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dimanche 29 mars 2015

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -25/99-

Il semble que cette acceptation du mythe, ici serve à J. Moingt pour s'étendre sur la notion de ''préexistence'' du Christ. Christ ''Fils de Dieu'' que l'on peut retrouver dans l'ancien Testament, mais aussi affirmation de l'existence éternelle d'un Fils engendré de Dieu, et semble t-il ignoré de l'ancien Testament … ? 
Jésus prie à Gethsemani
J. Moingt relit ensuite les textes pauliniens sur la préexistence ..;( p 437)
Je passe ici sur tout le passage ..
Dans la continuité de cette idée J. Moingt parle de « l'éternité de l'acte créateur de Dieu », qui implique « la prédestination des hommes à être sauvés par et dans le Christ. ». C'est l'économie de la Trinité … et une réflexion sur l'idée de préexistence qui conduit à l'idée de Trinité … ( p 457)
Je note :
« Quiconque accepte que la notion la plus commune de Dieu ...''Père tout-puissant'', sera profondément choqué d'entendre dire qu'il s'est révélé en Jésus crucifié ... » (p 464)

La Trinité de Dieu comme relation d'amour :
L' Icone de Roublev  -  Dialogue
Dieu nous a aimé le premier... Dieu comme relation …
« Je ne pose donc pas la trinité de Dieu dans le nombre trois ( distinction numérique …) .. mais comme l'immanence de chacun dans l'altérité de l'autre ( l'autre de soi..) » ( p 471)
« L'amour ne signifie pas directement Dieu en tant qu'être, mais en tant que subjectivité, active et passive, jaillissement et communication de la vie, existence partagée. » ( p 471)

L'Amour comme altérité : la relation Père-Fils.
« Avant la relation trinitaire, l'homme pouvait connaître Dieu comme un être solitaire et tout-puissant ou comme une pluralité d'existants potentiellement rivaux ; la révélation nous apprend que Dieu n'est pas solitude ni dispersion, mais don et communication. » ( p 474)

Quelques pages sur l'Esprit-Saint ( p 475-480)
En conclusion de cette démarche : Préexistence → Trinité → Amour → Création … «  la création ne peut-être qu'acte d'aimer, acte de faire venir à l'existence du possible dont la possibilité ne peut surgir que de la gratuité toujours en excès de cet Amour illimité. » ( p 486)

1 - Création; puis 2 - Dieu se révèle aux hommes en s'insérant dans l'histoire, et 3 – Incarnation : adoption filiale des hommes sauvés par le Christ...

« Et nous avons compris enfin que l'Amour qui est Dieu entrait réellement en relation avec les hommes en faisant sortir de lui son projet d'adoption filiale, qui est identiquement la préexistence intentionnelle du Christ dans sa pensée... » ( p 490)

vendredi 27 février 2015

Images de '' La Trinité ''

A la fin du premier siècle, soixante ou soixante dix ans après la mort de Jésus, la formulation de la foi, celle des « kérygmes », disait simplement que Jésus, le Christ, mort et ressuscité, était monté aux cieux où il est assis à la droite de Dieu.
Miniature du Missel de Cambrai. 1120
Il faudra encore  plusieurs années, pour que, dans la dernière  version de l’Evangile et des épîtres de Jean, Jésus soit considéré comme « fils de Dieu » non seulement par adoption, mais aussi par filiation naturelle : Dieu né de Dieu…
Le mot lui-même de Trinité ne serait apparu qu’aux alentours de 180, dans une lettre de Théophile d’Antioche à un certain Autolycus, avant d’être employé un peu plus tard par Tertullien.
Il  faudra encore du temps… pour que l’Esprit, le Paraclet, envoyé par le Père et le Fils (Filioque), soit reconnu comme une personne distincte au sein de la Trinité
C’est seulement en 381 lors du concile de Nicée-Constantinople, les communautés chrétiennes ont la conviction que l'Esprit est « la troisième personne d’un Dieu un et trine qui reçoit même adoration et même gloire que le Père  et le Fils »


- En 726, la crise iconoclaste est déclenchée par l’Empereur Léon III, avec la destruction de toutes les images existantes dans l’empire byzantin. Malgré l’opposition du Pape Etienne II, l’Empereur Constantin V fit confirmer cette condamnation par le Concile de Constantinople qui s’est tenu en 754 sans délégués pontificaux.  


- Les '' Trinité du psautier '' : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite » ( psaume 109)
- Complète similitude entre le Père et le Fils - La personne du Dieu Père étant traditionnellement invisible, il ne pouvait à cette époque être représenté que sous les traits de la nature humaine de son Fils incarné...

Miniature de la Bible de Heisterbach. Vers 1240
La Trinité Psautier de Cantorbery. Vers 1210 Exceptionnellement, le Père a la tête d’un vieillard à longue barbe blanche… Mais comme dans la Bible de Lothian, le Fils est présenté comme un grand enfant que le Père bénit avant peut-être de l’envoyer sur terre.

- Les '' Trinités triandriques '' : ces Trinités sont représentées par trois hommes du même âge.

Trinité triandrique. Miniature du XVème. Stimulus Amorus Une ' Trinité à l’autel '. Miniature d’un Missel – livre d’heures franciscain.

- Les ''Trinités Trifrons '' Des «  monstres » à trois têtes sortant d’un même tronc ou une seule tête avec trois visages. Il faudra attendre 1628 pour que le pape Urbain VIII interdise ce type de peintures; alors qu'elles étaient déjà jugées hérétiques par celui qui deviendra "Saint Antoine de Florence". (1389-1459) ...

Trinité tricéphale. Fresque. 1450 Jerónimo Vallejo Cosida (1510-1592). Fin XVIème siècle


- les Trinités ''Trônes de grâce '' … Nous y voyons un Dieu sensible, touchant, accessible à la souffrance des hommes…et à celle de son Fils…

Robert Campin. 
La compassion du Père. 1425-1430.
Le Greco reprendra superbement
 le thème de la compassion du Père 
dans sa Trinité du Prado


- La Trinité dans les Couronnements  de la Vierge : Le culte de Marie, la Mère de Dieu prend de plus en plus d’importance en Occident à la fin du Moyen Age...

Jean Fouquet. 
Le couronnement de la Vierge 
par la Trinité. 1452-1460.
Enguerrand Quarton. 
Le Couronnement de la Vierge 
par la Trinité. 1453


Cette fois, à la fin du XVIème, le Père et le Fils n’ont plus du tout la même figure.

2
Le Greco. 
Le couronnement de la Vierge. 1590
Paternité de l’Ancien des jours, miniature de la fin du XIème siècle, Mont Athos, monastère de Dionysiou

Dieu le Père tient sur ses genoux ou dans son giron son Fils beaucoup plus petit que lui, comme la Vierge tient son enfant.
Roublev. La Trinité. Début du XVème siècle




En 1555, un concile de l’Eglise russe a qualifié l’œuvre de Roublev d’icône parfaite, non seulement pour sa beauté propre, mais aussi pour la qualité de la vision théologique qu’elle a su exprimer.

Les trois anges du chêne de Mambré sont ainsi devenus le symbole de cette mystérieuse union d’amour dans lequel vivent les trois personnes de la Trinité.


Sources: Jacques de Chalendar avec son travail
Itinéraire iconographique

mercredi 25 février 2015

Lecture : De la croyance à la foi critique – J. Moingt -17/99-

Jésus «  faisait appel à la ''conversion'', c'est à dire à la réflexion, à la liberté et à la décision des individus au risque de désagréger les liens familiaux et sociaux... » (p323)

Naissance d'une Tradition, d'une théologie, d'un dogme … en ce début du Christianisme :
«  Cette prolifération confuse, cette créativité intellectuelle est le signe du choc culturel prodigieux que fut l'irruption de la mission chrétienne. Mais elle ne doit pas faire oublier que cette époque est aussi celle où l'Eglise se rassemble en rassemblant ses Écritures à la jointure de celles de la Synagogue : elle s'unifie en s'identifiant... » ( p 322)
J. Moingt passe en revue toute cette période, en relevant pour chaque période de ce parcours : Justin, Irénée ( IIe s.) Tertullien et Origène ( IIIe s.), et les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) …) ; les questions, les arguments, pour définir les enjeux autour de l'identité de Jésus ( la Christologie ..) :
Préexistence du Christ
représenté comme le créateur du monde

Unir, l'ancien et le Nouveau Testament

..  « ses adversaires de toujours, les « gnostiques » … qui rabaissent le Créateur au rang de démiurge... » «  C'est donc bien dans la ligne de la tradition apostolique, qui a uni l'Ancien et le Nouveau Testament en un seul ''canon'', qu'Irénée a voulu ... » (p 328)
Justin, lui s'adresse aux juifs...
Justin … « certain de la préexistence du Christ.... Jésus ''préexistait'' en tant que Dieu à sa naissance humaine... » ( p 330)
Irénée : «  l'homme entre en communion avec le Verbe de Dieu et, recevant l'adoption, il devient fils de Dieu » (p 335)

Le Père, le Fils … et le Saint-Esprit … !

La foi ne va pas tarder à découvrir qu'elle a besoin de la raison : ce sera la tâche des théologiens, puis des conciles, des IIIe et Ive s. » ( p338)
« Tertullien a compris que la défense de la foi requérait un discours cohérent..(...) '' Comment donc le Fils a -t-il été émis par le Père ?'' ..
«  Ne voilà t-il pas l'être divin divisé en deux ou trois portions séparées ? » ( p 243)
Tertullien, «  accole la substance à l'unité et à l'identité, la personne à la distinction et à la singularité ; il pose ainsi, le premier, les fondements de l'énonciation du dogme trinitaire. » ( p 344)
«  Il est donc légitime de créditer Tertullien d'avoir élaboré les formules majeures des deux dogmes chrétiens fondamentaux : unité de la substance dans la distinction des personnes, dans le cas de la Trinité ; distinction des substances dans l'unité de la personne, dans le cas de l'Incarnation. » ( p 345)
Il n'empêche qu'il faut « saluer l'apparition de la formule grecque des '' trois hypostases '', qui complète la formule de Tertullien » … ( p 349)
Un problème nouveau : … «  celui de l'origine de l'Esprit... C'est le mérite d'Origène d'en avoir fait un ''objet'' théologique à part entière ... » ( p349)
« Origène y inclut tout ce qui a fait débat au cours du siècle écoulé et que l'Eglise avait fait entrer dans son enseignement comme autant de ''principes'' de foi pour discriminer ce qu'elle tenait pour hérésie et pour vérité. » ( p 350)

Question : « Comment concevoir la génération en Dieu d'un Fils ''par qui tout a été fait '' sans diviser sa divinité ni son pouvoir créateur ? » ( p 356)
Attention… ne pas confondre ''substance''(ousia) et ''subsistance''(hypotasis) … Concile d'Alexandrie de 362-363) .. !
Je passe ( non pas sur ma lecture) mais sur ma transcription ; le livre de J. Moingt reprend les connaissances 'classiques' de cette période … Intéressant néanmoins …
«  Penser l'unité numérique de la nature divine, c'est concevoir qu'elle subsiste en soi et par soi, de telle sorte que les Personnes divines ne se distinguent que par la manière propre à chacune de subsister de cette unique et commune existence... peut-on donner ce sens à la formule '' la Trinité consubstantielle'' définie en 553... » ( p 366)


Le parcours que nous avons accompli d'un concile à l'autre montre la futilité d'insinuer que le Christ aurait été ''divinisé'', par la volonté de Constantin d'unifier l'empire en unifiant la foi de l'Eglise. » ( p 368)