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samedi 25 février 2017

La vie d'une sorcière au Moyen-âge -2/4-

Continuons à comprendre ce que fait la sorcière :
Bien sûr, elle assure son irresponsabilité dans tout envoûtement ou autre manifestation relevant du mauvais sort, de la magie... C'est toujours ''une autre, loin '', qui est responsable d'un accident ou d'un drame.
Elle, la sorcière, n'est là que pour « déshanter » une maison, un animal, un champ, un concitoyen ou encore un outil. On finit par comprendre que la sorcière est indispensable à la vie d'un ''païs'' comme un mal nécessaire mais inquiétant.
La sorcière ( ou le sorcier) sait battre l'eau d'une source ou d'une fontaine avec une baguette de coudrier pelée '' à l'ongle '', c'est-à-dire pure de tout fer, « pour faire tomber la grêle dans la direction indiquée par la baguette ». Il peut obtenir le même résultat en égorgeant une poule noire au milieu d'un carrefour et en la jetant en l'air. Le bec ensanglanté de la pauvre bête a la même fonction que la baguette.
La sorcière sait pratiquer l'envoûtement à distance. C'est pourquoi on brûle avec grand soin rognures d'ongles et cheveux tombés des ciseaux après les grands nettoyages saisonniers. Celui du printemps, le plus important, celui du coeur de l'été et le dernier fin septembre pour la foire de Saint-Michel, qui draine des dizaines de cantons et de seigneuries vers les grandes cités pourvues d'un mail et d'un tribunal qui se déplace parfois pour l'occasion : Limoges...
Personne ne perd de vue qu'une rognure d'ongle et une pincée de cheveux sournoisement glissées dans une poupée de glaise ou de cire, dûment chargée de formules secrètes, permettent de torturer à distance la victime, qui souffre mille morts lorsque l'opérateur enfonce une aiguille aux endroits voulus dans la poupée.

Le sorcier sait également utiliser le pouvoir du '' chevillage '' les cas sont innombrables en Saintonge -, c'est à dire enfoncer une cheville ou un éclat de bois dans une fente de porte, de poteau ou dans un nœud de bois ayant quelque ressemblance avec le sujet visé. Il peut lui faire endurer mille tourments avant de trouver la '' cheville '' responsable. Évidemment ce n'est pas lui qui cheville tel ou tel, il ne fait que trouver l'objet du délit, parfois minuscule, placé par '' l'autre , là-bas '', et ce n'est déjà pas facile.
Mais enfin, moyennant une juste récompense... Parfois le chevillage est bénéfique. Un homme qui a l'âme '' chevillée '' au corps guérit de tout, survit à toutes les blessures.
En usant de cette expression, plus personne ne se doute aujourd'hui qu'elle fait référence à la sorcellerie la plus élaborée.
Il sait également évoquer, créer même, un loup-garou... ce peut être un enfant enlevé ou perdu par ses parents dans les bois et élevé par une quelconque nourrice, femme, louve, chèvre ou vache, pourvu qu'elle ait du lait '' bénit '' par le sorcier. Dès qu'il sait courir, il chasse avec les loups, les fouines ou les chiens. Il s'en prend aux hommes égarés ou attardés la nuit.
Par chez nous, on le nomme '' lo leberou ''. Les marchands du Poitou le nomme '' Ganipote ''… et chez eux, se montre souvent farceur, obligeant un homme à le ramener jusqu'à son antre ou sa cachette en le portant sur ses épaules, ce qui ne l'empêche pas d'égorger une victime lorsqu'il a faim. Il dort volontiers dans un buisson de sainbois ; c'est une variété de daphné aux tiges raides et particulièrement urticantes. ( Dans la pharmacopée du XIXe siècle, on l'utilise comme vésicatoire). Le leberou ou loup-garou, peut être, dit-on, un(e) apprenti sorcier qui prétendait l'être, mais a raté le test élaboré par le diable... Le leberou terrorise les longues nuits paysannes. Une des particularités de cette '' bête '' sauvage, c'est d'infliger des blessures qui sèchent aussitôt sur les bords mais mettent trois saisons à guérir.

La sorcière que l'on est appelé à rencontrer dans les lieux écartés, non loin des villages, n'est pas forcément contrefaite. Elle peut être très belle, et en dehors de cette lueur inquiétante et sauvage au fond de leur regard cette marque indélébile de l'exclusion, elles peuvent être aussi séduisantes que les autres jeunes filles...
Il arrive que grâce à sa beauté naturelle ou gagnée par les soins de sa maîtresse, une jeune sorcière séduise et épouse un haut personnage. Si la sorcière est vieille, elle possède de grandes facilités pour se transformer de vieille harpie en une flamboyante beauté, mais seulement pour un temps assez court, qui doit correspondre à celui d'efficacité des lotions qu'elle sait composer avec les herbes et plantes dont elle possède une vaste connaissance.
La sorcière ne connaît pas que cela. C'est la reine du « nouage ». Elle sait « nouer l'aiguillette » (rendre impuissant) au juste moment où l'effet est le plus surprenant, le plus efficace, le mariage. En particulier lorsqu'un riche barbon '' marie '' une jeunesse - les mauvaises langues disent : « l'achète ».
Faut-il préciser que le dénouage d'aiguillette ne s'exécute que par personne interposée, en l'occurrence la sorcière elle-même, pour ôter ce sort venu de plus loin, plus fort -c'est une opération longue et, chère...
Notre sorcière sait aussi composer des philtres d'amour, c'est-à-dire des juleps où l'on trouve mêlés de la fleur de belladone, du venin de vipère, de la cervelle de pigeon et des crottes de lapin pilées avec de la menthe sauvage et sans doute d'autres choses aussi...

La sorcière est aussi experte à nouer et dénouer la « boyasse ». Entendez déclencher une diarrhée carabinée chez sa victime, généralement préteurs, exempts, petits hommes de loi. 
Elle connaît la formule de la « louhade », cette pâte souveraine contre la morsure des loups dont la composition est connue de toutes les campagnes mais que seules savent mitonner « celles-là qui savent ».
Chiendent, chiendent et menthe sauvage
Tilleul, sauge et genêt blanc
Gras d'mouton au feu en rage
Et saulnie quand tout est blanc.


La saulnie, c'est le bleu du fromage de vache charançonné, du bleu d'Auvergne, de la fourme ou du roquefort... Bien refroidi, bleui, on en fait une pâte souple, sorte de galette dont on enveloppe la morsure. C'est parfait.

samedi 24 décembre 2016

Noël

6 janvier, 25 mars, 10 avril, 29 mai, toutes ces dates ont, à un moment de notre histoire, été célébrées comme marquant la naissance du Christ, avant que ne s’impose le 25 décembre.

La date du 25 décembre apparaît officiellement au IVe siècle, avec le chronographe romain de 354, qui fixe la naissance du Christ à Bethléem le 25 décembre. 
Jusque-là, la liturgie primitive se concentrait sur la mort et la résurrection du Christ. Quand les Eglises latines décidèrent d’instituer une fête spéciale pour célébrer la naissance de Jésus « dans la chair », ils la fixèrent donc, après quelques tâtonnements, au 25 décembre. Aucun document ne précisant le jour de la naissance de Jésus, les choix du jour et du mois  étaient libres.  

L'une, parmi les origines du mot '' Noël '', serait gauloise, il viendrait de deux mots gaulois "noio" (nouveau) et "hel" (soleil). Cette origine fait référence au caractère profane de la fête et notamment à la fête du solstice d'hiver fêtée par les Gaulois. D'ailleurs, La bûche de Noël vient d'une coutume païenne; on rallume le feu au début de l'année...


'Christmas' en anglais, signifie la messe du Christ...
Comme toujours les grandes fêtes religieuses chrétiennes et les fêtes païennes se superposent et s'entremêlent, il est donc difficile de retrouver les origines exactes de la fête de Noël.
Au Moyen-Âge, Noël ! Noël ! était le cri de joie poussé par le peuple à l'arrivée d'un heureux événement.

Au Moyen-âge, Noël ce n'est pas seulement, le 24 au soir, ou le 25 décembre … C'est toute la période de l'Avent ; et la fête elle-même peut durer plusieurs semaines...

Le 24 au soir, ce ne sont pas moins de trois messes, dans une église décorée... Ensuite, on fête la Saint Etienne le 26, puis la saint Jean et la saint Innocent... la circoncision du Christ, et l'épiphanie aussi … On chante des chants religieux, on fait des danses liturgiques. On danse beaucoup. Dans les églises, dans la rues, les cimetières, les monastères, partout. Tout le monde danse. Du petit paysan au grand noble propriétaire terrien...

Le solstice d’hiver ou le changement de l’année, depuis l'Antiquité, c'est le jour des étrennes, des cadeaux... Noël se finit le 6 janvier avec la fête des Rois. Plus que Noël, le jour important était l'Epiphanie.

On raconte qu'en Allemagne au VIIème siècle les druides, qui sacralisaient le chêne, avaient encore une réelle influence. Saint Boniface, pour combattre ce culte idolâtre, fit abattre un gigantesque chêne réputé sacré qui fracassa tout dans sa chute. Tout, sauf un jeune sapin que le Saint désigna comme le fruit d'un miracle et le nomma  « l'Arbre de l'Enfant Jésus ». Cette légende explique peut-être pourquoi c'est en Allemagne que la tradition du sapin de Noël est la plus enracinée.


Au XVIe siècle, apparaît en Alsace la coutume d'un sapin décoré de pommes et de bougies, qui rappellent la vie (Ève et la pomme) et la « Lumière du monde » (Jésus). 

Une année que les pommes se firent rares, un verrier avisé eut l'idée de les remplacer par des boules de verre soufflé. Cette coutume se diffuse dans les pays germaniques et plus tard en Angleterre, par l'intermédiaire du prince Albert de Saxe-Coburg Gotha, époux de la reine Victoria. À Paris, le premier sapin de Noël est planté aux Tuileries par la princesse Hélène de Mecklembourg, belle-fille du roi Louis-Philippe 1er, en 1837.  

La crèche est aussi mise en place vers le XVe siècle en Italie et au siècle suivant en Alsace. Le reste de la France n'adopte la crèche qu'au XIXe siècle. La crèche : Le mot désigne la mangeoire où reposait selon la tradition l'enfant Jésus, faute de lit mieux approprié.

mercredi 21 décembre 2016

Arthur Szyk

Arthur Szyk (1894-1951) est un artiste qui fut internationalement reconnu de son vivant pour ses très riches illustrations.


Arthur Szyk est polonais, il est né en 1894 dans une famille juive à Łódź (ville faisant alors partie de la Pologne sous administration russe).


Il est extrêmement doué et son père décide de l’envoyer en 1909 étudier à Paris à l’Académie Julian. Il y découvre les différents courants artistiques modernes mais, traditionaliste dans l’âme, son œuvre ultérieure restera profondément marquée par l’art médiéval de l’enluminure.

Szyk retourne en Pologne en 1913 où il continue ses études. Son patriotisme et son engagement contre l’antisémitisme se renforcent. En 1916, après avoir déserté de l’armée russe, Szyk se marie. Sa femme et lui s’installent à Paris en 1921 avec leur fils né en 1917. Leur fille y naîtra en 1922.
La guerre venue, il milite pour l'indépendance de la Pologne, d'abord contre les occupants allemands lors de la Grande guerre puis contre les armées soviétiques en 1920.





Caricaturiste de talent, Szyk (prononcer «chic») se passionne pour des causes politiques. Depuis son enfance dans la ville polonaise de Lodz et jusqu’à sa mort à New Canaan, dans le Connecticut, il puise son inspiration dans l’histoire du peuple juif.
Il publie en 1926 une Tentation de Saint Antoine.En 1927 Albin Michel lui confie l'illustration de 'Le Puits de Jacob', roman de Pierre Benoit, qui décrit la vie dans les premières implantations juives en Palestine. Deux humoristes du temps, Curnonsky et Bienstock, le persuadent d'écrire et illustrer les histoires drôles qu'il aime à raconter. Les deux volumes paraissent sous le titre Le Juif qui rit. Très tôt, Szyk prend conscience du danger mortel que représente Hitler.

Arthur_Szyk_(1894-1951) Le Talisman,
The Lionheart Lies in his Pavilion (1927), Paris.


Arthur_Szyk_(1894-1951).
Arabian_Nights_Entertainments,
The_Husband_and_the_Parrot_(1948)



Durant la Seconde Guerre mondiale, Szyk consacre son énergie à la lutte contre l’Allemagne nazie et ses collaborateurs, ainsi qu’à mobiliser l’attention du monde sur le meurtre de masse des Juifs d’Europe. Pendant la guerre, ses caricatures et ses dessins humoristiques incisifs couvrent les pages des journaux et magazines américains, lui valant une réputation «d’armée à lui tout seul» pour la cause des Alliés. Ses émouvants portraits de la souffrance et de l’héroïsme juifs témoignent d’un militantisme politique exigeant « l’action, non la pitié ». En 1943, Arthur Szyk est probablement devenu le principal artiste d’Amérique réclamant le sauvetage des Juifs de l’Europe nazie. Ses oeuvres sont publiés dans des magazines et journaux de premier plan comme Collier’s, Esquire, Time, Look, Liberty, le New York Post, et le Chicago Sun.













jeudi 1 septembre 2016

Achim Lippoth, photographe.

Achim Lippoth  est né en 1968 à Ilshofen en Allemagne, il est connu pour ses photographies d'enfant et de scènes de la vie quotidienne ...

Il vit actuellement à Cologne. En 1985-1986, il a étudié à Byrom College de Manchester en Grande - Bretagne . En 1986-1992, il a étudié l' art à l' Université de Cologne . En 1992, il devient photographe indépendant basé en Allemagne.Il est également réalisateur avec la société de production de film commercial Markenfilm en Allemagne depuis 1998.









Il photographie principalement des enfants avec une représentation innocente de l' enfance. Il en représente diverses facettes avec sa spontanéité, la camaraderie, l' espièglerie... Lippoth met l' accent sur ​​la complexité et les contradictions de la vie moderne avec le monde de l'enfance... Lippoth crée une photo comme un dessin, influencé par l'histoire de l'art et de la photographie. Il crée des images qui ont une beauté envoûtante et sont à la fois humoristiques et poignantes.

ses images utilisent des couleurs séduisantes pour dramatiser les événements, et font remonter en nous - des souvenirs et des émotions - de notre passé collectif.





vendredi 26 août 2016

Garry Winogrand, photographe.





Garry Winogrand, né le 14 janvier 1928 à New York (États-Unis), mort le 19 mars 1984 (à 56 ans) à Tijuana (Mexique), est un photographe de rue américain.

Principal représentant du mouvement de la photographie de rue, il est renommé pour son portrait des États-Unis de la deuxième moitié du XXe siècle.









Élève d'Alexey Brodovitch, Garry Winogrand est le fils spirituel de Walker Evans. En 1955, lorsqu'il prend connaissance du travail qu'a fait Evans sur les passants dans le métro de New York, Winogrand commence son « étude photographique de la vie américaine ». Son sujet : la rue. Piéton, passant lui-même, il va, pendant presque 30 ans, inlassablement enregistrer, de manière spontanée, la complexité comme la banalité ou les bizarreries de la vie urbaine. Il conçoit la rue comme une énigme, un théâtre où tout est possible et sujet à faire image. Il photographie les hommes, les femmes, les groupes, les foules… 







L'absence d'artifice, la neutralité de l'émotion, le rejet de tout formalisme, de toute esthétique a priori permettent au spectateur de rester libre dans son imagination, dans les convergences, les divergences, la composition qu'il peut faire à chaque image.


mercredi 17 août 2016

Charles Spencelayh, peintre anglais

Charles Spencelayh  ( 1865-1958) est un peintre anglais, de genre et portraitiste. Il est né à Rochester dans le Kent.

Il a exposé son travail au Salon de Paris , mais la plupart de ses expositions sont restées en Grande-Bretagne. Entre 1892 et 1958, il expose plus de 30 peintures à l' Académie royale , y compris " Pourquoi la guerre " (1939), qui a remporté la Royal Academy 'Picture of the Year'.

Beaucoup de ses sujets sont des scènes domestiques, peintes avec un détail presque photographique.



A mon avis, de superbes tableaux, qui nous font ressentir la vie paisible de ces personnages, témoins d'une époque révolue, mais rendue ici avec beaucoup de détails, et d'humour … 
Beau travail sur la lumière...