Affichage des articles dont le libellé est Ecologie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ecologie. Afficher tous les articles

vendredi 12 février 2016

Peut-on être sauvé tout seul ? -1/.-

Ou, le salut: 'Sauver' la création, et 'se sauver'

Je suis arrivé ( ou retourné) à la question du 'Salut' , par l'Ecologie … En effet :

- Notre tradition spirituelle, nous indique clairement que l'humain est l'intendant de la création. Les signes de temps agitent le chiffon rouge : l'humain est accusé d'avoir gaspillé les biens confiés ( nature et animaux ..). Nous les avons même détournés du patrimoine collectif, pour en faire un bien privé … Ne serait-il pas temps, pour notre survie, d'être assez avisés et de se rendre compte qu'on ne pourra pas – en matière écologique – se sauver seul … ? ( texte de l'évangile en référence : Luc 16, 1-13)

« Car les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière. »
Si un chrétien n'est pas sensible à la sauvegarde de la ''Maison Commune'', comment pourrait-il être crédible sur un discours concernant le ''salut'' de l'homme ? Ne serait-il pas alors qu'un discours égoïste, digne d'un intendant mal avisé … ?
Bien sûr cette parabole ( Lc 16, 1) n' a pas été construite pour nous donner une leçon d'intendance matérielle... Mais le pape François insiste bien sur le fait que « tout est lié ... » Notre environnement, notre développement, et le sens de notre vie ...
« Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ?
Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? »
Mon salut 'spirituel', c'est le pardon, la remise de mes dettes... Des « richesses injustes », car je ne le mérite pas... Je serais bien avisé, de me rendre compte que je ne peux pas me sauver tout seul …


La globalisation, et notre responsabilité collective envers la Création, va - peut-être - nous permettre d'entamer le chemin inverse à celui qui nous a conduit à un individualisme, même spirituel – qui consiste à penser pouvoir ''sauver son âme'' pour soi … !
Puis-je être ''sauvé '' tout seul … ? Bien sûr que non ! Il y a tout ce qui a fait que je suis moi, et non un autre, qui me ''sauve'' … Si je n'avais pas eu ces parents, cette éducation … Si je n'avais pas rencontré un(e) tel(le)... ? Si je n'avais pas eu ce confort... Et si j'étais – enfant - mort de faim, au Nigéria... ? Je suis ''sauvé'' avec tous ceux qui font ce que 'je suis' …
Et ce que je dis des hommes et femmes, dont je suis issu ; je peux le dire de mon environnement, de ma Terre... ( ça pourrait être long …)

Pour rire un peu … Je pourrais dire – c'est une caricature - ... A quoi cela me sert -il d’être sauvé, si ma femme ne l'est pas avec moi... Et, elle pourrait ne pas l'être, avec tous les défauts qu'elle a … !:-)))...


Pour aller encore plus loin dans le paradoxe : Je pourrai dire :
Si je suis un avec le Christ, comment pourrais-je accepter d'être ''sauvé'' si mon prochain ne l'est pas … ? !

Si je suis un avec le Christ, comment pourrais-je accepter d'être ''sauvé'' si le monde, si le vivant... si L'univers ne l'est pas … ? !

samedi 5 décembre 2015

Prier pour le succès de la COP21 ?

Vincent_van_Gogh
L'urgence écologique, et pas seulement climatique, mérite que les Etats réunis de notre planète réfléchissent de concert pou organiser le monde futur.... 
Comme militant écologiste, je salue l'organisation d'un telle entreprise. Comme chrétien, et frêle humain sur cette planète ; je remets mes espoirs dans nos gouvernants, et je prie...
Pourquoi prier ?
- S’agirait-il d'une prière païenne et superstitieuse pour demander la pluie... ?
- La terre serait-elle une divinité ?
- Face à une crise mondiale, ma prière unie à toutes les autres religions, serait-elle un culte d'une nouvelle religion mondiale ?


Je prie en particulier pour que l'humanité agisse. ''D.ieu'' est reconnu dans son action créatrice. Il est à l''origine de la vie et de la création. Je Le reconnais dans cette Vie même. En protégeant la Vie, j'honore ''D.ieu''... Ce qui signifie … ? : - que seul je ne peux rien, c'est empli par l'Esprit divin, que je peux agir. C'est empli par l'Esprit divin, que nous pouvons – en priant ( comme si ''D.ieu'' était seul tout puissant...) et en agissant ( comme si ''D.ieu'' était impuissant, sans nous …).

Cette prière n'est pas de l'ordre de la superstition... Je ne prie pas pour la pluie, avec succès à la clef ! Je conseille de garder son assurance civile, et je compte sur la science ( et pas seulement ..elle) pour relever les défis écologiques...

Un chrétien écologiste ne se détourne pas de ''D.ieu'', pour adorer la déesse Terre et Mère. Sainte Hildegarde de Bingen, pensait la vitalité et la fécondité de la nature comme une force globale issue de la création divine. Saint François d’Assise, louait son Seigneur par et pour toutes ses créatures.
Saint Bonaventure, ce disciple du « poverello », et compilateur de la théologie franciscaine, voyait la création comme le projet divin ultime, l’écrin où Dieu, débordant d’amour, avait voulu aller à la rencontre d’autrui, l’homme... Un chrétien ne peut que reconnaître l’immensité et la beauté du don que ''D. ieu'' nous a fait lors de la création du monde et d'entendre son appel à en prendre soin.

Ne serait-il pas dans le '' Projet de D.ieu'', que loin de renier nos 'images' respectives, loin, pour les chrétiens, de renier le Christ, les militants climatiques réunis ensemble (en interreligieux) puissent joindre leurs traditions spirituelles et religieuses pour rappeler et se rappeler que leur foi, leurs sources et traditions les poussent à prendre soin de l’environnement... ?

Comme chrétien, je ne désire pas renoncer à l'essence de ma tradition religieuse, et je ne souhaite pas que les autres abandonnent la leur.


Hoitsu.Cat_.16a-Maples-and-Cherry-Trees 
J'ai écrit ''D.ieu'', avec la précaution du judaisme, et de celui qui ne sait pas bien ce que chacun peut comprendre sous ce nom... Evitons d'y mettre sa propre image... La seule, qui me convienne est celle de Jésus-Christ... Pour ma part ...

dimanche 2 août 2015

Lecture ignatienne de " LAUDATO SI "

Ignace de Loyola
Cette lecture ignatienne de l'encyclique d'un pape jésuite, semble naturelle. Elle peut se faire selon quelques principes :
  1. Louer : c'est à dire observer, admirer, ralentir...
  2. L'indifférence à être riche ou pauvre … Choisir le don de dieu : la grâce...
  3. Trouver Dieu en ''toute chose''
  4. Prier 'sa vie', le sens du travail …
  5. L'engagement
1 Louer :
 "Ralentir la marche pour regarder la réalité d'une autre manière" (114). Le Pape demande aussi de "ralentir un rythme déterminé de production et de consommation", ce qui "peut donner lieu à d'autres formes de progrès et de développement" (191).

2 Sobriété :
"vingt pour cent de la population mondiale consomment les ressources de telle manière qu'ils volent aux pauvres, et aux futures générations " (95).
« Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties » (193)
«  Par ailleurs, aucune personne ne peut mûrir dans une sobriété heureuse, sans être en paix avec elle-même. La juste compréhension de la spiritualité consiste en partie à amplifier ce que nous entendons par paix, qui est beaucoup plus que l’ab­sence de guerre. La paix intérieure des personnes tient, dans une large mesure, de la préservation de l’écologie et du bien commun, parce que, authentiquement vécue, elle se révèle dans un style de vie équilibré joint à une capacité d’admiration qui mène à la profondeur de la vie » (225).

3 En toute chose
« Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnemen­tale. Les possibilités de solution requièrent une ap­proche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature » (138)
« L’idéal n’est pas seulement de passer de l’extérieur à l’intérieur pour découvrir l’action de Dieu dans l’âme, mais aussi d’arriver à le trouver en toute chose, comme l’enseignait saint Bonaventure » (233)

4 Le travail, le ''monde'' ...
Il ne faut pas "que le progrès technologique remplace de plus en plus le travail humain, car ainsi l'humanité se dégraderait elle-même" (128).
Il faut avoir « le courage de nous rendre compte de la réalité d’un monde limité et fini » (56)
« L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre ce réchauffement ou, tout au moins, les causes humaines qui le provoquent ou accentuent. » (23)
Vouloir concilier « la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l'environnement et le progrès » ne ferait que retarder un peu l'effondrement (194).


5 L'engagement :
- Reconnaissance de la dette écologique des pays riches (51)
- Remise en cause des règles du commerce international (52) (une critique de l'OMC, des traités internationaux en cours de discussion comme le TAFTA ?) 
- Établissement d'un système de normes environnementales mondiales "qui assure la protection des écosystèmes " (53) et (173), mais en tenant compte des problématiques locales (144).
- Refus du marché carbone comme solution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (171).


Illustrations de l'artiste: Blake Flynn

Sources : Extraits d'un bulletin interne du Réseau de diacres de spiritualité ignatienne. Par Arnaud du Crest, CVX Loire-Océan, membre du groupe Paroles de chrétiens sur l’écologie, Nantes.

jeudi 30 juillet 2015

Honneur à l'incroyance : Jean-Pierre Changeux – 5

Neurobiologiste français, né en 1936, J.P. Changeux s'est beaucoup exprimé par des ouvrages de vulgarisation scientifique, dans lesquels il exprime que ses travaux confirment l'interprétation matérialiste et athée du monde vivant : « Mon travail va de la molécule à l'âme » ; nous sommes bien dans la ligne de ''l'homme machine''.
La pensée, l'esprit est une production de l'activité physico-chimique du cerveau, et elle n'a pas d'autre origine.
Il affirme l'absence de libre arbitre, « Les hommes se croient libres car ils ignorent les causes qui les déterminent » Spinoza
Sans doute l'homme n'est-il pas strictement un automate pré-cablé, car « il existe une variabilité dans le câblage, ainsi qu'une activité neuronale spontanée dont le résultat est que, souvent, plusieurs possibilités se présentent. Le cerveau en choisit une en anticipant les conséquences de chacune d'elles. Si vous voulez appeler cela le libre arbitre, cela ne me gène pas. » JP Ch.

«  La religion est également une production du cerveau … Je suis persuadé que c'est la connaissance scientifique qui permet d'apporter une réponse aux problèmes en apparence insolubles. Je partage ainsi l'espoir des Lumières, à savoir que l'on peut faire évoluer l'éthique par la science. »

Je ne partage pas du tout l'optimisme de ce dernier point.
Évidemment seules les disciplines - qui par les mécanismes de la raison ( donc du cerveau) font avancer la connaissance sur la matérialité de notre monde – peuvent nous aider à nous représenter ''ce monde''.
Mais puisque ce monde là est fini ; qu'en est-il, hors ses frontières... ? La raison, ne nous permet pas d'appréhender – à elle seule – le ''Tout Autre''... Pourtant, les chrétiens font confiance à des témoignages – eux, en prise avec le réel – sur cet '' au-delà ''… J.P. Changeux, évidemment ne peut rien nous en dire ; et sur ce plan, je préfère lire les ''Evangiles ''

Donc, je ne partage pas l'optimisme de J.P. Changeux, parce que la science ne m’apparaît pas opportune pour régler les questions éthiques. J'en aurais la preuve, en ce moment, avec la problématique écologique. L'écologie est d'abord une science, elle paraît bien inefficace pour sortir l'humanité de la situation critique où elle se trouve. La solution ne peut pas être que technique !


Il faut la hauteur de l'esprit humain, au-delà même de ses raisonnements, pour appréhender la globalité de notre monde...
Et c'est un véritable projet comme l'Ecologie Globale - que le pape François vient de développer - qui peut toucher les consciences, et faire gagner  - à notre monde - un peu plus d'humanité...
Cet idéal d'Humanité ( fin des temps ) pourrait par analogie, représenter ce que nous entendons par ''Divinité'' ... ( Divinité, bien éloignée du dieu Zeus..ou du vieillard barbu.. ! )


lundi 29 juin 2015

J'ai lu l'encyclique Laudato si' -2/2-


Chapitre III – La racine humaine de la crise écologique

La destination commune des biens.
« Le principe de subordination de la propriété privée à la destination universelle des biens et, par conséquent, le droit universel à leur usage, est une « règle d’or » du comportement social, et « le premier principe de tout l’ordre éthico-social ». » ( §93)
Celui qui s’approprie quelque chose, c’est seulement pour l’administrer pour le bien de tous. Si nous ne le faisons pas, nous chargeons notre conscience du poids de nier l’existence des autres. (§95)


« C’est le faux présupposé « qu’il existe une quantité illimitée d’énergie et de ressources à utiliser, que leur régénération est possible dans l’immédiat et que les effets négatifs des manipulations de l’ordre naturel peuvent être facilement absorbés » » (§106)
« Les finances étouffent l’économie réelle. Les leçons de la crise financière mondiale n’ont pas été retenues, et on prend en compte les leçons de la détérioration de l’environnement avec beaucoup de lenteur. » (§109)
« le marché ne garantit pas en soi le développement humain intégral ni l’inclusion sociale. » (§109)


« Quand la pensée chrétienne revendique une valeur particulière pour l’être humain supérieure à celle des autres créatures, cela donne lieu à une valorisation de chaque personne humaine, et entraîne la reconnaissance de l’autre. L’ouverture à un « tu » capable de connaître, d’aimer, et de dialoguer continue d’être la grande noblesse de la personne humaine. » (§119)


« cesser d'investir dans les personnes pour obtenir plus de profit immédiat est une très mauvaise affaire pour la société » (§128).
Les limites du progrès scientifique, avec une référence claire aux OGM (132-136) : « une question d’environnement complexe » (§135). « Même si, dans certaines régions, leur utilisation est à l’origine d’une croissance économique qui a aidé à résoudre des problèmes, il y a des difficultés importantes qui ne doivent pas être relativisées » (§134), comme « une concentration des terres productives entre les mains d’un petit nombre » (§134). Le Pape François pense en particulier « aux petits producteurs et travailleurs ruraux, à la biodiversité, au réseau des écosystèmes ».


Chap IV : Une écologie intégrale.
« il n'y a pas deux crises séparées, l'une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale » (§139)
« Aujourd’hui l’analyse des problèmes environnementaux est inséparable de l’analyse des contextes humains, familiaux, de travail, urbains, et de la relation de chaque personne avec elle-même qui génère une façon déterminée d’entrer en rapport avec les autres et avec l’environnement. Il y a une interaction entre les écosystèmes et entre les divers mondes de référence sociale, et ainsi, une fois de plus, il s’avère que « le tout est supérieur à la partie ». » (§141)
Un développement authentique présuppose une amélioration intégrale de la qualité de la vie humaine : espaces publics, logements, transports etc… (§150-154).. Cette écologie intégrale est « inséparable de la notion de Bien commun »(§156)


Chapitre V – Quelques lignes d’orientation et d’action
« les Sommets mondiaux de ces dernières années sur l’environnement n’ont pas répondu aux attentes parce que, par manque de décision politique, ils ne sont pas parvenus à des accords généraux, vraiment significatifs et efficaces, sur l’environnement » (§166) Et de se demander : « Pourquoi veut-on préserver aujourd'hui un pouvoir qui laissera dans l’histoire le souvenir de son incapacité à intervenir quand il était urgent et nécessaire de le faire ? » (§57).
« En définitive, il faut un accord sur les régimes de gestion, pour toute la gamme de ce qu’on appelle les ‘‘biens communs globaux’’ » (§174)
« la protection de l’environnement ne peut pas être assurée uniquement en fonction du calcul financier des coûts et des bénéfices. L’environnement fait partie de ces biens que les mécanismes du marché ne sont pas en mesure de défendre ou de promouvoir de façon adéquate » (§190)
« Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. » (§193)

Chapitre VI – Education et spiritualité écologiques
« exercer une pression saine sur ceux qui détiennent le pouvoir politique, économique et social » (§206)...
"C’est ce qui arrive quand les choix des consommateurs réussissent à« modifier le comportement des entreprises, en les forçant à considérer l'impact environnemental et les modèles de production » (§206).

dimanche 28 juin 2015

J'ai lu l'encyclique Laudato si' -1/2-

Et je suis emballé... ! Un beau texte touffus et complet... Pour une véritable '' Ecologie Globale ''… « Tout est lié ... » revient constamment …
Pour l’instant, je n'ai fait que recopier les passages de l'encyclique qui m'ont frappé...
(Chaque paragraphe de l’encyclique( §) est numéroté... ).


Chapitre I – Ce qui se passe dans notre maison
François commence par passer en revue les  « Différents aspects de la crise écologique actuelle », et les commente en s'appuyant sur d'anciens textes du Vatican... ainsi :
- Le développement humain authentique a un caractère moral et suppose le plein respect de la personne humaine, mais il doit aussi prêter attention au monde naturel et « tenir compte de la nature de chaque être et de ses liens mutuels dans un système ordonné ». (§ 5)
- « éliminer les causes structurelles des dysfonctionnements de l’économie mondiale et à corriger les modèles de croissance qui semblent incapables de garantir le respect de l’environnement ».
- On oublie que « l’homme n’est pas seulement une liberté qui se crée de soi. L’homme ne se crée pas lui-même. Il est esprit et volonté, mais il est aussi nature ». ( §6)

L'appel du Pape François :
« Les attitudes qui obstruent les chemins de solutions, même parmi les croyants, vont de la négation du problème jusqu’à l’indifférence, la résignation facile, ou la confiance aveugle dans les solutions techniques. » ( §14)
« certains axes qui traversent toute l’Encyclique. Par exemple: l’intime relation entre les pauvres et la fragilité de la planète ; la conviction que tout est lié dans le monde; la critique du nouveau paradigme et des formes de pouvoir qui dérivent de la technologie ; l’invitation à chercher d’autres façons de comprendre l’économie et le progrès ; la valeur propre de chaque créature ; le sens humain de l’écologie ; la nécessité de débats sincères et honnêtes ; la grave responsabilité de la politique internationale et locale ; la culture du déchet et la proposition d’un nouveau style de vie. » (§16)
« La technologie, liée aux secteurs financiers, qui prétend être l’unique solution aux problèmes, de fait, est ordinairement incapable de voir le mystère des multiples relations qui existent entre les choses, et par conséquent, résout parfois un problème en en créant un autre. »(§20)

* Les mutations climatiques 
« l’impact le plus fort de son (le changement climatique ) altération retombe sur les plus pauvres, mais « beaucoup de ceux qui détiennent plus de ressources et de pouvoir économique ou politique semblent surtout s’évertuer à masquer les problèmes ou à occulter les symptômes » (§26)

* La question de l’eau 
« l’accès à l’eau potable et sûre est un droit humain primordial, fondamental et universel, parce qu’il détermine la survie des personnes, et par conséquent il est une condition pour l’exercice des autres droits humains » (§30)

* La perte de la biodiversité 
« l’intervention humaine, « fréquemment au service des finances et du consumérisme, fait que la terre où nous vivons devient en réalité moins riche et moins belle, toujours plus limitée et plus grise » (§34). »

* Inégalité planétaire
« aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’ une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale , qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres . » (§49)

* La dette écologique : dans le cadre d’une éthique des relations internationales, l’encyclique indique qu’il existe une « vraie dette écologique » (51), surtout du Nord envers le Sud. (§51)
«  Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes. On prétend légitimer ainsi le modèle de distribution actuel où une minorité se croit le droit de consommer dans une proportion qu’il serait impossible de généraliser, parce que la planète ne pour rait même pas contenir les déchets d’une telle consommation. » (§50)
« La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l’échec des Sommets mondiaux sur l’environnement. » (§54)
« les pouvoirs économiques continuent de justifier le système mondial actuel, où priment une spéculation et une recherche du revenu financier qui tendent à ignorer tout contexte, de même que les effets sur la dignité humaine et sur l’environnement. Ainsi, il devient manifeste que la dégradation de l’environnement comme la dégradation humaine et éthique sont intimement liées. » (§56)

Chapitre II – L’Évangile de la Création
Mark Henson
« La terre ne sera pas vendue avec perte de tout droit, car la terre m’appartient, et vous n’êtes pour moi que des étrangers et des hôtes » (Lv 25, 23). » (§67)

« À l’homme incombe la responsabilité de « cultiver et protéger »le jardin du monde (cf Gen 2,15) (§67), en sachant que « la fin ultime des autres créatures, ce n’est pas nous. Mais elles avancent toutes, avec nous et par nous, jusqu’au terme commun qui est Dieu » (§83)

« Pour la tradition judéo-chrétienne, dire « création », c’est signifier plus que « nature » » (§76)

samedi 27 juin 2015

Edgar Morin a lu l'encyclique Laudato si'

Mark Henson
Une interview du sociologue non-croyant Edgar Morin, sur l'encyclique Laudato si', reprend le thème de l’humanisme que je viens d'interroger précedemment :

« ...à travers cette notion d’écologie intégrale, l’encyclique invite à prendre en compte toutes les leçons de cette crise écologique. Mais là aussi, à condition de préciser la notion d’humanisme, qui a un double sens. D’ailleurs, c’est ce que François dit dans son discours. Il critique une forme d’anthropocentrisme. Il existe en effet un humanisme anthropocentriste, qui met l’homme au centre de l’univers, qui fait de l’homme le seul sujet de l’univers. En somme, où l’homme se situe à la place de Dieu. Je ne suis pas croyant, mais je pense que ce rôle divin que s’attribue p a r f o i s l’homme est absolument insensé. Et une fois qu’on est dans ce principe anthropocentriste, la mission de l’homme, très clairement formulée par Descartes, c’est conquérir la nature et la dominer. Le monde de la nature est devenu un monde d’objets. Le véritable humanisme c’est au contraire celui qui va dire que je reconnais dans tout être vivant à la fois un être semblable et différent de moi. » E. Morin dans 'La Croix' du 22/06
Mark Henson

Edgar Morin salue la vision du pape : « cette même préoccupation d’une vue complexe, globale, au sens où il faut traiter les rapports entre chaque partie, m’a toujours animé.. »
« François définit « l’écologie intégrale » , qui n’est surtout pas cette écologie profonde qui prétend convertir au culte de la Terre, et tout lui subordonner. Il montre que l’écologie touche en profondeur nos vies, notre civilisation, nos modes d’agir, nos pensées. Plus profondément, il critique un paradigme « techno-économique » , cette façon de penser qui ordonne tous nos discours, et qui les rend obligatoirement fidèles aux postulats techniques et économiques pour tout résoudre. Avec ce texte, il y a à la fois une demande de prise de conscience, une incitation à repenser notre société, et à agir. C’est bien le sens de providentiel : un texte inattendu, et qui montre la voie. »
Cai Guo-Qiang, 
« Si nous remontons à l’histoire de l’univers, nous portons ainsi en nous tout le cosmos, et d’une façon singulière. Il y a une solidarité profonde avec la nature, même si bien entendu nous sommes différents, par la conscience, la culture… Mais tout en étant différents, nous sommes tous des enfants du Soleil. Le vrai problème, c’est non pas de nous réduire à l’état de nature, mais de ne pas nous séparer de l’état de nature. »

mardi 23 juin 2015

Faut-il avoir peur de l'Homme? -1/2-

Certains veulent parler d' ''Ecologie Humaine'', plutôt que d' Ecologie … peut-être un peu comme ceux qui parlent de ''Laïcité positive'', plutôt que Laïcité … ? Pour ma part, vouloir accoler un qualificatif à des mots comme Laïcité, Ecologie … me semble suspect.
Suspicion de ne pas vouloir prendre la force du mot dans sa définition, mais de vouloir atténuer son sens.
Requiem pour l'espèce humaine - de Zé Diogo et Diamantino Jesus
L'Ecologie humaine, cependant est une expression qui me permet de réfléchir sur l'humain, sa place dans l'univers.
Le projet humaniste – dit Rémi Brague - «  c’est d’abord l’idée d’une différence radicale entre l’homme et les autres vivants ». Qui dit ''différence'', dit-il aussi forcément ''supériorité '' ?
Au XIXe siècle, en particulier sous l'impulsion du positivisme, l’Humanisme devient pour certains une quasi-religion, et désigne « le projet moderne d’une autonomie radicale de l’homme, décidant lui-même de ce qu’il est et doit être, sans loucher vers la nature ou vers Dieu. ».

Aujourd'hui, le progrès des mentalités nous permet de nous interroger plus avant : L'espèce humaine nous semble arrogante, et souvent dangereuse ; jusqu'à menacer toute autre vie sur terre, voire capable de se faire disparaître, elle-même... !
De plus comme le rappelle R. Brague « notre ADN est quasiment identique à celui des grands singes, et les prétendus privilèges de l’humain comme le langage, la vie sociale et le sens moral sont préfigurés dans d’autres espèces. »

Si l’existence de l’homme est menacée, mérite-t-il vraiment qu’on le défende ? Que vaut l'espèce humaine ?

De quelle légitimité se prévaut l'humain ? Est-il une 'espèce' comme une autre ? Est-il une menace pour les autres ?

dimanche 25 janvier 2015

Patrick Viveret - Le sacrifice d'Isaac, l'écologie et la spiritualité

Patrick Viveret est Philosophe ....  Animateur de la JEC (Jeunesse étudiante chrétienne) dans le cadre du mouvement du christianisme social des années soixante, il rejoindra le PSU après 1968, puis le Parti socialiste ... Il est nommé conseiller référendaire à la Cour des comptes en 1990.
Actif dans les mouvements altermondialistes, il a participé en 2001 à Porto Alegre au premier Forum social mondial et collabore régulièrement au journal Le Monde diplomatique.
Ses domaines d'intérêt sont la philosophie politique, l'économie, la comptabilité, les mouvements associatifs et des alternatives au développement non durable, telles qu'une « sobriété heureuse » démocratiquement débattue et choisie ou des « politiques publiques de mieux-être ».
En 2012, il participe à la fondation du Collectif Roosevelt 2012 (qui propose une analyse originale des causes de la crise du système et des réformes économiques, sociales et écologiques) avec Stéphane Hessel, Edgar Morin, Curtis Roosevelt (petit fils du président Franklin D. Roosevelt), Michel Rocard, Pierre Larrouturou....
*****

Le sacrifice: d'Isaac à Jésus-Christ
"En ce moment, on est dans une phase très importante de renouveau des questions spirituelles, des enjeux de sens. C’est positif, mais au nom de ce renouveau il faut interpeller les religions. C’est ce que j’appelle l’interpellation spirituelle du fait religieux.

Prenons par exemple la fameuse histoire présente dans les trois religions du Livre : le sacrifice d’Isaac. Une interprétation religieuse est issue de la peur, elle fait du sacrifice d’Isaac un test d’obéissance d’Abraham à Dieu. L’autre interprétation est de progression spirituelle : elle dit « tu te trompes sur la nature même du divin, qui te demande d’être dans l’amour et pas dans la peur et le sacrifice. »
Anton Solomoukha. Sacrifice d'Isaac

C’est la question de la nature du divin. Ce n’est pas la même chose de le situer du côté de l’amour ou du côté de la pleine puissance. Cela entraîne des tas de conséquences concrètes, des postures qui sont éthiquement et spirituellement insoutenables dans le rapport aux femmes, par exemple."

(...)

"La spiritualité fait son retour par l’écologie parce qu’à partir du moment où l’écologie repose la question de la reliance à la nature et l’univers, elle ouvre dans l’espace sociétal des questions qui avaient été fermées par une posture qui excluait la question de la nature - la posture de Descartes et de Bacon. En rouvrant cette question, l’écologie a aussi réouvert la question spirituelle. C’est dire nous sommes des êtres reliés, et l’on ne peut pas réduire la question de l’existence à ce que nous savons du côté du visible. Il faut aussi poser la question de notre rapport à l’invisible. On est sur le terrain des grands enjeux spirituels. Le problème est que la modernité, considérant que ces questions disparaîtraient un jour d’elles-mêmes, a laissé à la religion le monopole des questions spirituelles."

(..)

"La modernité, c’est l’émancipation, la liberté de conscience, les droits humains et en particulier les droits des femmes. Mais sans le pire de la modernité qui est la chosification du vivant, de la nature, des humains et donc la marchandisation intégrale.

La tradition, c’est la reliance à la nature, aux enjeux écologiques, au lien social, aux questions spirituelles. Mais la part d’ombre de la tradition est que souvent cette reliance se fait sous des formes de dépendance. Le lien social se transforme en contrôle social, le sens se transforme en sens identitaire, etc."

mardi 22 juillet 2014

Avant qu'ils ne disparaissent: Jimmy Nelson -1/2-

C’est le titre d’un livre et d’un corpus photographique hors du commun : Before they pass away, du photographe britannique Jimmy Nelson. Son projet consiste à présenter les dernières tribus habitant la Terre, avec le souci de laisser un témoignage vivant avant que ces traditions ancestrales ne disparaissent pour toujours.
Il a passé trois ans et demi à visiter et photographier 35 tribus, dans le monde entier: notamment l’Asie centrale, la Nouvelle Guinée, la Sibérie, la Nouvelle-Zélande, le Népal, l’Amérique du Sud, la Mongolie, le Kenya, l’Inde, la Russie ou encore la Tanzanie.
Nelson a utilisé un appareil photo "4x5", un appareil photo à plaques d'il y a 50 ans.