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vendredi 24 juin 2016

Une lecture Zen des Evangiles.-9/.- La Foi -1

La religion ne s'utilise pas, à l'image de ''l'opium du peuple'' par exemple. Ce n'est pas une assurance. On ne ''croit'' pas pour répondre à un vague sentiment de bénédiction ou de protection... En Mat 10, 34, Jésus prévient ; il n'est pas venu nous apporter la paix

Chercher la vérité, n'est pas un chemin suave ; il faut affronter la réalité telle qu'elle est... De plus, il est souvent nécessaire d'enlever le vieux pour bâtir du neuf ( cf : Mt 9, 16).
Il faut se débarrasser de la religion de la peur et de l'espoir.
« La religion, prise pour source de consolation est un obstacle à la vraie foi : en ce sens l'athéisme est une purification. Je dois être athée avec la partie de moi-même qui n’est pas faite pour Dieu. Parmi les hommes chez qui la partie surnaturelle d’eux-mêmes n’est pas éveillée, les athées ont raison et les croyants ont tort. » Simone Weil



La Foi n'a rien à voir avec les croyances, les dogmes, les 'credo' ou la théologie.
La foi est existentielle, et non intellectuelle... La foi, c'est une volonté, un ''courage d'être'' ( selon Tillich).

Le ''Notre Père'' est une belle présentation de la foi... «  Que ta volonté soit faite... » : lâcher prise de son ego, et accepter ''ce qui est ''.

La foi n'est pas de l'ordre de l'obéissance... Plutôt de l'amour érotique : se laisser faire … !
Il n'y a pas de conflit d'intérêt entre moi et Dieu : '' servir Dieu'' c'est me rendre heureux … Donner-Recevoir.
Pour exprimer ce ''lâcher-prise'', Jésus dit « Moi et le Père sommes un »




Avoir la ''Foi'', c'est l'équivalent d'avoir un esprit non encombré, un 'cœur pur' : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » ( Mt5, 8).
La foi n'est pas une armure, c'est le contraire ! Elle ne réclame pas de prosélytisme, elle n'endoctrine pas...


Aucun d'entre nous ne possède la Vérité... Il y a des vérités relatives, liées au savoir...

Pour ce qui est de la Vérité ( absolue)... Retrouvons l'esprit d'enfance : nous ne savons pas..!
Bien entendu ! Sinon, cette Vérité ne serait qu'un savoir...

Sources : Kenneth S. Leong, ''Une lecture Zen des Evangiles '' 
Images de Sarolta Ban

jeudi 9 juin 2016

Des paraboles … Des histoires à conter, et raconter.

Quand j'ai vu cette série de gravures représentants des dessins de Millais, sur des paraboles... J'ai compris que ces histoires nous avaient été données, comme toutes les contes : pour être racontées à nouveau, à la façon de chacun … Parce que les histoires, les contes n'appartiennent à personne, elles sont libres comme l'air, et se répandent à qui veut les entendre, et les reprendre …
Si la Bible n'est pas un ''Conte''; une parabole, si !



La brebis égarée, perdue sur sa pente abrupte, est sauvée par le berger, de la nuit de l'ignorance, et des oiseaux de proies ….



Ici, le récit est allé jusqu'après la bataille. Le lion, remplace le loup, et savoure sa victoire... Le berger et l'agneau sont morts. Ils se confondent en Jésus : agneau qui sera sacrifié...

*****
Amusez-vous à les retrouver ...



















Sir John Everett Millais 
 The Parables of Our Lord and Saviour Jesus Christ - 1864

lundi 16 mai 2016

Une lecture Zen des Evangiles.-7/.-

L'hypothèse chrétienne est que ''Dieu'' ( dont on ne peut rien dire …) est entré dans l'univers créé, s'est incarné avec Jésus ( le Verbe). 

J'ajouterai que ce Verbe – La Parole – est traduite ( humaine et maladroitement) en quatre versions ( les Evangiles), et non pas en un Livre dicté par Dieu.. le christianisme n'est pas une religion du Livre, il est une religion de La Parole (vivante) et non figée dans un ''livre'' ...
Jésus enseigne à la manière d'un maître ''éveillé'' , dans un langage mystique et paradoxal..








Le thème central du christianisme est sa résurrection. « Que Jésus ait vaincu la mort est peut-être le message chrétien le plus important. »

C'est en zen, ce que l'on nommerait le '' Koan de la mort ''. Jésus dit qu'il a triomphé du monde, précisément au moment où il sait que sa mort est imminente ( Jn 16, 16-33)
Self-Portrait, 1912 by Otto Dix


La mort est un tabou dans notre culture, et tous les efforts sont dirigés pour combattre cette loi de la nature. Mais, peut-être, y a t-il un ''bon côté'' de la mort.
La mort est à la fois à la racine de notre anxiété existentielle et son ultime remède.

Dans la parabole du ''Maître exigeant''( Mt 25, 14-30) Jésus pointe notre attachement à cette vie, sans risquer de la perdre … alors que nous allons la perdre, de fait !... Le serviteur prudent a correctement compris que la vie est pleine de risques, mais il en a tiré une mauvaise conclusion...

C'est un fait que la vie est à la fois ''tragique'' et magnifique... Accepter que nous ne pouvons pas contrôler l'existence, conduit à la liberté intérieure..
Assumer l'insécurité, consentir à la mort...

Le Divin s'incarne pour remonter, il ne peut y avoir d'ascension, sans descente

mercredi 20 avril 2016

Ta mort, ma mort... -5/5-

Suite session avec Bernard Durel ... Retraite Zen
La ''résurrection'', cela vient des hébreux, pour qui si il y a vie, il y a corps... La résurrection des corps, c'est la prise en compte de l'humain dans sa ''totalité''
 (Pour les grecs... il y a l'âme, ( bien séparée du corps) qui est immortelle. Le corps n'est qu'une enveloppe périssable... )

La vie éternelle, quelque chose après la mort ? " On exagère beaucoup ! » disait ce viens moine : « Ne voyez vous pas que ce ne sont que des mots, des idées... Pour moi je crois en Jésus Christ ressuscité ! Ascension, assomption … Attention à quoi on croit … On ne croit pas à des idées... On croit en une personne … Jésus mort et vivant …"



Ce mot : ''ressuscité'' en français n'est pas adéquat ( c'est mieux en allemand: Auferstehung, c'est-à-dire « surrexit » et non « ressurexit ».) . Le ''re'' semble dire qu'en l'on reprend la vie d'avant... Un peu comme Lazare qui est ressuscité, réanimé … Jésus est mort, bien mort... Et, Il est vivant …. Il ne s'agit plus de notre vie actuelle …
Après Pâques Jésus se manifeste, non pas pour dire « je suis de retour ! », comme si on pouvait dire : « Loupé.. ! Il n'est pas mort.. ! Il est en vie ... ».
Jésus est bien celui qui est mort : regardez ses plaies.. ! Il y a, à la fois, rupture et continuité... Il est important qu’il se manifeste avec ses plaies signifiant la continuité.

Pour Kadowak dans le livre « Le zen et la Bible » le ressuscité c’est le crucifié qui garde les traces, les plaies, mais il n’est plus dans notre condition, il est dans une autre condition que sa vie ancienne : il mange mais il n’a pas faim.
La résurrection, ce n'est pas une victoire contre les prêtres juifs, ou les romains... Il ne leur est pas apparu... !
La résurrection, ce n’est pas on recommence comme avant.. !
C'est à la fois inouï et mystérieux : pas de preuves, seulement des témoins... Mais, des témoins qui étaient préparés à cet événement.

Jésus devant la mort : la sienne : que cette coupe passe loin de moi .. Jésus est homme... « Mais que ta volonté soit faite … » Ce n'est ''ou''', c'est ''et''...
Pourquoi m'as tu abandonné ? Seul Jésus pouvait bien comprendre et ressentir la séparation d'avec Dieu … !
De même pour Lazare... Il frémit, il pleure... ''et'' il le ressuscite .. ! Ce n'est pas ou bien … ou bien ...

Le dieu des vivants, et non pas des morts …
Précisément, Jésus répond que son dieu, est le Dieu des vivants...
Et, la seule image que Jésus ait pu donner de l'après-mort, c'est un « Etre vivant »

Le jugement ?

Le couple infernal :- le Dieu qui juge et - moi qui me sent coupable … !
Cela peut aller jusqu'au ''Dieu pervers''... !
Dans un roman norvégien, Peter qui n'a pas mené une vie exemplaire, arrive au tribunal céleste. Il s'attend à passer un mauvais quart d'heure. On lui offre une chaise et plein d'égards. On lui fait savoir qu’on est content de le voir avec toutes les bonnes choses qu'il a faites (en oubliant les mauvaises).
La seule question qui lui sera posé : « avez-vous aimé ma création ? »
La mort de sainte Thérèse d'Avila

vendredi 5 février 2016

La vie de Jésus: James Tissot -2/2-

La vie de Notre-Seigneur Jésus Christ par James Tissot


INTRODUCTION.


« A mon retour de Jérusalem, en mars 1887, j'allais voir mon père, chrétien de vieille souche et catholique fervent.
Je lui montrais mes croquis, mes esquisses et tous les documents que j'ai rapportés d'outre-mer. Quand il vit l'aspect et les proportions exactes des lieux, du Golgotha en particulier, il s'écria : " Il faudra donc que je change toutes les idées que je m'étais faites sur ces choses. Comment ! le Calvaire, n'était pas une haute montagne en pain de sucre couverte de rochers et de broussailles ?

- Eh bien, non, lui répondis-je ; le Calvaire, tout en occupant le haut de la ville, n'avait que six ou sept mètres de haut tout au plus. De même le Saint-Sépulcre se trouvait à côté, dans des conditions tout autres que celles que tu te représentes. Ton erreur est semblable à celle de la plupart des fidèles. Le monde chrétien a depuis longtemps l'imagination faussée par les fantaisies des peintres ; il y aurait tout un stock d'images à expulser de son esprit, pour l'établir dans des données se rapprochant un peu de la vérité. Toutes les écoles out travaillé plus ou moins consciemment à égarer sur ce point l'esprit public. Préoccupées uniquement les unes de la mise en scène, comme les écoles de la Renaissance, les autres du sentiment, comme les écoles mystiques, elles délaissaient d'un commun accord le terrain de l'histoire et de l'exactitude topographique. Ne serait-il pas temps, dans un siècle auquel l'à-peu-près ne suffit plus, de rendre à la réalité, je ne dis pas au réalisme - ses droits usurpés ? . . ."



Voilà pourquoi, attiré que j'étais par la figure divine de Jésus et les scènes si attachantes de l'Evangile, souhaitant en rendre, autant qu'il me serait possible, les différents aspects, je me décidais a partir pour la Palestine, à la visiter en pèlerin recueilli. Ne fallait-il pas étudier sur les lieux mêmes la silhouette des paysages, le caractère des habitants, et tâcher de retrouver, sous les couches multiples des générations disparues, le type des races et les matériaux de l'antiquité !

 



Je partis le 15 octobre, 1886. J'avais juste cinquante ans.

Arrivé en Egypte, je me rendis compte aussitôt que je n'avais pas de désillusion à craindre ; Alexandrie et le Caire me dédommageaient déjà amplement de mon voyage, en me donnant l'impression directe de l'antiquité.

Avec de pareils documents, il me semblait presque inutile d'aller plus loin ; l'antiquité était là palpable, et il me paraissait aisé de la nettoyer de la couche légère de modernité qui la couvre, pour arriver de suite aux vestiges des anciens temps. Pourtant, quand, j'arrivais en Palestine, l'impression fut différente ; je sentis que l'Afrique n'était pas tout l'Orient; que là, la race, les mœurs, les matériaux des villes, à plus forte raison les paysages, le sol, tout était différent. Quand je montais plus au nord, à partir de Nazareth, au Liban et à Damas, je sentais ]a présence de la race turque, c'est-a-dire l'homme venant du nord, apportant ses mœurs, sa sensualité, ses costumes spéciaux, formés d’étoffes doublées de fourrures et chargés de broderies nécessitant un tout autre ajustement. - Je me formulais alors, par la comparaison entre le nord et le midi, une idée plus ample, plus précise, du pays judaïque.

 

Quant aux constructions, le caractère général en était tout aussi frappant. En Afrique et dans le nord de la Palestine, où le bois est employé, la construction, le décor des maisons et des édifices est tout autre qu'en Judée, où le bois manque, où il a toujours manqué, puis qu'on le faisait venir du Liban pour les palais et les parvis du temple. Chaque maison était voûtée en dôme, et ce dôme restait apparent au-dessus du toit; de là, en Judée, cette quantité de petits dômes qui contraste avec les toits plats des villes du nord et du midi.

Toutes ces données générales me mirent sur la voie des études que j'avais à faire. Restait l'intuition à se développer. Toute oeuvre, quelle qu'elle soit, a son idéal ; le mien a été la vérité, la vérité dans la vie du Christ.

Rendre avec fidélité et faire revivre sous les yeux du spectateur la personnalité divine de Jésus, dans son esprit, dans ses actions, dans toute la sublimité de ses enseignements, quoi de plus séduisant ? quoi de plus difficile aussi? Il a fallu m'identifier le plus que j'ai pu aux Evangiles, les relire cent fois, et en vérité c'est bien là, sur les lieux mêmes où se sont déroulées toutes ces sublimes scènes, qu'on se sent plus apte à en saisir, à en recevoir toutes les impressions. ......

Maintenant que mes méditations ont pris corps, et qu'après dix années de labeur cette nouvelle vie de Notre-Seigneur Jésus Christ va paraître avec le caractère de précision des choses vues et vécues, je viens dire ceci. Je ne prétends pas affirmer que les événements que je rappelle se soient passés exactement ainsi; loin delà j'ai voulu seulement fournir une interprétation personnelle basée sur des données sérieuses, et destinée à écarter au tant que possible l'incertitude de le vague des esprits.

J'ai accompli ainsi, je l'espère, une oeuvre utile, j'ai fait un pas vers la vérité et posé un jalon qui indiquera le chemin à suivre pour pénétrer plus avant dans cet inépuisable sujet. Si quelqu'un veut a son tour l'étudier et le préciser davantage, qu'il se hâte ; car les données encore existantes, les documents survivants aux siècles disparaîtront sous peu de temps sans doute, envahis, en ce temps d'ingénieurs et de chemins de fer, par l'irrésistible poussée de la modernité débordante. »

James Tissot.

Voir Aussi:



vendredi 25 décembre 2015

La naissance de Jésus et de Mohammed.

La naissance du Prophète Mohammed – le Mawlid (ou Mouloud) – sera fêtée cette année le 23 décembre par la plupart des musulmans en France, comme l’a annoncé le Conseil français du culte musulman, qui s’est calé sur le calendrier de l’Arabie saoudite.
Marie et Jésus
(ancienne miniature persane)
D’autres pays, comme le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie, se sont accordés sur la date du jeudi 24 décembre 2015.
La coïncidence avec Noël « a été observée une première fois en 1558 puis ne s’est répétée que trois ou quatre fois », rapporte le site Internet Saphirnews.
Oeuvre tirée d’un ouvrage persan du XIVe siècle
expliquant la vie des prophètes (« qisas al-anbiya »).
 La vision du prophète Isaïe
 Jésus (que l’islam considère comme un prophète)
et Mahomet chevauchant côte à côte.

Manuscrit iranien du IXe siècle de l’Hégire (XVIe siècle)




 « Cette fête permet aux musulmans d’exprimer leur reconnaissance au prophète, de se rappeler ses vertus, de prier et de vivre un heureux temps familial », rappelle le P. Vincent Feroldi. « Communautés chrétienne et musulmanes auront ainsi le cœur en fête. Elles rendront grâce à Dieu, chacune dans sa tradition, pour cette bonne nouvelle qu’est la naissance de Jésus ou de Mohammed, naissances qui vont être source d’une rencontre entre des hommes et femmes croyants et Celui qui Source de vie, source de la Vie ».  « Beaucoup veulent voir (dans cette coïncidence de dates) un signe de Dieu, en ces temps difficiles où la paix annoncée par les anges, la nuit de Noël, est malmenée par la folie des hommes », reconnaît le directeur du Service national des relations avec les musulmans.
( Sources: 'La Croix')



La naissance du Prophète
Cela m'évoque la Série '' Jésus et l’Islam '' sur Arte...

 « Nous savions que Jésus occupait une place importante dans le Coran mais nous ne mesurerions pas à quel point elle était exceptionnelle », reconnaît Jérôme Prieur. Objet central des trois premiers épisodes, le Messie des chrétiens laisse place ensuite à d’autres questions, sur le prophète Mohammed, la mise par écrit du Coran…


Ainsi, les judéo-chrétiens – ces chrétiens de Jérusalem rejetés par les juifs puisque chrétiens, mais aussi par les chrétiens puisque restés fidèles à la loi juive – refont leur apparition, comme source possible d’information du Prophète de l’islam… « Le Coran n’est pas un texte séparé des mondes juif et chrétien, mais bien plutôt la chambre d’écho des débats qui les animent entre les IV  e    et VII  e    siècles », note Jérôme Prieur.
Présentation-de-Jésus-au-Temple-Anglican-theological-college-St-Stephen-s-House-Oxford
NOËL - Dans le contexte actuel, et alors que de nombreux lieux de culte ont été placés sous haute surveillance, cette initiative donne du baume au coeur. Une dizaine de musulmans sont venus symboliquement protéger l'église de Lens (Pas-de-Calais) pendant la messe de minuit de Noël vendredi, un "geste fort", selon le président de la Fédération des associations musulmanes du Nord-Pas-de-Calais, Abdelkader Aoussedj. (Le HuffPost avec AFP)

mercredi 23 décembre 2015

Noël - au Moyen-âge - à la cour du Roi Arthur


Au début du Moyen Age, ce n'était pas le jour de Noël qui importait. La grande fête était l'Epiphanie : la manifestation de Jésus comme Christ, aux Mages. Le calendrier médiéval était dominé par des congés tels que les ''quarante jours de Saint-Martin", qui débutaient le 11 Novembre avec la fête de St Martin, période qui correspondrait aujourd'hui à l'Avent.
L'importance du jour de Noël a augmenté progressivement après Charlemagne qui fut couronné empereur le jour de Noël 800. Le roi Edmund martyr a été oint au Noël de 855 et le roi Guillaume Ier d'Angleterre a été couronné le jour de Noël 1066. Autour du 12ème siècle, les ''douze saints jours'' apparaissent dans les calendriers liturgiques, à compter du 25 Décembre et durent jusqu'au 6 Janvier à l'Epiphanie.

À la fin du Moyen Âge, la fête est devenue si importante que les chroniqueurs régulièrement relèvent ce que les rois font à cette date Noël. C'est lors de la fête de Noël en 1377 - avec le roi Richard II - que vingt-huit bœufs et trois cents moutons ont été mangés.
Un régal festif représentant Janvier
dans les Très Riches Heures du duc Jean de Berry (XVe siècle)

Dans la légende arthurienne, le conte de Sire Gauvain et du Chevalier vert est présenté comme une histoire de Noël, remplie de célébrations et réjouissances... Le motif de Noël est facilement observable dans la personne même du Chevalier Vert...
Le récit relate l'arrivée d'un mystérieux géant vert, monté sur un cheval verts, à la cour d'Arthur se préparant à fêter Noël. Le mystérieux chevalier lance un défi au roi et à ses preux : que celui qui en aura le courage accepte de le frapper avec sa propre hache de forestier ; en retour, le chevalier lui impose seulement d'accepter le même traitement un an et un jour plus tard. Arthur serait prêt à relever le défi, mais par souci de le protéger, c'est Gauvain son neveu qui aura finalement cet ''honneur''. Pensant éviter toutes suites désagréables, Gauvain décapite à la hache son adversaire tout de vert vêtu, maos ô surprise, le génat ramasse sa tête qui avait roulé par terre dans des flots de sang. La t^te se met à parler, donnant à Gauvain rendes-vous à la Chapelle Verte, avant que le chevalier portant sa tête sous le bras et chevauchant son destrier aussi vert et superbe que lui ne s'éloigne au galop.... L'aventure ne fait que commencer …. !



Les activités décrites à la cour du roi Arthur lors de Noël dans le célèbre roman du XIVe siècle Sire Gauvain et le Chevalier vert  offrent un bon aperçu de la fête dans une cour médiévale tardive:
Christmas preparations
 on a calendar page
for December in 'The Golf Book'
Le roi est à Camelot au moment de Noël et, avec les meilleurs chevaliers de la noble confrérie de la Table ronde, dûment assemblés, ils s'adonnent aux réjouissances et aux plaisirs insouciants de la fête. Auparavant, ils avaient participé à des tournois... Ces célébrations s'étalent sans interruption pendant quinze jours, alternant toutes sortes d’activités festives et de la danse la nuit, pour le plus grand contentement des seigneurs et des dames de la cour …
'The Golf Book', British Library
Alors que la Nouvelle Année est toute jeune - ce jour même la splendeur de la table est redoublée – le roi après la messe rejoint la grande salle avec tous ses chevaliers... Noël est célébré à nouveau, chacun apportant des présents …



La majeure partie du poème (37-197, de 750 à 2479) a lieu pendant la saison de Noël. Le défi du chevalier vert a lieu le jour de la Nouvelle Année.

Un an plus tard, Gauvain arrive au château de Bertilak la veille de Noël; il y reste pour être ''testée'' par Lady Bertilak pendant trois jours, et répond au défi du chevalier vert, le jour de l'An. Ainsi, les principaux éléments de l'intrigue se produisent lors de la Veillée de Noël et au cours de ses douze jours.
Calendar page for February in British Library
 ‘The Golf Book (Sixteenth Century)

dimanche 20 décembre 2015

La vie de Jésus - Illustrée par J. Tissot -1/2-

Je voulais illustrer des ''citations'' de personnages célèbres autour de la Bible ou des Évangiles. Et, ce sont des dizaines d'aquarelles réalisées par James Tissot (1836-1902) qui ont retenu mon attention . Aussi , je commence directement par évoquer ce peintre :

Il y a dans ces dessins une volonté de témoigner de l'histoire d'une culture dans laquelle la vie de Jésus, le galiléen, s'est déroulée. L'environnement dans laquelle s'inscrit chaque scène évangélique est détaillé avec précision. A l'opposé de toutes les illustrations religieuses qui ont précédé le travail de J. Tissot, c'est une présence historique du Christ qui est ici affirmée, et elles semblent bien plus appropriée – aujourd'hui - pour notre contemplation...



Tissot apporte à son travail un éclat artistique et technique d’une richesse presque cinématographique dans les détails, (il avait un appareil de photo lors de ses voyages), un sens de la vision dramatique et psychologique et un degré d’exactitude archéologique. Ses voyages en Palestine lui font représenter les scènes évangéliques avec les décors et les costumes qu’il y a connus, avec un grand réalisme.
S'il nous semble entrer dans une vision réaliste de la vie du Christ, on ressent un sentiment d'immatérialité qui - d'ailleurs - a décontenancé beaucoup de ses contemporains de cette fin du 19e siècle... Cependant, ses éditions ont fortement influencé l’art religieux dans la première moitié du 20ème siècle.



James Tissot, après des années d’artiste mondain, se consacre à la peinture religieuse à la fin de sa carrière, suite à la mort de la femme qu'il aime, Kathleen Newron, en 1882, et à la suite d’une crise mystique. Il entreprend la réalisation d’une série d’illustrations pour la Bible après un voyage en Terre sainte entrepris en 1886 : La vie de Notre Seigneur Jésus-Christ (1886-1894, ensemble de 365 aquarelles, Brooklyn Museum) puis L’Ancien Testament (1896-1902, Jewish Museum, New York) projet resté inachevé à sa mort en 1902.

Ses voyages en Palestine lui font représenter les scènes évangéliques avec les décors et les costumes qu’il y a connus, avec un grand réalisme. Ses éditions ont fortement influencé l’art religieux dans la première moitié du 20ème siècle.