dimanche 27 mars 2016

Ta mort, ma mort... -2/5-

Ce qui correspondait à l'art de bien mourir dans notre culture occidentale, de cet art de l'accompagnement de la mort, et de l'après-mort, a disparu. 

Anecdotes : ( 80% du temps d'intervention de B. Durel est occupé par la racontée de témoignages, d'anecdotes … : insistance de l'expérience, sur le concept …) :

* Calcutta. Bernard vit  un mois et demi à Calcutta, chez Mère Teresa,  près des frères de Mère Teresa, branche masculine. Lors de la deuxième visite, un jeune est  mort : « je l’avais vu la fois d’avant : les jeunes m’emmènent à une tombe  avec croix et couronne de fleurs ; retour au groupe, tous ces jeunes dansent et jouent comme d’habitude ».



La mort de Frida Khalo




** Autre exemple. Une jeune femme  se précipite le  matin, avant de se rendre à un enterrement. Elle était bardée de diplômes, mais  c’était la première fois de sa vie qu’elle allait être en proximité avec la mort.  Contraste entre ces jeunes « familiers de la mort » en Inde et cette femme jeune occidentale.   Un étudiant  raconte : «  en 10 ans d’études de médecine, pas seulement une heure de conférence sur la mort »


*** Nouvel exemple. Une femme dont le mari s’était suicidée, est invitée à un mariage ; elle prend prétexte d’un mal de dents pour ne pas venir.  Alors que dans la génération précédente, cette femme aurait été protégée dans son deuil. Elle aurait été habillée de noir, avec de nombreux signes du deuil, et personne ne l’aurait invitée. Actuellement  après un deuil, on retourne au travail, sans que rien n’en paraisse.


La mort est occultée... Autrefois pour parler de la naissance fruit d'une expérience sexuelle, on parlait de ''cigognes'' à l’oeuvre..etc. Aujourd'hui, c'est la même chose pour la mort ; on préfère les images … équivalentes aux cigognes ..: « Grand-Mère est partie en voyage ... »

On considère même comme une forme de maltraitance que d’inviter les enfants à une sépulture !

"Quelqu'un meurt et c'est comme un silence qui hurle..." Mais , si la mort nous aidait à entendre la fragile musique de la vie ?

La première rencontre avec La Mort, c'est la mort de l'autre, avant notre propre mort : Deux 'mort' : le même mot mais une expérience différente... !



Traditionnellement, on priait pour avoir une mort ''annoncée'' pour se préparer, se réunir autour du lit du mourant... Aujourd'hui on préfère mourir subrepticement … !

A suivre ...

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