  -   Le songe de Jacob, 1672
Si, en règle générale l'échelle de Jacob, illustre un développement et une montée par degrés... Ce jour là, cette lecture, et cette relecture m'ont conduit, à une autre interprétation :

Les anges de cette échelle, représentait tous les ''messagers''du divin, qui se sont succédés dans ma vie : personnes, livres, événements … Dieu était présent, même quand je n'y pensais pas, même quand je me fourvoyais …

*« Vraiment, c'est le Seigneur qui est ici et je ne le savais pas.. » Gen 28, 16
Je préfère dire que ''Dieu était là'', plutôt que ''Dieu était intervenu''... En effet, j'aime penser que la personne, par exemple, qui était porteuse de la réalité divine dans ma vie, a agi librement, de son plein gré, et non 'télécommandée' par Dieu …
Cette présence de Dieu se manifeste au plus intime de moi-même. Elle n'était pas moins présente quand j'ai rencontré le bouddhisme, quand j'ai pratiqué la Méditation transcendantale, puis quand j'ai frappé à la porte d'un temple maçonnique; expériences qui m'enrichissent encore comme chrétien …

* « Jacob prit la pierre dont il avait fait son chevet, l'érigea en stèle et versa de l'huile au sommet » Gen 28, 18
Cependant, je qualifierai assez rapidement un événement familial comme événement fondateur dans ma vie. Je l'imagerai bien par cette stèle qu'érige Jacob avec la pierre sur laquelle il a fait ce songe … Cette pierre représenterait mon retour par l'intermédiaire de ''mon Eglise'' au Christ comme pierre d'angle... Et, parmi les barreaux de l'échelle, se trouvent le SIF ( Service Incroyance Foi), des retraites ignatiennes et CVX ( Communauté Vie Chrétienne).


Enfin, aujourd'hui j'affine chaque jour l'image de mon Dieu. « Le Seigneur deviendra mon Dieu » Gen 28, 21 . Si la pensée que j'ai de Dieu, ne sera sans doute jamais définitive ; j'ai trouvé dans la Parole des Evangiles, une source d'eau vive incomparable …
Cette peinture de Pietro Rizieri Calcinardi (1834), est dans l’église paroissiale de Decenzano, qui avait été celle d’Angèle Merici dans sa jeunesse

samedi 5 décembre 2015

Prier pour le succès de la COP21 ?

Vincent_van_Gogh
L'urgence écologique, et pas seulement climatique, mérite que les Etats réunis de notre planète réfléchissent de concert pou organiser le monde futur.... 
Comme militant écologiste, je salue l'organisation d'un telle entreprise. Comme chrétien, et frêle humain sur cette planète ; je remets mes espoirs dans nos gouvernants, et je prie...
Pourquoi prier ?
- S’agirait-il d'une prière païenne et superstitieuse pour demander la pluie... ?
- La terre serait-elle une divinité ?
- Face à une crise mondiale, ma prière unie à toutes les autres religions, serait-elle un culte d'une nouvelle religion mondiale ?


Je prie en particulier pour que l'humanité agisse. ''D.ieu'' est reconnu dans son action créatrice. Il est à l''origine de la vie et de la création. Je Le reconnais dans cette Vie même. En protégeant la Vie, j'honore ''D.ieu''... Ce qui signifie … ? : - que seul je ne peux rien, c'est empli par l'Esprit divin, que je peux agir. C'est empli par l'Esprit divin, que nous pouvons – en priant ( comme si ''D.ieu'' était seul tout puissant...) et en agissant ( comme si ''D.ieu'' était impuissant, sans nous …).

Cette prière n'est pas de l'ordre de la superstition... Je ne prie pas pour la pluie, avec succès à la clef ! Je conseille de garder son assurance civile, et je compte sur la science ( et pas seulement ..elle) pour relever les défis écologiques...

Un chrétien écologiste ne se détourne pas de ''D.ieu'', pour adorer la déesse Terre et Mère. Sainte Hildegarde de Bingen, pensait la vitalité et la fécondité de la nature comme une force globale issue de la création divine. Saint François d’Assise, louait son Seigneur par et pour toutes ses créatures.
Saint Bonaventure, ce disciple du « poverello », et compilateur de la théologie franciscaine, voyait la création comme le projet divin ultime, l’écrin où Dieu, débordant d’amour, avait voulu aller à la rencontre d’autrui, l’homme... Un chrétien ne peut que reconnaître l’immensité et la beauté du don que ''D. ieu'' nous a fait lors de la création du monde et d'entendre son appel à en prendre soin.

Ne serait-il pas dans le '' Projet de D.ieu'', que loin de renier nos 'images' respectives, loin, pour les chrétiens, de renier le Christ, les militants climatiques réunis ensemble (en interreligieux) puissent joindre leurs traditions spirituelles et religieuses pour rappeler et se rappeler que leur foi, leurs sources et traditions les poussent à prendre soin de l’environnement... ?

Comme chrétien, je ne désire pas renoncer à l'essence de ma tradition religieuse, et je ne souhaite pas que les autres abandonnent la leur.


Hoitsu.Cat_.16a-Maples-and-Cherry-Trees 
J'ai écrit ''D.ieu'', avec la précaution du judaisme, et de celui qui ne sait pas bien ce que chacun peut comprendre sous ce nom... Evitons d'y mettre sa propre image... La seule, qui me convienne est celle de Jésus-Christ... Pour ma part ...

mercredi 2 décembre 2015

Après les attentats …

C'est le moment de la réflexion :
Tomasz Alen Kopera


Par leur violence, certains événements publics ou privés appellent à la consolation... Cette consolation s'oppose à la vengeance... 

« Elle déplaît souvent parce qu’elle est économe. C’est-à-dire que toute consolation véritable redonne de la valeur, de la dignité à ce qui pourrait nous apparaître, dans l’épreuve et l’abomination, des riens sans force, sans consistance. Tout ce qui fait le sel d’une vie. La consolation tient à ce peu dans lequel l’épreuve nous abandonne, parce qu’elle sait que ce peu fait patiemment la valeur d’une existence quand cette existence se trouve dévastée précisément par l’horrible prodigalité du mal, de la violence. » FRÉDÉRIC BOYER

Mabel Royds Alington, (1874 - 1941)

Le tragique de la vie : Nous prenons conscience de notre faiblesse :
«  jusqu’où porter le travail de la consolation ? Jusqu’à ce moment où nous acceptons de ne pas diaboliser notre ennemi, parce que notre ennemi est sans doute aussi l’objet de notre consolation.
« Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous pourchassent » (Mt 5, 44) FRÉDÉRIC BOYER

« Nous ne pouvons effacer de nos cœurs la sauvage douleur d’être des hommes. Nous ne sommes pas nous-mêmes sans obscurs agissements. Mais cette fragile conscience-là est notre grandeur. » FRÉDÉRIC BOYER

«  qui leur aura mis dans le crâne ce destin de mort et qui aura fait d’eux ces perdants terrestres qui s’imaginent en vainqueurs célestes en échafaudant une revanche fantasmée contre ce qu’ils appellent « les valeurs occidentales » , frappant le peu que nous sommes, notre jeunesse, notre faiblesse, attaquant notre fragilité pour mieux dénoncer notre force? » FRÉDÉRIC BOYER


Que nous a t-il manqué ?
« Ce n’est pas l’autorité de la force, je ne le crois pas, mais celle qui garantit l’appartenance à un même monde
« Une religion, expliquait Simone Weil, utilisée pour « représenter la divinité comme commandant partout où elle en a le pouvoir est fausse. Même si elle est monothéiste, elle est idolâtre. » La pire idolâtrie justifie notre violence comme manifestation ou volonté divine. Je me souviens que mon ami le bibliste Paul Beauchamp écrivait que pour « en finir avec le mal » , il fallait donner du temps à la compréhension. Un temps pour comprendre le pire parce que le Diable revient toujours au moment précis où l’intelligence cesse devant la force. » F.B.

Frédéric Boyer est écrivain, traducteur et éditeur. Auteur d'une trentaine de livres depuis 1991. Remarqué pour sa nouvelle traduction des Confessions de saint Augustin (Les Aveux, P.O.L 2008). Il a dirigé le chantier de la Nouvelle Traduction de la Bible, avec de nombreux écrivains contemporains... parue en 2001 (éditions Bayard). Depuis des années son œuvre associe l'écriture personnelle et la relecture et traduction de grands textes anciens....