jeudi 2 janvier 2014

Les rois Mages - 2/3 -

Les rois mages n'ont pas toujours été représentés comme étant trois (Léon ( V°siècle)). Ce chiffre a donc pu être adopté pour sa représentation symbolique (ex : la sainte trinité). Par ailleurs, ces derniers ont acquis de nombreuses caractéristiques différentes au fur et à mesure de leur représentation dans l'histoire. Ils ont ainsi symbolisé les différentes variétés ethniques présentes sur Terre : d'abord - Melchior comme roi des Perses, Balthazar en roi des Arabes et Gaspard en roi de l’Inde ; aussi : - l'occident pour le plus vieux, ensuite l'orient et enfin l'Afrique pour le plus jeune … Ou encore les trois âges de la vie.

- au XIIe siècle les rapports entre l'église et la royauté sont des plus tendus. L'église trouve au XIIe siècle une opportunité de faire revenir « les rois mages » sur le devant de la scène. En effet, c'est à cette époque que l'intérêt pour les reliques sacrées est au plus haut. C'est également durant cette période que trois corps reliés par un fil d'or sont retrouvés sous un monastère de Milan. Il n'en faut pas plus à l'église pour restaurer le culte des rois mages en précisant qu'il s'agit du corps de ces derniers rapportés directement de la terre sainte dans le passé....
Le caractère divin de cette royauté n'échappe pas à Frédéric Ier roi de Germanie, qui veut restaurer l'empire chrétien au XIIème siècle. Conscient que la possession de ces reliques peut légitimer sa souveraineté et souhaitant se libérer de la tyrannie des papes de l'époque, il fait envahir Milan par son armée pour transférer leurs restes dans le saint empire romain germanique. Quelques années plus tard, son chancelier Rainald von Dassel, ordonne en qualité d'archevêque de Cologne, la mise en chantier d'une nouvelle cathédrale pour accueillir les pèlerins de plus en plus nombreux à vouloir se recueillir auprès de leurs reliques.


Le culte des rois mages va perdurer tout au long du Moyen-âge et l'Histoire des trois rois écrite par Jean de Hildesheim au XIVème siècle, déclenche même une grande ferveur populaire en Europe. S'appuyant sur les théories de saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople au IVème siècle, ce prieur de l'abbaye de Marienau révéle dans son manuscrit qu'ils ont reçu le baptême avant d’être consacrés évêques par l'apôtre Thomas pour représenter la nouvelle religion chrétienne en Orient.


Voyage des Mages (en haut) et l'Adoration des Mages (côté) sur un Limoges émail champlevé chasse , ca 1200 ( Musée de Cluny , Paris)

mercredi 1 janvier 2014

2014: une Bonne Année ....





«Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté» Alain
  • L'Afrique... ce sera moins pire. Une classe moyenne est en plein essor, 150 millions de personnes aujourd’hui, 300 millions dans dix ans, sauf accident de l’Histoire.
  • Aux Nations Unies, le président américain a sérié ses priorités : un accord de paix israélo-palestinien, un accord sur le nucléaire iranien et une solution négociée pour sortir du conflit syrien.
  • La Chine reste sur sa lancée … Une paix intérieure apparente qui ne met pas le régime à l’abri de nouveaux débordements...
  • Un Euro-scepticisme fort (score attendu : 25% ..!), mais l'Europe passe …
  • Il y a en Europe 33 millions de chômeurs, mais aussi 23 millions de PME...
  • Le climat des affaires a continué de s'améliorer en septembre en France, gagnant trois points sur un mois, indique l'Insee.
  • La courbe du chômage des jeunes, en France, s'est déjà retournée cet été.
  • La Russie effraye encore, mais elle s'isole.
  • « Sans le respect de la vie privée, il n’y a pas de liberté de parole ou d’opinion, et donc pas de démocratie. Sans le respect de la souveraineté d’une nation, il n’y a pas de base pour des relations appropriées entre les pays » Les Etats adopteront une gouvernance de la cybersurveillance.
  • L’Iran cherche à se réconcilier avec les États-Unis.
  • L'islam politique s'affaiblit dans la tourmente des printemps arabes
  • Crise oblige : On pondérera l’équilibre entre Etat et marché ; on limitera certains excès et on corrigera les distorsions macroéconomiques.
  • Nous sommes encore au début d’un raz de marée de grands changements technologiques.
Pierre Rabhi philosophe-optimiste-et-militant


Mais .... Attention:

En 2013, l’UE et les Etats-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord de partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement. Ce serait l’un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux.Or il se négocie dans l’opacité la plus totale, alors que cet accord pourrait avoir des conséquences considérables dans bien des domaines (agriculture, énergie, internet, services,…). Il vise en effet le démantèlement ou l’affaiblissement de toutes les normes qui limitent les profits des entreprises, qu’elles soient européennes ou états-uniennes et inscrit le droit des multinationales au dessus de celui des Etats.

mardi 31 décembre 2013

Les rois Mages -1/3 -

« Les mythes sont des musées imaginaires, et il n'y a pas besoin d'y croire pour les visiter » de ?

L'évangile selon Matthieu, le seul qui en parle, ne mentionne ni leur nom, ni leur nombre, ni qu'ils sont rois, encore moins que l'un d'eux est noir. Ils viennent de l'orient ( Matthieu, II, 1) c'est-à-dire, de l'Arabie ou de la Mésopotamie, que les auteurs de la Bible comprennent sous le nom d'Orient. Les Arabes, les Iduméens orientaux, les Chaldéens, peuples orientaux par rapport à la Judée, se piquaient de sagesse. Le nom de mage était consacré, dans ces pays-là, pour désigner un philosophe, un homme qui faisait profession de sagesse.
La prédiction de
Zoroastre à ses disciples
- Il n'y a aucune trace historique objective de l'assassinat de tous les nouveaux nés de Bethléem... ! Cet événement n'a pu être mise au jour en dehors de l'évangile de Matthieu. Néanmoins la cruauté d'Hérode est signalé par plusieurs auteurs.

Ce sont d'anciens Pères de l'Église qui semblent avoir cru que les Mages étaient au nombre de trois, et qu'ils étaient rois dans leur pays.

Tertullien prétend que c'est par l'astrologie qu'ils apprirent la naissance du Messie...
L'histoire des rois mages est un bon exemple d'interaction entre trois des religions majeures de l'ère préchrétienne en Occident. Là, en effet on retrouve l'astrologie mésopotamienne et la prophétie de Zoroastre sur la conception d'un enfant dans le sein d'une vierge, le judaïsme qui attend un roi-messie et le futur christianisme avec l'Evangile de Matthieu.
Une des plus anciennes
représentations connues
d'un sarcophage 3ème siècle.
Musées du Vatican , Rome, Italie

Les noms traditionnels de Gaspard, Melchior et Balthazar apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du 6ème siècle, conservé à la Bibliothèque Nationale de France et intitulé "Excerpta Latina Barbari". Ils y sont désignés sous les noms de "Bithisarea, Melichior et Gathaspa".
Un traité attribué à Bède le Vénérable et qui remonte au début du 8ème siècle (les "Excerptiones Patrum") nomme les mages Melchior, Balthasar et Caspar (Gaspard).




Balthazar, Melchior et Gaspard coiffés du bonnet phrygien, symbole des prêtres initiés chez les Perses Mosaïque du VIème siècle de la basilique saint Apollinaire à RAVENNE


"Les rois mages étaient d'authentiques astrologues et c'est la Tradition qui en a fait des rois pleins de sagesse." : Saint Jérôme, moine du IVème siècle et Docteur de l'Eglise

dimanche 29 décembre 2013

L'infini nous guette - 3/3 -


Pour Christian Magnan ( Collège de France, Paris Université de Montpellier II):  L'infini est irrationnel...
A la question « peut-on établir un rapport entre l'infini mathématique et la réalité ? ». Pour lui, la réponse est définitivement « non ».

Déclarer l'Univers infini revient à prétendre que tout événement, toute situation, à partir du moment où on l'imagine, est effectivement réalisée quelque part.

Déclarer l'Univers infini, c'est se couper de toute vérification et validation expérimentale : une situation scientifiquement inacceptable. Si l'Univers était infini, nous ne pourrions jamais le savoir, puisqu'il faudrait procéder à une expérience impossible à réaliser pour le vérifier.

Déclarer l'Univers infini revient à prétendre que tout événement, toute situation, à partir du moment où on l'imagine, est effectivement réalisée quelque part. En effet, si on peut décrire une situation comme un certain assemblage d'atomes, l'infini laisse toute latitude pour que cette configuration atomique se produise un jour quelque part. C'est donc introduire les miracles dans le monde réel.
Par exemple, alors qu'il est reconnu que dans la réalité les molécules d'un gaz se répartissent toujours de façon uniforme dans le récipient qui les contient, sans se ranger toutes d'un même côté, l'irruption de l'infini dans le tableau fait voler en éclat ce genre de considérations concrètes et ouvre la porte à tous les prodiges, car toute configuration, même extrêmement improbable, finira toujours par se produire...

Parallèlement, l'infini introduit le paradoxe de la duplication. Car dans un monde infini, non seulement tout événement imaginable se produit, mais il se reproduit !

« Je tiens à cette vérité. Notre Univers n'est qu'un tissu de particularités. Tout événement y est singulier. Tout objet n'existe qu'à l'unique. Cela est une certitude. Non seulement notre Terre est absolument unique, mais toute planète est unique. »
Illustrations : Gilles Tran © 2004 www.oyonale.com


samedi 28 décembre 2013

L'infini nous guette - 2/3 -

Le modèle du « Big-Bang » (1) proposé par la cosmologie moderne, laisserait entrevoir une sorte de cosmos bulle à bord mobile... Sauf que l'entité physique qu'il faut prendre en compte est : l'Espace-temps-matière... Cette image d'univers qui se dilate doit être abandonnée ! L'univers, qu'il soit fini ou infini, ne peut gonfler dans quoi que ce soit, car il n'y a pas d'espace en dehors de lui-même !
Dans notre univers, il n'y a pas de centre, pas de bord … Donc, l'Univers n'est pas un « objet » comme les autres.

(1) Magnifique contresens que le terme « Big Bang » (contresens car le véritable Big Bang n'est en rien une grand boum explosif !) Ce terme a été choisit par dérision du « concordisme » ( Fred Hoyle ) ..., mais le mot a fait carrière … Il faut seulement retenir une phase très chaude de l'univers primordial et l'inévitable présence d'une singularité cosmique caractérisée par des « grandeurs infinies » … On ne peut pas extrapoler les résultats de la relativité générale à des distances arbitrairement petites, en particulier celles correspondant à une singularité. On sait même que l'on ne peut pas le faire à des échelles spatiales inférieures à la longueur de Planck (10-35 m).

Une bible du XIIIe siècle
La cosmologie admet la possibilité logique d’un espace infini et d’un temps éternel. Mais elle reconnaît aussi la possibilité, d’ailleurs de plus en plus favorisée par les récentes observations, d’un espace fini. Le temps, lui, peut rester éternel.
Aujourd'hui on peut imaginer un espace fini mais sans limites !
Pour comprendre qu’il n’y a pas là de contradiction, il convient d’intégrer un progrès fondamental de la géométrie, développé au XIXe siècle : la géométrie non euclidienne. Issue notamment des travaux de Gauss, Batchevski ou Riemann, elle permet de construire des espaces mathématiques qui ont une taille et un volume finis mais qui n’ont pas de frontières.
C’était évidemment tout à fait impensable dans le cas de la géométrie euclidienne où l’on associait nécessairement l’infini avec l’illimité et le fini avec la limite.
Les outils mathématiques d’aujourd’hui, les géométries non euclidiennes et la topologie, qui est une branche des mathématiques, permettent de construire d’une façon logique et sans aucune contradiction des modèles d’espace qui sont finis et n’ont pas de frontière. Ces espaces ne sont évidemment pas plongés dans un espace extérieur, ils sont en eux-mêmes et occupent tous les lieux de l’Univers.




La physique quantique décrit toute substance (matière, rayonnement ou interactions) sous forme d'un champ quantique. Les propriétés d'un tel objet le distinguent des objets (particules ou ondes) que manipule la physique classique. D'abord, un champ quantique s'étend obligatoirement dans tout l'espace. Cela n'a pas de sens de parler du champ ici ou là seulement : il occupe, fondamentalement, la totalité de l'espace et ne peut être conçu autrement que comme tel. Par ailleurs, un champ est défini par son « état ». Il peut y avoir par exemple des états à plus ou moins grande énergie, des états comportant plus ou moins de particules, des états plus ou moins bien localisés dans l'espace, etc.




Illustrations : Gilles Tran © 2004 www.oyonale.com

vendredi 27 décembre 2013

L'infini nous guette - 1/2 -

L'infini peut apparaître comme un sentiment, un concept... 
Est-il réel ou seulement imaginaire ?

Du fait de certains paradoxes ( un lièvre ne pouvant rattraper une tortue …) Aristote défendait son irréalité : il parlait d'infini potentiel.
Si l'on admet que l'espace n'est pas infini, il doit être borné par une limite. Mais « qu'arrive t-il si l'on projette une lance au-delà des limites de l'Univers ? » demandait déjà Archytias de Tarente, au IVème siècle avant notre ère ?


Pendant très longtemps, l'infini n'a appartenu qu'à Dieu. Au tout puissant qui est infini, s'oppose le monde créé fini. ( En 1600, Gordino Bruno, finit sa vie sur le bûcher : il soutint l'idée d'un Univers infini, et d'une pluralité de mondes ...).
Dès le XVIIe siècle, se développe le calcul infinitésimal ; Bolzano( 1781-1848) défend l'idée de l'utilité de l'infini en mathématiques... Pourtant ... Gauss, l'un des plus grands savants de l'époque : « l'infini, ce n'est qu'une façon de parler !».

Enfin, l'Infini donne toute sa mesure... G. Cantor (1845-1918), ancre fermement l'infini dans le paysage mathématiques ; il démontre qu'il existe une hiérarchie sans fin d'infinis, avec des différents degrés d'infinité...

Si en mathématiques, il y a – sur une droite – une infinité de points... En pratique : La notion mathématique de « point » a t-elle un équivalent en physique ?

Le paradoxe de la nuit noire ?
C'est J. Kepler ( début XVIIe) qui fut l'un des premiers à l'énoncer : si l'espace est infini et uniformément rempli d'étoiles, pourquoi les lumières ajoutées de ces dernières ne rendent-elles pas le ciel nocturne brillant ? Ce paradoxe a été résolu grâce à la célèbre théorie de la relativité d'Einstein . Selon lui, le temps ne s’écoule dans notre univers que depuis une durée finie ( le big-bang). La lumière des étoiles trop lointaines n'a donc tout simplement pas encore eu le temps de parvenir jusqu'à la terre. Par ailleurs, notre univers se caractérise par son expansion, qui dilue la matière et le rayonnement. La lumière des étoiles lointaines est ainsi trop faible pour éclairer le ciel nocturne.


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Illustrations : Gilles Tran © 2004 www.oyonale.com

mercredi 25 décembre 2013

L'infini s'invite parmi nous


Aujourd'hui, c'est l’anniversaire d'un événement qui depuis deux mille ans influe sur nos vies, et qui depuis que l'humain est Humain  l'interroge:
L'irruption de l'Infini parmi nous...



Je ne crains pas Dieu qui se fait homme,
Dieu fragile, vulnérable, enfant.
Je crains bien plus l'homme qui se fait Dieu,
violent, barbare, impitoyable.


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