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samedi 24 décembre 2016

Noël

6 janvier, 25 mars, 10 avril, 29 mai, toutes ces dates ont, à un moment de notre histoire, été célébrées comme marquant la naissance du Christ, avant que ne s’impose le 25 décembre.

La date du 25 décembre apparaît officiellement au IVe siècle, avec le chronographe romain de 354, qui fixe la naissance du Christ à Bethléem le 25 décembre. 
Jusque-là, la liturgie primitive se concentrait sur la mort et la résurrection du Christ. Quand les Eglises latines décidèrent d’instituer une fête spéciale pour célébrer la naissance de Jésus « dans la chair », ils la fixèrent donc, après quelques tâtonnements, au 25 décembre. Aucun document ne précisant le jour de la naissance de Jésus, les choix du jour et du mois  étaient libres.  

L'une, parmi les origines du mot '' Noël '', serait gauloise, il viendrait de deux mots gaulois "noio" (nouveau) et "hel" (soleil). Cette origine fait référence au caractère profane de la fête et notamment à la fête du solstice d'hiver fêtée par les Gaulois. D'ailleurs, La bûche de Noël vient d'une coutume païenne; on rallume le feu au début de l'année...


'Christmas' en anglais, signifie la messe du Christ...
Comme toujours les grandes fêtes religieuses chrétiennes et les fêtes païennes se superposent et s'entremêlent, il est donc difficile de retrouver les origines exactes de la fête de Noël.
Au Moyen-Âge, Noël ! Noël ! était le cri de joie poussé par le peuple à l'arrivée d'un heureux événement.

Au Moyen-âge, Noël ce n'est pas seulement, le 24 au soir, ou le 25 décembre … C'est toute la période de l'Avent ; et la fête elle-même peut durer plusieurs semaines...

Le 24 au soir, ce ne sont pas moins de trois messes, dans une église décorée... Ensuite, on fête la Saint Etienne le 26, puis la saint Jean et la saint Innocent... la circoncision du Christ, et l'épiphanie aussi … On chante des chants religieux, on fait des danses liturgiques. On danse beaucoup. Dans les églises, dans la rues, les cimetières, les monastères, partout. Tout le monde danse. Du petit paysan au grand noble propriétaire terrien...

Le solstice d’hiver ou le changement de l’année, depuis l'Antiquité, c'est le jour des étrennes, des cadeaux... Noël se finit le 6 janvier avec la fête des Rois. Plus que Noël, le jour important était l'Epiphanie.

On raconte qu'en Allemagne au VIIème siècle les druides, qui sacralisaient le chêne, avaient encore une réelle influence. Saint Boniface, pour combattre ce culte idolâtre, fit abattre un gigantesque chêne réputé sacré qui fracassa tout dans sa chute. Tout, sauf un jeune sapin que le Saint désigna comme le fruit d'un miracle et le nomma  « l'Arbre de l'Enfant Jésus ». Cette légende explique peut-être pourquoi c'est en Allemagne que la tradition du sapin de Noël est la plus enracinée.


Au XVIe siècle, apparaît en Alsace la coutume d'un sapin décoré de pommes et de bougies, qui rappellent la vie (Ève et la pomme) et la « Lumière du monde » (Jésus). 

Une année que les pommes se firent rares, un verrier avisé eut l'idée de les remplacer par des boules de verre soufflé. Cette coutume se diffuse dans les pays germaniques et plus tard en Angleterre, par l'intermédiaire du prince Albert de Saxe-Coburg Gotha, époux de la reine Victoria. À Paris, le premier sapin de Noël est planté aux Tuileries par la princesse Hélène de Mecklembourg, belle-fille du roi Louis-Philippe 1er, en 1837.  

La crèche est aussi mise en place vers le XVe siècle en Italie et au siècle suivant en Alsace. Le reste de la France n'adopte la crèche qu'au XIXe siècle. La crèche : Le mot désigne la mangeoire où reposait selon la tradition l'enfant Jésus, faute de lit mieux approprié.

vendredi 25 décembre 2015

La naissance de Jésus et de Mohammed.

La naissance du Prophète Mohammed – le Mawlid (ou Mouloud) – sera fêtée cette année le 23 décembre par la plupart des musulmans en France, comme l’a annoncé le Conseil français du culte musulman, qui s’est calé sur le calendrier de l’Arabie saoudite.
Marie et Jésus
(ancienne miniature persane)
D’autres pays, comme le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie, se sont accordés sur la date du jeudi 24 décembre 2015.
La coïncidence avec Noël « a été observée une première fois en 1558 puis ne s’est répétée que trois ou quatre fois », rapporte le site Internet Saphirnews.
Oeuvre tirée d’un ouvrage persan du XIVe siècle
expliquant la vie des prophètes (« qisas al-anbiya »).
 La vision du prophète Isaïe
 Jésus (que l’islam considère comme un prophète)
et Mahomet chevauchant côte à côte.

Manuscrit iranien du IXe siècle de l’Hégire (XVIe siècle)




 « Cette fête permet aux musulmans d’exprimer leur reconnaissance au prophète, de se rappeler ses vertus, de prier et de vivre un heureux temps familial », rappelle le P. Vincent Feroldi. « Communautés chrétienne et musulmanes auront ainsi le cœur en fête. Elles rendront grâce à Dieu, chacune dans sa tradition, pour cette bonne nouvelle qu’est la naissance de Jésus ou de Mohammed, naissances qui vont être source d’une rencontre entre des hommes et femmes croyants et Celui qui Source de vie, source de la Vie ».  « Beaucoup veulent voir (dans cette coïncidence de dates) un signe de Dieu, en ces temps difficiles où la paix annoncée par les anges, la nuit de Noël, est malmenée par la folie des hommes », reconnaît le directeur du Service national des relations avec les musulmans.
( Sources: 'La Croix')



La naissance du Prophète
Cela m'évoque la Série '' Jésus et l’Islam '' sur Arte...

 « Nous savions que Jésus occupait une place importante dans le Coran mais nous ne mesurerions pas à quel point elle était exceptionnelle », reconnaît Jérôme Prieur. Objet central des trois premiers épisodes, le Messie des chrétiens laisse place ensuite à d’autres questions, sur le prophète Mohammed, la mise par écrit du Coran…


Ainsi, les judéo-chrétiens – ces chrétiens de Jérusalem rejetés par les juifs puisque chrétiens, mais aussi par les chrétiens puisque restés fidèles à la loi juive – refont leur apparition, comme source possible d’information du Prophète de l’islam… « Le Coran n’est pas un texte séparé des mondes juif et chrétien, mais bien plutôt la chambre d’écho des débats qui les animent entre les IV  e    et VII  e    siècles », note Jérôme Prieur.
Présentation-de-Jésus-au-Temple-Anglican-theological-college-St-Stephen-s-House-Oxford
NOËL - Dans le contexte actuel, et alors que de nombreux lieux de culte ont été placés sous haute surveillance, cette initiative donne du baume au coeur. Une dizaine de musulmans sont venus symboliquement protéger l'église de Lens (Pas-de-Calais) pendant la messe de minuit de Noël vendredi, un "geste fort", selon le président de la Fédération des associations musulmanes du Nord-Pas-de-Calais, Abdelkader Aoussedj. (Le HuffPost avec AFP)

mercredi 23 décembre 2015

Noël - au Moyen-âge - à la cour du Roi Arthur


Au début du Moyen Age, ce n'était pas le jour de Noël qui importait. La grande fête était l'Epiphanie : la manifestation de Jésus comme Christ, aux Mages. Le calendrier médiéval était dominé par des congés tels que les ''quarante jours de Saint-Martin", qui débutaient le 11 Novembre avec la fête de St Martin, période qui correspondrait aujourd'hui à l'Avent.
L'importance du jour de Noël a augmenté progressivement après Charlemagne qui fut couronné empereur le jour de Noël 800. Le roi Edmund martyr a été oint au Noël de 855 et le roi Guillaume Ier d'Angleterre a été couronné le jour de Noël 1066. Autour du 12ème siècle, les ''douze saints jours'' apparaissent dans les calendriers liturgiques, à compter du 25 Décembre et durent jusqu'au 6 Janvier à l'Epiphanie.

À la fin du Moyen Âge, la fête est devenue si importante que les chroniqueurs régulièrement relèvent ce que les rois font à cette date Noël. C'est lors de la fête de Noël en 1377 - avec le roi Richard II - que vingt-huit bœufs et trois cents moutons ont été mangés.
Un régal festif représentant Janvier
dans les Très Riches Heures du duc Jean de Berry (XVe siècle)

Dans la légende arthurienne, le conte de Sire Gauvain et du Chevalier vert est présenté comme une histoire de Noël, remplie de célébrations et réjouissances... Le motif de Noël est facilement observable dans la personne même du Chevalier Vert...
Le récit relate l'arrivée d'un mystérieux géant vert, monté sur un cheval verts, à la cour d'Arthur se préparant à fêter Noël. Le mystérieux chevalier lance un défi au roi et à ses preux : que celui qui en aura le courage accepte de le frapper avec sa propre hache de forestier ; en retour, le chevalier lui impose seulement d'accepter le même traitement un an et un jour plus tard. Arthur serait prêt à relever le défi, mais par souci de le protéger, c'est Gauvain son neveu qui aura finalement cet ''honneur''. Pensant éviter toutes suites désagréables, Gauvain décapite à la hache son adversaire tout de vert vêtu, maos ô surprise, le génat ramasse sa tête qui avait roulé par terre dans des flots de sang. La t^te se met à parler, donnant à Gauvain rendes-vous à la Chapelle Verte, avant que le chevalier portant sa tête sous le bras et chevauchant son destrier aussi vert et superbe que lui ne s'éloigne au galop.... L'aventure ne fait que commencer …. !



Les activités décrites à la cour du roi Arthur lors de Noël dans le célèbre roman du XIVe siècle Sire Gauvain et le Chevalier vert  offrent un bon aperçu de la fête dans une cour médiévale tardive:
Christmas preparations
 on a calendar page
for December in 'The Golf Book'
Le roi est à Camelot au moment de Noël et, avec les meilleurs chevaliers de la noble confrérie de la Table ronde, dûment assemblés, ils s'adonnent aux réjouissances et aux plaisirs insouciants de la fête. Auparavant, ils avaient participé à des tournois... Ces célébrations s'étalent sans interruption pendant quinze jours, alternant toutes sortes d’activités festives et de la danse la nuit, pour le plus grand contentement des seigneurs et des dames de la cour …
'The Golf Book', British Library
Alors que la Nouvelle Année est toute jeune - ce jour même la splendeur de la table est redoublée – le roi après la messe rejoint la grande salle avec tous ses chevaliers... Noël est célébré à nouveau, chacun apportant des présents …



La majeure partie du poème (37-197, de 750 à 2479) a lieu pendant la saison de Noël. Le défi du chevalier vert a lieu le jour de la Nouvelle Année.

Un an plus tard, Gauvain arrive au château de Bertilak la veille de Noël; il y reste pour être ''testée'' par Lady Bertilak pendant trois jours, et répond au défi du chevalier vert, le jour de l'An. Ainsi, les principaux éléments de l'intrigue se produisent lors de la Veillée de Noël et au cours de ses douze jours.
Calendar page for February in British Library
 ‘The Golf Book (Sixteenth Century)