mardi 10 mai 2016

Une lecture Zen des Evangiles.-6/.-

La religion, un art de voir.
Oui, mais il ne s'agit pas d'image de certitude... Ce serait comme la nature du Tao, « vague et imprécise » Lao Tseu. Certains n'aiment pas … !
En effet :
- Ce que nous sentons, voyons, entendons... Tout cela n'est pas la propriété intrinsèque de la chose en elle-même... On peut se demander ce qu'est '' la réalité '' des choses … ?
- « Un homme n'est pas tant blessé par ce qui lui arrive que par l'idée qu'il s'en fait. » Montaigne
La réalité n'est ni bonne, ni mauvaise : c'est une affaire de perception...

Jésus, utilise une terminologie différente... Il appelle à « naître à nouveau »... Et, ce n'est pas une question de croyance, mais d'éveil...
Jésus compare l'expérience de l'éveil au vent qui « souffle où il veut, tu entends sa voix mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va.»...
Nicodème voyait un Royaume annoncé par des signes : « Personne ne peut accomplir les signes que tu accomplis. », un événement historique extérieur... Or, Jésus dit que le Royaume est déjà parmi nous ( Lc 17, 20).
Il s'agit donc de Le voir !

Le Royaume est la réalité présente.

Jésus emploie les mots de '' Fils de l'homme'' … « Élever le Fils de l'homme » ne signifie pas : ''adorer Jésus crucifié...''.. Le ''Fils de l'homme'' est sa manière de rejoindre toute l'humanité. Ce titre pourrait s'appliquer à tout homme...

Accepter que nous ne sommes pas ''tout-puissant''. La condition humaine peut paraître ''tragique'', elle peut basculer si nous en prenons conscience..
'' Etre conscient, transforme ! ''


Il me semble être ballotté par ''le destin''.. ? Mais, ce que je nomme ''le destin'' s'apparente à ce rocher que roule Sisyphe et dont parle Camus... 
Nous pouvons comprendre que ce destin ''c'est nous''. Il n'y a aucun ''moi'' qui puisse être distingué de cette mystérieuse force appelé destin.. 
Camus nous dit que Sisyphe réalise que « son destin lui appartient. Son rocher est à lui. »... 
Accepter le manque... 
Camus a fait l’expérience de la clarté de la sagesse de 'absurde' : voir le monde tel qu'il est.





mercredi 4 mai 2016

Le « principe organisateur », Dennis Gira

Ce principe est fondamental, pour qui se sent attiré par d'autres traditions... 
    - Attiré par d'autres traditions ...? Attention, Danger ! Paraîtrait-il...?
    - Agiter la promesse de l'égarement du « syncrétisme », pour dissuader le « chercheur de Vérité », n'est pas approprié, pour le moins !
    Le principe organisateur, lui, permet d'aider à progresser sur son itinéraire spirituel ; et bien sûr, il s'applique au dialogue interreligieux, mais aussi au dialogue philosophique , ou politique …

    Pour comprendre sa définition ; Dennis Gira se propose de commencer à répondre à ce type de question : « peut-on être bouddhiste et chrétien, à la fois ? »

    Question complexe !... Car enfin, « qui est ce « on » ? » ne faut-il pas connaître la personne concernée par cette question, sa trajectoire spirituelle, culturelle et intellectuelle ? S'agit-il derrière la question, d’adhérer à un groupe donné, ou d'un engagement total au sein d'une tradition religieuse qui donne sens à sa vie ? …. 
    Quelques exemples :
    * Un ami vietnamien, converti au christianisme, peut se considérer bouddhiste et chrétien.. Il se dit chrétien, quand il approfondit sa connaissance de la foi chrétienne et participe à la vie de l’Église ; et il se dit bouddhiste quand il affirme ses racines culturelles et ses liens familiaux … Cet ami n'est pas impliqué également sur des trajectoires parallèles …

    ** Cet ami français, a été baptisé bébé, et n'a jamais été « catéchisé » … Il a cherché ailleurs la source qui étancherait sa soif de vérité ; cette recherche l'a conduit au bouddhisme... Son principe organisateur est fortement bouddhiste... Quand il s'affirme également catholique; il parle du baptême, du mariage et de son milieu familial …
Le principe organisateur de chacun part dans sa trajectoire spirituelle de son expérience la plus intime...

Pour un chrétien, la Foi en la personne de Jésus-Christ constitue le pivot de son expérience...

En s'adressant à un bouddhiste, il sera difficile d'interpréter les différents aspects du bouddhisme à la lumière de ce principe... Et, inversement …

Par contre, c'est différent, s'il s'agit d'un chrétien à qui l'on s'adresse et que l'on tente d'interpréter ces mêmes aspects du bouddhisme à la lumière de ce même principe …

Ce qu'il faut retenir : c'est qu'il est difficile d'imaginer un dialogue interreligieux entre deux personnes dont l'une a un seul principe organisateur et l'autre pense en avoir deux, dont celui de son interlocuteur – ce qui semble le cas de quelqu’un qui pourrait penser être à la fois bouddhiste et chrétien .
Il peut encore se présenter les cas d'une personne, qui suite à la rencontre d'une autre voie spirituelle, souhaite en intégrer une pratique à leur cheminement intérieur. 
Par exemple, pour un chrétien, pratiquer le zazen... Finalement, le zazen est authentiquement bouddhique uniquement pour un bouddhiste, c'est à dire pour quelqu’un dont le principe organisateur est indissociable de la cohérence interne du bouddhisme zen. Le chrétien le situe dans une nouvelle cohérence, et il est inapproprié de penser qu'il est bouddhiste et chrétien à la fois .

Et, il ne s'agit pas là de « syncrétisme » … !

Le principe organisateur, est un antidote naturel à toute forme de syncrétisme, et à toute peur de l'autre... Son propre, est d'organiser ou plutôt de réorganiser la pensée quand elle s'interroge ou s'enrichit des idées des autres … Ce principe aide également chaque fois qu'une personne veut dire aux autres sa foi la plus profonde car elle sait, ou devrait savoir, que ce qu'elle va dire alors doit être compréhensible pour ses interlocuteurs... Il lui faut donc prendre en considération leur sensibilité, leur vocabulaire, la cohérence de leur tradition ..etc Finalement elle pensera sa foi autrement et laissera de côté, ou mettra entre parenthèses, certaines formules chères aux chrétiens si elle les juge inaudibles...



Bien sûr, c'est une gageure de résumer ce que Dennis Gira tente de nous faire comprendre avec beaucoup de pédagogie et d'exemples concrets, ce point fondamental du « principe organisateur » ... Il serait plus raisonnable de lire le texte complet …

Je comprends également, que l'évangélisation, ne peut se faire in-extenso ; elle répond aux mêmes règles que le dialogue interreligieux, et doit répondre à la cohérence de chacun …Ce principe touche au parcours de chacun, à l'identité, à l'appartenance...

dimanche 1 mai 2016

Centre Ste-Croix – Jacqueline Kelen – Soif de Beauté... -4/4-

- La Belle et la Bête -
Avant d'être, le film de 1946 par Jean Cocteau avec Jean Marais, ou un film d'animation des studios Disney sorti en 1991, ou pour les adeptes de fantastique,un film de 2009 avec Estella Warren, ou encore le film de 2014 avec Léa Seydoux et Vincent Cassel... 

La Belle et la Bête, est un conte français... Non pas de Perrault, non pas de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, comme la plupart des adaptations pour enfants ; mais de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, née vers 1695, publié en 1740.
Parmi les différences avec les adaptations ; il y a le songe que fait La Belle, chez la Bête: chaque soir en s'endormant, la Belle rêve d'un beau jeune homme et en tombe amoureuse (et inversement). De ce fait, elle repousse sans cesse la Bête (qui est véritablement affreuse avec des écailles partout) sans se douter que cette vision est en réalité un moyen de lui faire découvrir la véritable identité de la Bête...
Enfin le dénouement : on ne s'arrête pas au mariage de la Belle et du Prince comme c'est le cas avec Mme Leprince de Beaumont ; Mme de Villeneuve nous offre les festivités du mariage et bien plus encore. On découvre les origines du prince, ce qui fait qu'il est devenu la Bête mais on découvre aussi que la Belle n'est pas celle qu'elle prétend être … ( à lire.)

- Un point historique : Mme de Villeneuve prolonge la vogue du conte de salon : dès le début du XVIIIe. siècle, la tyrannie des contes de fées avait disparu, et le temps est loin, en 1740, où Mme de Sévigné écrivait à Mme de Grignan (6 août 1677) pour lui annoncer que les « dames de Versailles » prenaient plaisir à entendre des contes...
Quant à la version de Mme Leprince de Beaumont, elle nous semble bien ridicule et bien naïve. En son temps déjà, certains la jugeaient insipide : « Mme Le Prince de Beaumont est une bonne maîtresse d'école. Son Magasin des Enfants contient une bonne morale, bien plate, sans élévation et sans âme, excellente à élever des perroquets, très-peu propre à former des enfants et à en faire des hommes »

Plusieurs lectures de ce conte peuvent être envisagées : On pense souvent comme Bruno Bettelheim, que « Alors que « Barbe-Bleue » correspond aux pires craintes de l’enfant en ce qui concerne la sexualité, « La Belle et la Bête » lui donne la force de comprendre que ses peurs sont l’œuvre de ses fantasmes d’angoisse sexuelle ; et que, bien que le sexe puisse d’abord apparaître sous un aspect animal, l’amour entre l’homme et la femme est en réalité le plus satisfaisant de tous les sentiments et qui puisse assurer un bonheur permanent. (…) « La Belle et la Bête », mieux que tout autre conte de fées bien connu, exprime avec évidence que l’attachement œdipien de l’enfant est naturel, désirable, et qu’il a les conséquences les plus positives si, durant le processus de maturation, il est transféré et transformé en se détachant du père (ou de la mère) pour se fixer sur le partenaire sexuel. (…) Pour traduire l’expression poétique du conte de fées dans le langage terre à terre de la psychanalyse, le mariage de la Belle et de la Bête est l’humanisation du Ça par le Surmoi.» Bruno Bettelheim, extraits de "Psychanalyse des contes de fées" - 


Pour Jacqueline Kelen, les contes « ne sauraient se contenter d'être porteurs de morale, encore moins d'être thérapeutiques ( sauf à soigner et corriger le moi infantile). Ils ont avant tout une portée initiatique : ils appellent à une autre conscience, à une seconde naissance, à une vie supérieure. Ils ne cessent de rappeler la véritable mesure de l'être humain qui est sa dimension spirituelle. C'est de l'âme qu'ils parlent et c'est à l'âme qu'ils parlent... (…) ils nous donnent à voir l'âme dans ses tribulations et ses empêchements ici-bas, sa beauté menacée, convoitée, sa qu^te et son combat pour rejoindre sa demeure céleste »

Les contes apparaissent comme des guides pour une reconstruction de la conscience. Leurs symboles ouvrent par leur évocation, à un autre état de perception. Ils ouvrent à une autre dimension, oublié par les hommes au plus profond d’eux-mêmes.
Quelques piste pour interprétation dans ce sens …
Le travail consiste à repérer pour : chaque personnage : un aspect différent de conscience, et pour chaque lieu : une phase spécifique de discernement...
Ainsi chaque personnage désigné, indique l’état intérieur du moment ou de la phase active,
Les rencontres de personnages indiquent : - les conflits entre deux aspects de conscience ; - la compréhension établie entre deux aspects de conscience ; - les aides issues de l’expérience personnelle ou provenant de l’enseignement spirituel universel
Enfin, la narration de l’histoire, évoque le mouvement nécessaire à ce processus.

Ainsi, dans La Belle et la Bête : un voyage nous fait franchir un espace magique (le jardin), la perception d’un symbole : la rose, déclenche un processus : un aspect naturel en l’homme doit être renouvelé. Ce qu’il y a de plus noble en soi ( la sage jeune fille) se présente et deux aspect de conscience en l’être humain ('belle': sagesse – dévouement, et 'bête': puissance emprisonné ) se reconnaissent et évoluent ensemble. Mais est-ce que ces deux aspects sont prêts à se fondre et à se renouveler ?
Les épreuves suivantes vont permettre de fortifier ces deux aspects de la conscience…
-Retrouvailles de la Belle avec sa famille : les aspects naturels égotistes de l’être, la force d’inertie de la matière et celle de l’avidité ou du maintient de l’ego. L’oubli est structurellement lié au monde naturel, cette force maintient « la Belle » et provoque la mort de « la bête ». l’élan de l’amour ou de la vision juste de la réalité intérieure, ranime la conscience de « l’être véritable ». l’âme épurée de ses aspects égotistes peut s’unir en une seule conscience avec la puissance de l’être véritable. L’unité en conscience…
Ceci est le processus très imagé et très simple d’une initiation dite spirituelle.

( Sources pour ce dernier paragraphe : un texte de l’association L'AEDE : http://aedes.over-blog.com/ )

Les trois dernières 'peintures', sont de Joanna Sierko Filipowska

mercredi 27 avril 2016

Personne et Société - Jean-Paul II - Ichtus

- Je suis allé écouté hier soir une ''conférence'' ( il s'agissait bien de cela, puisque l'intervenant n'a fait que parler...) sur le thème de '' Personne et Société à l’école de saint Jean Paul II : Comment vivre en société sans être instrumentalisé ? '' par Bruno de Saint Chamas de l’association ICHTUS.
Ce qui m’intéressait dans le titre, c'était ''la société'', ce que je craignais avec Ichtus, c'était le marquage ''traditionaliste'' relevé sur différents documents trouvés sur le web …

-- Dès le début de son intervention, Bruno de Saint Chamas, oppose l'anthropologie chrétienne ( représentée ici par Jean-Paul II) à notre culture ''ambiante'' marquée par Sartre ( et Simone de Beauvoir qui le fournissait en jeunes filles, qu'elles faisaient passer de ses bras aux siens .etc ( je passe sur les horreurs ...)... 

De Sartre à Taubira, en passant par A. Breton, et Gide ( l'acte gratuit..) ; notre monde – pour Bruno de Saint Chamas – est binaire : le catholicisme et le monde actuel voué à la recherche du plaisir et de l'utilitarisme …
Je trouve dommage, que l’intervenant se soit à ce point fixé sur Sartre ( maintes fois cité...!)... Pourquoi ne pas reconnaître que le monde est plus complexe... Pour chercher des contre-points, pourquoi ne pas argumenter contre Nietzsche ou contre les idées philosophiques qui excluent l'existence d'une Vérité ...… Cela aurait été plus subtil... !
Manifestement, donc, ce que je craignais est venu entacher, l'exposé intéressant sur l'anthropologie chrétienne avec Jean-Paul II...


* Cependant, plusieurs points suscitent mon intérêt :
  • L’affirmation d'une ''nature humaine '', qui induit la nécessité du ''créateur'', qui a fait l'homme à son image …
  • La parole de Jean-Paul II : « Nous avons le désir du Bonheur »
  • Gaudium et Spes N°24 : « Tous, en effet, ont été créés à l’image de Dieu, « qui a fait habiter sur toute la face de la terre tout le genre humain issu d’un principe unique » (Ac 17,26), et tous sont appelés à une seule et même fin, qui est Dieu Lui-même. » (…)  Cette ressemblance montre bien que l’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même »
  • Pas de Liberté sans Vérité... La vérité était la condition d'une authentique liberté des hommes, c'est l'Évangile lui-même qui nous l'enseigne : « Si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples, vous connaîtrez alors la vérité et la vérité vous rendra libres » (In 8, 31).
  • Le Bien, le mal ( cf Rousseau dans l'Emile : le bien est ce que je décide être le bien, idem le mal …)... La conscience serait-elle la vraie et unique autorité ?
«  La conscience dépasse la subjectivité pure et simple en mettant en contact l’intériorité de l’homme et la vérité provenant de Dieu. » Joseph Ratzinger

** Bref, la Question de '' La Vérité '' reste posée … : ( à travailler donc....) 







'Pilate se lavant les mains' 
de Mattia Preti (1663)

Pilate nous prend à témoin ...

*** Après ces questions sur la conscience, la Vérité... Bruno de Saint Chamas, Développe les relations humaines, en - ''relation de plaisir'' ( c'est mon bien que je cherche ), - ''relation utile'' ; et en
- relation ''juste'', qui concerne le bien commun, « je veux le bien de l'autre ... »
- A l'histoire humaine comme histoire de la lutte des classes pour K Marx, J.P. II affirme l'histoire du besoin d'aimer, et d'être aimé ...

**** Ensuite, l'intervenant reprend son idée dont il s'est faite le chantre : celle de la force vertueuse de la gratuité et du don...
« Pour sortir de l’utilitarisme, pour ne pas « se faire avoir », l’amour appelle la réciprocité et la recherche du bien commun demandant le don de soi. »
« Le mariage ( chrétien) , donne à la famille d'être l'école de la gratitude, du don et du pardon au bénéfice de l’homme et de toute la société. »


Pour élargir à la société : « La vision utilitariste de l’économie instrumentalise les relations entre les personnes. Elle est une impasse pour conduire au bonheur de l’homme. »

Le don et la gratuité, comme expression de la fraternité, c’est-à-dire de l’amour fraternel, sont la cause incontournable capable d’orienter une politique économique vers le bien commun...

- - - Finalement, j'aurais apprécié travailler sur ce sujet, et éventuellement sur les moyens politiques pour rejoindre cet idéal … Mais Bruno de Saint Chamas, préfère endosser le rôle du ''camelot '' qui veut vendre un front anti-Taubira, et qui fustige tout ce qui n'est pas doctrinal, en préférant caricaturer, parce que plus facile à abattre... La figure de Sartre, me semble en effet assez pitoyable …

mardi 26 avril 2016

Thomas Hart Benton

Thomas Hart Benton (1889 –  1975) est un peintre américain connu pour son style fluide et dynamique et ses toiles représentant des scènes de la vie quotidienne du Midwest.

Benton est né à Neosho d’un père avocat et représentant au Congrès américain. Dans sa jeunesse, il travailla comme dessinateur pour le journal Joplin American. En 1907, il entre à l’Art Institute of Chicago puis part pour Paris en 1909 afin de parfaire sa formation artistique à l’Académie Julian. À Paris, Benton rencontre d’autres artistes nord-américains tels que  Diego Rivera (comme lui, il a peint beaucoup de fresques murales).

À son retour aux États-Unis, en 1913, il fréquente les cercles artistiques d’avant-garde, mais s’en détourne vers 1920 pour finalement, à partir de 1929, devenir le chef de file de l’école régionaliste américaine qui voulait se démarquer de l’art avant-gardiste européen et croire en un art typiquement américain, et populaire, dont la source d’inspiration et la force seraient les campagnes du Middle West et du Sud.
En 1935, il part enseigner au Kansas City Art Institute. Il fut aussi l’un des enseignants de Jackson Pollock au sein









de la Art Students League de New-York dans les années 1930.

samedi 23 avril 2016

Centre Ste-Croix – Jacqueline Kelen – Soif de Beauté... -3/4-

Suzanne au bain : Livre de Daniel - Chapitre 13


Suzanne au bain - Jacopo Robusti, dit Tintoret (1518-1594)

Ce chapitre n'existe que dans la Bible grecque, il n'est donc reconnu comme canonique que par les Catholiques et Orthodoxes, les Juifs et les Protestants ne se fondant que sur la Bible hébraïque.

L'épisode de Suzanne au bain figure également dans les Mille et une nuits (Nuit 394 : Conte de la femme au bain et des deux vieillards, édit. La Pléiade, t. 2, p. 179)


Suzanne au bain - Massimo Stanzione (1585-1658)
Il est impressionnant de constater que cette histoire , extraite de la Vulgate, a inspiré de très nombreux peintres … Elle est le plus souvent un prétexte pour peindre des nus.


Suzanne au bain -
Artemisia Gentileschi (1593-1654)

Suzanne, une femme pieuse et très belle, est mariée au riche Joakim.

Suzanne représente l’innocence, juste devant Dieu : ''la crainte de Dieu'' est la crainte de déplaire à celui que l'on aime.

Tous deux vivent à Babylone dans une belle maison dotée d'un jardin. Parce qu'ils sont riches et respectés, de nombreux juifs viennent chez eux pour régler leurs différends en présence de deux '' anciens '' choisis parmi le peuple pour leur sagesse.

Les ''anciens'', et non les deux vieillards, représentent la loi, la justice. Leur parole est d' ''autorité''... !

L'après-midi, une fois les hôtes partis, Suzanne a l'habitude de se promener dans le jardin ( le Paradis ..) . Les deux juges la croisent quotidiennement et - sans se l'avouer mutuellement, parce qu'ils ont honte - se mettent à la désirer ardemment.

Ils convoitent '' La Beauté'' … Elle n'est pourtant pas à prendre, à être possédée...

Un jour, n'en pouvant plus, et s'étant séparés pour aller dîner, chacun des deux vieillards revient sur ses pas pour la contempler... et se rencontrent à nouveau ! Ils finissent donc par s'avouer leur désir et décident d'agir ensemble.
Suzanne au bain - Ottavio Leoni (1578-1630)


Deux : le chiffre est important... A eux deux, ils représentent le désir mimétique, facteur de violence ( René Girard)

Guettant l'occasion favorable, cachés dans le jardin, les deux vieillards libidineux surprennent une conversation entre Suzanne et deux servantes qui l'accompagnent. Suzanne leur demande de fermer les portes du jardin et d'aller quérir de l'huile et des parfums afin qu'elle se baigne parce qu'il fait chaud.

Les jeunes filles parties, les vieux sages sortent de leur cachette et lui proposent un odieux chantage :

« Voici que les portes du jardin sont fermées, personne ne nous voit et nous sommes pleins de désir pour toi ; donne-nous donc ton assentiment et sois à nous. Sinon, nous témoignerons contre toi qu'un jeune homme était avec toi et que c'est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. »

Considérant qu'elle est perdue quel que soit son choix, Suzanne choisit pourtant de ne pas céder, afin de ne pas se séparer de Dieu. Elle se met donc à crier, tout comme les deux lascars qui, dans le même temps ouvrent les portes du jardin. Des gens accourent et écoutent les mensonges des anciens. 



Le lendemain, le peuple est rassemblé chez Joakim. Les deux anciens, crédibles parce que juges du peuple, réitèrent leur accusation :

« Comme nous nous promenions seuls dans le jardin, celle ci est entrée avec deux servantes ; elle a fait fermer les portes du jardin et renvoyé les servantes ; puis un jeune homme qui était caché est venu vers elle et a péché avec elle. En voyant le crime, nous avons couru vers eux et nous les avons vu s'unir. De lui, nous n'avons pu nous rendre maîtres, parce qu'il était plus fort que nous et qu'ayant ouvert les portes, il s'est échappé. Mais nous avons demandé à Suzanne quel était ce jeune homme et elle n'a pas voulu nous le révéler. De tout cela nous sommes témoins. »

Suzanne répond :

« Dieu éternel, qui connais les secrets et qui sais tout avant que cela n'arrive, tu sais qu'ils ont porté contre moi un faux témoignage, et voici que je meurs sans avoir rien fait de ce que ceux-ci ont méchamment imaginé contre moi. »

Suzanne est complètement seule... ! Où sont ses proches ? Seule et livrée : figure christique...

L'innocent ne peut pas se justifier... Alors, il s'adresse à l'Eternel...



Dieu entend Suzanne et éveille l'esprit saint de Daniel, un jeune garçon, alors qu'elle est conduite à la mort. Daniel demande alors à interroger les deux vieillards séparément. Il demande au premier sous quel arbre se tenaient Suzanne et son amant. Le vieillard assure qu'il s'agissait d'un lentisque. Le deuxième vieillard, à qui Daniel pose la même question, évoque un chêne.

Daniel ayant prouvé que le témoignage des deux vieillards était faux, ceux-ci sont condamnés à mort et Suzanne est lavée de tout soupçon d'adultère.

Et c'est ainsi que Daniel devint grand devant le peuple, à partir de ce jour et dans la suite du temps. 


*****
Quel est ce lien inviolable en moi, qui me permet de résister .. ?
Il y dans la beauté, peut-on s'interroger, quelque chose qui glace, et donne ne même temps l'envie folle de s'en saisir... 
La beauté, dit J Kelen, est un aiguillon dans notre existence épaisse, et la beauté fait mal, mais aucun homme de raison, ne voudra en convenir...