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samedi 29 juillet 2017
Pour suivre la Quête de Perceval
mercredi 26 juillet 2017
Qui est vraiment Guenièvre ? -3/3-
| The Lady Guinevere by Howard Pyle; from The Story of King Arthur and His knights. |
Guenièvre semble parfois être la véritable quête, le véritable Graal de la Légende Arthurienne.
Le couple qu’elle forme avec Lancelot s’approche encore une fois d’un couple féérique. Les fées avaient en effet l’habitude de jeter leur dévolu sur un homme et de lui promettre un amour éternel à une unique condition qui semble irréalisable.
Certains la comparent à Hélène de Troie car les deux femmes apportèrent le conflit et l’hostilité entre les alliés qui les aimaient.
Guenièvre serait – tout à la fois - la projection du désir charnel et des aspirations spirituelles.
Dans le Lancelot propre, rédigé en langue vernaculaire vers 1220, l'histoire d'amour entre Lancelot et Guenièvre est jugée acceptable, voire approuvée par la Dame du Lac, qui octroie à Guenièvre le droit d'aimer Lancelot.
Cependant, tous les romans ne sont pas aussi tolérants, et la Queste del Saint Graal ( inspiration chrétienne) et la Mort Artu affirment clairement que l'infidélité de Guenièvre est la cause de l'échec de Lancelot dans sa quête du Graal. Malory, décrit cette liaison, comme celle d'un amour véritable, et refuse de voir en Guenièvre, une reine séductrice responsable du mal qui suivra …
La Reine Guenièvre – malgré son amour coupable - représente la première reine chrétienne et s'oppose à sa grande rivale qui est Morgane, la demi-soeur d'Arthur, dernière prêtresse des celtes et qui tente de conquérir Lancelot par la magie et l'enfermement dans son château...
Guenièvre, comme reine du royaume de Logres, tient le royaume entre ses mains … D'autant que le roi Arthur entre dans une phase dans laquelle il semble entrer dans un état de langueur...
Dans « Li Hauz Livres du Graal » (*), en l'absence du roi Arthur, c'est Guenièvre qui tient les rênes du royaume, et au retour du roi, il n'a aucun droit de réponse …
Ici, l'amour qui lie la reine et Lancelot, est de l'ordre de l'amour Courtois, et cet amour ne les couvre pas de honte … Cependant, par cet amour, Lancelot – chrétien – reste en marge de cette religion qu'il souhaite suivre. Il superpose sans cesse les images de la reine et de la Vierge, mêlant prières à l'une et à l'autre. Il tente de concilier paganisme et christianisme. L'amour de la reine pour un autre que le roi n'est pas la cause de la fin de l'univers arthurien.
Au contraire, il donne courage à Lancelot de lutter pour ce royaume quand bien même le roi Arthur le trahit en le faisant jeter en prison.
Sans cet amour, Lancelot serait-il resté auprès du roi ? Guenièvre est la souveraine et tout, jusque dans sa relation avec Lancelot, fait d'elle la gardienne du royaume arthurien. Guenièvre n'est pas seulement une reine chrétienne, mais aussi une reine guerrière comme en connaissaient les Celtes.
Après sa mort, Guenièvre est associée à trois objets : la couronne ( fonction royale ), le destrier ( cheval de combat, réservé aux chevaliers...) et la coupe d'or ( de la déesse celte)...
Guenièvre représente le passage d'un monde païen, à un monde nouveau, chrétien peut-être, passage brutal et violent qui pourrait rappeler les guerres te le sang avce lesquels s'est imposé le christianisme... (*)
Perlesvaus, aussi appelé Li Hauz Livres du Graal (Le Haut Livre du Graal), est un roman courtois du cycle arthurien en ancien français. Il est anonyme et date de la première moitié du XIIIe siècle. Il se veut être une suite de l'inachevé du Perceval ou le conte du graal (~1191) de Chrétien de Troyes, et s'inspire des deux premières continuations en vers, celle du pseudo-Wauchier et celle de Wauchier de Denain. C'est le moins canonique des écrits arthuriens du fait de ses différences marquées avec les autres versions, et il fait passer le mythe du Graal de la légende chevaleresque à l'allégorie chrétienne.
Dans les Triades galloises, les trois grandes reines d'Arthur s'appellent Gwenhwyfar
Alors que la littérature postérieure dépeint Lohot comme un preux chevalier et le fils morganatique du roi Arthur, dans Perlesvaus, il est apparemment le fils légitime d'Arthur et Guenièvre
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dimanche 23 juillet 2017
Qui est vraiment Guenièvre ? -2/3-
La personnalité de Guenièvre, s’étoffe à partir du XIIe siècle dans la littérature proprement dite, chez Chrétien de Troyes par exemple, qui répond peut-être aux attentes d’un public de dames nobles de la cour de Marie de Champagne ...
Alienor d'Aquitaine ->
A l'arrivée de Lancelot, à la cour du Roi Arthur, c’est le coup de foudre immédiat...
Cette relation ne sera découverte que plus tard par le roi – avec beaucoup d'incrédulité ou de naïveté de sa part -...
Ainsi, - en toute fin du cycle - à l’issue d’un festin il constate l’absence simultanée des amants.
Agravain et Mordred, fils du roi Lot, témoins du forfait, pression est faite sur Arthur pour qu’il fasse périr Guenièvre sur le bûcher.
Il s’y résout à contrecœur. Lancelot ayant promis de sauver la reine avec l’aide de sa parentèle, Arthur fait protéger le site de l’exécution par les autres chevaliers. Lancelot a le dessus, Gaheris et Gareth, frères de Gauvain, sont tués au combat.
Gauvain pousse Arthur à poursuivre Lancelot en France où il s’est réfugié. En prévision de sa campagne française, Arthur laisse Guenièvre, semble-t-il amnistiée, à la garde de Mordred.
À peine le roi parti, Mordred révèle ses intentions de s’emparer du trône et d’épouser Guenièvre. Celle-ci, selon les versions, accepte ou s’enfuit pour se réfugier à la tour de Londres et enfin dans un couvent.
Ayant appris les nouvelles, Arthur retourne en Bretagne, confronte Mordred à Camlann et le tue, mais lui-même est mortellement blessé. Il est emmené par Merlin à Avalon. Quant à Guenièvre, après une dernière rencontre avec Lancelot, elle se retire à l'abbaye d'Amesbury pour y finir ses jours.
Au XIIIe siècle, Guenièvre est le fille du roi Leodegrance. Ce fait est mentionné pour la première fois dans Estoire de Merlin (vers 1215-1235), puis dans les adaptations ultérieures comme Le Morte d'Arthur de Malory (vers 1470), où la première rencontre entre Arthur et Guenièvre a lieu lors d'un banquet que le père de la jeune fille donne en l'honneur d'Arthur, pour le remercier de l'avoir aidé à vaincre le roi Royns.
À l'époque du Morte d'Arthur, Guenièvre était devenue la belle et glorieuse reine de la plus belle cour médiévale d'Europe.
Dans le cycle arthurien, développé sur quelques siècles par de nombreux auteurs, elle apparaît tantôt comme un personnage entièrement négatif, faible ou opportuniste, tantôt comme une dame noble remplie de qualités mais victime de la fatalité.
La relation adultère de Guenièvre avec Lancelot est le thème récurrent du cycle arthurien. Vous trouverez, sur ce site même, le récit de cette relation.
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| Premier baiser de Lancelot et Guenièvre (Elum: entre 1404 et 1460) |
Guenièvre envoie sa bague à Lancelot |
Selon la plupart des traditions, Guenièvre est une femme très « convoitée » - elle est enlevée par Mordred, Melwas, Meleagant, Meljakanz, Melianz etc. ( notez la proximité étymologique …) - et aurait eu de nombreux amants …
Parmi eux, Yder ( le Roman de Yder (~1210))...
Parmi eux, Yder ( le Roman de Yder (~1210))...
Il est vrai, que Guenièvre fait originellement partie des reines symboles de souveraineté: les enlever revient à s’emparer du royaume de leur mari...
(*) Dans Le Morte d'Arthur, le roman de Thomas Mallory qui sert de base à de nombreuses adaptations de la Légende Arthurienne, Guenièvre aurait eu même, deux fils de Mordred .. !
Guenièvre, par Sophie Busson ->
(*) Dans Le Morte d'Arthur, le roman de Thomas Mallory qui sert de base à de nombreuses adaptations de la Légende Arthurienne, Guenièvre aurait eu même, deux fils de Mordred .. !
jeudi 20 juillet 2017
Qui est vraiment Guenièvre ? -1/3-
Guinevere (Lord Alfred Tennyson)Une chose est certaine, Guenièvre est fille du seigneur Léodagan, roi de Carmélide. Sa mère (elle pourrait être la Reine Seli ...( Kaamelot) ) serait morte à sa naissance. Très vite son père, décide de l’envoyer en Gwynedd, là où vit la soeur de sa mère : un pays de forêts et de montagnes, où l'ombre de la terrible prophétie prononcée à sa naissance semble s'éloigner. Epouse de roi, qu'elle trahira; elle sera la cause de la chute du Royaume …
Selon Nancy McKenzie, qui a visité sa biographie, Guenièvre y vit avec sa cousine, Elaine, sa tante, la Reine Alise et son oncle, le Roi Pellinor. En grandissant, les deux jeunes cousines s'enflamment pour les exploits d'Arthur, le fils d'Uther Pendragon, mais le roi n'est encore qu'une figure lointaine... Elle adore monter à cheval, et prend peu de plaisir à parfaire ses points de broderie, petits et serrés...
Païenne, elle se convertit au christianisme, mais elle reste toujours et avant tout fille de Galles et de Bretagne.
Léodagan était un serviteur d’Uther Pendragon, père d'Arthur et futur roi de Grande Bretagne, et gardien de la Table Ronde. Pour devenir légitime sur le trône, le roi Arthur cherche à créer des alliances avec les seigneurs. Son salut provient de Léodagan, qui livre bataille avec une troupe romaine du duc des Alémans et de Claudas de la Terre Déserte depuis plus de sept ans.
Le roi Arthur lui vient alors en aide, accompagné de quelques chevaliers mais suivant le conseil de Merlin, il ne divulgue pas son identité et met en défaite la coalition ennemie. Léodagan invite alors les chevaliers dans son château en guise de remerciement autour d’un banquet.
Queen Guinevere’s Maying, by John Collier, 1900
C'est à ce moment qu’Arthur rencontre Guenièvre et tombe immédiatement amoureux d’elle. Léodagan découvre que son sauveur n’est autre que le roi Arthur, il lui offre alors la main de sa fille et la Table Ronde et ses chevaliers.

Guenièvre apparaît dans Historia Regum Britanniae, l'Histoire des rois de Bretagne, rédigée vers 1136 par Geoffroy de Monmouth. À la suite de cette première mention, le personnage et l'histoire de Guenièvre se sont développés et ont évolué, pas nécessairement de façon cohérente, au gré des adaptations des différents auteurs, qui se concentraient sur tel ou tel attribut pour ignorer tel ou tel autre.

Dans l'Histoire de Geoffroy, par exemple, Guenièvre s'appelle Guenhumare. Elle est noble, d'origine romaine, elle n'est pas élevée par ses parents mais devient pupille de Cador de Cornouailles, son cousin dans le Roman de Brut ; elle est célèbre pour sa grande beauté. En revanche, dans la tradition galloise, elle est la fille du roi Ogrfan Gawr, et son nom, Gwenhwyfar en gallois, peut se traduire par « le fantôme blanc » ou « la fée blanche ». Dans les Triades galloises, les trois grandes reines d'Arthur s'appellent Gwenhwyfar, et il est dit que Gwenhwyfar est plus infidèle que les Trois Femmes Infidèles de l'île de Grande-Bretagne.
Par ce nom, "Gwenhwyfar", la reine inspire la féérie, la magie, un monde mystérieux…Ce qui sous-entend, sa beauté, son éloquence, et son prestige auprès de tous... Aucun texte ne mentionne le nom de sa mère et on ne lui connaît pas d’enfant.
vendredi 14 juillet 2017
La Quête du Graal : La Roue de Fortune – 10/21 -
* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente.. : Le Prêtre Jean..)
- « Où trouver cet Ermite, et comment relire mon chemin... ? »
Entrez !

La Roue de Fortune est un des thèmes majeurs de la littérature et de la philosophie au Moyen-âge : elle évoque d'une part le caractère éphémère des biens sur terre, et d'autre part que même les puissants peuvent être au sommet, et pourtant tomber subitement... La déesse Fortuna, influence ainsi la destinée humaine ; elle est représentée en haut d'une roue et l'a fait tourner selon les caprices de la chance...
Dans la Légende arthurienne, Gauvain, la rencontre dans un grand château. Mi-noire, mi-blanche, Fortuna est accompagnée de sa Roue...
Si elle peut paraître en alternace belle et hideuse, en sa présence, Fortuna reste belle... Elle manifeste au Chercheur de Graal, son rayonnement intérieur ; elle l'aide encore par la suite à découvrir les véritables secrets du vase sacré...
Fortuna est plutôt favorable à Gauvain ( le champion de ces dames …!)
Un roman, que rédige Wirnt de Grafenberg, vers 1204-1215, continue cette destinée favorable …
En effet, l'histoire s'attache au jeune Wigalois, qui serait le fils de Gauvain , et de … disons, d'une fée. Il part à la recherche de son père. Il gagne la cour du Roi Arthur, avant de s'engager dans une série d'aventures qualifiantes qui vont le mener au mariage et à la souveraineté. L'emblème du jeune chevalier est une roue d'or ( la roue de Fortune ). Fortuna, ou la providence, veille sur lui en permanence...
La possibilité d'un nouveau choix, peut nous conduire à une meilleure compréhension du but essentiel de notre Quête. Même un changement de fortune, peut nous armer d'une détermination plus grande encore ...
Pour continuer le Chemin : - Quelle est votre question ?
Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews
jeudi 29 juin 2017
Roger de Laron et les Templiers – Histoire et Légendes -3/.-
Le Château de Laron, est à proximité
de la Commanderie de Charrières ( aujourd'hui en Creuse, au hameau
de La Faurie – commune de Saint-Moreil). Roger de Laron a connu le
vieux Géraud de Saint-Martial, qui a déposé à Poitiers lors
du procès des Templiers. En 1308, il est également interrogé à
Rome : il dit avoir reçu l'habit du Temple, il y a
environ cinquante ans, des mains de frère Etienne de « Loriut »,
précepteur du Limousin, en une maison du Temple appelée Chamberaud.
Peu après son admission, il est allé dans les États latins
d'Orient et y a passé vingt-quatre ans.
Le vieux chevalier Géraud, aimait
s'approprier cette légende:
Une forteresse, dans les environs de
Tyr, appartenait à un puissant Emir. Ce chef était assez malin,
pour accepter de rencontrer les chrétiens et commercer avec eux ;
mais il refusait d'en être le vassal...
Il avait une fille très
belle qui serait tombée amoureuse du fringant écuyer Géraud. La
jeune femme lui aurait dévoilé le secret pour accéder au château
sans se faire prendre par la garde, afin qu’il puisse venir la
retrouver la nuit. Un soir, le jeune homme laissa volontairement la
porte ouverte, pour que les chevaliers chrétiens assaillent la
forteresse. Face à cette trahison, l'Emir et sa fille se sont jetés
de la plus haute tour, préférant mourir plutôt que d’abandonner
le château aux chrétiens.
Le templier
Géraud de Saint-Martial, s'il n'était rentré en sa province,
serait bien resté en Orient : « Ceux qui étaient pauvres
en leur pays, ici Dieu les a fait riches. Pourquoi retournerait-il en
Occident celui qui a trouvé l'Orient si favorable ? » (
témoignage de Foucher de Chartres)
Wilbrand
d'Odenbourg (1180-1233) au début du XIIIe siècle, décrit des
forteresses qui pouvaient être aussi des châteaux de plaisance :
« Cette salle, dit-il, ouvre d'un côté sur la mer, où
l'on voit voguer les navires, et, de l'autre, sur des prairies et des
vergers. Son pavage de mosaïques représente une eau ridée par la
brise et on est tout étonné en marchant de ne pas voir ses pieds
empreints dans le sable qui apparaît au fond. Les murs sont revêtus
de placages de marbre qui simulent des tentures. La voûte est peinte
à l'image du ciel et l'on y voit des nuages courir, le vent souffler
et le soleil distribuer l'année, les mois, les jours, suivant leur
mouvement dans le Zodiaque. En ces arts décoratifs, les Syriens, les
Sarrasins, les Grecs excellent et rivalisent. Au milieu de cette
salle se trouve tin bassin en marbres de couleurs diverses, où l'on
voit une variété infinie de fleurs qui éblouissent le regard. Au
centre de cette vasque se trouve un dragon, dont la gueule lance une
gerbe d'eau cristalline qui, grâce à l'air circulant librement par
de larges fenêtres, répand en cette salle une fraîcheur
délicieuse.Et dans ces belles résidences du bord de la mer vivaient ces princesses lointaines qui s'appelaient Sibylle, Béatrix, Étiennette, Mélisende, dans un luxe raffiné, où la grâce française se mêlait de façon singulière aux charmes mystérieux de l'Orient.
Il faut imaginer des fêtes princières qui se donnaient dans ces grandes cités de la colonie latine : Telle que le couronnement d'un nouveau roi de Jérusalem, et la fête qui lui fait suite se prolonge pendant quinze jours dans l'immense grand'salle du Palais des templiers de Saint- Jean-d'Acre ; on y donne des représentations théâtrales : chevaliers et noble» dames se partagent les rôles des héros de la Table ronde et l'on voit paraître en des joutes galantes Lancelot, Tristan, Palamède et Penthésilée, reine des Amazones."
Ce témoignage nous rappelle une autre histoire, que les croisés aiment se raconter.
Elle concerne le chevalier Renaud de Châtillon (1120-1187) : fils cadet d'un pauvre seigneur de Châtillon Coligny près de Gien, Renaud fait partie des hommes de la seconde croisade. Il est venu en Terre sainte davantage en quête d'aventures et de preux exploits que pour des motivations religieuses. Il épouse en 1153 Constance de Hauteville (1127-1163), la princesse d'Antioche, veuve depuis 1149 ; qui pourtant ne souhaitait plus se marier... . Constance, Petite fille, mariée en secret, à neuf ans, à un chevalier de vingt-cinq ans son aîné ( Raymond Ier de Poitiers, prince d'Antioche, fils de Guillaume IX, duc d' Aquitaine..), va découvrir peu à peu les armes de son sexe faisant de ce mariage de raison une étonnante histoire d’amour. Elle apprend aussi à surmonter la haine de sa mère en même temps qu’à louvoyer entre les revendications des empereurs byzantins, les ambitions du roi de Jérusalem et les attaques des turcs pour préserver sa liberté de femme et de princesse.
Renaud, devenu prince d'Antioche, est fait prisonnier par l'émir d'Alep... Malgré sa témérité reconnue de tous, il reste seize ans en captivité...
Constance étant morte, le roi de Jérusalem marie Renaud avec Étiennette de Milly ( + 1197), déjà deux fois veuve, suzeraine d'un des principaux fiefs du royaume, cette vaste Terre d'Outre-Jourdain, où plusieurs châteaux forts s'échelonnent sur une ligne de crête au delà de la mer Morte jusqu'à la mer Rouge. La principale forteresse de cette Terre d'Outre-Jourdain est Kérak de Moab.
A cette époque, le royaume est menacé par un ennemi redoutable, le sultan Saladin, qui est parvenu à réunir sous sa domination les États musulmans de Syrie et d'Egypte.
Bientôt Renaud de Châtillon devient son principal adversaire et lui inflige maintes défaites.
L'année suivante, Saladin va, avec une puissante armée, assiéger Renaud dans son grand château de Kérak, qui domine, à 1 000 mètres d'altitude, le rivage oriental de la mer Morte. Et, dans le récit de ce siège, se place un épisode plein de grâce et de galanterie.
* Le 22 novembre 1183, une fête splendide commence dans le grand château du désert ; la noblesse franque s'y est réunie, venant de très loin, pour les noces du fils d'Étiennette de Milly, Onfroy de Toron, avec Isabelle, fille du feu roi de Jérusalem, Amaury.
Tout à coup, on signale l'approche des troupes musulmanes. Cependant, la fête continue, et, tandis que les mangonneaux de Saladin martèlent les murailles, tandis que Renaud de Châtillon, avec ses hommes d'armes et ses perrières, soutiennent le combat, on danse au son des fanfares joyeuses dans la grand'salle pleine d'invités de haut lignage. Et le chroniqueur Ernoul nous raconte un trait de délicate courtoisie de la princesse Étiennette vis-à-vis de Saladin. Elle lui fait porter une part du festin nuptial dans son pavillon de soie tout brodé d'or et lui envoie son salut en lui rappelant qu'alors qu'elle était tout enfant, lui, Saladin, était otage dans le château et qu'il la portait dans ses bras. Et le Sultan, très ému par ce souvenir, lui répond par un geste véritablement chevaleresque : « II la merchia moût hautement », et il demande à ceux qui ont apporté ce présent «en quelle tour gîtaient les nouveaux mariés».- Et, quand on la lui montre, il fait crier par tout son ost que nul ne tente de lancer des traits contre cette tour ni de l'attaquer en aucune manière.
Cette fois. Saladin ne prit pas le château : l'armée du roi de Jérusalem, avertie par des feux allumés en haut du donjon (par temps clair, on voit le Jardin des Oliviers de l'autre côté de la mer Morte, à 80 kilomètres à vol d'oiseau), vint au secours de Kérak et Saladin dut lever le siège. Mais, quatre ans plus tard, il remportait une éclatante victoire à Hattin sur le roi de et il tuait de sa main Renaud de Châtillon.
Voilà de vielles histoires que raconte ( 130 ans plus tard..!) le vieux templier, Géraud de Saint-Martial... Mais revenons à
Charrières...
La commanderie se compose d’une ferme
et de dépendances, d’un château et d’une chapelle dédiée à
Sainte-Claire. Une fontaine nommée « Sainte-Claire » est
creusée à côté et en contrebas de la chapelle. Ce lieu de
dévotion sert à soigner les maladies des yeux.
Beaucoup de pierres de ce lieu saint ont été utilisées pour construire des maisons dans le village de La Faurie. En 1837 , le château de la commanderie, adossé à l’église sera détruit. Beaucoup de pierres de la chapelle ont été utilisées pour construire des maisons dans le village de La Faurie.
Images extraites du film '' Kingdom of Heaven''
mercredi 14 juin 2017
Robert de Laron, la magie noire et le Diable. -2/2-
A l'égard du Diable et de ses pouvoirs, les histoires sur Roger
de Laron, en constituent un vivant exemple. Ainsi, celle-ci :
On raconte que Roger eut commerce avec
Satan lui-même, mais dans un but charitable, pour tenter de sauver
un étranger rencontré par hasard.
Un jour, alors que, perdu dans ses
pensées, le seigneur de Laron s'est éloigné du château et se
promène aux alentours du village de Saint-Julien, il tombe sur un
jeune homme affalé dans l'herbe, une épée en travers de ses genoux
et les yeux pleins de larmes. Le chevalier s'arrête pour s'enquérir
de ses malheurs et le réconforter et – pense t-il - l'empêcher
d'attenter à ses jours, comme son attitude peut le donner à
craindre.
Il entend alors le récit d'une bien
curieuse aventure.
Le jeune homme a mené une vie des plus
dissolues: ayant dilapidé son héritage en beuveries et jusqu'à
perdre son fief au jeu, il s'est abouché avec un vieux sage (
semblait-il) qui lui a offert son aide. Celui-ci s'engage à payer
les dettes du jeune homme et à subvenir à ses besoins, en échange,
le jeune homme se mettrait à l'entière disposition de son
bienfaiteur.
Les dettes ont été honorées, et le
vieillard est venu réclamer son dû. C'est alors seulement - en
humant une écœurante odeur de corps en putréfaction et en
apercevant l'éclat d'un regard infernal dans l'ombre du capuchon -
qu'il a brusquement compris qui était son créancier...
Comme il a été dupé, il a exigé
obtenir un délai d'un jour avant de lui appartenir corps et âme
pour toujours, et cette journée touche à sa fin... !
Roger de Laron l'écoute d'un air
empreint de gravité. Et, fort de ses connaissances, de ses
aventures, il s'offre pour lui venir en aide....
Il offre l'hospitalité au jeune homme,
et le lendemain matin, dans le froid de l'aube, ils se mirent –
tous deux – en route pour rencontrer Satan à la lisière d'un bois
de la chatellerie, là où deux chemins se croisent.
Quand ils arrivent au lieu du
rendez-vous tout semble paisible. L'air sent bien la fumée, mais
cela peut être dû au travail des charbonniers qui travaillent non
loin de là.
Un homme âgé, portant une houppelande
et un capuchon noir, les attend. Il a l’air plutôt inoffensif,
bien que son visage soit dissimulé dans l'ombre Mais quand il lève
la main et que sa manche se relève, le seigneur de Laron lui-même a
un sursaut. Il n'y a pas de bras auquel la main soit rattachée. Ils
ne perdent pas de temps en préliminaires. Le vieillard prend Roger à
témoin du marché conclu, selon les termes duquel lorsque toutes les
dettes du jeune homme auront été payées, celui-ci "doit se
tenir à l'entière disposition du créancier, et accourir librement
et sans aucun délai au premier appel du créancier susdit ".
Le seigneur de Laron lit et relit
attentivement le contrat, puis il demande au jeune homme: « Est-ce
bien votre signature ? Vous avez
accepté, dès que toutes vos dettes auront été payées, de vous
donner à Satan ici présent?»
« C'est vrai », répond le jeune
homme, « mais je ne savais pas qui il était quand j'ai signé "
Roger écarte l'objection d'un geste de
la main et reprend :
« Mais il est clair pour moi que
toutes vos dettes n'ont pas été payées... Vous n'avez pas
remboursé le créancier qui se tient devant nous. Et tant que cette
dette reste impayée, il n'a aucun droit sur vous. »
Sur ces mots, le chevalier se tourne
vers le vieil homme et de la main droite il fait dans l'air le signe
de croix des Templiers... Aussitôt, la silhouette encapuchonnée
s'évanouit...
dimanche 11 juin 2017
Robert de Laron, la magie noire et le Diable.-1/2-
Il y a, dit-on, loin en Espagne, une
école qui s'appellerait l'Ecole Noire. On y apprend la science de la
matière, la magie et autres sciences antiques. Cette école se
trouve dans une caverne au bout d'un souterrain très profond. Il n'y
a, bien sûr, aucune fenêtre, aussi y fait-il toujours noir, du
moins comme dans un four.... Il n'y a pas de professeurs, on apprend
tout dans des livres écrits en lettres de feu que l'on peut lire
dans l'obscurité. Ceux qui apprennent là ne peuvent sortir en plein
air ou voir la lumière du jour tant qu'ils y restent, et il leur
faut patienter dans cette écoles trois, cinq ou sept ans pour
terminer leurs études.
Chaque jour, une main grise et velue
entre par le mur et tend à manger aux étudiants. Celui qui tient
cette école a stipulé que le dernier à quitter l'école, chaque
année, lui appartient. Et comme ils savent tous que c'est le Diable
qui tient l'école, chacun tente tout pour éviter d'en sortir le
dernier.
Il est arrivé que le Diable voit sa
proie lui échapper...
Une fois, il y eut trois Islandais à
l'Ecole Noire: Saemundur le savant, Kalfur Arnason et Halfdan
Eldjarnsoon ou Einarson qui, par la suite, fût prêtre à Fell dans
le Slettuhlid. Ils devaient quitter l'école tous ensemble et
Saemundur s'offrit à sortir le dernier. Les deux autres s'en
réjouirent. Saemundur s'enveloppa dans un grand manteau, sans
enfiler les manches et sans boutonner un bouton. Il y avait un
escalier pour remonter de la maison d'école. Lorsque donc Saemundur
arriva à l'escalier, le diable empoigna son manteau en disant: "Toi,
tu m'appartiens." Alors, Saemundur se débarrassa de son manteau
et sortit en courant. Il ne resta que le manteau entre les mains du
diable. Mais la porte de fer grinça sur ses gonds et claqua si fort
sur les talons de Saemundur qu'il fut blessé aux os des talons.
Alors, il dit: "La porte a claqué tout près des talons" -
et c'est devenu depuis un proverbe.
Voilà comment Saemundur parvint à
quitter l'Ecole Noire avec ses camarades. D'autres disent que lorsque
Saemundur le savant monta l'escalier et passa les portes de l'Ecole
Noire, le soleil brilla sur lui et porta son ombre sur le mur. Quand,
donc, le diable voulut s'emparer de Saemundur, celui-ci dit: "Je
ne suis pas le dernier. Tu ne vois pas celui qui me suit?" Le
diable saisit alors l'ombre qu'il prit pour un homme et Saemundur
s'échappa et la porte claqua sur ses talons. Mais à partir de ce
moment là, Saemundur n'eut plus jamais d'ombre parce que le diable
ne la lui rendit jamais.
A l'issue de leurs études, ces
''savants'' peuvent se permettre d'assister à des événements
lointains, et donc de se déplacer à la vitesse de l'éclair. Ils
peuvent invoquer des démons.
Saemundur possédait des pouvoirs très
étendus. Le bruit courait qu'il était servi par un démon familier
qui le transportait par delà les mers à sa demande, et qui
s'occupait du bon ordre de sa maison et de ses propriétés. Et, le
Diable attendait tranquillement son heure, car on racontait aussi que
des légions de démons se pressaient autour du 1it de mort de
Saemundur, guettant l'instant où
son âme quitterait son corps.
Il semble que tous les adeptes de cette
école de magie disposaient et disposent des mêmes pouvoirs.
Le savant écossais Michael Scot (1175-1232), par exemple,
contemporain de Bacon, avait sous son autorité, à son retour
d'Espagne, une nuée de serviteurs infernaux, et il possédait un
ouvrage intitulé Le Livre du pouvoir, qui contenait les
formules permettant de les évoquer ou de les renvoyer. On prétendait
qu'il chevauchait un démon ayant pris la forme d'un cheval, qu'il
faisait surgir du néant de somptueux festins, et qu'il avait
contraint ces fils de l'Enfer à bâtir des ponts et à déplacer des
montagnes.
Aussi inspirait-t-il une vive crainte
aux gens du commun. Quand il mourut, il fut enterré solennellement,
et Le Livre du pouvoir fut accroché au mur de l'église près
de son tombeau. Pendant des siècles, personne n'osa l'ouvrir ni même
le toucher, par crainte de libérer les créatures que ses formules
magiques permettaient d'évoquer.
Scot passait pour avoir partie liée
avec l'ennemi par excellence de l'univers, mettant ainsi en péril
aussi bien sa personne que son entourage, et que l'ordre même de la
nature. Ce n'était pas chose aisée que de toucher au domaine
interdit et de rester indemne. Un magicien devait faire preuve d'un
grand courage et d'une grande habileté pour commander aux puissances
des ténèbres sans devenir leur victime.
mardi 30 mai 2017
Roger de Laron et le ''Grand Oeuvre'' -15/.- Le Graal et les Trois Tables
Pour continuer avec L'Histoire du
Graal, dans le '' Merlin '' de Robert de Boron (il fut
au service de Gautier de Montbéliard, mort durant la quatrième
croisade en Terre sainte en 1212.), au fondement de l'institution du
Graal, il parle de « Trois Tables », chacune créée
à une époque différente...
L’une est rectangulaire, l’autre carrée et la troisième est ronde. Elles ont le même périmètre, réalisant ainsi le vieux rêve de la quadrature du cercle. La Tradition dit aussi : "Toutes trois ont même surface et égal à 21".
L’une est rectangulaire, l’autre carrée et la troisième est ronde. Elles ont le même périmètre, réalisant ainsi le vieux rêve de la quadrature du cercle. La Tradition dit aussi : "Toutes trois ont même surface et égal à 21".
La Table du Graal est une réplique de la Table de la Cène. Joseph d’Arimathie la crée afin d’instaurer le culte du Graal, qu’il assimile au calice de la Cène : « Notre Seigneur lui ordonna de construire une table réplique de la Cène et d’y déposer un vase » Tout comme la Table de la Cène, elle possède nécessairement un siège vide.
Cette Table du Graal voulue par Joseph d’Arimathie au fond de sa prison est carrée. Cette forme a une valeur symbolique, la table carrée représente le jeu d’échecs avec ses 64 cases. Les noirs affrontent les blancs dans un dualisme symbolisant la lutte du bien et du mal. Le dualisme est une doctrine interdite par l'Eglise de Rome, elle symbolisait l'hérésie cathare.
La Table ronde est la réplique de la Table du Graal dotée d’un rôle à la fois chrétien et profane. Dans Merlin, elle est ainsi présentée: « Nous établirons la troisième table au nom de la Trinité puisque la Trinité est représentée par le chiffre trois....Le vase et ses gardiens, apprenez-le, sont venus par la volonté de Jésus-Christ dans nos régions d’Occident...
Sous le regard de Dieu, elle est le lieu de rencontre d’une élite de chevaliers choisis afin de consacrer leur existence à la quête du Graal. Cette table ronde a une puissante charge symbolique. En effet les cromlechs sont des tables rondes et ils ont parfois été appelés Ronds-de-fées. Leur vocation rituelle en faisait des lieux de rondes ou de danses magiques permettant d’accéder à un délire sacré afin d’entrer en contact avec la divinité.
A l’image des deux autres tables, elle possède une place interdite, réservée à celui que Dieu aura désigné, tel un initié. Malheur à l’insensé qui tente de s’asseoir sur ce siège qui ne lui est pas destiné. Le Baron outrecuidant en fera les frais :« A peine avait-il posé ses cuisses sur le siège qu’il coula comme une masse de plomb qu’on aurait posé sur l’eau et disparut sous les yeux de tous sans qu’on sut ce qu’il était devenu. ».
Il faut considérer ces trois tables comme une progression mystique dans notre quête de l’identité réelle du Graal.
Nous rapprochons bien sûr ces ''Tables '' de : La Table d’émeraude, attribuée à Hermès Trismégiste, qui est le premier recueil codifiant l’hermétisme et l’alchimie. L’enseignement de Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l'alchimie, aurait été gravé avec une pointe de diamant sur une lame d'émeraude et découverte par les soldats d'Alexandre le Grand à l'intérieur de la grande pyramide de Giseh, son tombeau. On trouva y son corps inhumé, et il tenait entre ses mains une tablette. Hermès Trismégiste ( trois fois grand) serait un sage égyptien, qui aurait vécu peut-être au IIème siècle avant J.C., soi même un dieu lui même, qui apparaît dans le panthéon égyptien comme le premier ministre de Thot.
Ce texte serait attribué à un philosophe néo pythagoricien du 1er siècle de notre ère.
Le texte, '' La Table d'Emeraude '' ne sera connue en Occident qu'au XIIème siècle divulgué par le philosophe et savant Albert le Grand, provincial des Dominicains, théologien, maître de St Thomas d'Aquin, et canonisé lui même...
Les premiers versets en sont : « Il est vrai sans mensonge, certain & très véritable. Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : & ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose. »
Autre traduction : « En Vérité, Certainement et sans aucun doute. Ce qui est inférieur provient du Supérieur et ce qui est en Haut se reflète en Bas, par ceci on accomplit les miracles de l'Unicité ».
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samedi 27 mai 2017
Roger de Laron et le ''Grand Oeuvre'' -14- Retour au Graal
La science alchimique au Moyen-âge
pourrait nous amener fort loin... Une vie n'y suffirait pas ;
celle de Roger de Laron a l'avantage d'être celle d'un chevalier
Templier et lui offre – en ces temps difficiles – l'avantage de
voyager, de faire des rencontres, et lui permettre ainsi de faire des
liens entre la Queste, la Fin'Amor, le Graal, le Grand œuvre, le
trésor des Templiers, et finalement le sens d'une vie.
Puisque nous parlions d'Alchimie,
suivons ce tracé en direction du Graal. Un autre chevalier l'a déjà
suivi, bien avant Roger de Laron : il s'agit de Wolfram né
à Eschenbach en Bavière. On l'a surnommé le
Templier Souabe. A la cour d'Aquitaine, il rencontre des troubadours
qui chantent la Quête du Graal de Chrétien de Troyes. Il est
l'auteur d'une épopée : Parzifal. Il semble ne pas avoir été
satisfait de l'interprétation de Chrétien de Troyes. Lui, déclare
que sa source est un poète appelé Kyot qui vivait en Provence.
Le Graal est gardé par des Templiers,
et sa ''connaissance'' est réservée à quelques « élus »
seuls susceptibles de s'en approcher. Ces élus sont liés par une
fraternité liée par la connaissance de l’alchimie. Dans son
Parzival, Wolfram parle de son instructeur Kiot, le méridional, en ces
termes :
« Kiot, le maître illustre, trouva à Tolède, parmi des
manuscrits abandonnés, la matière de cette histoire, notée en
écriture arabe. »Kiot y aurait découvert qu’un certain Flagétanis très savant écrivit l’histoire du Graal. C’était un homme de grand savoir de la lignée de Salomon, mais en ces temps pré-islamique, Flagétanis (toujours d’après Wolfram) adorait une idole ...
« Le païen Flagétanis découvrit, en examinant les constellations, de profonds mystères dont il ne parlait qu’en tremblant. » Les étoiles lui avaient révélé l’existence du Graal :
« Il était, disait-il, un objet qui s’appelait le Graal. Il en avait clairement lu le nom dans les étoiles. Une troupe d’anges l’avait déposé sur terre. Depuis lors, c’était des hommes devenus chrétiens par le baptême et aussi purs que les anges qui devaient en prendre soin. »
Une Dame avait reçu mission de porter
le Graal : elle avait pour nom « Répanse de joie ».
Wolfram associe le Graal au phénix qui
est le symbole de la pierre philosophale :
« On l’appelle « lapsit exillis ». C’est
par la vertu de cette pierre que le phénix se consume et devient
cendre ; mais de ces cendres renaît la vie ; c’est grâce
à cette pierre que le phénix accomplit sa mue pour reparaître dans
tout son éclat, aussi beau que jamais. »Le parallèle entre la Quête du Graal et la quête de la dame, est constant : il est nécessaire d'acquérir la blancheur nécessaire pour courtiser la Dame et la matière...
L'équivalent gallois de Perceval, est Peredur.. Il évoque le Mercure, celui qui traverse. Perceval signifie aussi "celui qui traverse" et sa quête illustre justement le passage de l'ancien mercure ( qui cherche à l'aveuglette, triomphant de tous les obstacle mais ne comprenant ni le but, ni le sens de la quête) au nouveau mercure, qui connaît le but de la quête.
Avec Bohort ; la pureté d'intention, l'honnêteté profonde, le désintéressement absolu, doivent présider à l'expédition surhumaine de la Queste
Dans les textes d'Hermès Trismégiste, on trouve notamment cette fantastique sentence qui nous éclaire sur la nature du Graal :
« Dieu a fait descendre un grand cratère empli des forces de l’Esprit, et envoyé un messager pour annoncer au cœur des hommes : immergez-vous dans ce Graal, vous, âmes qui le pouvez ; vous qui espérez, avec foi et confiance, vous élever vers celui qui a fait descendre ce vase, vous qui savez à quelle fin vous avez été créées ». Et, continue Hermès Trismégiste : « tous ceux qui prêtèrent l’oreille à cet avertissement et se purifièrent en s’immergeant dans les forces de l’Esprit eurent part à la Gnose, la vivante connaissance de Dieu, et recevant l’Esprit, devinrent des hommes parfaits ».
Le Roi Arthur, voulait qu'à sa Table Ronde, autour de laquelle s'asseyaient les chevaliers, restât une place vide et destinée à recevoir le héros, à la fois ignoré et attendu, et qui sera Galaad. Cette Table, pourrait être la Table d'Hermès, et c'est aux chevaliers de la déchiffrer. Nous en reparlerons la prochaine fois.
La tradition, pour s'adapter au texte de Wolfram d'Eschenbach, rapporte que le Graal fut façonné dans l'émeraude énorme que Lucifer abandonna lors de sa chute sur la terre. Cette noble matière est l'objet de la quête incessante et laborieuse de l'alchimiste... N'oublions pas que pour l'alchimiste : la matière est indissolublement unie à l'esprit...
mercredi 15 mars 2017
Roger de Laron, les Lusignan et les Templiers -2/.- La légende de dame d'Albret
Je continue avec Roger Mortimer, comte
de March, qui participe au complot contre le roi d'Angleterre Edward
II... En novembre 1316, Roger Mortimer sera nommé Lord
lieutenant d’Irlande.
En 1318, il s'associe au mouvement
d'opposition grandissant contre le roi Édouard II et ses favoris,
les le Despenser... Aussi, en 1322, est-il emprisonné à la Tour
de Londres, pour avoir conduit la révolte des seigneurs des Marches
contre le roi Édouard II.
Pourtant ….
Roger Mortimer, parvient à
s’enfuir en France, où il est rejoint par l’épouse
d’Édouard II, Isabelle de France : la reine
d’Angleterre.., qui devient sa maîtresse !
Rappelons-nous cette page d'Histoire :
Isabelle de France ( 1295-1358),
est la fille de Philippe IV le Bel... Elle est reine et épouse ( en
1308) d’Édouard II d’Angleterre, homosexuel, qui l'humilie avec
ses favoris...
En 1325, le couple royal était au bord
de la rupture.
Isabelle ne peut accepter le
nouveau favori : Hugues le Despenser … Voyageant en France
sous le prétexte d’une mission diplomatique, Isabelle entame
une relation adultérine avec le comte de March, Roger
Mortimer.
Pendant ce temps … En conséquence de
la révolte de son mari contre le roi Édouard II d'Angleterre,
déjà pénalisée par l'infidélité de Roger Mortimer, Jeanne de
Geneville et emprisonnée au château de Skipton deux
années durant.
Roger Mortimer et la Reine Isabelle
conviennent de déposer Édouard et de se débarrasser de la famille
du favori Despenser.
En 1326, la reine revient en Angleterre
avec une petite armée de mercenaires ; l’armée royale fait
rapidement défection. Isabelle dépose Édouard. De 1327 à
1330, Mortimer et Isabelle tinrent conjointement lieu de régents au
nom du fils d'Isabelle et d'Édouard...
En 1330, Édouard III dépose Mortimer
à son tour, reprend son pouvoir et fait exécuter l’amant de sa
mère. La reine n'est pas poursuivie, et vit encore longtemps
entourée de beaucoup de considération, mais loin de la cour
d'Angleterre, jusqu’à sa mort en 1358.
![]() |
| Château de Chirk |
Je n'ai pu résister à vous raconter
ces brides d'histoire de l'Angleterre médiévale ; alors que
mon propos ne concernait que Roger de Laron... Mais reconnaissons que
les aventures ''légendaires'' de mon personnage rivalisent
difficilement avec la truculence de la réalité historique ...
C'est donc dans ce cadre, et suite à
ces déplacements à Florence, puis au château de Chirk, des Marches
galloises … que Roger de Laron, réintègre ses terres en compagnie
d'une jeune et belle femme, Marguerite d'Albret, de la lignée des
Lusignan, cousine de Jeanne de Geneville, et tenue recluse comme
nonne au prieuré d'Aconbury...
A la demande de Jeanne de Geneville, et
la complicité de l'intéressée, Roger enlève Marguerite, avant de
rejoindre Saint-Julien de Laron …
Ils seront mariés sept années,
jusqu'à la mort de ''Dame Margot'' ; selon la chronique...
Selon la Légende anglaise dame Margot,
pourrait être la fameuse Ladyhawke, la femme de la nuit, héroïne
inspirée d'une légende médiévale qu'a reprise assez librement le
scénariste d'un film de fantasy de Richard Donner..
Voici la légende de Dame d'Albret,
nonne au prieuré d'Aconbury :
Marguerite d'Albret, appartient à la
grande famille des Lusignan, déjà liée à plusieurs lignées
anglaises... Le problème est la dispersion des terres par le
mariages des filles, terres qui font la richesse et la grandeur d'une
famille ; aussi, pour éviter cet éparpillement par des dots
trop nombreuses, certaines dames de grande famille sont fortement
incitées à entrer dans les ordres... Marguerite d'Albret, avait le
goût – semblait-il – pour le surnaturel... Mais, il s'est avéré,
que ce goût loin d'être de l'ordre de la vocation religieuse,
s'apparentait plus à une recherche hermétique, et s'opposait à la
discipline de l'ordre monastique...
Son confesseur, n'était pas insensible
à cette libre personnalité... Impressionné par la liberté de
penser, il a d'abord mis en garde la jeune et belle postulante;
puis s'est laissé emporté par une passion sensuelle, dont le diable
ne pouvait en ce lieu ne pas être étranger.
Aussi, pour ces raisons, Marguerite
d'Albret ne pouvait envisager de rester dans ce prieuré... Elle
supplia sa parente, Jeanne de Geneville, de l'aider à tout tenter
pour la sortir de la vie religieuse... L'arrivée d'un chevalier
français, semblait providentielle. Très vite, c'est l'organisation
même d'un enlèvement qui fut envisagé ; d'autant que le
chevalier et Marguerite – dès leurs premières rencontres, étaient
tombés follement amoureux, l'un de l'autre....
Seulement, le confesseur attaqué par
le démon de la luxure, ne savait plus comment empêcher cette
passion exclusive …
Marguerite et son chevalier réussirent
à s'enfuir, et sous la protection de sa cousine, furent recueillis
au château de Chirk ..
Alors désespéré, le clerc - faisant
appel aux forces du mal - conclut un pacte innommable qui aurait du
anéantir les projets des deux amants.
On s'aperçoit, en effet, que la femme
est transformée en 'faucon' le jour, alors que le chevalier devient
'loup' la nuit... "Jamais ensemble, et jamais séparés ",
leur regards ne se croisant furtivement qu'à l'arrivée de l'aurore
et du crépuscule...
Pour que les amants puissent se
rejoindre, il faudrait briser le cycle, ce que seul un miracle paraît
capable de réaliser.
Une sorcière, leur apprend le moyen de
sortir de ce maléfice: l´homme devra décocher sur sa bien-aimée,
une flèche, et ce uniquement au Crépuscule...
A suivre ...
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mardi 17 janvier 2017
Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 5/.-
Voici un autre récit qui concerne directement le seigneur de Laron... Ce texte provient d'un
document recopié et qui se réclame d'un codex ayant appartenu à un
frère dominicain, compagnon du limousin et inquisiteur Bernard
Gui. Celui-ci devait être chargé d'écrire les témoignages
récoltés, dans les campagnes limousines...
Je le cite :
« Ce noble, dont le
comportement lui vaut de nombreux ennemis, a l'habitude de voyager de
nuit pour échapper aux embuscades. Une nuit, il traverse une forêt
proche de la Maulde avec son écuyer et, avant d'en sortir pour
déboucher dans un champ à la lisière du bois, il envoie son écuyer
voir si personne ne leur tend de piège. La lune brille et permet de
bien distinguer les alentours. L'écuyer s’avance donc et aperçoit
une grande armée de cavaliers approcher. Il en avertit son maître
qui décide d'attendre afin de voir s'il s'agit d'amis ou d'ennemis.
La troupe passe, il sort du bois et rencontre un chevalier sur un
destrier, qui tient un autre cheval par la bride. Il lui demande s'il
est bien son ami mort depuis peu, et l'autre acquiesce. « Qui
sont ceux qui te précédaient? » demande-t-il alors.
Le défunt répondit : « Ce
sont des nobles et des chevaliers, celui-ci et celui-là, et il en
nomma beaucoup, qui, comme moi,.vont cette nuit à Jérusalem puisque
telle est notre Pénitence. »
Le vivant demande à quoi
sert ce cheval qu'il mène : .« Il
est pour vous, si vous voulez venir en Terre Sainte avec moi »,
et il ajoute qu'il peut monter le destrier en toute tranquillité car
il sera reconduit vivant pour peu qu'il suive ses avertissements. Le
chevalier accepte malgré les objurgations de son écuyer, et
disparaît aux yeux.de celui-ci. Le lendemain, l'écuyer vient
attendre son maître là où il a disparu et le retrouve sain et
sauf. Le mort a donné à son ami une serviette de salamandre et un
couteau dans un fourreau afin qu'il ne s'imagine pas que tout cela ne
fut qu'illusion. »
On commence à comprendre pourquoi, des
récits anciens dans cette région évoque de nombreuses histoires
avec un ''Roger le Diable''... En effet, j'ai réuni diverses
légendes locales qui semblaient sans lien avec notre personnage, et
pourtant finissent par dessiner une biographie légendaire de Roger,
seigneur de Laron, ancien templier ; dont la trace historique
fut effacée par ses descendants ; au point de changer le nom du
château ( certains préféreront parler du château de Rochain ou
Rochein ) ; et d'abandonner le patronyme ''Laron'' …
Cette histoire de '' troupe de
cavaliers fantôme'' est en ce XIVème siècle, prise très au
sérieux. Cela évoque les chasses fantastiques d' Hellequin et de sa
mesnie ( maisonnée, famille …). En Limousin, on parle de ''Chasso
galero''. Roger de Laron, connaît bien ces ''chasses'', comme tous
ceux de son époque : lettrés ou simplement auditeur aux
veillées, il connaît bien ce que l'on raconte sur cette troupe de
démons conduite par Hellequin... Fauvel, Gautier Map (De nugis
curialum) en particulier, en portent témoignage …
A l'origine d'Hellequin, on trouve Herla, le "roi très
ancien des Bretons". Le roi du peuple des morts s'invite aux
noces de Herla et lui propose en retour de se rendre aux siennes
l'année suivante. Aux termes du pacte ainsi conclu, Herla et ses
guerriers rejoignent le monde des ténèbres un an plus tard. Cette
troupe pourra revenir parmi les vivants, mais à condition de ne
jamais descendre de cheval. Elle est ainsi condamnée à une errance
éternelle. Simple armée de fantômes dans un premier
temps, les légendes feront plus de cette mesnie d'Herla une
troupe de chasseurs maudits. Ce thème devient ainsi une
déclinaison du cycle des chasses fantastiques que
l'on rencontre un peu partout dans nos régions...
Voilà ce qu'écrit Orderic Vital,
moine historien des XIe et XIIe siècles :
"Certain jour en en l'an de grâce mil nonante et unième, Gauchelin de Normandie, prêtre pieux et dévot, vit fantassins et cavaliers défiler par la route. Grande armée c'était, multitude innombrable et moisit en désordre, portant accoutrements noirs et pennons barrés de sable. Y avait croque-morts ayant chargé cercueils sur leurs épaules. Y avait des Ethiopiens. Y avait des nains hauts de sept empans, le chef gros comme muid ou barricel. Y avait routiers et malandrins. Y avait moines et clercs, voire juges et abbés et évêques. Y avait chevaliers en bel arroi, y avait dames chevauchant haquenées. Et soufflait un vent fort et roide, lequel vent soufflant ès-cottes, robes et manteaux, de leurs sièges arrachait les nobles dames, les soulevait la hauteur d'une franche coudée, puis cheoir les laissait en leur selle, laquelle hérissaient de longs cirais au feu rougis. Et voyant icelle foule passer, Gauchelin le prêtre s'émerveilla fort et s'écria – Haï ! ce sont les gens à Herlequin!"
Seulement à l'époque christianisée
de Roger de Laron, l'expression de Mesnie Hellequin, ou de
Chasso Galero a pris la signification de famille diabolique.
Ainsi, c'est le Diable, qui conduit l'assemblée de cavaliers
rencontrée par le seigneur... !
A partir de ce moment, Roger de Laron,
va petit à petit se soustraire des yeux de la compagnie de hommes de
son temps...
Et pourtant, Roger de Laron, va trouver une épouse ;
c'est une histoire assez incroyable, et représentative des croyances
de cette époque …
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