La suite de cette histoire, relève de sources, dont certaines
sont transmises par les conteurs, et les traditions populaires...
A Saint-Jean d'Acre, un autre personnage, entre dans la vie de Roger
de Laron : il s'agit de
Hugues de Clairavaux (1274-
1356), chevalier du Temple, puis de l'hôpital, commandeur de
Paulhac.
Le Grand Maître des Templiers,
Guillaume de Beaujeu, avait été tué en mai 1289, et la prise de
Saint-Jean d'Acre par les troupes de l'Emir Ashraf al-Khâlil, le 16
juin 1291, marquait la fin du royaume franc de Jérusalem.
Une trentaine de chevaliers templiers
réussirent à fuir et prendre la mer pour Chypre, dernier bastion de
la chrétienté orientale, royaume érigé par Gui de Lusignan. Parmi
ces rescapés figurait un jeune chevalier marchois, Hugues de
Clairavaux. Il avait dix-sept ans et avait été reçu dans l'Ordre
du Temple l'année précédente... Il avait presque aussitôt rejoint
un contingent de chevaliers et commandeurs templiers de la Marche,
d'Auvergne et du Limousin qui partaient en renfort à Saint-Jean
d'Acre.
Le templier Hugues, aussi à l'aise avec le maniement de la plume d'oie, des comptes... que de l'épée ; se familiarisa avec le système bancaire mis en place par les templiers sur lequel reposaient nombre d'échanges commerciaux en Méditerranée... Le grand Maître Jacques de Molay, qui a succédé à Guillaume de Beaujeu, lui fait attribuer la commanderie de Paulhac, dans la Marche. Il y fait un aller et retour, et y laisse Roger de Laron, ainsi de retour chez lui...
Hugues de Clairavaux regagne Chypre ;
il est porteur d'inquiétantes nouvelles... En France, on commence à
décrier les Templiers : ils n'ont pu défendre la Terre
Sainte ; l'ordre est riche ; et certaines rumeurs commence
à circuler et prétendre que des maîtres se seraient converti à
l'Islam ; que les templiers pratiqueraient des rites secrets, et
blasphématoires …
Jacques de Molay se refuse à imaginer
quelque dupli
cité de la part du Roi de France ; le grand Maître décide de rentrer en France afin de défendre l'Ordre...
cité de la part du Roi de France ; le grand Maître décide de rentrer en France afin de défendre l'Ordre...
- On connaît la suite : le 13 octobre 1307, tous les
templiers de France sont arrêtés. Jacques de Molay, est soumis à
la Question.
Le 13 octobre, donc, Roger de Laron est arrêté, sans doute au petit
jour, avec tous les membres de l’Ordre présents dans la
commanderie. Ils furent emmenés sans ménagement à Limoges,
semble-t-il, par la milice du Sénéchal du Limousin et
entendus par Renaud de la Porte, évêque de Limoges.
Après une détention de deux ans, ils sont conduits à
Clermont-Ferrand pour y être de nouveau interrogés. Certains, comme
Bernard de Villars (Commandeur de localité de La
Roche-Saint-Paul ( en Périgord-Limousin) ), avouent alors un
certain nombre de « fautes ». Bernard sera soumis à un
dernier interrogatoire en 1311 à Paris, devant une commission
pontificale. Il fut du nombre de ceux qui « avouèrent »
alors d’autres vices plus ou moins imaginaires, sans doute sous la
torture.
A Clermont, les interrogatoires ont été
brefs : débutés le 4 juin 1309 après la prestation de serment
sur les évangiles, ils devaient se terminer le 10 juin, et ont été
menés dans l'édifice dénommé '' le Palais'', situé vers l'actuel
hôtel de ville de Clermont-Ferrand.
Dix-sept frères étaient originaires
du diocèse de Limoges... Deux ont été appréhendés à Cahors, dix
ayant déposé au procès de Poitiers, 21 autres allés à paris
défendre l'ordre … et une vingtaine devant la commission
pontificale ...
- Le 2 mai 1312, Clément V décrète la suppression de l'ordre du
Temple.
On peut supposer que que si Roger de
Laron, est finalement relâché, fin 1312, c'est qu'il a ''choisi''
de dire tout ce que la commission voulait, plutôt que de s'exposer à
une ''question non modérée''. Il abjura son apostasie et ses
erreurs... Puis, il reçut l'absolution et fut admis à la communion
… Il était donc libre...
Cette même année, théoriquement, les
domaines templiers sont confisqués au bénéfice de la Couronne,
puis remis à l’Ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem.
Pourtant, officiellement, les compte ne sont pas bons ; il
s'avère impossible de récupérer tous les biens du Temple …
- Ce n'est que le 19 mars1314, que
meure Jacques de Molay, sur le bûcher à Paris.
Des templiers bénéficièrent d'une
pension, qui profitèrent aux établissements religieux qui les
hébergeaient ( parfois avec réticence …). Certains vécurent dans
le siècle, prirent femme, malgré les mise en demeure de la
hiérarchie … Bien sûr les réfractaires furent privés de leur
pension.
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Eté 1308, Hugues de Clairavaux, resté
à Chypre, met à disposition de l'ordre des hospitaliers, des fonds
appartenant aux templiers, pour reprendre la cité de Rhodes... La
reconnaissance de Foulques de Villaret – grand maître de l'ordre
de l'Hopital – fut la réception de Hugues dans l'Ordre de
l'Hôpital en conservant son rang de commandeur ''in partibus'' (
sans commanderie).
En 1317, Hugues de Clairavaux, âgé de
quarante-six ans, rentre en France et les Hospitaliers lui
rétrocèdent la commanderie de Paulhac.
Clairavaux, passe par Florence, et
rencontre des banquiers qu'il connaît bien, comme les Cavalcanti ou
les Médicis...
Arrivé à Paulhac, Hugues de
Clairavaux n'a de cesse de retrouver les anciens templiers, certains
transformé en chevaliers errants, parfois rejetés par leur propre
famille … A Roger de Laron, il donne pour mission de conserver la
liaison avec les italiens... Certains frères dispersés vont revenir
à Paulhac, pour y retrouver fraternité, discipline et espérance...
Roger de Laron, s'il refuse de renouveler ses vœux, utilise ses
connaissance et l'appui de Clairavaux pour récupérer des fonds
importants par l'intermédiaire des banquiers toscans et génois...
Le véritable trésor des templiers n'était pas en France, il avait
été confié depuis des lustres aux banquiers et marchands italiens
… !
Petit à petit, il revenait en
Limousin...
On dit que le testament de Hugues de
Clairavaux, destiné au grand prieuré d'Aubusson, signalait
l'endroit où était caché le trésor récupéré...
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Pierre d'Aubusson, commandeur de
Paulhac depuis 1456, suppléa le grand prieur d'Auvergne, Jehan
Cottet ; il fut le premier à découvrir le testament de
Clairavaux... Et, dit-on à découvrir une partie du trésor. A cet
emplacement, il fit construire une chapelle consacrée à
Saint-Fiacre, en hommage aux jardiniers qui l'ont aidé à creuser la
terre …. Une autre partie, devait se trouver à un emplacement
marqué d'une croix de granit... Hélas, la croix fut déplacée à
la fin du XVIe siècle... On parle également d'une autre partie de
ce trésor, sous une croix...mais, à Clairavaux, même... ! ?
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Enfin, une partie non négligeable de
ce trésor, avait été récupéré directement par Roger de Laron,
qui enfermé dans son château, tenta ensuite de se faire oublier …
Nous reparlerons, sans doute encore, de
ce Roger de Laron, en son château de Rochain ; car de
nombreuses légendes l'ont poursuivi, jusqu'à nos jours ….
Sources : Gilles Rossignol, et
ses recherches à la bibliothèque ''Sainte-Geneviève'' sur le
''Templier de Paulhac''
Bonjour. J'ai suivi avec intérêt cette saga des templiers, en particulier limousins, avec tous ces noms qui évoquent des lieux connus, des légendes...
RépondreSupprimerJ'attends des nouvelles de ce fameux Roger de Laron!!
Merci.
Salut..
RépondreSupprimerCe sera à l'occasion de nouvelles balades dans notre Limousin... Je cherche de nouveaux indices; quant à Roger de Laron, je tente de cerner le personnage ....!
Merci de ton message.
Bonjour,c'est très intéressant tout ça, en ce qui me concerne j'ai également des histoires sur le Cantal sensiblement de la même eau, mais sur la période 2ème croisade,avec une similitude quand a la dalle funéraire. Cordialement, LC
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