mardi 13 janvier 2015

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -6/99-


Ce livre est dense, et donne beaucoup, beaucoup à penser … C'en est épuisant ! Et énormément excitant... Oui, c'est « intello », à l'opposé totale de la « foi du charbonnier ».

Intello... ? Certainement, mais comme j'apprécie, c'est à dire non réservé aux spécialistes... En effet, le genre « thèse », assez souvent m'insupporte... Quelqu'un a passé une année ( souvent plus ..), à regarder le coin d'un sujet au microscope ; le lecteur se perd alors dans les « notes », les détails ; et finalement se sent assez peu concerné par cet infinitésimal sujet.

J. Moingt, au contraire, prend énormément de distance avec son sujet, il se permet ainsi, de le situer dans son contexte, de voir toute l'étendue de sa complexité. C'est une réflexion aussi fine que globale … !
C'est une réflexion qui refuse la facilité du raisonnement habituel chez l'homme religieux : celle au pire de faire appel au « dogme », au mieux de tenter d'être poétique ou mystique...
Ici, J. Moingt, nous demande de ne pas paresser et de convoquer notre « raison ». Non pas seulement, notre raison... Mais passer de la « croyance » à la foi critique...

Et je n'en suis qu'à la page 120... ( 600, au total..) !
Là, J. Moingt continue de nous entretenir sur « Les Mythes » grecs, et leurs confrontation avec la philosophie ( Platon...)... Personnellement, j'élargis cette réflexion, jusqu'à aujourd'hui... Les mythes ne sont pas morts... Et, tant mieux !
« La crise du mythe ne vient pas du rationalisme d'une société en voie de sombrer dans l’irréligion ou l'athéisme, elle vient de l'évolution du sentiment religieux des fidèles, qui ne reconnaissent plus ce qu'ils croient ni ne trouvent de quoi satisfaire leurs aspirations dans ce qui est raconté au sujet de leurs dieux... » ( p 116) Cela n'est-il pas ce qui se passe aujourd'hui... ? Certains catholiques ne savent comment penser – peut-être pas ' Adam et Eve '… - mais ' Abraham ', ' Moïse '... etc, s'ils ne sont ''que'' des personnages mythologiques … ?
  • A creuser : « croire aux dieux » et « croire aux mythes » est-ce la même chose ?
  • Autre question : Comme chrétiens, aujourd'hui, «  quelle vérité sommes-nous susceptibles de reconnaître nous autres, hommes de modernité, à la croyance religieuse des anciens ? » ( p118) Je pense aux grecs, au paganisme, au 'dieu' du premier Testament ...etc. Quelle parenté établissons-nous entre notre christianisme et les ''religions antérieures''... ?
« l'incroyance de la postmodernité n'est que trop encline à les confondre toutes sous le même verdict d’irrationalité sinon de mensonge, en tout cas de vieilles rêveries dont le déclin a définitivement sonné pour un plus grand progrès et bonheur de l'humanité » ( p 119)
«  Le christianisme n'est pas tenté de montrer de la complaisance envers le paganisme, mais plutôt du mépris, de nier tout lien avec lui, et de n'avouer de dépendance qu'à l'égard de la religion juive, la seule qui ait fait profession de monothéisme depuis la nuit des temps... »

Disons, que J. Moingt tente de penser la vérité de la foi du croyant païen, et de justifier ainsi la rationalité de la foi en Dieu au regard de l'incroyance moderne. Sa méthode ici est phénoménologique, et non pas théologique...


Mes annexes :...
La phénoménologie par du principe qu'il existe un univers matériel indépendant du « je »... Je pourrais donc observer « objectivement » le « fait religieux »... ?... C'est plus compliqué...
« Les phénoménologues pensent qu’il existe une attitude naturelle qui se caractérise par une forme de naïveté. Car, dans cette attitude, nous croyons n’être pour rien dans ce qu’est la réalité qui nous entoure. Or, nous sommes doués de conscience et d’intentionnalité. Dès lors, les choses sont visées et comme constituées par notre conscience. Elles ne sont pas données passivement à notre appréhension. C’est nous qui donnons sens à ce qui nous entoure, par des actes de notre conscience. C’est la thèse du primat de l’intentionnalité. La philosophie doit ainsi opérer une sorte de conversion phénoménologique. On passe à la phénoménologie en pratiquant un changement complet d’orientation. Au lieu de se tourner vers les choses, on analyse le sens qu’elles ont pour nous, et comment il se constitue pour un sujet. On passe du domaine des significations objectives, telles qu’elles apparaissent dans les sciences positives, alors qu’on ne pense nullement la façon dont elles se donnent à nous et comment elles le peuvent, à celui du sens, dont on fait l’expérience immédiatement dans ce qui est vécu subjectivement. » Conférence de Foucault (http://litterature.savoir.fr/quest-ce-que-la-phenomenologie/)

Bon... ! C'est un peu compliqué... C'est pourtant, le point de départ de l'étude de ce que nous appelons aujourd'hui : ''le fait religieux''... La phénoménologie de la religion est la description du fait religieux. Cette discipline se propose d'étudier la conscience du croyant, sa conception du monde, et éventuellement, sa perception des faits religieux.

Jacques Maritain écrivait :« la religion est essentiellement ce que nulle philosophie ne peut être : relation de personnes à personnes. » La philosophie répond qu'elle est fondamentalement ce que nulle religion ne peut être : réflexion critique d’un existant sur la globalité de l’existence.

dimanche 11 janvier 2015

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -5/99-

Quelle richesse que ce livre ! Il y a là sujet à une bibliothèque … !

J. Moingt part maintenant à la recherche de cet « Autre » : sujet de ma foi ? Il observe également les arguments de ceux qui s'ils acceptent de se poser cette question, refusent de l'exprimer dans un langage religieux …
«  Si l'on admet donc qu'il y a une surnaturalité et une transhistoricité en l'être humain, alors on se trouve peut-être en face de l'origine ultime du divin » J. Ferry en débat avec M. Gauchet..
* Peut-on entièrement rendre compte de soi, par soi-même ?

La transcendance... ?
Moïse devant le "buisson ardent"
« Il y a la transcendance de l'autre homme, si semblable à moi, mais qui se refuse à se réduire à moi, autant que moi à lui ... » ( p 107)
Transcendance de la société... de l'histoire …. du monde … ?

Et, la transcendance divine ?... « elle ne peut être éliminée à priori... »
- Ou bien, le Dieu des religions est intervenu dans les lointains de l'histoire pour se révéler à l'homme,
- ou bien, l'homme portait en lui de tout temps le nom de Dieu écrit par la même main qui lui a donné la vie ?
«  Nous disposons de deux bases solides :
- la présence d'un croire religieux dès le début d'une écriture de l'histoire humaine
- d'autre part, le fait d'un croire anthropologique qu'il est légitime d'estimer primordial puisqu'il est constitutif de l'existence humaine. » (p 108)

Un grain de sable par Mati Klarwein  (1963-65)
« Notre parcours d'histoire, c'est de la religion, du sacré, du divin, des dieux, mais pas Dieu lui-même... » !
«  Les homme n'ont pas eu besoin de Le chercher, ils l'ont trouvé, car il était avant eux là où ils le découvrent. » ( p 110) ..  « Le monde divin est à la fois l'enveloppe et l'envers du monde physique et humain, au-dessus et au-dessous, il en est l'hypostase ... » ( p 111)

En effet, J. Moingt parcourt l'histoire des religions, et je ne peux ici tout reprendre …. et arrive au dieu unique... sommet d'un panthéon... Au passage, il lit Paul Veyne, le grand historien, qui se pose la bonne question : Les grecs ont-ils cru à leur mythes ?
« sans aucun doute, répond-il d'entrée de jeu, et c'est nous qui avons tort de nous en scandaliser : qu'on parle de mythe, de vérité, de croyance, de fiction ou d'histoire, il ne s'agit là que de productions culturelles de l'imagination transcendantale ; quand on étudie les croyances, il faut partir du principe que la vérité est plurielle et analogique, car chaque culture, chaque société, chaque époque a son programme, ses normes et ses critères de vérité ; et l'auteur y revient en conclusion, car la vérité n'est pas un invariant transhistorique, mais une œuvre de l'imagination constituante... ( c'est du P Veyne …)
la "résurrection" de Lazare Rembrandt (1630 )
Les grecs étaient capables de critiquer leurs propres mythes, d'en rejeter le merveilleux et tout ce qu'ils jugeaient indigne de la divinité, mais ils avaient leur manière d'y croire, de même qu'ils avaient leur façon, qui n'est plus la nôtre, d'écrire l'histoire..
. »

Personnellement, je tiens les mythes pour une expression de transcendance, c'est à dire d'une réalité qui ne s'en tient pas à limitation obligée de nos sens et de notre raison …


J. Moingt conclue sa lecture de P Veyne, par «  C'est pourquoi nous, aujourd'hui, qui ne croyons plus aux mythes ou qui en avons d'autres, nous pouvons reconnaître l'authenticité de la foi aux dieux des hommes des temps anciens sans la réduire à la crédulité dans leurs mythes. » ( p116)

vendredi 9 janvier 2015

L'identité d'Euler: la plus belle équation ...

La plus belle équation de l'Histoire, revient au mathématicien suisse Leonhard Euler au XVIIIe siècle : eiπ + 1 = 0. Elle décore le plafond du Palais de la découverte...



L'identité d'Euler présente la particularité de relier entre elles les cinq grandes constantes des mathématiques : 0, 1, pi, e et i





Cette relation comprend en elle seule tous les fondements des mathématiques. Chaque élément représente un élément important des mathématiques.

Il y a les éléments de notre système de comptage :
  • 0 : aux racines indiennes , l'élément nul. Il représenter le « rien » 
  • 1 : l'unité, la base, dont l'origine se perd dans la nuit des temps... 
On trouve les opérations mathématiques :
  • = : le signe de l'égalité, des équations. 
  • + : le signe de l'addition, la base des calculs. 
  • × : le signe de la multiplication, qui est aussi la puissance supérieure de l'addition. 
  • ^ : la puissance, la puissance supérieure de la multiplication. 
Et les principales constantes :


π : la constante d'Archimède, découvert pendant l'Antiquité grecque, définie comme le rapport du périmètre d'un cercle sur son diamètre. ( Pi = 3.14159265.. )

e : la constante d'Euler, la base de la fonction exponentielle. C'est aussi la valeur pour laquelle le logarithme népérien vaut 1. Un nombre impossible à écrire exactement dans l'écriture décimale (2,718281828...), il relève de l'économie, de la croissance, c'est la base de la prédiction, on le retrouve partout, dans la nature, dans la société, dans le développement d'une plante, l'extension d'une épidémie ...

i : la base des nombres complexes, définie comme la racine carré de -1, en effet i² = -1. Un nombre « imaginaire », représenté pour la première fois pendant la Renaissance mais qui n'est maîtrisé que depuis le XIXe siècle, il symbolise l'algèbre et permet de résoudre des équations polynomiales qui pendant longtemps n'avaient pas de solution.


On dit que ce nombre est imaginaire (!), car nous savons tous qu'un nombre élevé au carré est soit nul ou positif. Et, pourtant... on peut faire pas mal de chose avec ce nombre imaginaire.

Il « existe » ( en tout cas, nous les avons inventé...) des nombres transcendants...

Un nombre est transcendant s'il n'est pas solution d'aucune équation polynomiales à coefficients entiers. Par exemple sqrt(2) (racine carré de 2) n'est pas transcendant puisqu'il est solution de l'équation x²-2= 0.

Jusqu'en 1844 personne ne savait s'il existait un seul nombre transcendant. En 1873 Charles Hermite démontre que le réel « e » est transcendant, et en 1882 Ferdinand Lindemann montre que « PI » est transcendant. Ce dernier résultat clos le problème de la quadrature du cercle posé depuis l'Antiquité par les Grecs (qui consiste à construire à la règle et au compas un carré ayant la même aire qu'un cercle donné) en y répondant par la négative.



Bertrand Russell « Les mathématiques ne possèdent pas seulement la vérité, mais la beauté suprême, une beauté froide, austère, comme celle d'une sculpture. »

Sources: dernièrement un article de Télérama, entre autres ...

Enfin, pour connaître le détail du contenu du raisonnement qui amène à l'identité d'Euler, visionnez cette vidéo, qui part de connaissances de niveau BAC ...

« Raison d'être de la formule d'Euler et de l'identité d'Euler »

jeudi 8 janvier 2015

Je suis "Charlie"

Personnellement, je préfère la formule: "Je suis Charlie"... 
Bien sûr, je ne suis pas à la hauteur de cette phrase... Un seul a été capable de la porter pour toute l'humanité, Jésus: Lui, a été chacun d'entre nous, au plus fort de sa souffrance, et nous donne l'espoir de la victoire contre le mal, la haine et la mort...
Derrière la croix, il y a " Je suis Charlie" , "je suis ..."

Le texte, ci-dessous, que j'ai copié... dit très bien ce que je ressens...

Extrait d'un texte du site de Zabou the terrible
Que cela soit clair : je ne suis pas Charlie, (...)

J’ai moi-même en horreur l’outrance et la moquerie de l’autre : je cherche à le respecter, dans son altérité, infiniment ; à l’aimer, comme le Christ en qui je crois m’y invite. Bon, que cela soit clair aussi : j’y échoue bien souvent et c’est peut-être là que je suis le plus « Charlie ».
 En revanche, je suis infiniment attachée à la possibilité d’être (de) Charlie. Pour la liberté d’expression, d’abord, même si cela semble grandiloquent : avoir cette possibilité de tout dire, sans rien craindre…
J’y suis doublement attachée en fait : parce que c’est dans cette possibilité aussi que moi, j’espérais, je l’avoue, un jour, ta prise de conscience, ô rédaction de Charlie, de ce qui est dit dans la Bible, un livre qui m’est cher et que tu as choisi parfois de conspuer : « Tout (m’)est permis mais tout n’est pas profitable ».
Découvrir, en grandissant ( ?), le sens de cette belle et juste phrase.
Découvrir qu’on peut dénoncer, critiquer, sans manquer au digne respect des uns ou des croyances des autres.
Ceci étant dit, je l’admets, l’outrance, parfois, en grossissant les traits, peut aussi nous aider à prendre conscience de nos propres ridicules, de notre mauvaise communication, de nos travers et nous pousser à nous améliorer.
Et, de plus, j’aime le talent, le panache chez mes « adversaires de pensée », et certains de tes dessinateurs n’en manquaient pas sous leur apparente grossièreté.

Enfin, las. De toute façon, ce n’est plus le temps des débats.
Ce n’est plus le temps des mots non plus d’ailleurs.

Il n’y a plus qu’un seul mot à dire, en réalité, celui d’une condamnation ferme.
De l’acte.
Et de toute tentative de récupération : présente, comme future.
Les hommes de Charlie hebdo se voulaient libres, quoi qu’ils aient choisi une autre voie que la mienne : leur rendre hommage, c’est continuer à grandir en humanité, un point, où, certainement, eux et nous, chrétiens, nous retrouvions.

Pour moi, chrétienne, c’est aussi et avant tout le temps du silence et de la prière.
Pour vous, vos familles, vos proches… temps d’horreur absurde.  
Pour vos agresseurs : hommes, eux aussi,
Hommes à l’humanité comme à retrouver, sous l’horrible écorce d’un acte, d’un endoctrinement.
Temps de silence et de prière pour choisir, sciemment, au plus noir de l’horreur et de la déchéance de l’homme, de laisser poindre l’espérance, même violée, même voilée.

mardi 6 janvier 2015

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -4/99-

Ensuite J. Moingt développe longuement « cet incroyable besoin de croire » ( selon le livre de Julia Kristeva)... «  Ce besoin incroyable, purement « anthropologique », antérieur à toute formation religieuse et constitutif du sujet parlant.. »
Ce que je tiens pour vrai , selon quelle « vérité … ? (p 96)

Je trouve toutes ces pages fortement denses... Après la lecture de la plupart de ces lignes, je suis contraint d'arrêter, non pas parce qu'elles sont difficiles à comprendre ; mais parce qu'elles entraînent mon esprit à s'interroger plus encore... Il me semble expérimenter l'infinité de portes qui s’entrouvrent vers un questionnement sans fin... Et, ce n'est pas - alors - la vanité de ce questionnement qui me frappe, mais la nécessaire complexité des réponses ; et oui... la vanité là, d'une réponse simple, que voudrait nous faire penser un certain « catéchisme ».

Chaque réponse, à une question sur « Dieu », est instable... Je me méfie, de toute réponse qui vanterait sa « fiabilité »... Dans ce sens, J Moingt réponds bien à mon attente...
Ce livre est très exigeant …

J. Moingt, questionne ensuite la foi « post-moderne » cf pages 100...)

Notre foi aujourd'hui, pourrait nous apparaître comme « faible », parce que sujette aux troubles et aux doutes … « souvent réduite à un « vouloir croire », sinon même à un « espérer croire » », « Convient-il de la dénoncer comme une foi morte, parce qu'elle n'est plus subjuguée par la vérité chrétienne telle que l'énonce le dogme ? Nullement... » !
« celui dont le « vouloir croire » résiste à l'incroyance qui l'environne demeure un vrai croyant par sa volonté de rester attaché à Dieu, quels que soient les doutes qui l'assaillent quant aux « vérités de la foi » (p 101)
Si la personne demeure emmurée dans l'obscurité et le doute, le « vouloir croire » vient d'ailleurs... C'est un trait de lumière dans la nuit...
« L'acte de croire n'est donc pas produit par la lumière de la vérité, il relève de la volonté, du désir, de l'amour.. »

- de Michel de Certeau ( La faiblesse de croire 1987) : « Fondamentalement, être croyant c'est vouloir être croyant (…) Ce vouloir ne relève pas d'un volontarisme, mais d'une « passion première » qui se raconte en songes ».

Ensuite, J Moingt en revient à son idée : « Il y a donc bien un croire anthropologique primordial : l'homme fait confiance ... » etc

dimanche 4 janvier 2015

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -3/99-

La rationalité de la foi :


J'apprécie beaucoup comment J. Moingt développe l'argumentation sur le « croire », comme acte rationnel...

* « Le croire est donc rationnel en tant qu'acte de se rendre présent à l'univers, de s’orienter dans le monde, de donner sens à l'existence, de s'ouvrir à du possible... »( P90)

**«  un autre trait de la rationalité du croire est son lien à la sagesse et à la réflexion philosophique ( exemple : la pensée grecque sur la base des mythes … jusqu'à la conception de Dieu et de l'âme pour Platon..) ( ..) l'acte de croire ouvre l'esprit sur un dedans des choses qui est aussi un au-delà... »
Mais, la philosophie ne peut suffire, parce qu'elle « laïcise l'idée de Dieu dès qu'elle l'arrache à la religion pour en faire un objet de savoir... de même qu'elle désenchante l'univers ... » ( P92)

«  la foi (…) n'est pas explicative par elle-même, mais elle promeut la quête de l'explication et entretient le désir de comprendre. Elle inspire les mythes ... » ( P93)

«  La théologie... qui participe à la rationalité de la pensée philosophique et qui consiste à accueillir la révélation historique de Dieu et à en faire mémoire... »


*** « Un dernier aspect de la rationalité du croire est sa contribution à l’émergence du sujet humain. »

Considérer le respect absolu de la personne humaine …

Bien sûr...! A condition de ne pas être prisonnier des croyances de son clan … ! Il s'agit de ne pas se déresponsabiliser de ses choix de vie sur le groupe...  etc ...

vendredi 2 janvier 2015

Parsifal

Hermann Hendrich (1854-1931), Parsifal

André Tubeuf à propos de Parsifal.

"Nul ne lui a montré le chemin. Il ne sait pas les règles. L'égarement est son espace. Il ne sait rien. Rien ne le défend contre ce qui lui arrive: aucun savoir-faire, aucun savoir acquis. Même s'il ne comprend pas, il écoute. Nul ne l'a instruit. Mais tout l'initie, parce qu'il ne prétend à rien, et ne se défend de rien. Ouvert. Il a entendu un cri, senti s'ouvrir son coeur: et la peine d'un autre y est entrée, avec ces élancements qui sont la lumière. Il a su. Durch Mitleid wissend. Il n'y a pas d'autre chemin. Le vrai égaré, c'est celui qui vivait ceint de murailles, croyant avoir trouvé."