Affichage des articles dont le libellé est symbolisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est symbolisme. Afficher tous les articles

samedi 6 mai 2017

Roger de Laron et le ''Grand Oeuvre'' -12/.-

Nous avons longuement décrit La '' Dame'', des lettrés, des gens d'ici, et de Roger de Laron.. 
Le troubadour se doit d’acquérir la nécessaire blancheur pour pouvoir courtiser la dame et, l'alchimiste pour ''courtiser'' la matière...
Nous pouvons, à présent, revenir au ''Grand Oeuvre'' alchimique...

Commençons par la fabrication du verre...
Coeur de verre - Herzog
Roger de Laron s'est essayé à la fabrication d'une roche de verre proche du rubis... Un ouvrage précieux : '' La Somme de perfection suprême'' et la possession et quelques gouttes d' ''eau royale'', lui ont permis de dissoudre de la poudre d'or avec du chlorure d'étain, dans des proportions extrêmement précises... La couleur recherchée est jugée inaccessible, et il faut reproduire certains gestes des milliers de fois avant d'obtenir une parfaite régularité du mélange...
Cette recherche sur des verres aux beautés inaccessibles est un exercice fondamental pour approcher la matière, et tenter de la comprendre...

Dans un ouvrage, comme l' Historia de preliis du clerc Léon de Naples (Xe siècle) : Alexandre le Grand ( grand héros au Moyen-âge) se fait construire un vaisseau en verre, les ''meilleurs verriers'' qu'il trouve sont en fait de sages et habiles alchimistes : seuls à savoir faire un verre d’une transparence et d’une solidité parfaites.
A 15th-century French manuscript illustration
showing Alexander in a cage that is lifted
into the air by six griffins
Cette métaphore sera utilisée plus tard : à la fin du ''Novum lumen'' (1604), l'auteur, fait référence à une métaphore de la ''Turba philosophorum'' où « l’eau » désigne la pierre philosophale, il écrit : « Qui donc fera une pareille eau ? Je le dis à coup sûr : celui qui sait faire le verre. » L’allusion au verre s’explique par le fait que l’auteur parlait initialement d’une « cendre » qui doit aboutir à la pierre philosophale : de même qu’on passe des cendres au verre, on passera de cette matière à la pierre philosophale. L’alchimiste est ainsi celui qui sait faire le verre.

A comparer avec la magie des sorciers, l’alchimie est ici en Limousin presque récente... Il a fallu attendre le milieu du XIIe siècle pour connaître les premières traductions latines de traités d’alchimie arabe. C'est à partir d'un ouvrage , comme le Tristan de Gottfried de Strasbourg (donc à partir des années 1210 à 1220) que l'alchimie se fait connaître … L'Alchimie n'est pas encore considérée comme hérétique, et n'a pas besoin de se cacher...

Si l'on demande à Roger de Laron, où et comment il s'est procuré les quelques ouvrages qui lui ont permis d'accéder à certaines connaissances : il répondrait
'La fontaine de jouvence' par Giacomo Jaquerio
  • - On m'a évoqué une mystérieuse fontaine, close de murs, où un roi se baigne et rajeunit.
Roger s’y rend, et trouve l’endroit « assez estrange a veoir par dehors ; et sembloit bien que l’un des vielz chevaliers de Parceforests eust la, apres tous ses labeurs, esleu et choisi repos par fentaisie ».
Là, il trouve un vieillard « qui monstroit plus avoir hanté l’art militaire que l’estude ».
Celui-ci lui fait visiter le château :
  • « Si me mena premier en la basse court, assez longue, au meillieu de laquelle estoyent encores les vestiges et fractures d’un parron selon et a la mode des faitz chevalleureux de la Table ronde... » . Puis vient une chapelle où a été peinte la création du monde, mais aussi « Saturne au hault d’ung coing despaint selon sa nature, puis Mercure joinct au Soleil et la Lune a l’opposite tendant la main hault, et autres speculatives figures difficiles juger a l’œil ».
  • Roger demande « s’il y avoit point de librairie leans ».
  • Le vieillard lui répond qu’il y a bien, tout en haut, « quelques livres du temps de l’oncle de son grant pere ». Il y a là des livres de théologie, de décret et de droit civil, d’art oratoire, et des « histoires, croniques et romans comme la Table ronde, Merlin et Melusine ». Il s’y trouve aussi des livres de philosophie, « comme de Platon, Anaxagoras, Socrates, Diogenes, Pitagoras, Democritus, et toute la Phisique d’Aristote ».
  • Au moment de quitter la pièce, Roger aperçoit, « derriere l’uys, ung trou sus lequel estoit paint une teste de mort avec ses oreilles ». Dans ce trou, il découvre « ung livret fort viel, plus relié d’yraignes et de pouldre que d’aultre couverture » : c’est le livre de La Complainte de Nature, qui porte la mention suivante : « ce livre ne fut jamais veu que de moy et l’a escript ung esperit de terre et soubz terre. »
Extraits de : Les Remontrances (ou Complaintes) de la Nature à l'Alchimiste errant, a été attribué à Jehan de Meung (1240-1315), co-auteur (avec Guillaume de Lorris) du célèbre Roman de la Rose.
Ci-dessous, seule illustration de l'ouvrage


Sources : Les Complainte de Nature de Jean Perréal ; et Présence et absence de l’alchimie dans la littérature romanesque médiévale, de la Renaissance et de l’âge baroque - Didier Kahn 

dimanche 30 octobre 2016

La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -4/4-

Au cours des Xe et XIe siècles se fait sentir une évolution qui préfigure la grande renaissance du merveilleux au XIIe siècle. La légende d'Alexandre le Grand se répand comme une traînée de poudre. La légende du Prêtre Jean connaît une large diffusion ...

Yvain combat le dragon

Le merveilleux de la Matière de Bretagne, déjà présent chez les écrivains de langue latine (Geoffroy de Monmouth, Giraud de Barri), envahit la littérature vernaculaire, alimentant les œuvres de Marie de France et de Chrétien de Troyes. L'Antiquité et sa mythologie revivent … !

Les VIIIe et IX e siècles marquent la fin d'une période de répression ; les Xe et XI e siècles forment une période transitoire : là se mettent en place des structures, des thèmes et des motifs, là se forme un patrimoine de merveilleux, qui, dès le XIIe siècle imprime fortement sa marque à la littérature de divertissement.
Le cerf blanc était the symbol of England's King Richard II
as shown in this picture of his heraldry painted in 1396

A partir du XIIe s l'Eglise cesse de régir le domaine des lettres, parce que les traditions populaires et orales prennent une place de plus en plus importante, et que l'imaginaire s'affranchit des entraves qui bridaient ses mouvements, s'alliant avec bonheur aux éléments venus de l'Antiquité par le canal de la littérature savante. De nouveaux éléments de merveilleux apparaissent par le travail des école de traduction...

Chaman - cerf


Merlin, changé en cerf au pied blanc, rencontre l'empereur ...  Manuscrit anonyme du cycle Lancelot-Graal, 1286


Saint-Hubert enluminure - La légende du cerf


cerf-ailé-royal - Symbole royal des Valois


Voilà ce que dit Jacques Le Goff, sur cette perception de la ''religion populaire''

« Les grands ennemis ou concurrents du catholicisme n’ont été ni le paganisme officiel antique qui s’est effondré rapidement, ni le christianisme grec cantonné dans l’ancienne partie orientale de l’empire romain, ni l’Islam contenu puis refoulé, ni même les hérésies ou les religions comme le catharisme qui, avant d’être vaincues par le catholicisme, n’avaient en définitive pu se définir que négativement, par rapport à lui. Le véritable ennemi du catholicisme, ce fut bien l’antique serpent qu’il conjura sans l’anéantir, le vieux fond de croyances traditionnelles, ressurgies sur les ruines du paganisme romain qui tantôt s’enfoncèrent sans disparaître dans le sous-sol du psychisme collectif, tantôt survécurent en s’incorporant au christianisme et en le déformant, en le folklorisant » (1972 : Histoire des religions, II, Paris, Gallimard, coll. « Encyclopédie de la Pléiade », pp. 749-868 ).

dimanche 14 août 2016

La femme au Faucon

« La chasse au vol est pratiquée de manière indistincte par les hommes et par les femmes, ce qui en fait un exercice s’intégrant parfaitement à l’univers symbolique courtois, puisque, comme l’a fait remarquer Jean Wirth, la thématique de l’échange désintéressé, au centre de ce même système courtois, implique «la similitude des comportements masculin et féminin». Les rôles ne sont plus distribués en fonction des sexes, mais de l’opposition entre être aimant et être aimé. »

« (…) nous commencerons par élucider la signification de l’oiseau de proie dans les couples courtois, afin d’en déduire la spécificité d’un tel attribut porté par une femme. »

« Le faucon chasse pour le cœur, ainsi que l’affirme le bestiaire médiéval et que le rappelle Guillaume de Machaut. Il apparaît donc comme une parfaite métaphore de l’amant. La tapisserie arrageoise du Louvre, bien connue car rare exemple conservé de tapisserie du début des années 1400, montre un homme offrant son cœur à sa dame, qui tient un faucon sur le poing. »


Notons d’ailleurs la comparaison récurrente dans la littérature des yeux de la femme avec ceux du faucon, muant la dame en une sorte d’oiseau de proie, à l’affût de coeurs à pourchasser.

Sources : La femme au faucon, article de Térence Le Deschault de Monredon ( Document Librairie Droz)







Dans la forêt, deux jeunes gens vêtus à la mode du début du XIVème siècle chevauchent au pas; le faucon et les chiens indiquent qu'ils partent pour la chasse. D'un geste audacieux, l'amant passe un bras autour du cou de sa dame, lui caressant la poitrine. Objets de luxe, caractéristiques de la production des ivoiriers parisiens du XIIIème et du XIVème siècle, les valves de miroirs sont un reflet des moeurs courtoises de la haute société du temps. Composées de deux parties enchâssant un miroir d'étain ou de corne et placées dans des trousses en cuir, elles étaient accompagnées de différents objets de toilette: peigne, gravoir pour séparer les cheveux et parfois rasoir et ciseaux. Leur décor, le plus souvent profane, s'inspire des textes courtois contemporains: roman de la Table Ronde, de la Châtelaine de Vergy, de Tristan et Iseult.  


Valve de miroir en ivoire (ca.1350-1375), de fabrication parisienne,  avec des scènes courtoises. Elle fait 11,4 x 11,3 cm. Le médaillon est bordé de quatre lions. Il contient une rosace à huit ‘pétales’ entourée de mascarons. Il est divisé en quatre parties délimitées par un arbre. Chaque sujet met en scène le couple en suivant une rhétorique iconographique courtoise avec des gestes précis comme celui de tenir le visage de sa bien-aimée avec la main, et des symboles tels : le faucon ou l’offrande du cœur (en bas à droite). Cet ivoire fait originellement partie d’un ensemble composé de deux valves s’emboîtant l’une dans l’autre et contenant un miroir qu’on atteint en les dévissant. Une ou les deux faces externes peuvent être décorées le plus souvent de scènes courtoises ou chevaleresques




samedi 18 juin 2016

Des Evangiles au Mythe de Salomé... -2/4-

Si l’historien Flavius Josèphe est le premier à donner le prénom de Salomé au personnage de la danseuse, les Pères de l’Église chrétienne vont exploiter les ellipses du récit fondateur biblique pour donner à cet épisode une portée didactique moralisatrice. À l’époque, la femme est considérée comme une menace, et une tentatrice. L’archétype de cet imaginaire féminin est Ève, coupable du péché originel.
tympan du portail saint Jean
de la cathédrale de Rouen, XIIIe siècle
Salomé apparaît encore comme le pendant négatif de Judith. Le livre d'Esther (Marc,6, cf. Esth, II, 9 ; Marc, 6, 23, cf. Esth., V, 3)

Jean Chrysostome et Augustin d’Hippone (IV-Ve siècle) sont à l’origine des caractéristiques du personnage de Salomé développées plus tard et reprises dans la littérature : la danseuse perverse, la femme fatale et l’incarnation du vice.

Un extrait de l'Homélie 24 sur l’Évangile de Matthieu de Saint Jean Chrysostome, montre que si les écrivains des XIXe et XXe siècles ont vu en Salomé le mythe de la femme fatale, leur vision est peut-être en rapport avec ces commentaires d’hommes d’Église. De plus, ce sermon illustre la misogynie qui fait de la femme un être dangereux, associé au démon et au mal, représentant la luxure et le vice.
Benozzo Gozzoli, La Danse de Salomé,
Washington, National Gallery, 1461


Sous la plume de Saint-Augustin, Salomé se livre en toute conscience à une véritable bacchanale et mérite logiquement un châtiment sans appel. Celui qu’Augustin invente se révèle d’un symbolisme flagrant : Salomé meurt décapitée par les glaces d’un fleuve gelé. Sa mère n’est pas épargnée par un destin tragique mais au combien moral : c’est en aveugle qu’elle termine ses jours, réminiscence sans doute de l’errance d’Œdipe après la révélation de ses propres crimes d’inceste et de parricide.



Salomé et le XIXe siècle.
Si le mythe de Salomé a connu un véritable succès au XIXe siècle c’est sans doute d’une part grâce au mouvement littéraire qui caractérisait cette époque : le symbolisme.
Salomé, Lucien Lévy-Dhurmer, 1896


L’évolution du mythe s’est aussi faite grâce au développement des droits de la femme au sein de la société du XIXe .
« Il faut voir dans le développement du féminisme au XIXe siècle l’un des facteurs de la réactivation de ce mythe. Du fait qu’elle revendique sa part des droits de l’homme et du citoyen, la femme est apparue d’autant plus dangereuse au regard de l’idéologie conservatrice que la séduction (danse de Salomé) a pour fin inéluctable la castration (décollation de Jean-Baptiste) » Daniel Grojnowski et Henri Scepi : Cité par Pascal Agrien, « Salomé, un mythe littéraire » [en ligne] http://dma1.over-blog.com/articlesalome-un-mythe-litteraire-97398714.htm

Les auteurs germaniques ont enrichi le mythe, au XIXe siècle, de l'amour de Salomé pour Jean-Baptiste et du scandaleux baiser à la tête coupée. Oscar Wilde inventera ensuite l'expression de la Danse des sept voiles.

samedi 30 janvier 2016

La peinture de Daniel Peron






Daniel PERON

Depuis 20 ans, il tente de peindre l'individu et la multitude, la matière brute et la lumière intérieure, la foule errante, les voies parallèles, les mystères des origines et de la fin dernière... les "SEUILS", les fêlures qui font de nous d'éternels errants insatisfaits entre mondes réels et rêvés, entre soi et autrui, entre Vie et Mort, entre bonheur et malheur...

Hantises? Fantasmes? Obsessions? Il y a longtemps que la question ne se pose plus. Il reste un acte de peindre, nécessaire, qui fait naître, quelquefois, au bout d'un pinceau fragile, une parcelle de soi....ou tout simplement le plaisir et la douleur de créer.

Tout d'abord il a suivi des études d'Histoire, plusieurs années passées dans la nuit des labos photos pour s'ouvrir aux lumières de la palette (en passant par l'Ecole des Beaux-Arts de Boulogne sur mer). Son parcours s'est souvent tenu à l'écart des galeries, avec une préférence pour les salles publiques.





"Un peintre qui crée essentiellement une peinture figurative qu'on peut appeler fantastique, onirique, surréaliste,... Comme on veut... Bien que je ne sois pas insensible à toute forme d'art pourvu qu'elle me paraisse sincère et qu'elle provoque quelque chose en moi... Depuis toujours, je tente de peindre l'individu et la multitude, la matière brute et la lumière intérieure, l'arbre de vie, la femme et les racines, l'enfant et le devenir, la foule errante en quête de valeurs à retrouver, les voies parallèles, les mystères des origines et de la fin dernière... Les “SEUILS”, les félures, les passages qui font de nous d’ éternels errants insatisfaits entre mondes réels et rêvés , entre soi et autrui, entre Vie et Mort, entre bonheur et malheur... Un acte de peindre, nécessaire, à l'origine de rencontres furtives mais intenses, et qui fait naître, quelquefois, au bout d'un pinceau fragile, une parcelle de soi... ...ou tout simplement le plaisir et la douleur de créer..." Daniel Peron
































































































































dimanche 29 novembre 2015

L'échelle de Jacob -1/2-

L'echelle-de-Jacob   -  Peintre: Michael Willmann


Au cours d'une courte retraite d'un week-end ; j'ai l'occasion de faire une pause et une ''relecture''... Parmi d'autres textes, il y a ce texte de l'échelle de Jacob.
« Prenant une pierre, pour en faire son chevet Jacob se coucha en ce lieu. Il eut un songe, voilà qu'une échelle se dressait depuis la terre et son sommet touchait le ciel. Les anges y montaient et descendaient.
 Et voici, l'Éternel se tenait au-dessus d'elle; et il dit: Je suis l'Éternel, le Dieu d'Abraham, ton père, et le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité. » Genèse 28, 11.

Cette échelle, image d'un songe, ouvre directement sur le symbole... C'est ainsi que les mythes et les symboles, même anciens portent des interrogations qui sont aussi les nôtres.
L’échelle image l’idée d’un divin situé dans un 'plus haut', ce qui suppose un 'plus bas' où l’homme a chuté. L’échelle lie ces deux espaces... Elle ouvre vers une communication, et ce sont les anges qui servent de messagers.

L'échelle est un symbole riche de sens :
- Pour Origène, l'échelle représente la métempsychose ou réincarnation: à la mort de l'individu, l'âme tente de s'élever vers le haut de l'échelle. Mais si elle a péché, elle ne peut franchir une certaine hauteur et retombe vers la terre pour se réincarner en un autre corps. Pour Théodoret, elle représente la Providence divine (les anges qui descendent du ciel pour accomplir les ordres divins).
- Philon, l'échelle représente l'âme. la base représente la sensation, le dernier échelon, l'intellect pur, et les autres échelons les degrés de la contemplation. 
- Pour Tertullien, l'ascension de l'échelle représente la vie du juste, dont les échelons sont les vertus, les bonnes actions qui permettent de parvenir à l'excellence morale.
Bref … Depuis longtemps, et quelque soit la tradition, cette image d'échelle parle … signifie plus que la fonction de l'objet ….


Pour moi, je suis sensible à ce que cette échelle me lie à '' l'Eternel ''. Par l'intermédiaire du 'moi' plus intime de moi-même, à une altérité ( je veux bien l'appeler aussi: le Soi)... Deux présences en face à face … Deux présences 'inégales', et la nécessité de messagers ( nul ne peut regarder le divin en face ...)
L’échelle ouvre le ciel... C'est possible ! Les anges offrent aux hommes la possibilité d'interpréter le 'haut' à partir du 'bas' ...



Intéressant d'observer sur le portail de 'Notre Dame' à Paris, face au Parvis, — et à la place d’honneur, — la figure de l’alchimie.

Elle y est figurée par une femme dont le front touche les nues. Assise sur un trône, elle tient de la main gauche un sceptre, — insigne de souveraineté, — tandis que la droite supporte deux livres, l’un fermé, l’autre ouvert. Maintenue entre ses genoux et appuyée contre sa poitrine se dresse l’échelle aux neuf degrés ...

Bon travail ...
A suivre... 

vendredi 30 octobre 2015

Toussaint – Haloween – Fête de Samain


La Toussaint serait en concurrence avec Halloween... Et les catholiques s'agaceraient facilement d'une telle lèse-majesté... !
Il n'y a pourtant, à mon avis, que du bien à reconnaître les racines païennes de nos fêtes religieuses. Ce 1er novembre en est un bon exemple.
De ce que nous connaissons aujourd'hui, l'origine de ce ''passage'' est célébré par la fête celtique Samain ( Samhain, Samhuinn) : C’est une fête de transition et d’ouverture vers l’Autre Monde, celui des dieux. Elle est mentionnée dans de nombreux récits épiques irlandais car, de par sa définition, elle est propice aux événements magiques et mythiques. Sa traduction littérale est : "Fin de l'Eté".
L’époque de la Samain annonçait la fin des récoltes, l’arrivée du froid et la fameuse nuit où le Dieu de la Mort (Sucellus chez les gaulois et Dagda en Irlande) permettrait aux morts de vivre le temps de quelques heures aux côtés des vivants .

Son importance chez les Celtes est incontestable, puisqu’on la retrouve en Gaule sous la mention 'Tri nox Samoni' (les trois nuits de Samain).
Les moines irlandais qui ont mis par écrit les coutumes celtiques, à partir du VIIIe siècle, ont fixé le jour de Samain au 1er novembre (selon notre calendrier moderne). La fête de Samain connaîtra plusieurs métamorphoses au cours des siècles, jusqu'à la fête d'Halloween qui en reprend plusieurs caractéristiques...
Autour des années 1800, la citrouille s'imposa comme le légume que l'on creusait ( du fait de sa taille ) pour y déposer une flamme et se prémunir des esprits mal intentionnés...

Dans le conte de Perrault ' Cendrillon ' , une jeune fille de bonne famille, traitée de souillon par sa belle mère, se rends au bal dans une citrouille transformée en un magnifique carrosse… Ici, de part sa forme ronde la citrouille serait un symbole de l’abondance, de fertilité et de féminité . En effet, c’est une plante particulièrement prolifique, grosse, et bien riche en graines. Dans le conte, la citrouille serait présente pour transporter Cendrillon de sa vie de jeune fille à sa vie de femme, de la misère où elle vit à la richesse avec son prince..
Dans le christianisme, la Toussaint apparaît d'abord en Orient, où une fête de l’ ensemble des martyrs chrétiens apparaît au IVe siècle. Cette commémoration a lieu alors à des dates variables, mais plutôt proches de Pâques, donc au printemps. En Occident, la fête de tous les martyrs n’est attestée qu’à partir du VIIe siècle, à Rome. Puis, on retrouve les moines irlandais, et l'Angleterre, où une fête de tous les saints, et pas des seuls martyrs, commence à être célébrée le 1er novembre.
Au VIIe siècle, l'église catholique fait du Panthéon de Rome une église dédiée à Sainte-Marie des martyrs. Ainsi, au culte des divinités romaines se substitue le culte des saints catholiques. La Toussaint, ( jamais mentionnée dans la Bible …)  fête de tous les saints est créée par le pape Boniface IV, en 610 de notre ère.
En 833, l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, la prescrit dans l’ensemble de l’Empire d’Occident.

Cette fête n'est pas sans enseignement, même si elle ne trouve pas son origine dans notre religion ( bienheureuse inculturation …!). Pour y réfléchir revenons à notre mémoire collective, qui s'exprime ici au travers du conte '' Cendrillon ''.
« La citrouille jaune d'or , qui mûrit à l'automne et attachée dans le conte à l'heure de minuit : moment important qui renvoie à la grande fête celtique de Samain. Le jour de Samain, plus exactement dans la nuit du 1er au 2 novembre, le monde visible et le monde invisible communiquent. Le passage qui se fait de l’un à l'autre entre leurs habitants représente une faveur autant qu’un péril. Cendrillon ( image de l'âme …) se rendant au bal céleste est-elle suffisamment parée et préparée pour dépasser minuit, pour franchir sans dommage le pont qui mène à l'autre monde ?. ».. extrait de ''Une robe de la couleur du temps – le sens spirituel des contes de fées'' de Jacqueline Kelen
Je ne vais pas reprendre l'ensemble de ce conte ; ce pourrait être – ce dont je suis persuadé – une démonstration que le conte retrouve, avec les images religieuses, leurs racines communes mythiques … 
Je voudrais seulement profiter de ''Cendrillon '' pour évoquer le problème de l'interprétation d'une lecture d'un conte, ou d'un passage de l'Evangile …
Dans le Conte de Cendrillon, la belle jeune-fille ( l'âme) avance à pas délicats - précisément parce que suivant les conseils de la fée-marraine il ne faut point marcher avec de gros sabots... J'en viens à ces étranges souliers, désignés par ''pantoufle'' par Perrault... Ce sont des souliers de fête ; et certains commentateurs peu portés sur la symbolique tiennent à lire « vair » ( plus réaliste ), alors que l'auteur a bien précisé dans son titre '' Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre '', pour insister que cet accessoire n'est pas superflu...
«  Comme le récit concerne le voyage terrestre de l'âme, la pauvre souillon porte de lourds sabots de bois, mais à la jeune fille allant vers son destin radieux convient ce qu'il y a d'inouï, ces pantoufles de verre délicates, transparentes, qui laissent passer la lumière. Dans son ascension spirituelle, l'âme a besoin d'un véhicule incomparable, unique ( fait pour elle seule) ». J. Kelen . Il y a encore toute la symbolique du verre … qui disparaît avec le '' vair ''.. !
Ceci me fait penser, à tous les commentateurs de la Bible, qui cherche en priorité le concordisme, avec ce qui leur semble être le seul ''réel'', et tenant à insister sur la ''matérialité'' de tout fait...

La lecture des contes me semble être un très bon exercice à la lecture de la Bible...  

mardi 13 octobre 2015

Tarot -5- Le Pape, Taliesin

Une pause, avec le symbolisme d'une image du Tarot ( voir ici: Le Tarot, le Graal et la Chevalerie).... L'arcane N°5, nous conduit à la figure du Pape... Pour moi, elle représente la Tradition, et donc les racines, de ma spiritualité...
5- Le Pape, Taliesin.
Le Tarot de la Quête du Graal
Les arcanes majeurs ou '' grands pouvoirs''
5-papeUn ''pape'' comme une ''papesse'' sont les garants du bien, des vertus et des pouvoirs. Le Pape, lui, en est la figure paternelle : rassurant, réconfortant, décidé, autoritaire, etc. (cf : Junon et Jupiter)
Cette lame symbolise encore et surtout : la spiritualité, le dialogue, elle favorise les négociations, aplanit les différents, elle réconcilie et permet de trouver un terrain d'entente. Le Pape aide à dépasser le désaccord et les difficultés..
Le 'Pape' nous invite à sortir du cadre de l'Empereur. Après avoir définie nos limites nous devons maintenant les dépasser pour avancer sur notre chemin. Le Pape porte le chiffre 5 il est la quintessence car il va à l'essence même.
Les deux doigts reliés ainsi que les deux colonnes signifient qu'il est le pont entre le spirituel et le matériel entre le cœur et la raison.5 - The Hierophant - Taliesin - Arthurian Tarot
Taliesin est une figure importante de la mythologie celtique et de la littérature galloise, c’est à la fois un poète historique du VIe siècle et un barde mythique de la littérature galloise.
Au XVIe siècle, Elis Gruffydd, un soldat gallois en garnison à Calais (alors ville anglaise) compose Hanes Taliesin : le conte de Taliesin. Ce texte qui raconte la naissance mythique du barde et expose ses pouvoirs magiques a été traduit en anglais au XIXe siècle par lady Charlotte Guest et édité avec les Mabinogion.
John-william-Waterhouses magic-circle Le Chaudron de l'Inspiration et la Première Vie de Taliesin
John-william-Waterhouses magic-circle
Le Chaudron de l'Inspiration et la Première Vie de Taliesin
Taliesin est assis dans une salle, à la lumière du feu. Il conte l'histoire de ses transformations initiatiques à deux enfants qui sont assis à ses pieds, écoutant avec intérêt. Les liens d'or de la Tradition passent de ses mains aux leurs.
L'histoire de Taliesin est une parabole de l’initiation à la poésie qui établit des liens essentiels avec l'Autre-Monde...
Selon le poème du IXe s. Preiddeu Annwn, Taliesin accompagne Arthur dans sa quête d'Annwn (= l'Autre-Monde) qu' Arthur et ses chevaliers traversent … à la recherche d’un chaudron magique, possession de neuf magiciennes. Dans la Vita Merlini de Geoffrrey de Monmouth, Taliesin aide Merlin à conduire Arthur à Avalon pour qu'il soit guéri par la déesse Morgen.
Taliesin est le gardien de la Tradition. Taliesin est prêt à aider le chercheur à lui permettre d'entrer en contact avec la sagesse vivante de l'Autre-Monde. Il est un interprète ainsi qu'un instructeur, capable de créer des images pour l'esprit réceptif et de créer des connexions dans le cœur qui attend.
- la Question du Graal : Quelle est votre capacité à vous ouvrir à la Tradition ?

dimanche 6 septembre 2015

Tarot -3- L'Impératrice, Guenièvre.

3 - Le Tarot de la Quête du Graal

- Les arcanes majeurs ou '' grands pouvoirs''
3-imperatriceL’IMPÉRATRICE est : amour maternel, fécondité, bienfaisance et prodigalité. Il s'agit d'une protection divine suprême. Elle apporte la paix familiale tout en conservant précieusement sa beauté, sa féminité sans lesquelles elle ne peut se passer. Elle représente la vie, l’amour, l’attachement maternel et la générosité. Cet arcane symbolise l’intelligence, la créativité cognitive, la culture mais aussi l’énergie de l’action et la joie, le dynamisme.
Sur le plan évolutif, dans le système du Tarot, le nombre 3 représente la naissance de l’esprit et le développement du mental. triple-goddess_79(Alors que le nombre 5 représente le mental développé et une ouverture d’esprit à l’autre, à sa différence. Le nombre 7 représente la satisfaction de l’esprit et le contrôle des pulsions par le mental. Le nombre 9 représente la remise en cause et l’esprit sage, tourné vers l’essentiel).
L’IMPÉRATRICE est surtout une personnalité sensitive-instinctive (par exemple, ses deux mains tiennent, et donc touchent, des objets de pouvoir). Elle ressent les choses, elle s’attache à elles pour des raisons émotives, traditionnelles ou rituelles.... Elle est réceptive et réactive. Sur le plan relationnel, elle se tient sur la défensive, ce qui est figuré par son écu, son sceptre et son bijou lui enserrant la poitrine. C'est l’arcane qui représente le triomphe de la féminité. Ses valeurs sont : l'affabilité, la sympathie, la beauté, la fascination, la séduction dans le bon sens du terme.
Êàðòèíà áàòèê Ìàäîííà Çàùèòíèöà
Queen Guinevere by James Archer (c.1860)
Queen Guinevere by James Archer (c.1860)
L’IMPÉRATRICE à la figure d’une souveraine, inspirée par la figure d’Héra-Isis.
Si L’IMPÉRATRICE est associée à la Lune, elle est aussi très souvent associée à Vénus... D’abord, Vénus est le surnom romain d’Isis, Ishtar, Aphrodite... Ensuite, Vénus est considérée comme la Déesse de l’Amour, de la Beauté et aussi de la Fertilité...
Cette Vénus née de l’écume des eaux! Cette Vénus est bien celle qui comme Freyja, la déesse Celte, s’est incarnée sur Terre, grâces aux vents et à l’eau... 3 éléments réunis (terre, air, eau) afin de réaliser le miracle de l’incarnation de la Déesse.
La Mater Dolorosa ou mère de douleur est un thème universel auquel le christianisme a donné une valeur de référence en en faisant un point marquant de la dévotion mariale dans une spiritualité de la compassion.
Freyja, par James Doyle Penrose (1890)Guinevere par Henry Justice Ford 1910
Freyja, par James Doyle Penrose (1890)Guinevere par Henry Justice Ford 1910
La figure de Guenièvre, correspond à un archétype, celui de la jeune épouse-fleur, la femme de l'Autre-Monde, qui devient l'épouse d'un roi. GuenièvreElle remonte jusqu''à Gwenhwyfar, dont l'intégrité soutient l'honneur de la cour d'Arthur et dont la beauté reflète la visage fertile du pays...
Elle manifeste l'harmonie entre le roi et sa contrée... Si elle ne trouve pas à tous les niveaux un amour réciproque de la part de son époux, elle cherche alors un champion pour faire réagir le roi et lui rappeler ses devoirs envers sa reine et le pays qu'elle représente.
Elle est en réalité défendue par de nombreux chevaliers, dont le champion du Graal, Peredur ( Perceval, Persifal), et Gereint ; chacun venge Guenièvre quand elle est insultée par un chevalier sans nom, qui vient peut-être de l'Autre-Monde...
Gwenhwyfar (Welsh spelling of Guinivere)Une des clés de son rôle originel se trouve dans la Triade qui la décrit comme la triple Gwenhwyfar ..
Dans la Bible, cette figure d'impératrice est reprise par la Reine de Saba, comme épouse du roi Salomon... Dans cette configuration, sa lignée fait le lien avec le Graal, et Sarras, la ville mystique du récipient sacré.
La reine de Saba, ou Guenièvre, représente le désir d'agir et d'entreprendre ; elle est une participante puissante et redoutable à la Quête, accompagnant les chercheurs et les encourageant à faire le nécessaire pour réussir.
- la Question du Graal : Comment atteindrez-vous votre but ?
Sources : Le Tarot Arthurien de Caitlin et John Matthews
et le site de Walter Boralis: http://secretsdutarot.blogspot.fr/