mardi 15 avril 2014

Questions sur Marie : -1/?-

Le cas de « Marie, la Sainte-Vierge », me semble être le bon moyen de réfléchir à quelques aspects de « la Religion ».
Célébration de l'assomption
le-15-août-2007 à Marseille
Ici: le problème religieux du Féminin.... « Problème », parce que cette composante - explicite avec la place de la déesse -, ne semble pas être reconnue avec le Dieu unique « mâle », avec Jésus le Christ « mâle », avec les douze apôtres et les clerc ordonnés, tous « mâles »... !
Problème religieux, puisque – à contrario - la place de la femme Marie, me semble étonnamment disproportionnée, quand elle est considérée comme « médiatrice », puis comme « co-rédemptrice ». On prie Marie, comme une déesse, pour qu'elle soulage, qu'elle intervienne … !

* Dans un premier temps, je suis gêné de cette place de quasi déesse, dévolue à Marie. Elle est statufiée, priée ; donc idolâtrée ( puisqu'elle n'est pas Dieu ), et semble avoir des caractéristiques empruntées à l'antique Artémis d'Éphèse ...

** Pourtant, au travers de ce questionnement, je m'interroge sur la place qui n'est pas prévue du féminin, dans le Christianisme, et je me demande si je ne devrais pas être conciliant avec cette pratique populaire qui ne fait que tendre à remettre ce féminin, là où l'on avait enlevé …? Marie, ne serait que la composante divine du Dieu unique et personnel ...
Comme nous le verrons, la figure de la Vierge Marie, a un statut - dans les doctrines officielles des églises chrétiennes – qui n'a cessé d'évoluer sous la pression populaire, jusqu'au dogme de l'assomption en 1950.
Artémis d'Ephèse

Dans toutes les traditions, qu''il s'agisse de mères divines, de principes féminins divins en conjonction avec leur pendants masculins ou de déesses, la palette est riche des modalités du féminin sacré à travers des âges et les lieux.


« Tout homme sent bien que le féminin dans son essence est quelque chose d’extraordinairement puissant, qu’il y a là une brûlure, et que si on veut s’y frotter, il faut prendre des risques. » Michel Cazenave
C. G. Jung, répétera que c’est par la dimension féminine que nous nous ouvrons à ce qu’il nomme la présence du Soi, ­c’est-à-dire à l’image du divin qui nous habite tous plus ou moins.

Nous pouvons enfin reconnaître, que « durant deux millénaires, l’Occident patriarcal a refoulé ce visage, même si la culture, la littérature, la mystique, l’ésotérisme et quelques courants de la théologie, ont, avec secret et subtilité, sauvegardé le culte de la déesse, ou, plus simplement, de la féminité spirituelle. » M Cazenave
Cybèle trônant entre deux lions

Une histoire juive raconte qu’en réalité, Dieu a créé Ève avant Adam. Comme Ève s’ennuie au paradis, elle demande à Dieu de lui donner un compagnon. Après mûre réflexion, Dieu finit par accéder à sa demande : « Entendu, je vais créer l’homme. Mais fais attention, il est très susceptible : ne lui dis jamais que tu as été créée avant lui, il le prendrait très mal. Que cela reste un secret entre nous… entre femmes ! »


Aujourd'hui, assurément, la femme est l’avenir de Dieu, dans le sens que la revalorisation de la femme et cette féminisation - toute actuelle -du divin constituent la clé principale d’un véritable renouveau spirituel au sein des religions. Effectivement, ce sont bien des facultés comme la sensibilité, l’émotion, la fragilité, qui sont valorisées actuellement dans l’expérience spirituelle.

A suivre ...

13 commentaires :

  1. Bonjour. Il est certain que, jusqu'au milieu du vingtième siècle, les valeurs et comportements de l’Église étaient nettement masculins... Rien que l'Inquisition...
    Un peu de féminité dans tout ça ne ferait pas de mal...
    Même s'il n'y a peut-être pas besoin de pousser jusqu'à la vision extrême de "Da Vinci Code", sur la place du féminin dans l’Église.

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    1. Dieu étant logiquement androgyne (sinon Il ne serait pas complet), c'est tout aussi logique qu'une religion qui vénère Dieu en vénère ses deux polarités "à parts égales". Si le clergé chrétien avait respecté cela (avec la prêtrise des femmes, le mariage des prêtres) il y aurait moins de "mariolâtrie" et il n'y aurait pas besoin du Da Vinci Code pour exhumer cette part féminine de Dieu: la Sagesse ou Sophia...

      Ce que le clergé a récolté avec cette "mariolâtrie", c'est un excès tout aussi néfaste que l'est sa misogynie. Avec le danger d'un retour aux déesses païennes, au lieu d'une sagesse divine...

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    2. Rappeler que les déesses païennes étaient des émasculatrices, alors que la Sophia est aimante ;-)

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    3. Le cas de Marie, est quand même fort intéressant... En quoi cette "mariolatrie " a t-elle conforté la misogynie ( vierge ou mère, sinon prostituée ...!), et en quoi - cependant - a t-elle sauvegardé le "féminin" dans une religion tenue par des hommes...?

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    4. Je comprends ta réflexion, Régis, et je suis tentée de la partager a priori. Mais si on réfléchit un peu: "quel" féminin la Vierge Marie a-t-elle sauvegardé ? La mère, la soumise, la silencieuse, celle qui souffre, la pure, la désincarnée, la non-mère d'autres humains (elle a donné naissance à Jésus mais surtout pas aux frères de Jésus) etc...

      Celle qui fait que les hommes, en général, en sont encore à regarder la femme comme "la mère ou la putain" tout en gardant bien à distance celle du milieu, la femme initiatrice, la soror mystica: Marie-Madeleine...

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    5. Oui, je sais très bien le sort que l'on a fait jusqu'à présent à la "femme initiatrice" ... mais elle est là, grâce aux femmes comme toi, bien sûr; et peut-être - dans l'Eglise - grâce à Marie qui - en elle, mais cachée - a conservé la véritable dimension ( ou du moins la dimension complète ) du féminin. Ne penses-tu pas que la figure de Marie pourrait porter la dimension totale du Féminin..? Bien sûr aussi en dénonçant ce qui est indigne d'elle, parce que ce n'est qu'une construction théologique ... Enfin, ... Je ne sais pas bien ... je m'interroge... Heureusement, il y a Marie-Madeleine ...

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    6. N'oublie tout de même pas le passage des évangiles où on prévient Jésus que sa mère - donc Marie, on est bien d'accord - et ses frères sont dehors qui veulent lui parler. "Et Jésus répondit: Qui sont ma mère et mes frères ? Et étendant sa main vers ses disciples, il dit: Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère." (Matthieu 12:47-50)

      Dans ce passage, on voit Jésus quasiment renier sa mère, et en public. Par contre Marie-Madeleine fait clairement partie des disciples de Jésus. Je n'ai rien contre Marie mère, mais en regard de cela, la mariolâtrie n'a plus grand chose à voir avec Jésus et son enseignement, donc avec le Christianisme (mais bien avec les déesses mères païennes: Isis et Horus, Cybèle et Attis...).

      Donc, non je ne suis pas d'accord que la Vierge Marie représente "tout" le féminin, seulement la partie maternelle. Mais ça doit être dû à ton amour pour ta propre maman, et c'est tout à fait compréhensible ;-)

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    7. Ces déesses mères païennes ( Marie y compris ) sont à prendre en compte... Le Mythe est là, et a son utilité... Nous sommes capable encore aujourd'hui, en communiant avec les mythes, de l'enrichir, grâce à Marie Madeleine, et d'autres ...
      En ce moment, je bouquine, et réfléchis à tout ça ... Je n'ai pas encore de conclusion ....

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  2. Il me semble que dans les Evangiles ( même les canoniques ..) la part du féminin est effective ( autant dans sa polarité que dans les personnages mis en valeur ...). Jésus semble véritablement "hors temps" en cela... Ce qui est arrivé ensuite, n'est pas plus étonnant que les errements humains de notre Histoire...

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    1. C'est vrai que, s'il avait été suivi dans ses choix et notamment dans son choix de la disciple bien-aimée, le Christianisme serait moins misogyne aujourd'hui, au plus grand profit de tous et toutes. La faute à Irénée de Lyon, c'est lui le grand "hérétique"...

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  4. Yavhé n'a pas toujours été le "Dieu" unique et solitaire .
    Il avait une compagne ou épouse du nom de ASHERA .
    Le judaïsme des 7e ou 6e siècle avait notre ère a entreprit de combattre tous les dieux pour n'en conserver qu'un seul : le Dieu Unique .
    Il se devait donc d'éliminer Ashéra et perdait de ce fait la composante féminine de Dieu .
    Le judaïsme des siècles suivants semble ne jamais l'avoir restaurée .

    Le christianisme ,par contre ,aurait eu dans son inconscient collectif , une nostalgie de cet aspect féminin et l'aurait restauré en faisant de Marie , mère de Jésus et mère de Dieu .
    Pratiquement une déesse ,si on tient compte de ses attributs .
    Je me souviens des litanies de la Vierge Marie ,récitées dans mon enfances indiquant ses titres :

    Par exemple :

    "Vase spirituel, priez pour nous.
    Vase d'honneur, priez pour nous.
    Vase insigne de la dévotion, priez pour nous.
    Rose mystique, priez pour nous.
    Tour de David, priez pour nous.
    Tour d'ivoire, priez pour nous.
    Maison d'or, priez pour nous.
    Arche d'alliance, priez pour nous.
    Porte du ciel, priez pour nous.
    Étoile du matin, priez pour nous.
    Salut des infirmes, priez pour nous.
    Refuge des pécheurs, priez pour nous.
    Consolatrice des affligés, priez pour nous.
    Secours des chrétiens, priez pour nous" .

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