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jeudi 30 juillet 2015

Honneur à l'incroyance : Jean-Pierre Changeux – 5

Neurobiologiste français, né en 1936, J.P. Changeux s'est beaucoup exprimé par des ouvrages de vulgarisation scientifique, dans lesquels il exprime que ses travaux confirment l'interprétation matérialiste et athée du monde vivant : « Mon travail va de la molécule à l'âme » ; nous sommes bien dans la ligne de ''l'homme machine''.
La pensée, l'esprit est une production de l'activité physico-chimique du cerveau, et elle n'a pas d'autre origine.
Il affirme l'absence de libre arbitre, « Les hommes se croient libres car ils ignorent les causes qui les déterminent » Spinoza
Sans doute l'homme n'est-il pas strictement un automate pré-cablé, car « il existe une variabilité dans le câblage, ainsi qu'une activité neuronale spontanée dont le résultat est que, souvent, plusieurs possibilités se présentent. Le cerveau en choisit une en anticipant les conséquences de chacune d'elles. Si vous voulez appeler cela le libre arbitre, cela ne me gène pas. » JP Ch.

«  La religion est également une production du cerveau … Je suis persuadé que c'est la connaissance scientifique qui permet d'apporter une réponse aux problèmes en apparence insolubles. Je partage ainsi l'espoir des Lumières, à savoir que l'on peut faire évoluer l'éthique par la science. »

Je ne partage pas du tout l'optimisme de ce dernier point.
Évidemment seules les disciplines - qui par les mécanismes de la raison ( donc du cerveau) font avancer la connaissance sur la matérialité de notre monde – peuvent nous aider à nous représenter ''ce monde''.
Mais puisque ce monde là est fini ; qu'en est-il, hors ses frontières... ? La raison, ne nous permet pas d'appréhender – à elle seule – le ''Tout Autre''... Pourtant, les chrétiens font confiance à des témoignages – eux, en prise avec le réel – sur cet '' au-delà ''… J.P. Changeux, évidemment ne peut rien nous en dire ; et sur ce plan, je préfère lire les ''Evangiles ''

Donc, je ne partage pas l'optimisme de J.P. Changeux, parce que la science ne m’apparaît pas opportune pour régler les questions éthiques. J'en aurais la preuve, en ce moment, avec la problématique écologique. L'écologie est d'abord une science, elle paraît bien inefficace pour sortir l'humanité de la situation critique où elle se trouve. La solution ne peut pas être que technique !


Il faut la hauteur de l'esprit humain, au-delà même de ses raisonnements, pour appréhender la globalité de notre monde...
Et c'est un véritable projet comme l'Ecologie Globale - que le pape François vient de développer - qui peut toucher les consciences, et faire gagner  - à notre monde - un peu plus d'humanité...
Cet idéal d'Humanité ( fin des temps ) pourrait par analogie, représenter ce que nous entendons par ''Divinité'' ... ( Divinité, bien éloignée du dieu Zeus..ou du vieillard barbu.. ! )


jeudi 24 avril 2014

Pour vivre le monde de demain : tout l'intérêt d'une « transcendance » ... 1/2

Une discussion intéressante dans le quotidien « La Croix » du mardi 22/04, sur les « progrès » promis par la biomédecine : comment poser des limites ? Il s'agit d'un dialogue entre le biologiste athée Jacques Testart et le philosophe catholique Rémi Brague...
Je retiens les propos suivants ( extraits, en deux articles) :

1- Droits, Devoirs et Démocratie ...

J T : «  Je crains une nouvelle façon universelle de faire des bébés... poussé par l’appareil d’État, mais réalisé à la demande des gens et sans douleur. …
Sculpture de Prune Nourry


R.B. : « Je me demande si nos sociétés ont quelque chose de plus qu’un simple « vernis démocratique » ? Je crains une sorte d’élitisme renouvelé. Nous irions ainsi vers une humanité à deux vitesses. Certains hommes seraient améliorés par diverses techniques, tandis que d’autres resteraient sur le bord de la route ? Quels seraient les rapports entre les deux catégories d’hommes ? Je crains qu’ils ne soient pas nécessairement pacifiques…
( …) il y a désormais une quatrième possibilité : le remplacement de l’humanité par une espèce prétendument supérieure, ou, en tout cas, améliorée. Ces hommes-là seraient-ils encore humains ?

J T : « il me semble que ce risque est moindre que le tri tranquille de l’humanité, sans violence, en douceur, à la demande des gens, sans technologie extraordinaire et renouvelé de génération en génération.
J. T : «  Il existe deux éthiques : celle du groupe, et celle de l’individu. J’ai observé que chacun se perçoit comme un cas particulier qui mérite un sort particulier :
 « Nous avons droit à un enfant. » Celui-ci devient un objet de consommation comme un autre. Il s’appuie sur l’idée que, par la technique, on peut faire mieux que ce qui se passe naturellement. Or, c’est une utopie.

R. B. : «  S’il y a des droits « à » quelque chose, ce serait donc qu’il existe quelque part quelqu’un, quelque chose, ou je ne sais quelle instance, qui aurait le devoir de me donner ce à quoi j’aurais droit. Le droit « au travail » peut se comprendre… Mais, dans la plupart des cas, il ne peut pas y avoir d’instance qui serait en devoir de me donner ce à quoi j’aurais droit. Ainsi, par exemple, du droit « au bonheur » : qui a le devoir de rendre heureux ? La Nature ? Dieu ? La Science ? Le Progrès ? La Société ? Toutes ces majuscules abusives… Dans le cas du droit à l’enfant, c’est assez terrible, parce que l’« objet » auquel nous aurions droit est quand même un être intelligent et libre, et non une chose.
La question posée n’est-elle pas plutôt : « Au nom de quoi me le refuserait-on ? »
On suppose ainsi une sorte de réservoir infini de désirs qu’on n’aurait pas le droit d’endiguer ni de canaliser.
R. B.:  « … le marché et l’État, dont les logiques se recoupent dans la réduction de l’humanité à une collection atomisée d’individus seulement capables de consommer et de payer leurs impôts. Sans se soucier les uns des autres, pas seulement dans leur coexistence, mais en vue de la continuité de l’espèce dans le temps, sans laquelle nous ne dépasserions pas un siècle d’existence.

J. T. : « Pour préserver l’avenir de l’humanité, il faut inventer des limites aux actions individuelles. Certes, les législateurs, qui se fondent essentiellement sur des travaux d’experts, y ont leur part. Mais je suis très favorable à des « conférences de citoyens », qui permettent de faire réfléchir, après les avoir informés, des gens tirés au sort, qui n’ont pas d’intérêt particulier à défendre, et qu’on peut prétendre représentatifs de l’humanité. Ils recevraient une formation complète et contradictoire, discuteraient entre eux, rédigeraient des avis, avec des règles strictes. Les politiques bénéficieraient ainsi d’un avis plus riche que ceux de la plupart des experts qui, aujourd’hui, sont partisans de ce qu’ils appellent le progrès : en faire toujours plus.


lundi 7 avril 2014

Qu'est ce qu'être "un humain" ? -1-

 Etre un humain, est-il une particularité toute « singulière » dans le cosmos ? Je pense à cet humain, créé à l'image de Dieu...
Etre un humain, en comparaison d'être un animal, ou tout autre vivant de cet Univers... Cette question me semble aujourd'hui essentielle, parce qu'aujourd'hui l'homme ou la femme ont le pouvoir de marquer à tout jamais le cours des choses de cet Univers qui nous accueille...

Il me semble acquis, que dans la spiritualité chrétienne, on reconnaisse à l'humain sa qualité de co-créateur... Et si sa participation semblait minime dans l'échelle de l'Evolution des espèces, il me semble qu'aujourd'hui ce soit différent.
Le développement de la génomique, des biotechnologies ( et nanotechnologies) ou de la robotisation – va bouleverser l’homme dans son « humanité »... Greffes, prothèses, cellules souches pluripotentes induites qui permettent la fabrication de cellules nerveuses, musculaires ou cardiaques pour les injecter aux malades … permettent de réparer des déficiences ou d'améliorer les capacités physiques et cognitives.
Josh Shaffner 

La démarche de proposer très prochainement : « l'homme augmenté » ( avec le soutien de Google, la Nasa ...etc) doit nous interroger sur notre idée de l'humain. L'humain n'est-il qu'une espèce « mal finie », un être à parfaire … ? Jusqu'où peut-on coupler l'homme et la machine, reprogrammer notre ADN ...etc.
'Qui' – parmi nous - pourra devenir cet humain supérieur.. ? Sera t-il ' égal ' aux autres … ?
William Holbrook Beard

La question se pose donc : Quels sont les critères d’appartenance à l'humanité ? Peut-être même: Y a t-il une « humanité », comme il y aurait une « race » au milieu d'autres vivants … ? Ainsi on a dit que l’humain était un « animal politique », un « animal doué de raison »… ?
Est-ce avec raison que l’on parle de « nature humaine » ?

A suivre ...  

vendredi 31 janvier 2014

Définition de l'embryon humain

Un article récent dans le journal belge Dimanche express rapporte comment Greenpeace, la branche allemande du grand groupe environnementaliste a provoqué et reçu du Parlement Européen, une définition précise de ce qu’est un "embryon humain"… A suivre ...

vendredi 22 novembre 2013

En quête de sens.

Je soutiens En Quête de Sens


Ce film est l'histoire de deux amis d’enfance qui ont décidé de tout quitter pour aller questionner la marche du monde. Leur voyage initiatique sur plusieurs continents est une invitation à reconsidérer notre rapport à la nature, au bonheur et au sens de la vie...


Participez à la campagne de financement sur http://www.touscoprod.com/enquetedesens 
Ce documentaire de 90 mn en cours de montage raconte l'histoire de deux amis d'enfance partis à la rencontre de ceux qui pensent et incarnent le monde de demain.
Quand les activistes, les philosophes, les scientifiques ou les chamanes vont dans le même sens, l'avenir apparait tout à coup moins sombre !
Pour que le film sorte en salle et touche un maximum de gens, accompagnez-nous dans l'aventure et recevez le DVD et d'autre contreparties !
Un film de Nathanaël Coste et Marc de La Menardière avec Vandana Shiva, Pierre Rabhi, Frédéric Lenoir, Satish Kumar, Hervé Kempf, Tim Jackson, Marianne Sebastien, Bruce Lipton, Thrin Xuan Thuan, Cassandra Vieten, Arnaud Desjardins...
A très Vite
L'équipe En Quête de Sens

jeudi 14 novembre 2013

Camus, un agnostique qui respecte le christianisme.

« Du côté de chez Swann », premier volume de La Recherche de Marcel Proust parait en 1913. Cette même année, le 13 novembre 1913, naît, dans un petit village d’Algérie, celui qui deviendra l’un des écrivains les plus importants du XXe siècle, Albert Camus, et qui obtiendra, en 1957, le prix Nobel de littérature.
1913 - Deauville
Cette année 1913, veille d’une catastrophe mondiale, est un  bon millésime en matière littéraire et artistique  : c’est la publication d’Alcools par Apollinaire, du Grand Meaulnes par Alain-Fournier, de La Colline inspirée par Maurice Barrès, de Les Copains de Jules Romains...

Élève de terminale S, je lisais Camus avec vénération et application : ses textes interpellaient profondément le jeune catholique que j'étais ; ils éveillaient en moi un agnosticisme que je n'osais m'avouer … Alors que je l'avais cité dans une dissertation de philosophie, mon professeur m'indiqua dans la marge que Camus ne faisait pas de la philosophie, mais de la littérature. Son avis n'étant pas justifié par la raison ( ou le raisonnement) je ne pouvais m'appuyer sur lui, pour argumenter … J'étais un peu blessé …
C'est en cela, sans doute, que mes questions existentielles dépassent le cadre étroit de la philosophie …


Aujourd'hui, chacun reconnaît sa grandeur : en particulier de n'être pas tombé, comme Sartre, un vrai philosophe lui, dans l'idéologie au profit de la morale... Il refuse de prendre parti pour le FLN, il dénonce le terrorisme : «  En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d'Alger. Ma mère peut se trouver dans l'un d'eux. Si c'est cela la justice, je préfère ma mère. »
Albert Camus, est un maître spirituel, à part égales avec Georges Bernanos, et Simone Weil... il est un penseur agnostique qui parlait aux chrétiens.
«  J'ai beaucoup à dire sur le catholicisme, mais il me semble que je ne suis pas d'accord avec vous sur la façon dont il faut le critiquer. Si sa philosophie n'est pas la mienne, si je me sens coupable d'argumenter contre elle, le lui prête nullement des intentions méprisables. » ( à Francis Ponge, en 1934)
Christ humilié
Camus décrit sa présence entière et lucide au monde, cette attention à l'ici et maintenant, cette conscience « du poids de sa propre vie », tourné vers l'amour charnel de la nature et des corps, il ne peut souscrire au dogme chrétien de « la vie éternelle ». «  Si je refuse obstinément tous les « plus tard » du monde, c'est qu'il s'agit aussi bien de ne pas renoncer à ma richesse présente. Il ne me plaît pas de croire que la mort ouvre sur une autre vie. Elle est pour moi une porte fermée » ( Noces ).
«  Ne me sentant en possession d'aucune vérité absolue et d'aucun message, je ne partirai jamais du principe que la vérité chrétienne est illusoire, mais seulement de ce fait que je n'ai pu y entrer. ».

Il regardait la figure du Christ en se disant : “Ce Dieu fait homme parle à l’homme.” Il n’était pas un chrétien sans le savoir, mais son agnosticisme n’empêchait pas une ouverture considérable aux chrétiens, à la culture biblique et à la figure du Christ. « Je n’ai que vénération et respect devant la personne du Christ, et devant son histoire. Je ne crois pas à sa Résurrection. »

mercredi 11 septembre 2013

Qu'en est-il de cet éventuel « ordre naturel » ? -2-


Pour en revenir à cet éventuel « ordre naturel » : il serait tentant de dire qu'il n'a d'autre réalité que d'être l'enjeu d'une opposition entre une approche conservatrice, qui passe par la défense d'un ordre naturel, et une approche progressiste, selon laquelle la société doit discerner et choisir en vue de s'émanciper d'un certain déterminisme naturel.

Y a t-il un sens de l'Histoire ? Plus qu'une émancipation ne s'agit-il pas plutôt d'une construction de l'Humain. Bien sûr, ce « progrès » n'est pas inscrit à l'avance, il faut l'humilité nécessaire, pour comprendre, discerner et faire des choix.
La sagesse, implique de comprendre comment nos anciens ont construit cet ordre passé... La question est de savoir si cet ordre est issu ou pas d'un « ordre naturel ».

L'Homme cherche l'ordre dans la Nature, pour l'expliquer, pour la comprendre, pour l'apprivoiser et enfin pour canaliser sa peur.

A suivre : ...

samedi 7 septembre 2013

L'embryon est-il une personne ? -3-


La loi qui vient d'être votée le 16 juillet, autorise la recherche sur l'embryon humain, uniquement sur les 170 000 embryons congelés qualifiés de "surnuméraires", aujourd'hui, en France, et qui ne répondent plus à un "projet parental"... C'est important d'être dit, mais -bien sûr – cela ne change rien au fond du débat... sauf, qu'il existe une deuxième question:

- Question N°2 : Très concrètement : ces embryons congelés ne peuvent pas être stockés pour l'éternité: sont-ils voués à la destruction... ou à la recherche ? Qu'est-il préférable ?

Pour être cohérent : faudrait-il donc - aujourd'hui – interdire toute fécondation in vitro et, toutes les techniques de procréation médicalement assistée (PMA) ?

Pour en revenir à la question N°1: « Peut-on considérer un embryon humain comme une personne à part entière ? »
Mettons-nous dans la conviction religieuse que l'embryon humain est une personne. Que dit l'Eglise et que fait-elle en terme de « signe », pour tous les « ratés naturels » ( fausses couches ...etc ) ?
D'autre part, il y a sur ces questions éthiques, et importantes : un fonctionnement ecclésial qui mérite d'être interpellé... En effet, les évêques n'hésitent pas à signifier «  la position de l'Eglise »... - et en même temps - à appeler au débat (débat sur quoi ? )...

Saint Thomas d'Aquin, pensait que Dieu insuffle « l'âme » au moment où le fœtus est assez développé pour exercer une activité spirituelle.. ( apparition de "l'anima intellectualis")

L’Église est ici, réduite au « magistère », et dénie au «  peuple de Dieu », toute intervention, alors que le débat est scientifique et éthique, avant d'être théologique ( pour éviter les erreurs passées …).
L'histoire nous a habitué à être méfiant … !


N'oublions pas qu'il y a une question N°2... ! Est-il « juste » de ne pas vouloir répondre à cette question.. ? S'agit-il de dire : «  peu importe la réalité pourvu que la norme catholique puisse être réaffirmée dans toute sa rigueur et sa sacralité. » ou en d'autres termes : l'Homme est-il fait pour le sabbat ?

Les illustrations sont des reproductions d'oeuvres de Ritva Voutila,  née en 1946 à Nokia, en Finlande. En 1968, elle déménage en Australie où elle reste un peu plus de 2 ans. En 1971 elle revient en Europe, s'installe aux Canaries où elle continue à se perfectionner en dessin et en peinture tout en travaillant dans divers domaines. En 1981, elle repart définitivement en Australie et s'installe à Sydney. Elle commence à peindre à plein temps en 1983. En 1990 elle illustre son 1er livre pour enfants "101 Excuses for Not Doing Homework" (101 Excuses pour ne pas faire ses devoirs) par Carly Little. Elle en illustrera près de 50. Outre les arts et l'illustration, elle détient un diplôme de philosophie, elle a également étudié le design urbain. 

samedi 20 juillet 2013

L'embryon est-il une personne ? -2-

C’est en effet un être organisé qui possède en lui-même le principe de son propre développement. Cette donnée scientifique est admise dans le débat actuel. Ce qui est en cause, c’est sa qualité de personne.


Suffit-il d’être un être humain, un individu humain, pour être une personne humaine ?
Si la réponse est « non » : Il reste à caractériser le moment où l’individu devient une personne.
- La naissance est le seuil le plus significatif car le plus visible et, en outre, le critère de l’acquisition de la personnalité juridique.
- Pourrait-on distinguer entre l’embryon pré-implatatoire, qui peut être cultivé in vitro jusqu’au septième jour, et l’embryon implanté ?
- L’individu humain deviendrait-il une personne avec la conscience de lui-même ? Critère non satisfaisant, parce que c’est le moment où la personne existe et non pas celui où elle agit qui est recherché. Pour pouvoir agir ainsi, comme une personne, ne fallait-il pas que l’individu soit une personne ?

Question annexe :
Peut-on se prononcer avec certitude sur la nature de l’embryon ?
Si, on ne peut pas : ne vaut-il pas mieux renoncer à utiliser l’embryon que de prendre le risque de sacrifier une personne. ( principe de précaution )

Mais ...
N’est-il pas logique de considérer tout être humain comme une personne humaine ? Comment un être humain pourrait-il être autre chose qu’une personne humaine ?

Et, si ce qu’est la personne relève du choix subjectif, il faudrait en tirer les conséquences. Et, pourquoi cela ne concernerait que les embryons ?

jeudi 18 juillet 2013

L'embryon est-il une personne ? -1-

L'autorisation de créer des embryons humains de laboratoire n'est pas seulement une question scientifique et technique...


Scientifiquement, " l'embryon est défini comme un organisme en développement depuis sa première division jusqu'au stade où les principaux organes sont formés ", précise le Pr Emmanuel Sapin, chef du service de chirurgie pédiatrique et néonatale au CHU de Dijon, spécialiste en chirurgie foetale.

N'est-il pas légitime de s'interroger sur le « statut » de l'embryon, même - conçu in vitro à partir de cellules sexuelles recueillies dans ou en dehors du couple, trié, réimplanté, congelé, décongelé, donné etc ..- avant de le considérer non comme une personne, mais comme une « chose » .. ? Car, oui, alors... l’embryon sera disponible pour toutes les aventures … ( humaines ? ).

N'oublions pas :
- L'article 16 du code civil stipule que la loi « garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie »
- La loi de 2011, pose le principe de l’interdiction sauf dérogation : « L’embryon n’est pas considéré comme une personne mais il est protégé au titre du principe de la dignité humaine. ».



Pour certains, dont Stéphane Viville ( médecin et biologiste à l'IGBMC de Strasbourg) l’embryon est une personne s’il est inclus dans un projet parental.
Pour d’autres, en particulier aux Royaume-Uni, le statut de personne n’est conféré que s’il y a perception de la douleur (apparition du système nerveux).
Pour d’autres encore, ce n’est qu’à la naissance que c’est une personne.
Ou bien, à l’opposé, ce serait dès la fécondation.
Anne Fagot-Largeault (  philosophe, psychiatre française, elle est professeur au Collège de France ) et Geneviève Delaisi de Parseval ( psychanalyste et chercheuse en sciences humaines, spécialiste de bioéthique ) estiment que « l’embryon humain par soi n’a pas plus de droit ni de dignité qu’un animal : on ne lui doit pas le respect de son autonomie morale (il n’en a pas). On lui doit seulement comme aux animaux des égards pour sa sensibilité (on ne doit pas le faire souffrir), selon le principe de bienfaisance (qui n’est pas le principe du respect des personnes » (extrait de leur ouvrage : Droits de l’embryon (fœtus) humain et la notion de personne humaine potentielle)

( à suivre ...)